[TRIBUNE] Finances publiques : Bayrou cherche des boucs émissaires

C'est bien la lâcheté des gouvernements successifs depuis 1974 qui est responsable de la situation actuelle.
@ Matignon
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Les hommes politiques de ce pays ne finiront jamais de nous surprendre. Pour éluder sa propre responsabilité et celle de ses prédécesseurs, voici que le Premier ministre s’est mis en quête de boucs émissaires. Il n’a rien trouvé de mieux que les boomers, dont il est un exemple presque caricatural.

Parlons-en donc. Les générations de l’après-guerre seraient responsables de la situation des finances publiques, notamment du fait du poids de leurs retraites mais aussi du confort dans lequel ils se seraient complu.

Les boomers travaillaient 40 heures et non 35

Peut-être faut-il rappeler à M. Bayrou que ces boomers, artisans des Trente Glorieuses, ont beaucoup travaillé pour créer la prospérité de la France et leur bien-être. Ils travaillaient 40 heures et non 35, avaient trois puis quatre semaines de congés payés, pas cinq ; jusque dans les années soixante, leur week-end débutait le samedi à midi et pas le vendredi. Ils eurent des enfants, ce qui assurait l’équilibre des comptes sociaux, et notamment des retraites. Ils payaient des impôts et comme ils équipaient leurs foyers, ils consommaient ce qu’ils produisaient par leur vie de travail et remplissaient les caisses de l’État grâce à la TVA.

Il est donc assez malvenu de les mettre en accusation. Car, enfin, c’est bien la lâcheté et l’irresponsabilité des gouvernements qui se sont succédé depuis 1981, et peut-être depuis 1974, qui est à l’origine de la situation actuelle.

Oukase idéologique

La démographie est une science sûre. Quand il a été patent que l’espérance de vie s’allongeait et que la vigueur démographique fléchissait, il eût été responsable de s’interroger sur l’avenir de notre système de retraite par répartition qui, mécaniquement, allait se trouver en difficulté. Mais il existait un oukase idéologique : parler de retraite par capitalisation (même complémentaire) était interdit, sauf pour la fonction publique qui, elle, pouvait recourir à Préfon. Et si ces gouvernements avaient eu un tant soit peu le sens des responsabilités et de l’avenir, ils auraient mené des politiques familiales fortes plutôt que de détruire une des seules politiques publiques efficace et qui était un modèle pour l’Europe qui s’enfonçait dans « l’hiver démographique ».

Les vrais responsables de la situation de la France, et pas uniquement sur le plan budgétaire, ce sont les « soixante-huitards » et la gauche dite de gouvernement. À partir du 10 mai 1981, la gauche a accumulé les erreurs et les fautes tout en sapant consciencieusement les piliers d’une société ordonnée. La liste des fautes est impressionnante : nationalisations coûteuses et inutiles, retraite à soixante ans généralisée, trente-cinq heures, embauche massive de fonctionnaires (création de 150.000 postes de fonctionnaires prévue dans les 110 propositions de François Mitterrand : durant ses deux septennats c’est 500.000 fonctionnaires qui furent recrutés !), impôt sur les grandes fortunes (visant, en pratique, la classe moyenne supérieure propriétaire), choc fiscal de François Hollande (50 milliards d’impôts supplémentaires [OFCE, 2016]), mise sous condition de ressources des allocations familiales qui pénalisait les classes moyennes au profit des classes dites populaires, laxisme migratoire. Et l’abandon de la souveraineté française dans les mains de la technocratie européenne a été le grand œuvre de François Mitterrand.

De surcroît, toute l’engeance « intellectuelle » de gauche soutenait les régimes totalitaires les plus immondes. Après avoir adulé Lénine et Staline, ce fut Mao (en dépit des témoignages de Simon Leys, traîné dans la boue), Pol Pot et le célèbre « La ville est libérée », Ho Chi Minh, Castro (reçu en grande pompe à l’Élysée, en mars 1995, et embrassé par Danielle Mitterrand) et même l’ayatollah Khomeini (Sartre, Beauvoir et Foucault furent ses soutiens et vinrent le voir à Neauphle-le-Château). Ineptes sur le plan politique et économique, ils étaient indignes sur le plan idéologique.

Lâcheté de la droite

Mais la droite conventionnelle a été d’une lâcheté lamentable car, hors les nationalisations, elle n’est revenue sur aucune des erreurs de la gauche, ou, quand elle a tenté de le faire, comme pour les retraites, c’est sans pédagogie. Elle a également multiplié le nombre de fonctionnaires (+800.000 sous Jacques Chirac) et persisté dans le laxisme migratoire. Quant aux abandons de souveraineté, elle en a rajouté dans l’indignité (Nicolas Sarkozy et le traité de Lisbonne), sans omettre un suivisme sur le plan économique au nom d’un grand marché de 500 millions de consommateurs plutôt qu’une grande économie de producteurs, ce qui a abouti à une désindustrialisation sans précédent.

