Tout mais pas Israël ! Le vainqueur de l’Eurovision 2024 rend son trophée

La dignité et l’inclusion, c’est bon pour tous les trans, non-binaires et autres iels. Pas pour les artistes israéliens.
boycotteurovision.uk, Public domain, via Wikimedia Commons
boycotteurovision.uk, Public domain, via Wikimedia Commons

Ne nous fions pas aux apparences : la jeunesse, quoi qu’il paraisse, est capable d’actes héroïques. Ainsi le jeune Nemo, vainqueur de l’Eurovision 2024, qui vient d’annoncer qu’il rendait son trophée pour protester contre la participation d’Israël...

Jean-Noël Barrot a la mémoire qui flanche

Noël approche à grands pas, l’année s’achève et, déjà, le prochain concours de l’Eurovision se profile à l’horizon. C’est pour le 12 mai prochain, à Vienne, en Autriche. Si le concours a lieu, car on ne sait jamais… Au train où vont les choses, qui sait s’il ne sera pas annulé, faute de combattants. Ce serait dommage...

Le problème qui pourrait faire capoter la chose, c’est la participation officialisée d’Israël. La polémique autour du « viendra-viendra pas » est définitivement close. Les organisateurs de l’Union européenne de radio-télévision (UER) ont tranché : l’État hébreu en sera. Mais voilà, s’il en est, les autres ne veulent plus en être.

En effet, cinq pays ont déjà annoncé que, de ce fait, ils boycotteraient – ou « girlcotteraient », comme à Angoulême – la prochaine rencontre. Le panurgisme étant contagieux, l’Islande vient de se ranger aux côtés des Pays-Bas, de l’Espagne, de l’Irlande et de la Slovénie. Pour l’heure, la France résiste. Après mûres réflexions et prises de tête, le ministre des Affaires étrangères et de l’Europe, l’ineffable Jean-Noël Barrot, a annoncé, le 5 décembre : « Non au boycott d’Israël au concours de l’Eurovision. Jamais la France ne s’engagera dans la voie du boycott d’un peuple, de ses artistes ou de ses intellectuels. » Vraiment ? Rappelons-lui, alors, les fermes prises de position au début de la guerre en Ukraine, quand France Culture – radio de service public – s’interrogeait : « C'est une question que se pose (sic) les institutions culturelles mais aussi les citoyens et citoyennes en Occident. Faut-il boycotter ? Et si oui, faut-il viser les individus, les artistes ou l'art russe dans sa globalité en tant que soft power ? » Et devinez quoi : on a, sans état d’âme aucun, boycotté tout le monde, artistes et sportifs compris.

L’inclusion, c’est bon pour les trans, pas pour les artiste israéliens

On ne sait combien de temps ledit Barrot mettra, cette fois, à se coucher. Un certain temps, celui que Panurge compte ses moutons, sans doute. C’est donc dans ce contexte que le jeune Nemo, « premier artiste gagnant non binaire du concours » nous rappelle la presse, a décidé de rendre son trophée en signe de protestation contre Israël. Le Suisse de 26 ans l’a « déposé dans une boîte ». Les méchantes langues penseront qu’il tenait trop de place sur l’étagère de ses toilettes et qu’il l’a glissé dans une boîte à chaussures sous son lit. Erreur : il l’a renvoyé au siège de l’UER, à Genève.

Disons-le tout net : c’est un acte héroïque qui vise à dénoncer la haute trahison. C’est la philosophie du concours de l’Eurovision qui est ainsi bafouée, car il y a, dit Nemo, « un conflit évident » entre les idéaux de « l’unité, l’inclusion et la dignité pour tous ». Il n’est pas mesquin, Nemo : « Il ne s’agit pas d’individus ou d’artistes. Il s’agit du fait que le concours a été utilisé à maintes reprises pour redorer l’image d’un État accusé de graves atrocités. » Bêtement, naïfs que nous sommes, nous croyions qu’il s’agissait justement de récompenser le talent d’individus et d’artistes. Erreur, là encore.

Ce qu’il faut comprendre, à l’évidence, c’est que l’unité, la dignité et l’inclusion, c’est bon pour tous les trans, non-binaires et autres iels à barbe. Pas pour les artistes israéliens.

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

40 commentaires

  1. Je ne suis pas sûr que Némo avait eu ce trophée grâce à son talent, donc saluons ce geste de lucidité. J’espère que les téléspectateurs donneront tort, une fois de plus, aux politiques à la recherche d’un nouvel électorat. Honte à ces pays qui boycottent.

  2. Il y a bien longtemps que je ne regardais plus ce concours mais l’année dernière exceptionnellement je l’ai fait pour soutenir Israël. Je ne suis pas juive mais cette jeune femme le méritait par son courage, la qualité de sa chanson et sa voix. Et dans une époque où l’on ne sait plus qui est qui sa féminité, son élégance ne gâchait rien.

  3. Il en est assez de ce pandemonium de délirants de la pire espèce !!! Ou est l’art ??? Certes pas au concours de l’eurovision. S’il ne fallait condamner tout un pays sur la politique de ses dirigeants….quid de notre France ???

  4. Cet artiste devrait avant de juger aller vivre 6 mois à Gaza et si il en ressort vivant ( ils ne sont beaucoup apprécié les non binaires) aller vivre 6 mois en Israël. Ensuite en son âme et conscience ( pas celle de Delgodu et autres LFI) il reviendra nous parler..

  5. Ce concours est devenu, depuis quelques années, une vitrine pour le wokisme et autres élucubrations progressistes, teintées de faux bons sentiments inclusifs et « bien comme il faut » ! Je serais d’avis d’en terminer avec ce rendez-vous de tartuffes, avant qu’on y voit un candidat déguisé en licorne ou en table basse. Israël, que je soutien, devrait claquer la porte sans regrets, laissant les médiocres entre eux ! Si on avait un peu de dignité, on devrait faire la même chose. Vu le niveau des prestations, ça ne me tirera pas de larmes !

  6. Voici, voila le racisme à l’état pur, sans aucune gêne, ces pseudos justiciers sont de fait des agents actifs de la discrimination raciale et religieuse.

    • Supprimer ce concours stupide — mais sympa dans les années ’60 — serait la meilleure solution face à tant d’esprits vengeurs et pour éviter des gestes aussi héroïques (!) que celui de Nemo.

  7. Je ne serais pas déçu si l’Eurovision était annulé, cette compétition organisée et orientée par le wokisme finit par tourner au ridicule, c’est devenu une démonstration de genre partisane et politique, la chanson n’a plus rien à voir avec ce concourt, ça permettra aux hurluberlus de se taire.

  8. Comme me disait mon grand-père quand nous allions à la pêche t’inquiète pas fiston … « les poissons morts remontent toujours à la surface ».

    • Ce Nemo me fait pas pleurer.
      De toutes façons, ce concours a tellement dérivé depuis quelques années, en cédant à tous les wokismes possibles, que s’il pouvait ne plus avoir lieu, je n’en serais pas attristé, au contraire.

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