[TRIBUNE] Quand l’asile devient un business européen

Ce système ne vise ni à réduire les flux migratoires ni à en traiter les causes profondes.
union européenne

Le Pacte migratoire européen, adopté en 2024, a introduit un mécanisme inédit : un État membre peut désormais refuser l’accueil de migrants à condition de payer. Cette tarification officielle transforme une crise politique majeure en variable budgétaire. Un basculement silencieux, mais lourd de conséquences pour la souveraineté des nations. L’Union européenne vient de franchir un seuil que peu de citoyens perçoivent encore clairement, mais dont les conséquences politiques seront durables.

Le Portugal a récemment refusé d’accueillir 420 demandeurs d’asile qui lui étaient attribués dans le cadre du nouveau Pacte européen sur l’asile et la migration. Conformément au mécanisme prévu par ce texte, Lisbonne a versé 8,4 millions d’euros à l’Union européenne. Le calcul est simple et assumé : 20.000 euros par migrant refusé. Ce chiffre n’est ni exceptionnel ni improvisé. Il est inscrit dans le Pacte lui-même.
Désormais, un État membre peut refuser la relocalisation de migrants à condition d’en assumer le coût financier. Il ne s’agit ni d’une sanction ni d’un manquement aux règles européennes. C’est une option officielle.
Et c’est précisément là que se situe le basculement.

De la décision politique à la tarification

Avec ce Pacte, l’Union européenne ne tranche plus une question politique fondamentale : qui accueille, selon quelles capacités, selon quelle volonté démocratique. Elle tarifie.
Comme pour le carbone, Bruxelles ne procède plus par interdiction ou par choix politique clair. Elle autorise, encadre… et facture. Le refus devient légal dès lors qu’il est compensé financièrement. La souveraineté migratoire, autrefois expression d’un choix collectif, devient une variable budgétaire.
On ne décide plus. On paie.
On ne débat plus. On ajuste.

Une solidarité redéfinie par la finance

On nous présente ce mécanisme comme une « solidarité européenne ». En réalité, il s’agit d’un système de péréquation obligatoire, piloté par la Commission européenne, où la contrainte n’est plus politique mais financière.
Les États qui refusent paient.
Ceux qui accueillent perçoivent.
Bruxelles collecte, redistribue et administre.

Ce système ne vise ni à réduire les flux migratoires ni à en traiter les causes profondes. Il organise leur gestion permanente. Plus les flux augmentent, plus les mécanismes financiers associés se développent. Nous ne sommes plus dans une logique de maîtrise, mais dans une logique d’administration durable d’un phénomène devenu structurel.

Une quasi-ressource européenne en gestation

Juridiquement, cette contribution n’est pas qualifiée de « ressource propre » de l’Union européenne. Mais fonctionnellement, elle en présente déjà les caractéristiques : un tarif fixe, un automatisme, une prévisibilité budgétaire, une centralisation.
L’asile devient ainsi un levier financier européen, au même titre que d’autres mécanismes fondés sur la tarification de comportements autorisés. Ce précédent est lourd de conséquences. Car lorsqu’une crise devient une ligne budgétaire, elle cesse d’être appréhendée comme un problème à résoudre.

La souveraineté ne se facture pas

Il ne s’agit pas, ici, de nier les défis migratoires ni les obligations humanitaires. Il s’agit de rappeler une évidence politique : la souveraineté ne se monnaye pas.
Un peuple doit pouvoir décider de sa politique migratoire sans se voir imposer un prix pour son refus. Un État ne devrait pas avoir à choisir entre accueillir contre sa volonté ou payer pour rester maître de ses choix.
En transformant l’asile en mécanisme de marché, l’Union européenne affaiblit la démocratie, déresponsabilise les décideurs et éloigne toujours davantage les peuples des décisions fondamentales qui les concernent.

C’est ce basculement silencieux, mais profondément politique, qu’il est urgent de nommer.

Picture of Angéline Furet
Angéline Furet
Députée Rassemblement national au Parlement européen

Vos commentaires

45 commentaires

  1. Un grand BRAVO pour cet article clair, simple, explicatif : à retransférer au maximum afin que tous prennent conscience et puissent réagir.
    Merci Madame.
    Bonne journée

  2. Je viens d’écouter François-Xavier Bellamy, et il prépare pour les prochaines semaines un projet au Parlement Européen qui pourrait venir casser nettement toutes ces magouilles (trop long à expliquer ici, je vous invite à visionner son « Grand Rendez-vous » sur CNews. Il semble penser qu’il va pouvoir convaincre suffisamment de députés pour obtenir une majorité et faire voter ce projet ; je croise les doigts pour qu’il y parvienne.

