Qui, pour dénoncer CE patriarcat ? Clothilde, 31 ans, morte sous les coups d’un mari polygame

Elle portait le nom de l'épouse de Clovis qui a converti la France. Elle a été tuée par la polygamie. Quel symbole !
@Unsplash
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Elle avait 31 ans et s’appelait Clothilde, comme l’épouse de Clovis, qui a converti la France. Son père la décrit d’ailleurs comme « en quête de spiritualité » : athée, elle était cependant « sensible à la culture bouddhiste ». Et selon lui, « cet homme » (comprenez son meurtrier) « lui apportait certaines réponses ». La nature a horreur du vide. Originellement de culture chrétienne, l’incroyante Clothilde s’est convertie à l’islam.

Une nuit d’août 2022, elle a été tuée sous ses les yeux de ses trois enfants. Elle en attendait un quatrième, qui est mort in utero. Le procès s’est ouvert lundi 15 septembre, à Orléans.

Le Parisien nous relate ce procès qui va s’ouvrir à Orléans. Dans le box des accusés, deux individus : Sileye Ba, 38 ans, son mari sénégalais qu’elle avait rencontré à Dakar - au cours d’un stage pour son école de communication parisienne. Il était caméraman dans un média local. Et Dieynaba Kande, 34 ans, la « deuxième » épouse, qu’on lui avait présentée comme « une cousine » avec un contrat de jeune fille au pair, lorsque cette dernière avait débarqué à Paris.

Les voisins croisaient les deux femmes dans la rue, la seconde semblant surveiller la première - Clothilde -, désormais voilée. Cette famille polygame vit des aides sociales, mais aussi des revenus de la mère de Clothilde, Sylvie, fragile psychologiquement, qui les rejoint un temps, dormant sur un matelas, avant de prendre ses distances au vu des violences que subit sa fille. Elle essaie de prévenir, finit par se suicider. Les services sociaux, alertés, viennent rendre visite à Clothilde, mais celle-ci, couvre son mari et donne une explication à chaque hématome.

Mariages gris et féminicides

Ce féminicide terrible fait peu de bruit car, évidemment, il ne coche pas les bonnes cases. Il soulève deux sujets absolument tabous. Le premier est celui de la naïveté mortifère de ces « Clothilde » désarmées par la rhétorique féministe ambiante qui ne veut pointer du doigt que le patriarcat occidental et fait montre d’une grande tolérance pour tous les autres.

Il y a quelques jours, une Inès était tuée à coups de couteau par son ancien compagnon, réfugié afghan, qui voyait dans les talibans « des héros ». Inès était altruiste, elle aidait des migrants en difficulté dans une association ; c’est là qu’elle l’a rencontré. Elle a subi des violences de tous ordres - verbales, physiques, sexuelles - avant de mourir. Les avertissements de sa mère n’y ont rien fait. On peut encore parler de Sophie, l’ancienne épouse de l’agresseur au couteau tunisien abattu récemment à Marseille. La quinquagénaire témoigne aujourd’hui n’avoir même pas osé porté plainte pour les violences qu’elle subissait, de peur des représailles. Pour l’éloigner, elle l’avait décidé à aller vivre chez son propre père, alors hospitalisé. C’est sous l’aile des parents qu’elles n’ont pas voulu écouter qu’elles vont chercher protection, même à un âge mûr, quand la belle histoire d’amour tourne au vinaigre.

Du regard dépréciatif que l’on porte sur la femme dans certains pays, il n’est jamais question, dans la presse féminine. De la charia qui piétine la femme, non plus. Les guides touristiques déconseillent absolument, à une Occidentale seule, de se promener au milieu de l’Afghanistan, mais personne ne s’inquiète des conséquences de l’arrivée massive sur notre sol, pour la condition féminine, d’individus en provenance de ces pays. On feint de croire qu’ils se débarrassent tous de leurs mœurs à la frontière comme de vieilles fripes. Comme si ce que l’on reçoit enfant en soi n’était pas profondément intériorisé.

La prudence est aujourd’hui suspecte, voire raciste. Si des parents s’avisent de mettre en garde leur fille contre un possible mariage gris, on les suspectera de voter RN ou Reconquête. On les accusera d’être bourrés de préjugés. Mais les préjugés, selon le philosophe Burke, ne sont que la sédimentation progressive de l’expérience de ceux qui nous ont précédés. Les parents, parce qu’ils sont plus âgés, sont plus méfiants et plus avertis. Les leçons du Petit Chaperon rouge sont éternelles, mais qui le lit encore ? Par leur mariage, ces femmes (sauf Sophie, qui y a miraculeusement échappé) ont perdu la vie et leur conjoint a gagné des papiers. On conviendra que le contrat nuptial était assez peu équitable.

