« Vous m’enterrez alors que la campagne commence ! » Thierry Mariani défend sa vision de Paris
« Quelle idée vous est-il passé par la tête pour accepter de monter cet Everest qu’il faut pour arriver à la mairie de Paris ? », lui demande-t-on. Thierry Mariani, candidat RN à la mairie de Paris en 2026, était l'invité de l’émission Restons Courtois, sur Radio Courtoisie (en collaboration avec BV), vendredi 30 janvier : l’occasion d'évoquer son programme pour Paris - et de lancer quelques piques à ses concurrents. L'union des droites n'est pas encore là ! Pour le moment, ils sont trois à se présenter de ce côté de l’échiquier politique : Rachida Dati (LR), Sarah Knafo (R!) et Thierry Mariani pour le RN et l’UDR, avec le soutien de Marion Maréchal et son parti IDL. Leurs programmes pour la capitale sont-ils si différents ? Le député européen tient en tous cas à se démarquer.
A Paris, Éric Zemmour arrive nettement devant Marine Le Pen et lors du dernier scrutin, le RN a fait 1,4% aux municipales à Paris. Interrogé sur l'urgence de faire gagner la droite à Paris, Mariani balaye d'abord le réflexe du vote « utile ». Pour lui, « le premier tour c’est fait pour choisir, le vote utile est au second tour. L’élection n’est pas écrite encore ! »
Il faut tout de même 10% pour se maintenir au second tour : y a-t-il déjà des positions arrêtées au sein du Rassemblement national sur l’attitude à adopter selon que vous seriez en-deçà ou au-delà des 10% ?, demande-t-on à Mariani : « Vous m’enterrez alors que la campagne commence ! », se défend-il.
Le candidat RN n’hésite pas à lancer quelques tacles à ses concurrents de droite, pointant ce qu'il qualifie d'incohérences : « Petit à petit, certains vont se rendre compte qu’il y a peut-être des programmes qui sont très séduisants mais qui en réalité ne sont pas très sérieux. »
" Je n’ai pas fait la Cour des Comptes, mais j’ai été élu local…"
Il dénonce plusieurs mesures proposées par la candidate Reconquête !, sa principale concurrente, comme la réduction du nombre des fonctionnaires à Paris : « J’ai vu une candidate qui disait : je vais en supprimer la moitié. Soyons sérieux deux minutes ! (…) Il y a des services qui sont à redéployer, mais en supprimer 50%, cela me semble totalement démagogique et impossible. » Il explique que cela concernerait 25.000 personnes, soit dix fois le nombre annuel de départs à la retraite à la mairie de Paris. Le député est aussi revenu sur le projet défendu par Sarah Knafo de rouvrir la voie Georges-Pompidou aux automobilistes : « Est-ce que vous vous souvenez du chiffrage qu’elle a donné ? 60 millions. Alors, je n’ai pas fait la Cour des Comptes, mais j’ai été élu local… Et tous ceux qui ont été élus locaux savent que, pour 60 millions, on n’a plus rien aujourd’hui. » Il précise que le coût réel de tels travaux serait, selon lui, d’au minimum 400 à 600 millions d’euros, avant de remettre en question la pertinence d’un tel projet, très beau sur le papier, mais incohérent selon lui dans la réalité.
La troisième candidate de droite, Rachida Dati, n’a pas été oubliée par l’eurodéputé, bien que, pour lui, elle soit plutôt « macroniste », en raison de sa présence au gouvernement. « Vous trouvez que le bilan de Madame Dati depuis deux ans au ministère de la Culture est un bilan de droite ? Elle n’a rien changé ! Elle incarne une opposition, mais il y a une autre opposition. » La première adversaire d’Anne Hidalgo n’apporterait pas, pour Thierry Mariani, de véritables solutions aux problèmes des Parisiens, ni une rupture avec les politiques actuelles : « Je ne suis pas du tout persuadé que Madame Rachida Dati change la politique à Paris. C’est plus facile de faire des clips et de se déguiser en éboueur que de faire quelque chose. Citez-moi une chose qu’elle ait faite au ministère de la Culture ! S’il y a bien un ministère qui est gangréné par la gauche, c’est celui-là. » Mais bien sûr, le candidat ne s’est pas contenté d’attaquer ses concurrentes. Il a aussi détaillé ses propres propositions au micro de Radio Courtoisie.
Logement : la priorité nationale... dès que possible
Débattant avec les « mousquetaires » de l’émission, Thierry Mariani a abordé différents points de son programme : sécurité, logements, circulation, écologie… Pour la sécurité, il propose d’adapter les moyens à la taille de la capitale, en s’appuyant sur les moyennes des grandes villes européennes et de New York : « On propose une vraie police municipale, armée, avec 8.350 policiers et 14.000 caméras. »
L’autre sujet de préoccupation fréquent des Parisiens abordé par le candidat RN est celui du logement et la difficulté croissante que rencontrent les étudiants ou les familles notamment pour trouver un appartement. Ses efforts se concentrent donc sur les logements sociaux, avec deux mesures : tout d’abord un changement de priorité d’accès, en privilégiant « les travailleurs, les gens qui sont à Paris depuis extrêmement longtemps, et ensuite une priorité nationale, quand la loi le permettra. » Une référence au référendum promis par le RN sur la question migratoire pour 2027.
Dans le programme de Thierry Mariani, pas de lampadaires ni de grands travaux, pas de projets particulièrement innovants, mais une restauration, dit-il, de ce qui a été dégradé durant les dernières décennies. « Si on a appelé notre liste ‘Retrouvons Paris’, c’est en quelque sorte aussi une nostalgie. » Il cite à plusieurs reprises Jacques Chirac et sa gestion de la mairie de la capitale entre 1977 et 1995 : un Paris « bien plus propre qu’aujourd’hui, bien mieux organisé qu’aujourd’hui, bien mieux géré qu’aujourd’hui. » Reste à faire décoller une candidature qui reste scotchée autour de 5 % des intentions de vote.
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3 commentaires
Quitte à me répéter,il apparaît clairement que Monsieur Mariani ne bénéficie guère d’une couverture médiatique aussi importante que ses concurrents à la Mairie de Paris?
C’est simple pour les médias il n’est pas très » bancable ».. il ne fait pas le Buzz …pas de déclarations fracassante,pas de casseroles connues,pas de vie dissolue, parachute incolore et sans saveur…il aurait été bien mieux en région.. .
Hélas il fera 6 % .
Il aurait mieux fait de se présenter dans le Vaucluse département qu’il connaît bien.
Avignon qu’il aurait pu prendre a la gauche