Reconstitution du drame de Crépol : qui a tué Thomas Perotto ? 

Ce 22 septembre s'ouvre la reconstitution numérique du bal de Crépol pour établir les responsabilités individuelles.
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« Aujourd’hui commence une épreuve difficile pour chacun. » Ce lundi 22 septembre, dans la grande salle du tribunal de Valence, s’ouvre la reconstitution numérique - une première en France - du bal de Crépol au cours duquel Thomas Perotto, jeune rugbyman de 16 ans, a été poignardé à mort. Cette reconstitution, qui doit durer deux semaines, pourrait enfin permettre de faire la lumière sur les responsabilités de chacun dans les dernières heures de ce funeste bal. En effet, depuis leur interpellation et leur mise en examen pour meurtre et tentative de meurtre en bande organisée, les quatorze suspects originaires du quartier de la Monnaie, à Romans-sur-Isère (Drôme), refusent de « balancer » le nom du meurtrier de Thomas. Les soutiens de l’association des victimes du bal de Crépol attendent ce moment avec appréhension. Sur Facebook, nombreux déclarent espérer « que cette reconstitution permettra de connaître le coupable ». « Il faut que l’on sache […] Courage, la vérité viendra », écrivent ainsi certains d’entre eux, à la veille de cette reconstitution.

Établir les responsabilités individuelles

Ces quatorze mis en cause, assistés de leurs avocats, ont donc été convoqués ainsi que cinq victimes, blessées au cours de l’affrontement, pour tenter de retracer la chronologie précise du bal et le rôle de chacun. Sur la base du récit qu’ils donneront de la soirée du 18 novembre 2023 et à l’aide des pièces de procédure, un expert judiciaire tentera de reconstituer un film en trois dimensions des événements. Il pourra ainsi être réalisé autant de films que de témoignages incohérents. Selon nos confrères de la presse régionale, la famille de Thomas Perotto ne sera pas présente, lors de cette reconstitution. « Ils ne veulent pas pour l'instant se confronter aux mis en cause et au désespoir que leurs mots, leur façon de penser, leur attitude pourraient provoquer », justifie leur avocat Alexandre Farelly auprès de France Bleu.

L’objectif est d’établir les responsabilités individuelles. À ce stade de l'enquête, les mis en cause sont tous poursuivis des mêmes chefs d’accusation, qu’ils aient ce soir-là tenu un couteau ou non. Selon Le Figaro, qui a eu accès en exclusivité au dossier d’instruction, les éléments de l’enquête convergent néanmoins vers l’un des mis en examen, sans pour autant que sa culpabilité ne soit pour l’heure officiellement reconnue. En effet, dans l’une des vidéos de la soirée exploitées par les enquêteurs, Yanis B. est identifié en train de brandir une lame et de l’abattre vers un groupe de rugbymen. Au juge d’instruction qui l’interroge sur cette image, le garçon de 19 ans reconnaît avoir ramassé un couteau à terre, non loin de l’endroit où Thomas sera ensuite pris à partie. Les écoutes des cellules des suspects ont également permis aux enquêteurs de placer Yanis B. en tête des suspects.

En effet, Chaïd A., un autre mis en examen, évoquait le drame depuis sa cellule en ces termes : « Eh ouais, frérot, après, t’as compris, là, ils sont allés sur la bonne piste, mais wallah, au début, je pétais ma tête, les cinquante témoins, ils disaient que c’était moi, frérot. […] De toute façon, il y a tout le monde qui sait, à Romans », explique-t-il, avant de glisser le surnom de l’intéressé : « Le Y. » Enfin, au cours de l’enquête, les forces de l’ordre ont mis la main, en janvier 2024, sur un couteau de cuisine à manche violet abandonné aux étangs de Chaleyre, lieu où Yanis B. aurait fini la soirée du 19 novembre en compagnie d'un autre suspect. Autant d’éléments qui permettent de préciser certaines pistes sans pour autant confirmer la culpabilité des uns et des autres. La reconstitution numérique devra, espèrent les enquêteurs, permettre de clarifier ces éléments.

Une reconstitution sous haute sécurité

Selon nos confrères présents aux abords du palais de justice de Valence, un important dispositif de sécurité a été mis en place autour du tribunal ainsi que lors du transfert des détenus [neuf des quatorze mis en examen ont été placés en détention provisoire, NDLR] afin de permettre à la reconstitution de se dérouler dans un climat serein.

