[TRIBUNE] Le Pr Lejeune est devenu une cible chérie du wokisme et du féminisme
Effacer la trace du professeur Lejeune, qui découvrit la trisomie 21 et s'opposa à l'avortement ? Une obsession de la gauche... En juillet dernier, le site de la mairie de Paris dressait ainsi le portrait de la scientifique Marthe Gautier, qui travailla à ses côtés et accusait le professeur d'avoir volé ses découvertes. L'accusation est reprise une fois de plus à l'occasion des 100 ans de la naissance de Marthe Gautier, le 10 septembre dernier. Des propos récurrents, relayés notamment par France Culture, qui se propagent sans contradictions et font bondir Jean-Marie Le Méné, président-fondateur de la fondation Jérôme-Lejeune. Il explique pourquoi.
Le service public audiovisuel, qui depuis l’explosion des réseaux sociaux se cherche une raison de survivre, a trouvé. Se recycler dans un militantisme professionnel consistant à promouvoir tout destin féminin victime a priori de l’oppression du patriarcat. Une nouvelle lutte des classes entre les deux sexes où il ne fait pas bon être mâle, blanc, catholique et pro-vie. C’est ce qui est reproché au Pr Jérôme Lejeune, devenu depuis une quinzaine d’années une cible chérie du wokisme et du féminisme. L’histoire de cette affaire paraît compliquée. En 2009, à l’occasion des cinquante ans de la découverte de la cause de la trisomie, matériellement publiée en 1959 sous les trois signatures « Lejeune, Gautier, Turpin », Marthe Gautier prétend pour la première fois, à 85 ans, que c’est elle, toute seule, qui aurait fait la découverte. Lejeune, cinquante ans plus tôt, lui aurait « volé » son travail et aurait « menti » sur son rôle. Rien que ça ! Par chance pour elle, Turpin, le chef de service, et Lejeune, le découvreur, sont décédés et ne peuvent modérer ses rêves de grandeur passée. Par chance, encore, elle tombe sous l’influence de militantes féministes qui comprennent immédiatement qu’elles tiennent un trésor et la prennent en main jusqu’à sa mort, en 2022, à 96 ans.
Une réécriture wokiste de l'Histoire
Marthe Gautier, la jeune femme pauvre et provinciale, contre un jeune homme bourgeois et parisien, l’affaire est dans le sac. Elle s’autoproclame unique découvreuse spoliée et oubliée. Et puisque c’est une femme, sa parole est crue, Lejeune est cuit. Qu’importe si elle ne présente pas le moindre commencement de preuve à l’appui de ses prétentions. Qu’importe si les archives de Jérôme Lejeune montrent que la vérité est exactement le contraire de ce que prétend Marthe Gautier. L’Histoire est déconstruite et réécrite dans la plus pure tradition du wokisme qui veut un monde bipolaire partagé entre les victimes et les bourreaux. Par chance pour elle, toujours, le Pr Lejeune est aussi célèbre pour son opposition à l’avortement systématique des enfants porteurs de trisomie. Et ça, c’est la clef de voûte. Comment un homme catholique et farouche adversaire de la liberté des femmes pourrait-il être un grand savant et respecter le travail d’une collaboratrice ? Impossible. Ça ne doit pas exister. Depuis 2009, inlassablement, les médias reprennent cette information et transforment peu à peu Marthe Gautier en héroïne nationale. Les livres de SVT sont corrigés. On donne son nom à des lieux publics. On écrit des pièces de théâtre, des livres. Elle a failli être retenue dans les portraits de femmes émergeant de la Seine, lors des Jeux olympiques, entre Simone Veil et Gisèle Halimi. L’INSERM s’est fendu d’un avis dépourvu d’argumentaire relativisant la découverte de Lejeune. Et il est question d’afficher son nom, bientôt, sur la tour Eiffel au sein du cortège immense et prestigieux des femmes scientifiques invisibilisées par la masculinitude dominante depuis l’aube des siècles. La récente publication de France Culture sur les réseaux sociaux étalant, une fois de plus, cette escroquerie idéologique s’inscrit dans la déferlante.
La triste manipulation d'une femme âgée et honorable
La réalité est heureusement plus simple. Lejeune et Turpin, généticiens, travaillent depuis 1952 sur le mongolisme. Turpin demande à Lejeune d’écrire un ouvrage sur le mongolisme et lui confie la consultation. Lejeune publiera sept articles scientifiques sur le mongolisme avant l’annonce de la découverte. En 1956, Marthe Gautier, cardiologue, trouve un poste dans le service du Pr Turpin. Elle revient des États-Unis en rapportant une technique de culture cellulaire qui facilitera le décompte des chromosomes. Lejeune et Gautier travailleront ensemble en 1957 et 1958 dans des relations tout à fait cordiales, comme le montre la correspondance entre les deux. La découverte est publiée en 1959 sous la signature des trois coauteurs, qui partageront la même notoriété, trois mois avant la même découverte par les Britanniques. Quelques années plus tard, Marthe Gautier retourne dans sa spécialité de cardiologie où elle effectuera une brillante carrière. Turpin et Lejeune poursuivent leurs travaux de généticiens. Jamais Marthe Gautier ne sera oubliée, comme en témoigne ce propos public et publié de Lejeune lors de sa leçon inaugurale de 1965 : « Ma chère Marthe Gautier, vous étiez la seule d’entre nous à connaître les techniques de cultures cellulaires. Ensemble, nous avons commencé à lire le caryotype humain. Si je rappelle ces premières années de tâtonnements en 1957 et 1958, c’est pour dire que ces deux années d’échecs et de demi-succès n’ont été couronnées enfin que grâce à votre habileté et à votre ténacité. » Voilà l’histoire d’une manipulation qui est devenue un cas d’école : instrumentaliser jusqu’à sa mort une femme âgée et honorable pour la transformer en militante féministe pleine de ressentiment. Pour servir la cause, tout est bon, même l’abus de faiblesse. Malgré les attaques, l’œuvre scientifique et médicale de Jérôme Lejeune continue avec une fondation qui porte son nom et entièrement privée. Car pour les vrais oubliés, les personnes porteuses de trisomie, l’État est plus discret.
