[TRIBUNE] Narcoterrorisme : comment en venir à bout

Pourquoi ne pas opposer aux cartels ce que nous appliquons à Daech ?
dealer

La France vacille, aujourd'hui, sous le poids d'une menace inédite : des phalanges armées s'érigent en puissances rivales de l'autorité publique. Ces groupes, loin de la délinquance d'antan, défient désormais ouvertement l'État, asservissent des quartiers entiers par la terreur et n'hésitent plus à porter le fer contre ceux qui incarnent la loi : magistrats, policiers et témoins. Cette pathologie sociale porte un nom que nous ne pouvons plus taire : le narcoterrorisme.

La chronique d'une barbarie ordinaire

Le constat est d'une brutalité qui peut aller jusqu’à l’insoutenable. À Marseille, l’horreur a atteint un paroxysme de sauvagerie lorsqu’un adolescent de quinze ans a été lardé de cinquante coups de couteau avant d’être livré aux flammes, victime sacrificielle des guerres de gangs. Près de Rennes, c’est l’innocence que l’on assassine. Un enfant de cinq ans a été grièvement atteint à la tête par une balle perdue. À la Grande Borne, le feu est devenu une arme de punition collective contre des familles soupçonnées de probité.

Dans ces territoires perdus de la République, l’enfance est dévoyée dès le berceau. À Grenoble, des guetteurs de douze ans, talkie-walkie en main, veillent et protègent le chaos. Ces organisations criminelles disposent maintenant d'un arsenal de guerre - kalachnikov, grenades et même lance-roquettes - qui transforme nos cités en véritables champs de bataille. À Marseille, le profit du sang versé s'élève à des centaines de millions d'euros annuels. À Grenoble, le « réseau des Villeneuve » générait des revenus mensuels se comptant en dizaines de millions. À Sevran, les fusillades éclatent sous les yeux impuissants de forces de l'ordre dont la présence ne suffit plus à masquer une réalité cruelle ; par le fer et l'argent, ce sont les trafiquants qui commandent.

L'impuissance de la loi

Face à cette hégémonie, notre droit actuel apparaît comme une armure de papier, tragiquement vétuste. Tandis que les trafiquants opèrent hors de toutes limites, nos enquêteurs restent enchaînés à des horaires de perquisition d'un autre âge. Ils se heurtent à des forteresses numériques telles qu'EncroChat, dont le cryptage militaire défie la loi.
Le poison de la peur paralyse l'institution judiciaire. À Marseille, des jurés se désistent sous la menace, des magistrats sont condamnés à vivre sous une protection policière permanente, tandis que les témoins, broyés par la peur, se rétractent systématiquement (comme évoqué clairement par les magistrats eux-mêmes devant la commission d'enquête sénatoriale sur le narcotrafic, en 2024). Les gardes à vue classiques de 96 heures ne sont plus qu'une brève parenthèse, insuffisante pour démanteler des pieuvres internationales. Et le bilan est implacable : nous ne capturons que les « petites mains », aussitôt remplacées, alors que les têtes de l'hydre demeurent intouchables.

Le régime antiterroriste, le bouclier devenu nécessaire

Pourtant, la France possède déjà l'arme juridique adaptée aux périls systémiques provoqués par le narcotrafic : le régime antiterroriste. Depuis deux décennies, ce cadre a permis de briser les cellules djihadistes les plus déterminées. Gardes à vue prolongées jusqu'à 144 heures, perquisitions nocturnes, cours d'assises composées de magistrats professionnels et saisies patrimoniales massives sont des outils dont l'efficacité n'est plus à prouver.
Pourquoi ne pas opposer aux cartels ce que nous appliquons à Daech ? Un criminel qui mitraille un commissariat ou qui corrompt un gardien de prison pour 50.000 euros afin d'orchestrer une évasion ne s'attaque-t-il pas frontalement à la nation ?
Il est devenu impératif d'inscrire le narcoterrorisme dans notre droit positif. Cette qualification ne viserait pas le petit trafic, mais les organisations cumulant usage d'armes de guerre, contrôle territorial, corruption et puissance financière occulte. Pour ces réseaux, la réponse doit être absolue : six jours de garde à vue, des juges protégés des pressions, la saisie immédiate des avoirs et la perpétuité réelle pour les chefs de cartel.
Cette réforme n'est pas une entorse à nos principes mais leur sauvegarde. Validée dans son esprit par le Conseil constitutionnel, elle ne cible aucune population, mais uniquement ceux qui ont déclaré la guerre à la France. Chaque jour d'inertie est une victoire pour le chaos. Il est temps de donner à la nation les armes de sa propre défense.