  3. Après les maisons de retraite à exploitation totale et honteuse où l’on va bientôt assassiner les vieux grâce à la loi sur l’euthanasie de Macron soutenue par les socialos /LFI !! Un héritage en vue ? une enveloppe à un médecin pas très regardant et hop !! on fait de la place !! Connaissant à quel point l’être humain est corruptible on peut s’attendre à tout !! pour les fous ne les faisons plus entrer on a déjà un beau lot chez nous !!

  4. Il serait temps de tout « remettre à plat » et repartir sur des bases nouvelles censées !! Mais on peut toujours rêver !! trop de personnes sont « au chaud » et ne vont pas couper la branche sur laquelle ils sont assis !! Donc cela va continuer hélas !!

    • Personne ne leur demande de couper la branche qui maintient leur derrière hors sol, nous sommes suffisamment grands garçon pour effectuer le travail nous même : seul le mode opératoire n’est pas encore défini mais on y travaille rassurez vous.

  5. Notre pays affiche largement complet et il faudrait ENCORE en accueillir, quand on n’est pas capable d’assimiler ceux qui sont sur notre sol, qui justement ne veulent pas s’intégrer et veulent imposer LEUR façon de vivre, leur religion et tout ce qui va avec
    Faire payer les refus est une honte et un racket qui ne dit pas son nom
    Quand on voit ce qu’ils nous coutent sur notre sol, le moindre mal serait de payer l’amende comme l’a fait le Portugal …

  6. 20.000E coûte sans doute moins cher que de les avoir à héberger. Et tout cela,pour l’Ukraine ?
    On se réveille quand ???

  7. le calme et la sécurité comme il y a 50 ans est devenu un luxe tarifé par l’UE, ça va en faire des sous mais il faudra trouver un lieu de stockage quand tous les pays riches de devises achèteront leur calme. Alors la France, fille aînée de l’Europe pourra songer à éponger ses dettes tout en plongeant dans la barbarie. Cela s’appelle une évolution sociétale. A votre bon cœur amis européens.

  8. Même si c’est ni plus ni moins qu’un chantage, étant donné qu’on à affaire à des comptables, peut-être faut-il raisonner froidement et sans complexe. On sait qu’un MNA coute 55 000.00 € chaque année aux contribuables français et qu’ils restent à charge des années durant. Dans ces conditions, ça vaut peut-être le coup de payer 20 000.00 € pour s’en débarrasser. Ce n’est pas, bien sur, une solution d’avenir mais tant qu’aucun parti de poids ne propose la sortie de cette ignoble UE, ça peut représenter un répit à la submersion migratoire.

    • Le problème est que après avoir payé 20 000 €, on continuera à payer 55 000 € par an car ils resteront!

  9. J’ai un peu de mal à comprendre, un pacte est signé entre, à minima, deux parties ou plus éventuellement. Celui qui ne signe pas, n’entre pas dans le pacte. Conclusion, la France a encore signé cette hérésie sans réfléchir aux conséquences.

    • Pour réfléchir il faut un cerveau et ça c’est une chose qui manque à nos élites actuelles, hélas pour nous.

  10. Le rouleau compresseur de la C.E. avance et construit lentement mais sûrement son « Autoroute Orwelienne » supervisée par les bons soins de nos bons ingénieux chefs experts de travaux (finis). Pourtant grassement payés ceux-ci omettent (précautionneusement ou par hasards sans doute ?) d’y prévoir les « portes de sorties » offertes aux changement ou options d’itinéraires habituels. Je note par ailleurs que le prix des « droits de passage » devient de plus en plus exorbitant et que les « radars » s’y multiplient.
    Mais je dois tout de même reconnaître là leurs bonnes intentions. Les aires de parkings ne sont pas (encore) payantes et les caméras de « surveillance » sont bien là pour leur signaler mon passage et me rappeler plus tard mon itinéraire de voyage au cas où je l’aurai oublié. C’est plutôt chouette, non ?
    Bon, tout bien considéré (tjrs au sens figuré, bien sûr), je préfère de loin prendre les « nationales » voire même de temps à autres, les « départementales ».
    Les trajets sont plus longs, c’est vrai . Mais ça me coûte moins chers, je profite « du point de vue de Mon paysage », je fais des « découvertes », de p’tits restos sympas, pas chers, je m’arrête quand je veux et surtout OÙ je veux !
    J’adore mon indépendance ! C’est mon choix…
    Hum, pas vous ?

  11. Une seule solution : quitter cette UE du fric, du commerce, sans foi ni loi, et en attendant, la chaise vide.
    C’est si compliqué que ça ?

  12. Mais QUI est à l’origine de cette nouvelle « gabegie » qui impose aux pays membres de cette Europe cette taxe s’il on ne souhaite pas recevoir + de migrants ???? La ursula ? elle à raison elle fait ce qu’elle veut, quant elle veut, commme elle veut…Qui l’a contredit ?? Personne à croire que tous les composants de la commission sont OK..

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