Le procès du drame de Crépol pourrait se tenir à la fin de l’année 2026 ou au début de l’année 2027 devant la cour d’assises de la Drôme. Mais avant cela, l’instruction du dossier doit être bouclée…

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

28 commentaires

  1. C’est un peu facile = On se met à quinze, chacun avec des intentions homicides mais comme on ne sait pas lequel a passé à l’acte… Urgent que des juristes se penchent sur le problème…

  2. Personne ne veut parler, alors on leurs met 15 ans incompressible a chacun puisqu’il sont tous complice d’un meurtre.

  3. Hélas nous ne saurons jamais, ils se serrent les coudes, le quartier de Romans sur Isère où vivent les racailles, qui se soutiennent
    Le racisme anti blanc ne sera non plus pas pris en compte
    Procès qui va couter de l’argent et n’aboutira à rien
    Je me souviens par contre de la marche de patriotes contrée par la police qui du coup a protégé les racailles, incroyable, un mis à l’écart avait failli se faire lyncher d’ailleurs et la police avait laissé faire
    Je n’oublie jamais rien
    Thomas je ne l’oublierai jamais comme toutes les victimes

  4. Darmanin ne peut-il pas intervenir dans cette erreur judiciaire ? Il n’y a pas de Kévin ou de Mathéo …
    Sinon, pour régler ces phénomènes de bandes, il suffirait de prendre exemple sur certains États américains afin que les complices de meurtres aient la même peine que le meurtrier. En gros, ces 14 personnes étant a priori sur place, ils seraient condamnés pour meurtre même s’il ne veulent pas désigner celui qui tenait le couteau. Ils sont tous venus ce soir-là pour casser du blanc.

  5. Et si le tribunal fini par magie à trouver le meurtrier, les émeutes dans les fameux « quartiers sensibles » qui vont suivre vont coûter combien pour Nicolas, encore 5% de plus sur les assurances.
    Macron et ses sbires, darmanin par exemple, vont placer un juge adepte du « syndicat de la magistrature » et les conclusions seront que c’est un fantôme qui a tué ce pauvre Thomas. Ma pensée va aux parents, ils doivent vivre un enfer.

    • Le tribunal ne va rien faire, peur des émeutes et tout un quartier doit connaitre l’identité du criminel mais comme ils sont solidaires, rien n’en ressortira

  6. à la thaïlandaise: tous les complices sont des « coupables » solidaires et TOUS sont condamnés à la même peine. Tu mets perpète à tout le monde, ça déliera les langues… on saura tout de suite QUI a donné le coup de couteau mortel.

  7. Combien cela va-t-il encore coûter à Nicolas pour arriver, dans un an, à un procès où les juges conclueront que, faute de preuves, on ne peut condamner personne et où les 14 accusés bénéficieront du « doute » et seront relâchés. Peut-être même qu’il se trouvera un « bon juge » pour demander qu’ils soient indemnisés pour la préventive qu’il auront fait alors qu’il n’auront pas été jugés coupables… Peut être même, aussi, que l’ineffable Dupont-Moretti répétera que Thomas est mort, victime d’un « sentiment d’insécurité » et que « c’est la faute à pas d’chance ». Circulez, y a rien à voir !… Pourquoi les juges tiendraient-ils compte, cette fois-ci, d’une reconstitution basée sur des témoignages, quand ils ont refusé de considérer les déclarations de NEUF témoins qui affirment avoir entendu les gens de Romans dire : « on est venu planter du blanc ». Tout cela n’est qu’une mascarade.

  8. Les coupables se trouvent parmi nos élus , nos juges et autres associations qui ne font rien pour éradiquer le mal qui sévit dans ce pays depuis trop longtemps . Quand à ces jeunes ils sont tous coupables au même titre les uns que les autres , ils sont allés à cette soirée dans le but de  » casser du blanc  » et cela suffit pour que chacun purge une peine de prison très longue .

  9. Et là …. Parler des origines des suspects sera t’il taxer de racisme …. Car dire que ce meurtre est raciste est interdit en France en 2025

  10. Je suis écœuré mon pays est devenu un coupe gorge et il est crasseux et degueulasse comme jamais, je pense que c est irréversible

  11. « qui a tué Thomas Perotto ?  »
    La liste est longue. On pourrait commencer par tous ces politiques qui ont permis l’existence de l’assassin sur le territoire Français.
    L’enquête va être longue, pour ne rien trouver, au nom du « pas de vague ».

    • Oui, cela rappelle un peu le Crime de l’Orient Express où chacun donne un coup de couteau, parfois une simple égratignure, parfois un coup mortel, mais tout le monde a du sang sur les mains … et à la fin tout le monde s’en sort.

  12. Les temps changent. Autrefois avant d’aller au bal les garçons se faisaient beaux, les jeunes filles passaient la semaine à coudre ou repasser leur robe .Tout le monde attendait fébrilement ce moment. Maintenant ,c’est la drogue qu’on prépare et les couteaux qu’on astique .Quant aux filles ,personne n’en parle , y en a-t-il encore quelques unes qui se risquent à aller au bal ?

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