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Olivier Damien
Conseiller régional RN de Bourgogne-Franche-Comté, Commissaire divisionnaire honoraire

Vos commentaires

39 commentaires

  1. Loi d’exception, pas de remise de peine, les mineurs jugés comme les adultes, saisie de tous les biens étendue aux conjoints, parents et à la fratrie. Les consommateurs privés de leurs droits sociaux. Peines planchers pour les récidivistes.

  2. Vous pouvez causer, tant que Macron sera au pouvoir rien ne se passera. Vous perdez votre temps et votre salive.

  3. BV, comme tous les journalistes, et comme nos « élites » bien pensantes, savent très bien que le « narcotrafic » permet auxdites « élites » (personnel politique, hauts fonctionnaires, dirigeants d’entreprise, quelques médecins, professeurs d’université, journalistes, personnel du spectacle, et j’en passe) de s’approvisionner.
    Tant que ces « élites » ne changeront pas, il n’y aura pas de volonté de lutte efficace !

  4. La France est dans un tel état de déliquescence qu’il y aura du boulot pour remettre de l’ordre en France.
    2027 sera bien, en effet, notre dernière chance

  5. Pas de blindés envers ces voyous ! Pourquoi ne pas appliquer la même lutte envers ces narco-trafiquants comme Trump en les envoyant par paquets entiers dans les prisons salvadoriennes ? Je doute qu’un Bardella, s’il arrive au pouvoir, ait ce courage, par contre je fais plus confiance à Sarah Knafo qui n’hésitera pas à appliquer la méthode Bukele

  6. Depuis 2017 les revenus engendrés du trafic de stupéfiants sont comptabilisés dans le PIB de l’état français.
    Pas un journaliste digne de ce nom n’enquête, ni pose des questions sur le sujet. Le trafic de stup est lié aux états (en Europe)du fait de l’argent engendré ( corruption de grande ampleur) et donc par l’usage de ces drogues dans les hautes sphère de l’administration. Le reliquat atterrissant dans la classe subalterne. La culture et le niveau intellectuel faible de ces classes engendrés par un enseignement de bas- niveau additionnée au système de redistribution de la masse des sans emploi, ainsi que l’appuie médiatique caractérisant le côté cool , festif de l’univers des drogues favorise son utilisation et par la même remonte les indicateurs de croissance. Simple mais apparemment trop compliqué à révéler y compris par les médias d’internet ..souvent lié au média de grande diffusion …
    En fin de compte cela fait du papier, du «  buz »et des analyses interminables sur les chaînes d’infos. Pour schématiser : une planche( le fond) un clou( le sujet) et un marteau ( médias tous confondus)
    La planche est martyrisée par les coups de marteau mais le clou ne rentre jamais ! Ceci étant valable pour beaucoup de sujets….

    • Dans le PIB marchand ? Donc la somme des valeurs ajoutée ! Donc la différence entre les ventes et les achats. J’aimerais bien être une petite souris pour observer les comptes et les calculs des crânes d’oeuf de l’INSEE. A cette composante « brillante » du PIB s’ajoute celle non moins brillante du PIB « non marchand » (services publics, associations, administrations, etc.) financés par l’impôt …. et la dette. Plus vous faites de dette plus vous payez de fonctionnaires et plus vous faites grimper le PIB non marchand et le PIB. Magique non ?

  7. Il y a 40 ans, je découvrais le problème en allant habiter a Grenoble que j’avais quitté quelques années. A l’époque (en 83) je disais déjà: « il faut y mettre l’armée ».
    Je NE COMPREND PAS qu’aucune de ces « élites » qui ont fait l’ENA,HEC et aux quelles on ne peut arriver a la cheville (au moins en matière de corruption…) ,pas même sarko le traitre qui disait vouloir « karchériser les quartiers », ne l’ai fait ou peut être même, n’y ai songé.