La polygamie, ce sujet tabou

L’autre sujet tabou est, bien sûr, celui de la polygamie. Oui, qui progresse sous les radars en France. Parce que là aussi, il stigmatiserait l’immigration. La question a été évoquée récemment par une militante de La France insoumise, d’origine africaine et habitant les « quartiers », comme l’on dit, lors de l’université d’été du parti. Elle avait interpellé la féministe décoloniale Rokhaya Diallo : pourquoi personne ne parle de la polygamie, « très fréquente » dans les « quartiers populaires » ? La sénatrice ivoirienne panafricaine Mah Sogona Bamba, en 2022, qualifiait la monogamie d’« imposée et importée », « d'essence et de fondement judéo-chrétien ». Assa Traoré, dont Rokhaya Diallo a soutenu le combat, a même décrit, dans Paris Match, la polygamie de ses parents comme « une expérience formidable ». On sent monter un féminisme décolonial - il n’a de féminisme que le nom - qui dénigre la monogamie parce qu’elle est d’essence occidentale.

Rappelons qu’à peu près au même moment, lorsque la presse française avait relevé la polygamie du président sénégalais nouvellement élu, il s’était trouvé un journaliste d’Arrêt sur images et de Libération, en la personne de Daniel Schneidermann, pour voir dans cet étonnement « le regard colonial, dans son éternité ». En 2020, Aurélien Taché avait simplement parlé, s'agissant de la polygamie, de « mode de vie différent ». Et la différence nous enrichit, n'est-ce pas ? Dans le pays et la religion de Siley Ba, la polygamie est banale, puisque affichée et officielle au plus haut sommet de l’État : depuis mars 2024, « les premières dames » sont Marie Khone Faye et Absa Faye, et cela ne suscite aucun scandale dans la population. O tempora, o mores, dit-on. O terra, o mores, pourrait-on rajouter.

Conte de faits... divers

Certains, sur les réseaux sociaux, commentent durement ce drame, trouvent que les filles comme Clothilde sont bien bêtes et qu’après tout, elles n’ont que ce qu’elles méritent. Sans doute sont-elles fragiles, mais n’est-ce pas le propre de notre civilisation de protéger les plus faibles d’entre nous, une faiblesse qui ne s’entend pas seulement au sens physique, mais aussi psychologiquement ? Oui, la gauche autoproclamée féministe est coupable. En minorant ces drames, en valorisant ces mœurs archaïques, mais aussi en détruisant - déconstruisant - l’homme occidental qui, tétanisé, ne sait plus dire à une femme qu’elle est jolie ni lui promettre le « ils se marièrent et ils eurent beaucoup d’enfants » à laquelle elle aspire. Certaines vont donc chercher romantisme et conte de fées ailleurs. Qui devient conte de faits… divers.

Comme le développent finement Régine Pernoud, dans son livre La femme au temps des cathédrales (Le Livre de Poche), et plus récemment Christophe Dickès, dans Pour l’Église. Ce que le monde lui doit (Perrin), ce n’est pas un hasard si toute l’Europe a été convertie grâce à l’influence de reines chrétiennes. Si leur conversion était sans doute sincère, elles y trouvaient aussi leur intérêt en tant que femme… Adieu les concubines, pour paraphraser le titre d’un film chinois célèbre. De qui s’agissait-il ? Théodelinde en Italie, Théodosia en Espagne, Berthe en Angleterre, Edwige en Pologne, et, en France… Clothilde. La boucle est bouclée.

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Gabrielle Cluzel
Directrice de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

103 commentaires

  1. Madame Cluzel vous posez une bonne question… Qui pour dénoncer CE patriarcat? Je vous donne ma réponse; c’est le Collectif Nemesis qui sauvera l’honneur! Ce patriarcat ne sera JAMAIS dénoncé par les féministes du genre Panot, Autain, Guetté, Aubry, ni par Berger ou dame Pécresse, etc., etc…! Le patriarcat en cause ne met pas en cause un auteur ayant le « bon profil… La mort de Clotilde est un DOMMAGE collatéral s’une politique insensée, qui ne mérite qu’une chose; être passé sous silence! Du moins aux yeux des promoteurs et bénéficiaires de cette politique insensée! Parmi les bénéficiaires il y a bien sûr les LFIstes et la clique à Macron! Que ceux qui pensent que j’ai tout faux, qu’ils me donnent leurs arguments!

