[STRICTEMENT PERSONNEL] Quand 2 = 30 000…
Deux morts. Deux morts violentes. Deux morts de trop. À deux semaines d’intervalle, le 7 puis le 24 janvier derniers, deux manifestants, dont l’un était légalement porteur d’une arme qu’il n’a ni exhibée ni utilisée, sont tombés à Minneapolis (ou faut-il dire Minneapolice ?) sous les tirs de forces de l’ordre auxquelles leurs supérieurs, encouragés par leur chef suprême, le président des États-Unis en personne, avaient donné consigne de ne faire preuve d’aucune faiblesse et promis l’impunité.
Minneapolis, violence de la tempête
Renée Good et Alex Pretti ont payé de leur vie leur opposition à la chasse aux immigrés illégaux, promise lors de sa campagne et lancée dès son élection par Donald Trump, soutenu sur le principe par une majorité d’Américains qui n’en avaient pas forcément prévu les modalités, plus précisément la brutalité, et la fréquence des « bavures » imputées aux deux organismes chargés de la sale besogne, ICE et Border Patrol.
Ce que de leur côté n’avaient prévu ni l’un des responsables de cette traque de l’homme venu d’ailleurs, le bien nommé Bovino, ni le président lui-même, c’est la violence de la tempête, débordant le camp de ses adversaires pour mobiliser jusque parmi ses partisans, qu’allaient déchaîner, à travers tout le pays et bien au-delà, le premier de ces deux drames et sa répétition quelques jours plus tard. Confronté à un hourvari général, national et international, Trump optait pour la seule attitude raisonnable et attendue, limogeant tout d’abord le trop zélé Bovino, puis s’engageant à mettre fin, dans le Minnesota, aux opérations de ses forces spéciales.
Une preuve, parmi bien d’autres, de l’émotion suscitée par l’affaire et de l’écho retentissant qui lui fut aussitôt donné un peu partout, et d’abord, bien entendu, par les innombrables ennemis du président « MAGA », avait été obligeamment fournie, au passage, par le journal Le Monde qui, deux jours de suite, lui consacra sa manchette.
Ce quotidien du soir, rappelons-le - car les nouvelles générations sont en droit d’en douter -, fut longtemps qualifié de journal de référence, considéré et salué comme tel. Il n’est plus depuis longtemps, en dépit de sa rigueur lexicale et de ses prétentions maintenues, qu’un média comme les autres, étalant sans vergogne, sous un titre inchangé, ses préférences et ses partis pris. L’actualité lui en a donné l’occasion, qu’il a saisie.
Iran : l’étalage obscène de la férocité
Alors même qu’il épiloguait sans modération sur les deux morts de Minneapolis, il n’accordait pas plus de place, d’indignation et de commentaires à la monstrueuse tragédie dont l’Iran était l’arène ensanglantée. Confronté au soulèvement spontané d’un grand peuple opprimé, réprimé, affamé et désarmé, les mollahs, fermant à triple tour les portes de la plus grande prison du monde, apportaient le plus cinglant et le plus sanglant des démentis à ceux qui auraient pu croire que cinquante ans de dictature les avaient ramollis et faisaient tirer leurs séides pasdarans et leurs nervis bassidjis, à bout portant, à balles réelles, sur leur propre peuple, sur leurs femmes, sur leurs filles, sur leur jeunesse, sur tous ceux qui avaient l’audace de préférer la vie à la mort, la liberté à la servitude, la lumière à l’obscurantisme. Combien de morts sont restés sur le pavé de Téhéran, et de toutes les villes du pays, combien ont été arrêtés à leur domicile puis exécutés, combien, blessés et transférés dans des hôpitaux, ont été achevés sur leur lit de souffrance par les tueurs mercenaires du régime ? Trente mille, davantage ? On n’est pas, ici, devant une extermination perpétrée au nom de la race et froidement planifiée, ni devant un châtiment, disproportionné mais provoqué comme à Gaza. On est devant l’étalage obscène de la férocité, comparable au massacre des innocents, à la Saint-Barthélemy, le retour dans le monde d’aujourd’hui de la pire barbarie. Des nazis, les tueurs ont repris une amusante ignominie : celle qui consiste à faire payer par les familles de leurs victimes les balles qui ont frappé leurs enfants.
