Qu’on se le dise : le remède au Grand Remplacement, c’est le Grand Enfantement

Les chiffres de l'INSEE sont tombés : ce n'est plus un hiver démographique, c'est un blizzard et une ère glaciaire.
Photo de Tetyana Kovyrina: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/fille-assise-sur-l-herbe-sentant-la-fleur-petale-blanche-1879288/
Photo de Tetyana Kovyrina: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/fille-assise-sur-l-herbe-sentant-la-fleur-petale-blanche-1879288/

Les chiffres de l’INSEE sont tombés et sont - hélas - historiques : pour la première fois, la France compte plus de décès que de naissances. Les Échos parlent de « grand basculement démographique ». Le Point évoque une natalité « en chute libre ». Indice de fécondité : 1,56 enfant par femme. Un record… à la baisse, inédit depuis 1918. À l’époque, au moins, les raisons étaient évidentes.

Qu’on se rassure : il ne s’agit ni de sommer chacun d’avoir dix enfants, ni de jeter l’opprobre sur ceux qui n’en ont pas, par choix ou pas. Mais simplement de tirer la sonnette d’alarme. On peut ne pas avoir d’enfant et comprendre qu’une société sans enfants est une société sans avenir.

Une baisse de 23 % des naissances : alerte maximale !

En 2010, dernier « point haut » selon l’INSEE, la France était encore à 2,02 enfants par femme. La baisse atteint près de 23 %. C’est massif. L’exception française s’est dissoute dans la moyenne européenne. Certes, la population augmente encore un peu, mais uniquement grâce à l’immigration. Quant à l’âge moyen à la maternité, il dépasse désormais 31 ans. Or, on ne renouvelle pas une civilisation au même rythme quand les générations se succèdent tous les 25 ans ou tous les 40.

Désormais, comme au Japon, et en Chine, les ventes de couches pour adultes dépassent, chez nous, celles des bébés. En dix ans, ces dernières ont chuté de plus de 20 %. Un indice « consommation » aussi parlant que l’indice pizza du Pentagone (quand les livraisons du pizzaïolo d'à côté explosent, c’est qu’une opération se prépare). Alerte maximale.

Nous n'en sommes qu'à l'apéritif...

Et en France, nous n’en sommes encore qu’à l’apéritif. La génération du baby-boom, devenue papy-boom, est encore vaillante : elle s’occupe des associations, des petits-enfants, parfois même, pour la queue de la cohorte, de ses propres parents. Mais quand cette génération aura disparu, que restera-t-il ? On a réformé les retraites sans jamais poser la question démographique. Le Président a bien lâché, un jour, l’expression « réarmement démographique », mais les faits racontent un désarmement continu. Les Égyptiens ont inventé la pyramide de Khéops, les macroniens la pyramide de Ponzi. Cette boutade anonyme fait mal, car c'est toute l'histoire de notre modèle social redistributif. Sur le plan matériel comme sur le plan affectif.  Un enfant dans une chambre d’EHPAD, c’est des sauts sur le lit ou dans le fauteuil roulant, des dessins sur le menu et la télécommande confondue avec l’alerte infirmière. C’est la vie. Et c’est irremplaçable.

Au Japon, la mort solitaire, le kodokushi, est devenue un phénomène de masse. En France, 750.000 personnes seraient déjà en situation de mort sociale. Pendant ce temps, on a méthodiquement détricoté la politique familiale. Hollande et la modulation des allocations ont marqué un tournant. Macron n’a pas corrigé la trajectoire. On aurait dû se méfier de son ministère des Familles qui était un ministère "dé-famille".

La réforme des retraites a ignoré les mères quand elles auraient dû en être le cœur du réacteur. Aujourd'hui, les mères qui ont élevé les cotisants de demain survivent aujourd’hui avec des retraites de misère.

Plus qu'un manque d'argent, la détestation de la fécondité

L’argent ne fait pas tout, mais il compte. La Hongrie ou l’Italie, avec des politiques natalistes volontaristes, montrent qu’on peut infléchir - doucement - la courbe. Surtout, elles envoient un message clair : ce que vous faites pour vos enfants est utile à toute la société. Une aide financière, c’est aussi une reconnaissance symbolique.

Mais le cœur du problème est culturel. Notre époque entretient une véritable détestation de la fécondité. Un féminisme idéologique a fait croire que utérus et cerveau étaient inversement proportionnels. On apprend aux jeunes filles à se méfier de leur fécondité comme d’une maladie chronique. La grossesse est hypermédicalisée, l’enfant présenté comme un danger pour le portefeuille, la planète et la silhouette. Angela Merkel n’a pas d’enfant, Ursula von der Leyen en a sept : la première, comparée à l'autre, est-elle vraiment une sylphide ?