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19 commentaires
dans mon malheur, j’ai un enfant handicapé mental j’ai eu la chance dont je me rappelerai toute ma vie de rencontrer le Professeur Lejeune. A y repenser 30 ans plus tard, je suis encore émue de la façon et de l’humilité dans lesquelles il nous a reçu. il a pris son temps pour nous expliquer le problème. Un grand homme et une belle figure humaine. Je respecte bcp sa mémoire qui continue de vivre au travers de sa fondation
Certains régimes eliminaient ces trisomiques dans les camps d’extermination …
Que proposent-ils, ces braves gens si défenseurs de l’opprimé, en tout état de cause, aux trisomiques ?… L’avortement thérapeutique !
Le CNRS est à la science ce que France-Inter est au journalisme.
Bien vu !
Principe de la gauche: n’ayant rien fait de bon qui pourrait rester dans l’Histoire, la grande, la vraie, eh bien elle en façonne une à sa main, et les gogos incultes suivent tout convaincus qu’ils sont d’avoir découvert la vérité.
Il est de coutume de prétendre désormais que tous les travaux de nos plus éminents scientifiques ont été volés à leurs collègues femmes ou à des inventeurs noirs. Il y a des dizaines de comptes sur les réseaux sociaux qui publient quotidiennement à ce sujet.
Les trois-quarts de ces individus sont des personnages de fiction. Comment arrivent-ils à faire des biographies de 10 pages sur d’illustres inconnus ayant vécu au 19ème siècle ? (On ne sait pas s’il partit pour Paris le 4 au matin ou le 5, les sources se contredisent à ce sujet).
Un grand savant
Ses qualités de scientifique sont indéniables mais son opposition à la fois au dépistage in utéro des maladies génétiques comme à l’avortement des femmes porteuses d’un enfant handicapé ne m’en font pas un héros.
Combien de ceux qui le vénèrent ont eu dans leur famille, la vision régulière du calvaire de la vie d’un enfant handicapé que ce soit pour l’enfant ou pour leur famille ?
Qu’il s’y soit opposé, en cohérence avec ses convictions religieuses, est une chose. Mais au bout du compte, ce sont les familles qui décident. Les positions de ce médecin, comme d’autres, ne sont pas responsables de la souffrance des familles que vous décrivez. Il faut de tout pour faire un monde. L’inverse s’appelle la dictature …
Absolument ! Refuser le dépistage in utero, c’est refuser aux parents le droit de choisir. Quant à l’enfant trisomique, on ne saura jamais ce qu’il en pense, mais… ses frères et soeurs « normaux » devront le subir, et n’auront évidemment pas le droit de s’en plaindre, sauf à passer pour des monstres sans coeur. Et si les parents n’ont pas les moyens, ou à leur mort, c’est à la société qu’on demandera de prendre en charge ces malheureux.
Pour les progressistes, la volonté de s’occuper des trisomiques au lieu d’avorter ou de les euthanasier est évidemment un crime impardonnable.
Juste une question: acceptez-vous un débat contradictoire ?
Je fais partie ceux qui ont un profond respect du professeur Lejeune et qui ont dans leur famille des enfants atteints de handicap. Je ne peux pas laisser dire que ces enfants sont malheureux plus que tout autre enfant dit « normal ». C’est certe difficile pour les parents d’éduquer ces enfants car la France donne trés trés peu de structures adaptées.
En revanche ces « petits » apportent à nos familles une candeur et une joie qui nous apprennent nous adultes à voir l’essentiel de la vie…
Si ça continue,on va dire que Vercingétorix était une femme et que le maréchal Ney était trans. Tout est bon pour certaines femmes frustrées.
Toute l’histoire n’est que du vol de propriété intellectuelle et sans aucune exception. Ca va des biens jusqu’au services (mêmes les lois le sont), donc il faut se réveiller la gauche, il faut arrêter de croire aux Bisounours et à la petite souris.
On le sait bien que toute l’histoire qu’elle soit historique ou actuelle telle qu’elle nous est présentée, a toujours été et sera enjolivée, très édulcorée systématiquement arrangée pour cacher et servir de sourdes et mauvaises intentions.
Quoi de plus détestable que cette gauche qui veux refaire l’Histoire a sont sa vision.
Merci pour cette tribune