À ce sujet — [POINT DE VUE] Les Gardiens de la révolution iranienne sont-ils une organisation terroriste ? L’UE hésite…
Comment les donneurs d’ordres enturbannés ont-ils pu trouver les assassins à leur service ? À la base, en les recrutant dans les couches les plus frustes, les moins évoluées, les plus perméables aux enseignement sinistres et à la morale funèbre du chi’isme. Ensuite, ils les ont corrompus et se sont assurés de leur fidélité en leur versant des rémunérations et en leur conférant des avantages qui tranchent avec la gêne ou la misère dans lesquelles végète la majeure partie de la population de l’Iran. Seuls détenteurs d’armes et de munitions dans le pays – l’armée régulière étant tenue à l’écart de cette basse police –, ils ne courent pas plus de risques que les chasseurs face aux lapins. La meilleure garantie de leur loyauté envers le régime est dès les début de la République islamique et plus encore désormais, ils sont bien placés pour savoir que s’ils cessaient de massacrer et déposaient les armes, ils seraient tous lynchés. Rien à craindre pour eux, donc, et rien à espérer pour des millions d’Iraniens qui ne peuvent attendre leur libération, qu’ils souhaitent ardemment tout en ne voyant pas comment d’autre issue que venant du dehors, du monde libre, comme on disait vers le milieu du XXe siècle.
Trump doute-t-il de la supériorité écrasante de ses armes ?
Et d’où pourrait-elle venir, sinon des États-Unis ? Témoins horrifiés du carnage, les vingt-sept pays de l’Union européenne, n’écoutant comme à l’ordinaire que la voix de leur courage, qui ne leur disait rien, se sont bornés à décréter terroriste l’organisation des Gardiens de la révolution. L’ayatollah Khamenei, si j’ose dire, revigoré par le grand bain de sang qui lui rappelle se jeunesse, s’en tamponne le corbillard.
Donald Trump, on le sait, on ne le sait que trop, avait ouvert une fenêtre (de tir) sur l’espoir. Il n’avait pas hésité à se donner les moyens d’une intervention, à éveiller l’espoir de tout un peuple et à l’appeler à l’insurrection. Au bord du gouffre, au bord de la guerre, on l’a vu soudain tergiverser, atermoyer, s’immobiliser, esquisser un pas en arrière.
Que s’est-il donc passé ? Que se passe-t-il ? Trump doute-t-il de la supériorité écrasante de sa flotte, de son aviation, de ses armes ? Redoute-t-il la riposte claironnée par la propagande iranienne ? N’a-t-il pas été, comme tout être humain digne de ce nom, révulsé par la réponse des mollahs au soulèvement de leurs sujets ? Le vrai motif de son hésitation n’est pas là. Autant le raid éclair sur Caracas est passé auprès de son opinion comme une lettre à la poste (du temps qu’il y avait des lettres et une poste), autant l’Iran apparaît comme un gros morceau difficile à avaler. Une opération militaire, même sans s’enliser dans le sable et la boue, pourrait se traduire par la perte d’un ou de plusieurs navires, d’un ou plusieurs avions, de quelques dizaines ou de quelques centaines d’hommes. Et c’est, au seuil d’une année électorale, un risque qu’il ne veut pas prendre, car son opinion ne l’accepterait pas.
L’honneur et la faiblesse de ce qu’on appelait l’Occident, États-Unis compris, tiennent au prix qu’on y attache à la vie, et d’abord à la vie humaine. À Téhéran, la vie d’un homme ne vaut rien, celle d’un opposant moins que rien. À Washington, ou à Minneapolis, elle est devenue inestimable.
L’hypocrisie, a écrit La Rochefoucauld, est l’hommage que le vice rend à la vertu. Le tumulte et la tourmente éveillés par la double bavure de Minneapolis attestent, a contrario, en dépit du procès permanent instruit contre Trump, la réalité et la vigueur de la démocratie américaine. Ils constituent une forme paradoxale d’hommage. Passée l’émotion consécutive au carnage qui s’est déroulé en Iran, il est à craindre que ce régime inhumain ne sorte renforcé de l’épreuve. Face à l’ampleur, l’horreur et au bilan de ce nouvel holocauste, la réaction la plus appropriée n’est pas, ne saurait pas être l’étonnement.