On déteste aussi l’âge adulte, la transmission, l’autorité. Le marketing du « No Adults » en dit long : rester éternellement jeune, sans attaches, sans héritiers. C'est pourtant le meilleur moyen de rester jeune, de mettre un pied dans l'éternité. Vous ne pourrez, sauf à être parfaitement ridicule, passer sous la table pour tirer la galette à 40 ans passés. En revanche, renouant avec ce rituel pour vos enfants, vous n'aurez certes plus jamais la fève (elle ira au plus véhément ou au plus tricheur), mais vous serez comme un roi (parfois fatigué, certes) entouré par votre progéniture.

Enfin, hasard ou non, les familles nombreuses résistent là où l’enfant est accueilli comme une bénédiction : chez les catholiques pratiquants en France, comme chez les juifs orthodoxes en Israël. Non par ignorance de la pilule - ces femmes ne vivent pas sur la Lune - ou parce qu'elles auraient un plus grand appartement et une plus grande aisance financière, mais parce qu’il existe un climat favorable à la vie. La dénatalité n’est donc pas une fatalité. Elle est le produit de choix politiques et culturels.

Picture of Gabrielle Cluzel
Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

87 commentaires

  1. BONJOUR , la détestation de la fécondité , bonne formule
    chaque jour ouvrable , en france , le corps médical détruit 1 000 foetus humains vivants
    no blème , tout roule , ça farte , no BB no futur ,

  2. Eh bien çà y est, nous y sommes !
    La pente descendante, bien savonnée par une succession de Gouvernements et de Chefs d’Etat du pays de Clovis, promet une belle catastrophe dans tous les domaines.
    Un peu de bon que diable ! VIKTOR ORBAN il’a bien compris il y a maintenant 2 à 3 décennies, et la HONGRIE retrouve progressivement un taux de natalité qui fait pâlir d’envie nos chefs de gouvernements d’Europe. Ah ben oui, mais l’Autorité de Bruxelles ce machin nommé U.E. ne l’entend pas de cette oreille et se complait à pourrir les finances de la HONGRIE.
    Aller,ne cherchez pas à comprendre les raisons de cet acharnement, tellement c’est évident…

  3. A force de faire peur aux Français avec l’insécurité, le chômage, la dette, la situation internationale, à force de dire que le travail c’est dépassé, de gaspiller l’argent public, de dire que procréer c’est tuer la nature, de diminuer les allocations familiales (généreusement distribuées aux bigames), les politiques de tous bord on fait comprendre aux jeunes Français que l’avenir du peuple ne naît pas dans les maternités mais descend de l’avion ou des bateaux qui franchissent la Méditerranée. Peu importe si ça coute cher, s’il y a de la délinquance ou si l’islam arrive en masse, l’avenir n’est plus à notre civilisation pour ces gens là. Ceux qui pensent le contraire sont des Gaulois réfractaires.

  4. Né de père inconnu, mis au travail à l’âge de 14 ans, plus aucune famille à l’âge de 15 ans, marié à l’âge de 21 ans, je suis encore avec celle que j’ai connue en 1967, nous avons eu quatre enfants et avons aujourd’hui 9 petits-enfants et attendons nos arrières petits-enfants. Nous avons réussi notre mission sur terre, celle de nous reproduire, croître et de nous multiplier.

  5. Pas simple de procréer aujourd’hui… faut comprendre les jeunes générations. Il n’y a que dans une stabilité de couple et aussi financière avec perspectives de confiance que « l’envie » peut venir. Sinon…

    • bonjour , très juste , la CONFIANCE , macron a ammené la MOROSITE , le GRIS , le TRISTE , rien de JOYEUX , déjà c’est le 1er président qui n’a pas d’enfant , et tout à l’avenant
      le coeff de 2,2 par femme , c’est grâce aux migrants , il y a belle lurette que la femme française est autour de 1 , alors que les migrants d’ Afrique frôlent le 6

  6. Et puis il y a ceux qui ne veulent pas d’enfants parce qu’ils n’ont pas envie qu’ils vivent un jour sous un régime de tyrannie religieuse (je n’ai pas dit laquelle…)

    • Donc, si je comprends bien votre raisonnement, mieux vaut disparaître! Courage, renonçons!
      Il y a surtout beaucoup d’égoisme, le plaisir d’abord, l’insouciance, les réseaux sociaux les portables seccotine etc etc.
      Pauvre, pauvre société actuelle!

