Retailleau devient plus populaire qu’Édouard Philippe et tient tête à Macron !
L'élection de Bruno Retailleau, la semaine dernière, comme président de LR après une campagne sans bavure a eu des effets notables au-delà des militants concernés, à la fois dans l'opinion et au sein du pouvoir, jusqu'à Macron.
Édouard Philippe et Bruno Retailleau : le croisement des courbes !
Si Retailleau doit sa victoire à la popularité acquise à Beauvau par sa parole libre et ferme sur l'immigration et la sécurité, son élection à 75 %, comme un cercle vertueux, a boosté cette popularité en retour. Un sondage Odoxa-Backbone Consulting pour Le Figaro constitue un mini-séisme dans le scénario programmé pour 2027 : « Bruno Retailleau détrône pour la première fois le maire du Havre sur le terrain de la popularité. Avec 51 % de bonnes opinions, le Vendéen connaît une envolée fulgurante de +10 points en seulement un an. Quand Édouard Philippe chute, lui, à 48 % (-9 points en un an). » Un croisement des courbes de popularité spectaculaire qui met en lumière la fragilité de la figure d'Édouard Philippe. Et le détail des chiffres est parlant : les Français, à 74 %, estiment que Retailleau est un homme de convictions sincère, quand ils ne sont que 60 % à le penser pour Édouard Philippe, cet ex-LR passé chez Macron. Il dépasse également l'ancien Premier ministre sur le critère « un homme qui sait où il va ». Visiblement, sa droitisation de samedi dernier à Marseille n'a pas été jugée très crédible.
Retailleau : la revanche des fillonnistes ?
Retailleau fonctionne un peu comme un réactif chimique sur le produit « Édouard Philippe ». Il pointe ses failles et ses ambiguïtés. Si l'on ajoute à cela le passé politique des deux hommes - l'un juppéiste passé très vite au macronisme, l'autre fidèle de Fillon jusqu'au Trocadéro, une histoire que François Fillon se fait un malin plaisir de rappeler dans Le Figaro -, cette rivalité Retailleau-Philippe s'apparente à une forme de revanche pour cette droite fillonniste qui a toujours eu le sentiment d'une élection volée en 2017. Au passage, cela commence à faire beaucoup d'élections volées, si l'on pense aux alliances LFI-Macronie de 2024 contre le RN arrivé en tête et ses 11 millions d'électeurs floués...
Retailleau, nouveau maître des horloges
En tout cas, l'irruption de Retailleau dans le cercle des présidentiables, avec sa double casquette de ministre et de chef de parti (une dualité plébiscitée, d'ailleurs, par l'opinion dans ce sondage), a le don d'énerver la Macronie jusqu'à l'Élysée. Le Président, marginalisé sur la scène internationale et qui tente un difficile retour sur le plan intérieur, a voulu « recadrer » Retailleau sur la fuite du rapport sur les Frères musulmans. Une sortie contre-productive pour un Président affaibli et coupable de n'avoir rien fait sur le sujet alors qu'« il savait », comme l'a souligné Marc Baudriller. Par cet accès d'autoritarisme malvenu, Macron a en fait intronisé Retailleau comme véritable vice-Premier ministre de cohabitation, la place qu'il revendique et qui le porte ! Et en singeant le Jupiter qu'il prétendit incarner naguère, il ne fait que reconnaître que le maître des horloges ne séjourne plus à l'Élysée mais à Beauvau. Bayrou ne peut se passer de Retailleau et Macron, qui ne dispose pas de majorité viable sans les LR désormais tous acquis à Retailleau, ne peut plus se permettre d'ouvrir une crise politique.
Les épreuves qui attendent Retailleau
Certes, rien n'est acquis pour Retailleau. Stéphane Buffetaut a bien noté le poids du passé et du passif LR. Et son entrée dans la lumière va désormais en faire une cible politique, depuis la gauche jusqu'à la Macronie et au RN. Mais là encore, c'est une position porteuse et qui lui réussit. Désormais chef de parti, il sera jugé sur sa capacité à montrer que LR peut de nouveau gagner des élections et, avant la présidentielle et les législatives, normalement, il y a les municipales de 2026. S'il parvient à reconquérir des grandes villes perdues (Bordeaux, Lyon, Marseille) et d'autres municipalités, créant une vague bleue comme en 2001, cela sera porté à son crédit et de bon augure pour une candidature à l'élection présidentielle qui suivra. Ce n'est pas impossible, dans un scrutin municipal toujours plus difficile pour le RN et la Macronie, moins bien implantés. Mais, dès cet épisode 2026, se posera la question de la pertinence de l'alliance dans les villes avec ladite Macronie. On sait que Larcher et Braun-Pivet l'auraient déjà négociée dans les départements franciliens. Une chose est sûre : Retailleau est désormais en position de force pour négocier une prime aux LR et aux LR retaillistes sur les listes, face à un macronisme dont ses amis répètent qu'il ne survivra pas à Macron. Mais au niveau national, bien sûr, la grande épreuve qui l'attend, lui qui ne jure que par une ligne de rupture à droite, mais que les sondages ne placent toujours pas au second tour (avec, tout de même, 16 % contre 21 % pour Philippe, selon un sondage IFOP-Fiducial publié mercredi par Le Figaro), c'est le désistement du 20h01 : ministre anti-macroniste d'un gouvernement macroniste, cela ne peut être accepté que pour une fin de règne. Pas pour un remake, fût-il édouard-philippard.