La France ne se relèvera que par un renversement total des objectifs de gouvernement qui doivent être ordonnés d’abord aux intérêts des Français. Ce ne sera possible que par une alliance de toutes les droites de conviction pour le service de la nation.

Picture of Stéphane Buffetaut
Stéphane Buffetaut
Chroniqueur à BV, élu de Vendée, ancien député européen

Vos commentaires

57 commentaires

  1. Il faut faire des économies, mais que pour les gueux!
    Les garde-corps, des poules de Mme Braun-Pivet ont besoin de renfort, il leur faut un de plus.

  2. Bien résumé, merci ! Pourtant on entend encore à gauche, à l’extrême gauche, toujours les mêmes d’absurdités de lutte des classes et économiques que certains à droite continuent désespérément et par couardise à soutenir. On peut être inquiet du volet social du RN, on peut aussi le comprendre vu l’addiction profonde d’une grande partie de la nation aux perfusions sociales, mais c’est un des seuls partis avec Reconquête à vouloir renverser la vapeur. La tâche sera immense et dangereuse, mais ce sont la nos seuls espoirs de ne pas devenir prochainement le Liban d’Europe, un pays du tiers monde ruiné comme tant d’autres avant lui par l’idéologie progressiste, hier socialo-communiste, aujourd’hui socialo-écolo-communiste.

  3. Vaut-il la peine de s’attarder sur les inepties de ce nul total qu’est bayrou ? Qu’il continue à faire ce qu’il sait faire, c’est à dire, rien.

  4. Ça fait 45 ans que François « Le-Bègue-du-Béarn » se prélasse impunément dans le « fro-M-age » , la Politique , est un métier . Pendant toutes ces années , Bayrou , en usant de ses « actions » ou de ses « inactions » , vous a fait croire qu’il le faisait en faveur de votre avenir et vous l’avez cru ! Bayrou est un « Grand-Pro » de la Politique , aujourd’hui encore il tente de vous faire croire qu’il n’est pour « RIEN » dans la dette de le France , comme si vous en étiez convaincus ! S.V.P , expliquez moi ce que Bayrou en a à faire de la dette de la France ?

  5. En accusant les boomers du désastre actuel, Bayrou reconnait sa responsabilité. Ce fut une sorte de confession.

  6. Excellent analyse mais il y a un mais. La droite est encore et toujours empêtrée dans ses égos et peine à se rassembler. A voir la situation actuelle nous en sommes loin et pourtant le temps presse, voir il est déjà trop tard.

  7. Il est cocasse, mais néanmoins triste, de constater que les personnes qui ont le plus contribué à l’essor de la France, soit brocardés par un 1er ministre qui n’a vécu que de subsides ! lamentable.

  8. On peut penser ce qu’on veut mais il n’est pas objectif de ne pas voir que tous les avantages que ce sont octroyés les boomers ont été fait avec leur voix et leur consentement.
    Les politiques ou plutôt les démagogues qui nous gouvernent ont une large responsabilité mais ils ont été porté par le courant de flemme qui affectait et affecte encore une large majorité de la population française.
    Mon père est parti , heureux , en pré-retraite à 55 ans… et je n’en sis pas fier.
    Mitterrand, notre calamité nationale, le Président des soixante huitards à bien été élu , …certes avec la complicité de Chirac, un rad-soc qui l’a logiquement remplacé.

  9. Par peur que les français leur demandent des comptes, les politiques désignent les coupables de ce désastre, les français. Il faut dire que beaucoup partagent la responsabilité du naufrage en envoyant nombre d’incompétents à l’Assemblée nationale. Par ailleurs on montre les boomers du doigt avant de leur faire les poches, la ficelle est un peu grosse.

  10.  »lâcheté des gouvernements successifs depuis 1974 qui est responsable de la situation actuelle » ? Mais Bayrou a cumulé depuis 1993 des postes des ministres dans ces  »gouvernements de lâches » !! ça ne s’appelle pas se tirer une balle dans le pied mais missile !.

  11. Cher monsieur Bayrou qui taclez les boomers alors que vous en êtes l’archétype, faites donc le compte de ce que vous avez produit en regard de ce que vous avez émargé d’argent public en y ajoutant ce que vous allez nous coûter désormais ;ensuite, je concèderai à écouter vos leçons d’économie.

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