Sur France Inter, un plaidoyer vibrant pour « l’écologie décoloniale »

Le service public, avide de déconstruction et de contrition, ne pouvait manquer d'œuvrer pour la convergence des luttes
Capture d'écran YT
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Vous connaissez l’écologie décoloniale ? Si ce n'est pas le cas, heureusement que le service public est toujours prêt à répandre la bonne parole de gauche ! Ainsi, France Inter, vendredi 9 janvier, initiait le commun des Français à cette idée selon laquelle « le dérèglement climatique ne serait pas simplement le produit abstrait de l’humanité, mais le résultat d’une histoire bien plus précise, celle de la modernité occidentale structurée par la conquête coloniale, la mise en esclavage, les monocultures intensives et une économie d’extraction qui a transformé les territoires, les écosystèmes et les corps humains ».

Dérèglement climatique : fruit de la colonisation et de l'esclavagisme

L’écologie décoloniale est un concept à la mode, à gauche : « C’est pas très écologie décoloniale », dénonçait, par exemple, Sarah Bennani, dans la vidéo exhumée par BV de sa participation à la table ronde de « Nous Toutes 93 », organisée à la Fête de L’Huma. Mais qu’est-ce donc ? Wikipédia nous apprend que « c’est un courant de l’écologie politique luttant contre l'impérialisme, l'extractivisme et le néocolonialisme occidental dans les pays du Sud (anciennement appelés pays du tiers-monde) et les territoires colonisés. Pour les chercheurs décoloniaux, les crises environnementales sont liées à l’histoire esclavagiste et coloniale de la modernité occidentale. Selon eux, le capitalisme s’est structuré sur une économie extractive et des monocultures intensives qui ont détruit la biodiversité. »

Si on résume, l’Occident, déjà surchargé de tous les maux de la Terre, est en plus responsable du changement climatique. C’est l’idée que défendait déjà Greta Thunberg, en novembre 2019, dans la tribune « Why we strike again », la crise climatique est aussi une « crise des droits de l'homme, de la justice et de la volonté politique. Des systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux l’ont créée et alimentée. Nous devons les démanteler. » 2019, c’est aussi l’année de la publication du livre de Malcolm Ferdinand, Une écologie décoloniale, aux Éditions du Seuil, qui, lit-on dans sa description, dénonce la « prétention d’universalité » de « la pensée environnementale », « construite sur l’occultation des fondations coloniales, patriarcales et esclavagistes de la modernité ».

Déconstruction et contrition pour le service du public ?

Le service public, avide de déconstruction et de repentance, ne pouvait donc évidemment pas manquer de se faire l’écho d’une nouvelle autocritique du monde occidental. « Comment a-t-on pu imaginer un champ, un mouvement en philosophie et en sciences politiques, qui prétend penser la Terre dans son entièreté, qui estime que la question coloniale n’a aucun lien avec les enjeux posés, la question posée ? », s’interroge donc Malcolm Ferdinand, auquel Mathieu Vidard offre une tribune sans contradiction sur France Inter.

Cet ingénieur en environnement, docteur en science politique et chercheur au CNRS est martiniquais, et la motivation de son travail de recherche vient de ses racines : de l’utilisation du chlordécone dans les territoires ultramarins, de son sentiment de marginalisation par rapport à l’Hexagone et du manque d’enseignement de l’Histoire de son peuple et de sa terre natale par l’Éducation nationale. C’est pour cela qu’il se définit comme « chercheur-mêlé », entendez chercheur impliqué, puisque son sujet d’étude est en fait lui-même, ses racines, son histoire, sa terre.

Pendant presque quarante minutes, France Inter lui offre donc l’occasion, loin d'être unique, d’accuser l’Occident du changement climatique à cause de son exploitation de la Terre et des humains qui aurait conduit au capitalisme moderne. Heureusement que le chercheur explique son engagement par le militantisme de sa famille d’abord trotskiste, maoïste mais surtout anticoloniale : on ne pouvait pas s’en douter ! Donc, au micro de Mathieu Vidard, et sans aucune contradiction, Malcolm Ferdinand vient expliquer le concept du « plantationocène » qui, selon la Fondation Maison des sciences de l’homme, « peut-être par-dessus tout […] se destine à reconsidérer la place de l’esclavage dans le processus de domination mondiale de l’économie occidentale ».

France Inter au service de la convergence des luttes

Oui, mais voilà, la convergence des luttes, seul moyen idéologique pour la gauche de regrouper sous un même concept toutes ses luttes hétéroclites et parfois même antinomiques, a ses limites : il y a encore trop de Blancs dans les mouvements écologistes, pas assez de diversité ! Mathieu Vidard évoque ainsi « une controverse autour du festival "Les Résistantes" » qui aurait « fait beaucoup de bruit et à bon escient » pour dénoncer ce manque de diversité, ce racisme systématique qui touche aussi le mouvement écologiste. Effectivement, comme le racontait Reporterre, ce n’est pas toujours évident, même avec la meilleure volonté, de faire converger les luttes et de rassembler la gauche : heureusement que le service public est là pour les y aider !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 13:30.

Vos commentaires

29 commentaires

  1. çà m’aurais étonnée que l’accusation ne soit une fois de plus portée sur la colonisation, ses méfaits,( les bienfaits n’étant JAMAIS cités) et de l’esclavagisme qui évidemment ignore sciemment l’esclavagisme arabo musulman et celui des noirs entre eux ! vous pourriez pas changer de disque, çà devient lassant de toujours écouter les mêmes diatribes !

  2. Pour l’esclavagisme, les africains et musulmans pourraient en dire beaucoup….
    Sinon pour le chlordécone, oui l’État français a pendant des dizaines été dans le déni. Seulement les indemnisations sont ridicules.
    Lire Le Monde « Chlordécone : les fautes caractérisées de l’Etat sont reconnues, les indemnisations limitées ».
    Et après on s’étonne de cette écologie décolonniale qui mélange absolument tout…
    Quant à France Inter, on voit son côté militant explicitement : allo l’ARCOM ? Vous aviez piscine ce jour-là ???

  3. Comme si les pays africains n’avaient jamais pratiqué l’esclavagisme… Ils n’ont pas attendu « l’homme blanc » pour le faire.

  4. Le monsieur est MARTINIQUAIS. Et il déplore le manque « d’enseignement de SON PEUPLE et de SA TERRE ». Là, j’avoue, j’ai pas tout compris.

  5. On remarquera que la question coloniale et décoloniale n’existe que vis à vis du continent africain.

    Les asiatiques ou les indiens n’ont ni pleuré, ni réclamé réparation, on ne les entend jamais.
    Ils ont retroussé leurs manches et construit leur prospérité.

  6. Il est temps de réduire le recrutement des étudiants en sociologie politique.
    Le contribuable fera des économies dans ces universités qui ne savent que produire des blablateurs inutiles.

    • La sociologie est une matière totalement inutile sauf en tant que vecteur de propagande gauchiste, écologiste et islamique.

    • Bin oui, mais qu’est-ce qu’on va faire des nullards et des fainéants? Les envoyer en histoire de l’art? C’est déjà saturé!

      • on les envoi faire un stage  » humanitaire » dans un pays ou la misère est réelle, on leur colle une pelle une pioche dans la main qu’ils sachent ce que c’est de  » travailler », éventuellement certains y prendront goût et voudrons valoriser la terre qu’ils travaillent !

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