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45 commentaires
Humour noir à partir du titre. Combien sont ils? 30000; combien sommes nous? 2. Encerclons-les.
« LE MONDE, LE MONDE, ce journal gothique du soir, le poids de l’ennui, le choc des paupières » (DESPROGES). Hubert BEUVE-MERRY doit se retourner dans sa tombe de voir son quotidien tombé dans les mains des milliardaires de gauche : PIGASSE, NIEL et BERGE.
Qui ne dit mots consent ! Journalistes complices.
L’information des pays occidentaux est filtrée et biaisée par leurs médias aux mains du magistère gauchiste , même les grandes et soit-disant irréprochables institutions internationales sont soumises à ses diktats idéologiques . Mais cet enfumage ne marche plus , le réel que subissent les populations ouvrent les yeux et les oreilles des plus rêveurs bisounours .
Mais bien sur. Une nième révolution de couleur qui n’a pas fonctionné car le gouvernement du pays l’a réprimé avant, permet de taper sur les pays qui ne veulent pas s’agenouiller devant la démocrassie (sans faute d’orthographe) occidentale.
Vous évoquez la St-Barthélémy, de notable mémoire, mais elle n’a occupée que quelques décennies, son échelle, rapportée aux massacres perpétrés au nom de l’islam contre l’islam, fait figure d’un fait divers. Si l’on s’en tient à notre époque, les cadavres se comptent par dizaines de millions, tant au Maghreb qu’au Machreq, et ils saignent encore au multiple à ce jour sous la main cruelle des mollahs, si l’on peut dire. « On ne sait hait bien qu’en famille », écrivait Montherlant. Avec quel luxe de précautions, Israël a oeuvré à Gaza pour épargner des civils, pourtant souvent compromis avec le Hamas, véritable assassin de son peuple ! A cette minute qui sait quoi de ce qui se trame en Iran tant au plan militaire que diplomatique ? Tout se touche et se corrompt, se résoud ou se lie d’un continent à l’autre. Le Vénézuela, la Chine, l’Ukraine, la Russie, les Etats arabes, la Turquie, l’Europe, l’OTAN. Mais Trump est à la manoeuvre. Il faut se souvenir, il n’y a pas si longtemps, nos experts considéraient les USA en déclin, à l’article de la mort, celui où l’Europe-zombie est plongée, n’existant que par les mots. Cette diplomatie de la soumission, nous la payons au prix fort. Ce réveil soudain de reconnaître les Gardiens de la Révolution comme organisation terroriste sent pour la France sa petitesse masquée d’un coup de menton. Il y a une responsabilité patente française à avoir hébergé et en quelque sorte soutenu l’ayatollah Komeiny et fermé les yeux sur ses réseaux qui ont versé le sang partout dans le monde. On a oublié que sitôt au pouvoir c’est à l’Islam, dit modéré de son camp, que l’ayatollah s’en est pris, qu’il a éliminé. Ce modeste enseignant a réussi à séduire des cerveaux occidentaux éminents, il est vrai rongés par une idéologie égale à leur mal-être. Si Trump réussit à mettre au pas l’Iran, son « toupet » aura changé la face du monde. Surtout, restructurer un Moyen-Orient, en moisissures brûlantes depuis des lustres. Si l’Iran redevient la Perse, ce sera le vrai printemps. Cyrus, bien que non-juif, avait été sacré messie par le peuple hébreu. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement, le tournant, nous y sommes.
M. Jamet, j’ai souvent de la difficulté à percevoir l’opportunité de vos commentaires. c’est hélas encore le cas aujourd’hui. A trop vouloir ménager la chèvre et le choux, nous ne savons plus qui est la chèvre et où vous avez dissimulé le choux… Ecriture ampoulée et idées confuses finalement, vous m’amenez à craindre que mon coefficient intellectuel soit insuffisant pour approcher subtile explication du monde.
Je confirme. Monsieur Jamet est difficile à lire.Un point de vue toujours entre deux eaux, avec des phrases interminables, où on se demande toujours de quel côté il penche.
Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement monsieur Jamet.
Soyez plus bref, plus concis, plus clair, et évitez vos phrases interminables.
Une « éolienne » de plus à « subir » ! …
Les deux personnes qui sont mortes à Minneapolis ont provoqué un immense émoi dans les pays occidentaux dont certains ,comme d’habitude en pareil cas ont surjoué l’indignation pour des raisons non pas morales mais partisanes .
Combien de morts en France presque quotidiennement pour moins que cela, par des gens qui ne devraient pas se trouver sur le sol français , ou issus de l’immigration de masse voulus par les partisans de cette submersion migratoire sans entrave .C’est vrai que l’on ne doit pas se jeter les morts à la face mais les chaînes qui citent les mauvais morts , c’est a dire ceux qui sont le fait de l’immigration de masse et de clandestins sont accusés d e récupération ou empêchés de le dire par des organismes dédiés à censurer . Les milliers de morts en Iran ont été le fait aussi de la déviance de notre politique d’accueil qui a permis au pauvre réfugié politique ayatollah Kohmeyni ,qui, a trouvén refuge en France et après son tranquille séjour à Neauphle le château s’est installé à la tête de l’Iran en pratiquant des purges qui se sont traduits déjà par des dizaines de milliers de morts du fait ,déjà , des gardiens meurtriers de la révolution islamique.
Alors je dirais queTrump doit tenir bon et ne pas dévier une minute de ce qu’il s’est donné comme mission à la tête de son pays .
Le peuple l’a élu en partie pour cela car il a été le témoin direct des conséquences néfastes de cette immigration débridée qui a grandement facilité le travail des narco trafiquants et passeurs pour ce qui tient d’une sorte de traite humaine .
Tout cela faisant des centaines de morts en amont c’est à dire dans les pays d’où sont originaires les migrants comme en aval avec la formation de gangs ,les morts liés au traffic, l’exploitation des migrants et tous les troubles liés à la consommation de drogue et son coût pour la société.
Rappelons que Khomeini a été accueilli en France alors qu’il était persona non grata dans la majorité des pays que c’est grâce à la complicité des médias français qu’il a diffusé sa propagande islamiste. Ca ne vous rappelle rien ? Nous avons aujourd’hui des milliers d’ayatholas sur notre sol et cette fois leur projet politique soutenu par les médias n’est pas destiné à l’Iran mais à nos enfants.
C’est vrai , notre tradition d’accueil se retourne contre nous .
Parce que le tri n’est pas fait entre vrais réfugiés politiques ou criminels en puissance qui essaient d’échapper à la justice de leurs pays d’origine
Jamet, écrivez sur ce que vous connaissez et laissez Trump tranquille. Votre QI n’est pas assez élevé pour en parler.
Le bréviaire des dictateurs le dit clairement. Quand on veut être Papa Doc, il faut avoir des tontons macoutes et une religion adaptée au régime qui, dans le cas de Papa Doc, était le vaudou et dans le cas des Iraniens la foi musulmane chiite, plus barbare encore que son alter ego africaine.
Pour les Iraniens comme pour les Haïtiens la solution, si elle doit exister, serait que l’armée iranienne se mette du côté du peuple et permettent l’élimination des gardiens de la révolution, comme ont été éliminés les tontons macoutes au cours de grands lynchages populaires.
Mais n’oublions pas que ce n’est pas Papa Doc qui a été éliminé, mais son fils Bébé Doc qui était nettement moins doué que son père pour être dictateur.
Désarmer un peuple, ça ne vous rappelle rien? Ça avait moins bien marché en Corse.
Oui, sarko en novembre 2005 et plus récemment darmanin
Qui tient la jeunesse, tient le pays. On se demande ce qu’attend la droite pour se structurer face à la gauche.
Les 2 morts de Minneapolis ont tout fait pour se faire tirer dessus, ils connaissent la police US qui contrairement à la notre ne rigole pas.
En 50 ans aux USA j.ai eu affaire deux fois à ICE, si vous ne faites pas le malin tout se passe bien.
Quand pour anéantir la Serbie les américains de l’OTAN n’ont pas osé mettre un soldat sur le sol de la Serbie
c’est pas pour mettre un premier soldat sur sol iranien, la guerre Irak /Iran a laissé des souvenirs et 1000000 de morts ….
Si on regarde un peu les chiffres , ce sont tout de même les américains qui ont le plus payé en vie humaines leurs interventions militaires en Afghanistan ou en Irak.