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133 commentaires
Je ne crois plus à Retailleau qui brasse beaucoup de vent mais ne fait rien de concret. Alors… plus populaire pour qui ?
Edoouard Philippe a changé, il fait peau neuve. Ce n’est plus le Premier ministre appliqué du président qu’il écoutait dévotement sans en perdre une miette, même s’il n’avait rien à dire. Physiquement, sa métamorphose a pris de la bouteille. Ce qu’elle contient, contient-t-elle quelque chose ? Quant il a sollicité un déjeuner avec Marine Lepen, j’ai cru à quelque chose. Il n’y a eu ni fromage ni dessert, le service a été suspendu. Le voilà maintenant dans les sondages en concurrence avec Retailleau. Le ludion baisse, Retailleau remonte. Baissera-t-il davantage encore au niveau de la marée basse macronienne déposée sur le sable des illusions perdues ? Je le crois.
Au fond, il n’y a que deux courants, les macronistes faillis, puisés à gauche, démarchés à droite, républicains de toc, gardiens usés de l’appareil et le courant porteur que la nouvelle présidence républicaine revigore. J’ai vu Wauquiez sincère auprès de Retailleau. Il a eu le courage de tresser des lauriers à Knafo, ce n’est donc pas un mauvais homme. D »autres langues fortes pourraient se délier pour appeler à l’union. Celle que ne veut pas Marine, préoccupée surtout de tenir ses troupes dans sa ligne. Vingt ans de travail et des concessions électoralistes à la gauche. La digue pourrait céder intra muros si la locomotive Retailleau se mettait à souffler l’espérance. Alors ses troupes se débanderaient pour le rejoindre, surtout si elle n’a plus voix au chapitre pour se représenter. On voit déjà ses poulains frémir d’impatience. Le train ne repassera pas deux fois. Je sens que l’hallali de Macron est dans l’air. Taïaut.Taïaut. Voilà Retailleau.
E. Philippe a changé, vous plaisantez, j’espère ! Celui qui était prêt à voter pour le Parti communiste plutôt que le RN
Plus populaire auprès de qui ?
Il vient de déclarer , qu il considère l islam compatible avec la république, retailleau Zero il est comme les autres, il veut juste la place de président, tout ce tapage médiatique sur lui pour le rendre éligible , c est un LR les opportunistes capables de virer de bord à tout moment , dehors , le français en ont marre , ils veulent sauver la France et leur peau , se sera pas avec un retailleau
Apparemment cela a commencé, d’après l’article, entre Larcher et Braun-Pivet, à négocier pour les municipales. Si Retailleau veut être crédible, il aura intérêt à faire le ménage dans son entourage, or, je fais pas confiance en ce parti d’opportunistes !
Retailleau et sarko ,les traitres de 2005 et de 2025 sont identiques avec 20 ans d’ecart.
Il vaut mieux Retailleau qu’E.P. le revenant !
Mais Retailleau étant un LR style Sarko…l’ultra méfiance s’impose.
Il vaut mieux ni Retailleau ni Edouard Philippe, deux traîtres qui feront exactement la même politique que macron. A fuir.
ha et j’avais pas vu ce mot « cohabitation ». Menteur ! C’est une alliance.
Ce qu’on observe surtout, c’est le clair revirement macroniste de BV.
Edouard Philippe «un homme qui sait où il va ».L’ennui c’est qu’il ne nous dit pas où il va ,il le garde pour lui.
Je ne sais pas… Je me souviens de la « Sarkomania » en 2007 et de la déception qui s’en est suivie quelques années après. Certes, Retailleau n’est pas Sarkozy, mais avec les politiques, la méfiance est de rigueur. En tous cas, c’est sûr, Edouard Philippe, c’est NON!
D’accord avec vous
Enfin un coin de ciel bleu avec Bruno mais toujours le mauvais temps pour le maître et son sujet .
oui il est admirable
La cécité devient cécitude pour certains.
Je ne le connais pas, mais j’estime qu’il faut lui laisser sa chance. On a bien laissé sa chance à Hollande qu’on savait nul.
Si tel était votre vote,inutile de demander pour qui votre bulletin était destiné en 2017 et 2022.
Je n’ai pas voté Hollande ni Macron. hélas je ne suis pas seul à voter!
Dans ce cas, pourquoi ne pas laisser la chance au RN ou Reconquête, LR a été au pouvoir et on a vu le résultat ! Catastrophique !
Je suis d’accord, mais la France molle et trouillarde craint de lâcher la rampe.
Ils tiennent absolument à nous refiler Philippe ! La magouille se met en place pour que la chienlit continue ! Personne n’en veut.
Retailleau en vice-premier ministre de cohabitation avec macron ? ! … LOL … Faut oser ! …
Il est tout aussi sinistre que tous ceux qui se sont installés à la table avec macron …
QUI pour « sauver la FRANCE » ? ! … Sûrement pas retailleau qui est dans ce marasme politique depuis des décennies et n’a fait que TOUT cautionné dans tous les délires qui ont fait la décadence de la FRANCE ! …
Un énième adepte de la politique du crocodile : « P’tites pattes et grande gueule » et en même temps qui se plaint qu’il ne peut rien faire à cause de « l’Etat profond » et de l’UE ! …
Arrêtez avec cette fable de « Retailleau macroniste », c’est ridicule.