[TRIBUNE] Macron doit partir
La démission de Sébastien Lecornu est un coup de tonnerre dans un ciel déjà bien chargé. Elle n’est pas seulement un épisode de plus dans la longue série des crises gouvernementales sous Emmanuel Macron : elle crée une situation politique inédite, presque ubuesque. Le chef de l’État se retrouve sans majorité stable, sans ministre de la Défense en situation de pré-guerre (paraît-il) et sans cap politique clair. On me dira que cela ne change guère de la situation précédente. C’est vrai, mais il est visible que Sébastien Lecornu était le dernier fusible de la Macronie, le dernier Premier ministre à pouvoir tenter de protéger le chef de l’État. Son départ marque, en fait, la fin du macronisme : le président de la République n’est plus en état de nommer un Premier ministre. C’est à cela que l’on mesure la différence entre la légalité du pouvoir et sa légitimité : Macron pourrait nommer un nouveau Premier ministre parce que la Constitution lui en donne le droit, mais il a perdu toute l’autorité que le droit lui donne. C’est de cette situation nouvelle qu’il faut tirer toutes les conséquences.
Retourner devant les électeurs : la seule issue raisonnable
Dans ce grand théâtre de la Ve République fatiguée, la seule issue raisonnable consiste à retourner devant les électeurs, comme beaucoup le disent aujourd’hui. Mais encore faut-il savoir comment s’y prendre. Car la Constitution ne laisse pas mille options. Elle en offre deux, et deux seulement : soit Emmanuel Macron part, soit il dissout l’Assemblée nationale. C’est aussi simple – et aussi grave – que cela.
On entend beaucoup qu’une dissolution permettrait de « clarifier la situation ». Comme si un passage aux urnes pouvait, par miracle, rendre cohérent un paysage politique éclaté, où plus personne ne se comprend et dans lequel les alliances changent d’un micro à l’autre. On nous promet qu’un nouveau scrutin permettrait d’obtenir une majorité claire. C’est avoir grande foi dans le dieu Hasard…
Car enfin, qu’est-ce qui nous garantit qu’une nouvelle Assemblée serait différente de celle que nous connaissons aujourd’hui ? Rien. Absolument rien. La France est fracturée, les blocs sont figés et les électeurs, lassés, pourraient bien reconduire la même configuration – ou, pire, plonger le pays dans une instabilité encore plus grande. Dissoudre, dans ces conditions, ce serait un peu comme jouer les institutions à la roulette russe, avec un barillet plein.
Reste donc l’autre solution : le départ d’Emmanuel Macron. Qu’il s’agisse d’une démission ou d’une destitution, peu importe, au fond, la mécanique juridique : c’est le résultat qui compte. Le Président, enfermé dans sa tour élyséenne, semble persuadé que tenir coûte que coûte, c’est gouverner. C’est, au contraire, prolonger le chaos, celui qu’il prétend éviter.
On nous dit : « Ce serait le désordre absolu ! » Ah bon ? Et ce que nous vivons, qu’est-ce donc ? Les ministres qui défilent plus vite que les trains, une Assemblée ingouvernable, un peuple découragé, un État à bout de souffle… Si ce n’est pas le chaos, c’est au moins son avant-goût.
La Constitution n’a jamais été conçue pour servir de camisole
On nous dit encore : « Il faut respecter les institutions. Le Président a été élu pour cinq ans. » Certes. Mais la Constitution n’a jamais été conçue pour servir de camisole. Elle existe pour garantir la stabilité du pays, non pour enfermer les Français dans un quinquennat d’impuissance. Respecter les institutions, c’est aussi savoir s’en servir à bon escient – et, quand la situation l’exige, savoir en sortir par le haut. Quant à imaginer qu’il faudrait vivre encore dix-huit mois dans un tel désordre, sous l’égide d’un président de la République qui serait réduit à empêcher toute ce qu’il n’aime pas…
Le vrai courage politique n’est pas de s’accrocher au pouvoir en espérant que l’orage passe. Il est de reconnaître quand la confiance nationale est rompue. La France ne peut pas vivre éternellement dans cet entre-deux, suspendue entre un Président déconsidéré et un Parlement impuissant. Elle mérite un nouveau souffle, un nouveau départ.
Il ne s’agit pas de vengeance, encore moins de déstabilisation. Il s’agit de lucidité. Emmanuel Macron est, aujourd’hui, un Président sans appui, sans élan, sans projet. Le pays ne peut pas rester indéfiniment paralysé pour satisfaire à l’orgueil d’un seul homme. L’Histoire de France a souvent montré que les grandes sorties de crise ne naissaient pas de la ruse mais du renoncement courageux. Quitter le pouvoir peut être un acte de service. Et puisque la dissolution ne résoudrait rien, il ne reste qu’une voie, étroite mais claire : le départ du président de la République.