    • Vous n’avez pas tort. Mais c’est quand même avec Hollande et Taubira que la situation à commencé à se dégrader dangereusement et avec Macron Belloubet Castaner Dupond qu’elle est devenue apocalyptique.
      Et au fait qui est tombé à bras raccourci sur Sarkozy pour son discours ….de Grenoble (2010) justement. Sarkozy lie explicitement délinquance et immigration en évoquant « cinquante ans d’immigration insuffisamment régulée qui ont abouti à mettre en échec l’intégration » Je vous invite cordialement à lire la notice WIKIPEDIA consacrée à ce discours. C’est éloquent. Toutes les mesure (lutte contre la délinquance, mineurs délinquants, déchéance de nationalité, etc.) voulues par Sarko ont été vilipendées y compris chez certains à Droite. Et toutes ces mesures sont celles que nous attendons encore. Hollande et Macron ont fait pire que ne rien faire, ils ont aggravé la situation à un stade désormais critique pour ne pas dire fatal.

  8. Si les politiques étaient responsables, le problème serait réglé rapidement.
    Mais gouverner par le chaos est bien plus simple.

  9. Ils connaissent les noms, les adresses, des dealers, mais ne bougent pas? Pourquoi, parce que la plupart de nos élites sont des consommateurs. Il suffirait pourtant d’envoyer l’armée qui est formée pour cela au CENZUB. Pas de quartier, passer un accord avec la Lybie, pour y envoyer tous les indésirables là bas, les « Français » eux seraient envoyés à l’ïle Foch, l’ïle Violette, là ou ils ne feraient aucun mal. Bon pour les visites les familles devront prendre le Marion Duquesne. Si l’état le veut il le ferait, mais l’état ne le veut pas.

    • il sont en train de rénover fort boyard……..rénovons les cellules…..?
      reculer pour reculer….alors que ça soit à bon escient………..

  10. Curieusement quand je vivais dans les pays du golfe.
    Je ne voyais pas dealeurs aux sorties des écoles.
    30 ans ou la peine de mort sont dissuasifs .
    Dites vous que les têtes de trafics qui vivent a Dubaï. Qui ont été extradés vers la France.
    Se gardent bien de faire du trafic et importer de la drogue aux Émirats.
    Ils gèrent leurs affaires comme n’importent pdg en télétravail

  11. L’article oublie une face de ce narcotrafic.
    Les protagonistes sont en majorité des binationaux. Selon darmarin :
    17 têtes de réseaux extradés cette année de Dubaï.
    Ils sont tous français de papier.
    Les terroristes islamistes ont été déchus de leur nationalité française.
    Il est temps de faire la même chose pour les délinquants binationaux.
    S Knafo et la syndicaliste de la police Linda kebbab disent la même chose.
    Les expluser définitivement de France

  12. Excellent article. C’est une VRAIE GUERRE qu’il faut mener contre le trafic et une VRAIE REPRESSION de la consommation. La seule mesure « douce » permise, c’est l’OBLIGATION DE SOINS pour TOUS les drogués. Manque une seule mesure, la principale, celle qui conditionne tout. La destitution de Macron.

  13. Du bon sens mais y a t’il une réelle volonté ? 5 décrets sur 37 ont été promulgués sur la Loi Narcotrafic votée en JUIN 2025 ! Nous avons même un député LFI pris la main dans le sac qui continue mine de rien a siéger a l’AN. On en crève de cette impuissance ou plutôt devrais je dire complaisance.

  14. Il faut arrêter de faire de l’angélisme avec les petits dealers des cités , 20ans ferme sans remise de peines de possible , saisi de la totalité des biens acquis avec les trafics ; quand au gros poisson , prison a vie , ils sortent de la prison les pieds devant puisque la peine de mort n’existe plus; en cas de résistance lors de l’arrestation par utilisation d’armes par les dealers , pas de complaisance.
    On commence par mettre le syndicat de la magistrature au pas afin qu’ils elles appliquent la lois a la lettre et pas leurs interprétations fantaisiste en faveur des délinquants.

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