      • Oui c’est triste mais cette peur existe. Je ne compte plus dans mon entourage familial et amical le nombre de jeunes adultes qui partent à l’étranger non pour y percevoir des « allocs » mais pour y travailler et ne plus payer des impôts pour engraisser des assistés perpétuels.

  7. Hé bien vous savez moi je me réjouit de la baisse de la natalité à voir le niveaux de la gente en âge de procréer vaut mieux qu’il n’y ais pas de progéniture !

    • N’importe quoi, lisez l’histoire et surtout le but d’une religion qui ne renonce jamais en enfantant au maximum, « par le ventre, par le ventre nous vous aurons », vous connaissez?

  8. Ne vous inquiétez pas !!D’autres feront des enfants à notre place ! Mais pour faire quel type de pays ??Le même qu’ils ont quitté à cause de la misère ?? Désolé pour la description de notre futur peu réjouissant !!

  9. Mettre au monde a toujours fait peur : guerres, asservissements, disettes et épidémies ont toujours existé et sont insurmontables si l’on ne met sa confiance qu’en soi-même. Chrétien , j’apprends en janvier 2025 que mon enfant à naître en août sera trisomique. J’ose dire que ce n’est pas sur mes propres épaules que j’ai chargé ce joug et qu’aujourd’hui, l’enfant dans mes bras, ce « fardeau » est doux. Pour autant, je comprends parfaitement ceux qui, parce qu’ils ne trouvent pas de transcendance dans la souffrance (je ne parle pas de dolorisme), ne veulent pas avoir d’enfants ; ils gardent une vraie logique. Mais s’ils savaient…

  10. Et pendant ce temps les naissances d enfants d origine musulmane représentent 40% et même jusqu’à 80% dans le 93 , déficit d un côté , excroissance de l autre , si ça c est pas le grand remplacement , une des grosses inquiétudes qui retiennent les couples français à mettre au monde des enfants dans de telles conditions, et on les comprend, sauf nos traîtres politicards qui favorisent ce système qui effondre notre pays , voué à disparaître et devenir une province lanterne de l Union européenne

    • Ma fille a 31 ans, une stabilité professionnelle, un salaire un peu plus élevé que le salaire minimum, elle est célibataire. Elle paie des taxes en tout genre, des impôts en tout genre, une alimentation qui devient de plus en plus chère, une électricité qui subit sans cesse des augmentations, les assurances voiture, habitation, l’eau avec des abonnements aux tarifs prohibitifs, la partie santé n’ est pas mieux bien que sa complémentaire santé a augmenté énormément en ce début d’année. Résultat nous devons régulièrement l’ aider. Et étonnamment elle ne veut pas d’ enfants.

  11. Quand le futur est fait de guerre quand il n y a que le chaumage , la pauvreté c est difficile de voir l avenir en rose pour les générations futures.

  12. Oui, il y a les avortements (il faut bien des organes, pour faire des essais et des médicaments, genre thérapie génique, n’est ce pas!) et des femmes qui refusent d’avoir des enfants.
    Mais il y a aussi un gros problème de stérilité =difficulté à commencer une grossesse, mais aussi nombre important de fausses couches (qui ne sont pas des avortements provoqués).
    Est ce du à l’environnement (pollution), à l’alimentation… ? (on sait que certains « vaccins » /thérapies géniques provoquent des fausses couches, mais ce phénomène date d’une bonne dizaine d’années, donc avant)

  13. Qui aurait encore envie d’avoir des enfants dans une société aussi dangereuse que la nôtre ? J’ai eu deux enfants il y a 40 ans mais aujourd’hui, j’hésiterais.

  14. Faites des enfants .Il n’y en a que 300000 à l’ASEU ,il reste de la place .Il y a encore beaucoup de valises et de sacs à dos pour les petits voyageurs ,ceux qui ont leur livre de géo chez papa et celui d’histoire chez maman ,«familles »recomposées dit-on ,on ne sait pas pourquoi. Il y a des centaines peut-être des milliers de jeunes qui dorment dans la rue .Ceux-là, aucun membre de leur famille ,parmi leur père ,mère ,grand-mère ,tante ne possède de clic-clac ,canapé ,matelas supplémentaire pour les recueillir .Cela s’appelle toujours la famille .On ne sait pas trop comment va fonctionner la fameuse IA, mais il semble bien qu’elle supprimera l’emploi de beaucoup de populations .Quant à les mettre au monde pour les envoyer à tous les casse-pipe qui se préparent sur notre chère planète ,c’est à vous de voir ,madame Cluzel.!

    • C’est du n’importe quoi qui doit faire plaisir à certains lecteurs, continuez les gars, continuez c’est tout bon pour nous autres, nous arrivons, avec le temps c’est gagné!

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois