Sarah Knafo, la baronne Haussmann du XXIe siècle ?
Depuis plusieurs années, le sujet de l’automobile cristallise les tensions, à Paris. Autrefois libre de circuler dans la Ville Lumière, la voiture est devenue l’ennemie, la bête noire, l’intruse à chasser de la capitale par les socialistes et les écologistes. Pour y parvenir, de nombreuses mesures ont été ainsi prises : réduction drastique des vitesses, suppression de voies de circulation ou encore interdiction de certains véhicules. Dans ce contexte, dans la course à la mairie de Paris, l’eurodéputée Sarah Knafo, investie par le parti Reconquête, a proposé la réouverture à la circulation automobile des voies sur berges aujourd’hui piétonnes, tout en aménageant une promenade surélevée au-dessus des routes, pensée dans l’esprit de l’architecture haussmannienne, pour les piétons et les cyclistes. Cette annonce s’inscrit alors dans une vision profondément différente de celle cultivée par les municipalités parisiennes récentes et promet de redéfinir le rapport des Parisiens à la Seine.
Les berges de la Seine
Pour comprendre l’enjeu de cette proposition, il faut remonter le temps afin de saisir le rôle qu’ont longtemps tenu les berges de la Seine à Paris. Ainsi, à l’époque médiévale, les rives du fleuve n’étaient pas destinées à la contemplation mais constituaient de véritables lieux d’échanges, foisonnant de vie. On y trouvait ainsi de nombreux commerces, des bateaux-lavoirs, des ateliers, mais également des ponts enjambant le fleuve sur lesquels de nombreuses habitations étaient bâties. La Seine servait elle-même de voie commerciale essentielle pour le transport des marchandises au cœur de la capitale. Progressivement, à partir du XVIe siècle, la ville entreprit de réorganiser et d’assainir les rives. François Ier ordonna, par exemple, la construction d’un quai devant le Louvre, avant qu’Henri IV n’aménage la pointe ouest de l’île de la Cité en créant la place Dauphine, en l’honneur de son héritier, le futur Louis XIII, et en achevant le Pont-Neuf, premier pont de Paris non habité.
Au XIXe siècle, sous le Second Empire, Paris fut ensuite profondément transformée par les travaux du baron Haussmann, qui redessinèrent les berges comme des alignements élégants intégrés au nouveau plan de la ville. Toutefois, à partir des années 1930, la priorité fut donnée à la circulation automobile. Quelques décennies plus tard, Georges Pompidou fut l’un des grands acteurs de cette mutation. Il déclarait ainsi, lors de l’inauguration, en 1967, des nouvelles voies sur berge : « On a trouvé le moyen de faire traverser tout Paris par une voie moderne sans en altérer le site [...] Je crois que, comme disait Apollinaire, on pourra continuer à se promener le long de la Seine un livre sous le bras et que, néanmoins les voitures pourront y circuler. » Cette transformation atteignit son apogée dans les années suivantes, jusqu’à l’émergence, à la fin du XXe siècle, d’une prise de conscience liée à la pollution, au bruit et à la dégradation du cadre de vie provoqués par l’omniprésence de l’automobile dans la capitale.
La politique anti-voiture d’Anne Hidalgo
Sous les mandats d’Anne Hidalgo, la capitale s’est engagée dans une politique revendiquée de réduction de la place de la voiture. Outre la piétonnisation définitive des voies sur berges en 2016, la municipalité a étendu des zones à trafic limité dans plusieurs arrondissements centraux. La ville a également réduit de manière significative les places de stationnement au profit du développement des pistes cyclables.
D’autres mesures plus récentes illustrent cette volonté, comme la création d’une voie réservée au covoiturage et aux transports en commun sur le périphérique parisien, mise en service en 2025, ou encore la limitation de la vitesse à 50 km/h sur cet axe majeur. Enfin, la municipalité a organisé des consultations citoyennes sur la piétonnisation et la végétalisation de centaines de rues et de places afin d’étendre les espaces piétons et verts. Ces politiques, bien qu’accueillies favorablement par une partie de la population, ont suscité de nombreux débats et oppositions, notamment concernant leur impact sur les usagers dépendants de la voiture ou sur leur efficacité réelle en matière de lutte contre la pollution.
Le projet Knafo
Afin de répondre aux besoins des automobilistes se sentant de plus en plus marginalisés à Paris, Sarah Knafo a consacré une section entière de son programme à la question de la circulation, affirmant que « la qualité de vie dépend beaucoup de notre capacité à nous déplacer librement, en fonction de nos besoins et non des contraintes imposées par la mairie ». Sa méthode entend dépasser l’opposition traditionnelle entre automobilistes, cyclistes et piétons en créant de l’espace pour tous : « Ne pas sacrifier les vélos aux voitures, ni les voitures aux vélos, ni les piétons à tous les autres. »
Pour y parvenir, Sarah Knafo souhaite engager des travaux comparables à ceux du baron Haussmann afin de transformer la capitale. Elle prévoit ainsi la réouverture des voies sur berges à la circulation automobile tout en créant, au-dessus de celles-ci, dans un style haussmannien, une « magnifique promenade pour les piétons et les cyclistes ». Ces travaux, d’une durée estimée à 18 mois et censés s’achever en 2030, sont estimés par la candidate à environ 60 millions d’euros. Ils permettraient, selon l’eurodéputée, de lutter contre les embouteillages qui engorgent Paris, de garantir aux piétons une vue en hauteur pour admirer les monuments de la ville et d’offrir aux cyclistes des voies sécurisées, à l’écart des voitures.
☀️ Voici à quoi ressembleront nos nouvelles voies sur berges que nous construirons avec Sarah Knafo.
Un projet intelligent, chiffré et pragmatique qui respectera l’architecture parisienne, redonnera du souffle à Paris et fera de ces quais les plus beaux du monde. pic.twitter.com/TNL88iIAzU
— Une Ville Heureuse (@1VilleHeureuse) January 20, 2026
Dans la même logique, d’autres mesures du programme visent à fluidifier le trafic par le pilotage des feux tricolores par IA, à réaménager des axes comme la rue de Rivoli pour en faire à la fois un lieu de circulation et une grande avenue de séjour, ainsi qu’à améliorer le stationnement et l’accès des livraisons, y compris par la voie fluviale. L’approche de Sarah Knafo s’inscrit ainsi dans un pragmatisme revendiqué, hors idéologie, affirmant que la polarisation politique autour de la voiture a nui à la qualité de vie des Parisiens.
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52 commentaires
Pour le moment je crois qu’il faut faire une pose, dans 10 ans ce sera sans doute l’heure de Sarah Knafo qui sera à son apogée et les parisiens seront prêts a voir naitre de nouveaux travaux.
On aurait pourtant pu en faire avec le 1,4 milliard que notre chère Anne a gaspillé pour le bien être des brochets dans la Seine. J’espère que Sarah Knafo va laminer tous les autres candidats.
Sarah KNAFO a le référendum d’initiative citoyenne dans son programme si elle l’emporte il serait donc possible d’imposer un référendum pour s’opposer à un projet n’allant pas dans le sens de l’intérêt général.
Avoir le pouvoir de reprendre la parole pour décider en dernier ressort est le pouvoir n°1.
Mais il faudrait un engagement spécifique avec des chiffres… signé par tous les têtes de listes pour « garantir » la tenue de l’engagement! A suivre donc
comparables à ceux du baron Haussmann faut pas exagérer! Ceci ditt, quand Sarah parle, TOUL’MONDE comprend. Bravo, courage et avec vous madame. Pulvérisez les tous et devenez maire de notre capitale.
J habite un des quais haut à Pont Neuf. Depuis la fermeture des voies sur berges, les embouteillages st incessants, résultat: Pollution + 40%, Bruit + 45%
Ce projet réunit esthétique et pragmatisme, 2 mots ignorés de la mairie
Des idées magnifiques, les architectes en regorgent dans leurs tiroirs. Et pour cause. Mais avec quel argent ? Paris cumule une dette totale colossale de 10,7 milliards d’euros selon l’IFRAP. La France, elle, a une dette de 3450 milliards. Nos administrations comme la santé, la justice, l’éducation, l’armée et l’ensemble des autres sont au bord de l’effondrement. Et on nous parle de dépenses superflues. Comme si nous étions encore parmi les nations les plus riches au monde comme en 1980, avant l’arrivée de Mitterrand. N’avons-nous donc pas d’autres priorités afin d’espérer sortir notre pays de la situation désastreuse dans laquelle les écolos-socialistes comme Hidalgo et la droite nous ont plongés depuis ces 45 dernières années ? flattant les cigales, au détriment des fourmis fleurissant les ronds-points, construisant des médiathèques ou encore en réaménageant les quais de Seine ? Sincèrement, vous êtes sérieux ?
C’est précisément quand les situations financières sont tendues qu’il faut savoir affecter au mieux ses ressources en évitant de les gaspiller. Mais ça ne veut surtout pas dire qu’il ne faille rien faire. Surtout quand on est face à un projet, intelligent, esthétiquement beau … et rentable. rentable en terme d’économies de temps passés dans les embouteillages, de pollution, et d’économie touristique, parce que les voitures qui circuleront sur la berge ne circuleront plus au niveau du trottoir bordant le Louvre. Autrement rentable que les pissotière écologiques, les campements de migrants, les salles de shoot, les expositions Che Guevarra et autres entreprises qui ont défiguré Paris.
Des Sarah Knafo on en redemande. Enfin un élu qui tiendra parole et surtout qui a l’intelligence nécessaire
dans tout ce qu’elle entreprend ou qu’elle fait.
J’espère qu’elle a prévu la dératisation générale.
Merci pour cet article, Monsieur. Sans BV, je ne saurais rien de ce type d’évènement.
M’est avis que Sarah Knafo s’est imaginée maire de Paris, bien avant ce 12 janvier.
Projet très réussi. Renouer avec l’utile et le beau ?
Son affiche bleuit et les mansardes haussmanniennes s’éclairent.
C’est pile poil ce que j’avais dit ici même il y a déjà longtemps, à savoir que Paris avait davantage besoin d’un baron Haussmann que d’une Anne Hidalgo. Malheureusement n’est-ce pas trop tard si on considère le taux d’endettement de la ville et la lassitude des Parisiens pour les travaux ?
Et pourquoi pas ???? Vu l’état de Paris, que je n’ai pas vu depuis 2011 et déjà ça m’avait suffit, quand je vois des vidéos à la tv ou sur d’autres sites, moi qui l’ai connu bien avant, j’ai envie de PLEURER, de tristesse et de rage aussi
Entre delanoe et la hidalgo, ils ont fait de Paris, un cloaque , une décharge géante, un chantier sans fin, des pistes cyclables et cette chasse aux voitures, des gens qui travaillent EUX, car ces gens ne travaillent pas !!!
Il faudra des années pour tout changer et beaucoup d’argent , or, Paris est surendettée et si ce n’est pas SK qui passe il faudrait la mettre sous tutelle !!!
Tiens, l’équivalent d’un commentaire que j’ai fait sur X !
Non non, l’idée vient de moi!
Magnifique! Un vrai projet, pour Paris pour les parisiens » liberes »( comme aurait dit le grand Charles)…. choffre,et raisonnable quand on sait qu’il a fallu 1,4 milliards pour se baigner dans une eau.marron avec les surmulots!
Bien vu Ray1349 !
Merci de votre article et du rappel historique. En revanche, je vous trouve extrêmement indulgent avec Hidalgo qui ne s’est pas contentée d’une « politique revendiquée de réduction de la place de la voiture », mais de persécution des automobilistes. La piétonnisation des voies sur berge est une stupidité alors qu’on aurait dû piétonniser les quais haut où il y a des commerces. La limitation de vitesse à 50 km/ sur le périphérique ‘aest, non seulement, contraire au code de la route, mais elle provoque des encombrements là où il n’y en avait pas. Vous parlez de consultations citoyennes. Ah oui, avec une participation systématiquement inférieure à 5%, ne serait-ce que parce que le nombre de bureaux de vote était extrêmement limité et que la municipalité communiquait de façon extrêmement minimaliste. Et c’est ainsi qu’on est arrivé, avec une approbation de 1,5% des électeurs inscrits, à fixer le prix du stationnement à 12 ou 18 € de l’heure avec un forfait de 150 ou 225 € si, par malheur, vous dépassez de 5 mn la durée du stationnement. Comment font les livreurs et les déménageurs ? Quant à la fermeture à la circulation de la rue de Rivoli ou de l’avenue du Général Leclerc, demandez aux commerçants qui ont fermé, ce qu’ils en pensent. Bienvenue à Sarah Knafo !