Ce ne serait pas installer le chaos, ce serait se donner les moyens de la délivrance.
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111 commentaires
La destruction de la France se concrétise avec la pire des décisions de Macron, laisser le nucléaire a disposition de l’Union Européen, une élaboration si importante pour notre indépendance qui nous a couté fort cher mais tellement nécessaire.
Ce chef de l’état normalement serait susceptible après son départ d’être inculpé pour déstabilisation de notre nation, bien que légalement il en a le pouvoir, jamais il a demandé au peuple Français a qui les biens appartiens et qu’il en a la gestion responsable, il ne peut en disposer sans consultation.
La seule chance de la France c’est la destitution ! Macron veut parader encore deux ans pour profiter avec avec sa moitié des réceptions, voyages et la prise en charge de tous leurs frais d’apparence mais il est devenu un danger pour notre pays. Il nous a ridiculisé à maintes reprises aux yeux du monde entier et maintenant il veut nous entraîner vers la guerre, peut être pour éviter d’être traduit en justice lors de la vérification des comptes et parachever sa destruction…
Tu partiras , je partiras pas, si si tu partiras , non je partiras pas , je sortiras l’article 16 et vous l aurez dans le baba
J’ai envie d’écrire un livre : »Le loufiat de la République »
Ça ne changerait rien. La France est profondément socialiste : moins de travail, plus de redistribution. La France est maillée par le socialisme dont une partie du RN est proche sur le plan économique. Je dis bien’: une partie du RN. L’autre partie devrait s’unir avec les LR qui ne savent pas où ils habitent. Quant aux LFIstes, je crains que leur score augmente. Le départ de Macron ne changera rien à cette impossibilité de gouverner et réformer.
Espérons qu’il ne dégaine pas l’article 16…..ce serait le PONPON !
est CAPABLE rien que pour nous ACHEVER
Il le fera c est dans son ADN
Il ne partira pas . La prochaine étape qu’il nous prépare en douce ? L’article 16 . Comme ça il aura les pleins pouvoirs au nom de « la stabilité ». Il sera tout seul aux commandes sans s’embarrasser du parlement . Il n’aura plus à faire semblant d’avoir un gouvernement . Un rêve pour lui . Pour nous, le cauchemar va encore continuer.
Orgueilleux à en être malade. Il récolte ce qu’il a semé. Il faut qu’il descende de son piedestal. Nous sommes la risée de tous. Honte.
Il partira quand il aura fini sa mission : détruire ce qu’il reste de la France
Ce point de vue est convaincant : on ne reprise pas de vieux tissus troués de partout, usés, devenus encombrants.
On s’en débarrasse.
Macron doit partir, ce serait sans doute le seul acte digne d’une présidence qu’il a dégradée. Et ensuite, la voix au peuple dans les urnes.
Sinon, jusqu’où la France va t elle descendre ? Comme le dit avec intelligence, Mathieu Bock Coté, « il y a toujours une pelle au fond d’un trou »
Un grand merci à « Boulevard Voltaire », pour avoir ouvert ses colonnes à Jean-Frédéric Poisson, Président des Chrétiens Démocrates. Un exemple dont devraient s’inspirer bon nombre de médias français.
Excellente interprétation de droit constitutionnel.
Perso, je plaide la destitution car ce seait la seule manière de demander des comptes, voire de l’assigner à résidence ou pourquoi pas, l’empêcher de fuir en le plaçant en détention.
Il s’en fout, il est titulaire ! (Voir les municipaux avec les chevaliers du fiel)
L’affaire Lecornu est un coup monté par Macron qui a accepté Lemaire ministre des armées alors qu’ils ne peuvent pas se supporter. (LIRE le président toxique d’Étienne Campion) . Retailleau revenu ministre de l’intérieur, ministre d’état, non mis au courant, ce qui allait créer un incident. Ainsi Macron tel Ponce Pilate est irresponsable de ce nouveau fiasco politique, se lave les mains, c’est pas moi c’est l’autre, donc contraint et forcé d’annoncer une deuxième dissolution pour rester à l’Elysee où il s’accroche.
Mais il ne veut pas partir ! Il veut terminer son grand œuvre de déconstruction.
ce type a déshonoré la France ainsi que ceux qui le soutiennent.
il doit foutre le camp
D’accord mais s’il ne veut pas ?? il dit lui même qu’il « règnerat » jusqu’au dernier quart d’heure.
Je me demande si les français ont pris conscience que d’avoir voté 2 fois, pour cet individu sans expérience , sont responsables de l’état de notre pays….. car ils ont bien voté et il a bien été élu ….