    • C’est sur que si on compte sur certaines, les victimes seront dans l’anonymat , on les a vu la bave aux lèvres pour G Pelicot ou pour Depardieu mais pour le reste , que dalle

  2. Les féministes aux abonnés absents, comme d’hab ! une jeune femme victime d’un patriarcat d’importation, comme d’hab ! Critiquer les us et coutumes contraires à nos traditions, des migrants, est passible des tribunaux ! Et la liste des victimes s’allonge tous les jours. Mais chut ! Pas de stigmatisation, pas d’amalgame, pas de protestations trop fortes des parents, sauf à passer pour un facho d’ultra master droite ! Et oui, ma bonne dame ! Pour être une bonne victime, en France, il faut avoir la bonne origine ! Une pensée pour Clothilde.

    • Ce n’est pas du patriarcat. Le patriarcat c’est un système dont l’objectf était de protéger épouse et fille.
      C’est du machisme imbécile comme malheureusement on en voit aussi en France qu’exercent des beaufs qui pensent que la femme est un être inférieur.

  3. Il y a évidemment de multiples facteurs pour arriver a la polygamie qui donne accès au femenicide, mais il y a aussi ce qui se passe dans la tete de beaucoup de femmes….plus jeune j’ai ete « Tours operator » comme nous disions. J’ai travaille majoritairement en Afrique et principalement dans des pays du Magreb, Tunisie, Maroc. Les femmes seules en vacances arrivaient par charters complets pour tenter l’exotisme amoureux, le pire les femmes mariées avec enfants, aussi tentaient l’aventure. Je suppose beaucoup de divorces de retour en France. Il ne faut pas s’étonner que des drames comme celui qui a tue Clotilde deviennent de plus en plus fréquents. On ne change pas de culture et de religion en passant une frontière.

  4. Nous vivons une époque macronienne qui accumule loi sur loi sous prétexte de protéger femmes, enfants et les citoyens en règle générale. Ce qui se traduit à petits feux par des pertes de libertés. De toutes ces lois, une donnée fondamentale est totalement négligée, le poids de la Nature auquel ajouter le poids des dogmes et coutumes.

    La Nature. L’Homme est naturellement combatif. Il est nécessaire de le canaliser. Mais prétendre le rendre doux comme un agneau dans sa complexité, dans sa totalité c’est rêver, utopique. La loi ne peut que brider certains.

    Lutter contre le patriarcat, lutter contre ce besoin de battre la femme, lutter contre la haine, bien sûr, il faut agir mais dans le même temps, il ne faut pas alimenter la fontaine . Des sociétés sont pour l’asservissement de la femme, pour la polygamie, pour l’excision. Ce ne sont pas nos lois qui les contrediront. D’autant que l’Etat laisse faire, notamment en alimentant le flux de migrants.
    Prenez la GPA. Elle est interdite en France mais l’Etat laisse agir des personnes qui en assurent la promotion sur le territoire, laisse l’administration intégrer à la France les enfants conçus à l’étranger par GPA. D’une main on fait, de l’autre on défait. C’est la chienlit mais on prétend réglementer.

  5. Pourquoi cette femme accepte t’elle cette polygamie venue d’ailleurs ? Et pourquoi l’état ne réagit il pas ? Il me semble que c’est interdit en France ! Mais chut….racisme !

  6. Ce qui est extraordinaire dans notre beau pays c’es qu’un étranger, peut venir s’y installer et continuer tranquillement à y vivre selon ses mœurs, coutumes, traditions sans que personne n’y trouve à redire.

  7. Il est urgent de dénoncer, egalement, les pratiques d’excision ( à vif, par d’autres femmes ), encore trop fréquentes. Danièle Mitterand ne trou vait rien de mieux à déclarer que, c’est juste une question de culture. Les voiles, les niquabs, et l’excision, toutes coutumes religieuses pour fermer aux femmes les portes de leur vraie vie. Toutes amputées de leur droits à une vie normale de femme.

  8. Qu’ils retournent chez eux où c’est permis. « Charbonnier est maître chez lui »! On ferait mieux de faire appliquer les lois que de perdre son temps à en inventer d’autres!

  9. Moi ça ne me gênerait pas s’ils ne vivaient pas des aides sociales et si la polyandrie existait aussi impliquant des femmes qqui entretiennent 3 ou cas hommes :-))

  10. La religion musulmane est dominante , une femme épousant un musulman doit se convertir , mais dans un pays musulman un homme qui épouse une musulmane du pays doit se convertir , je connais un exemple qui concerne le père d’un homme politique connu .

  11. Aucune empathie. Cette femme a cherché sa fin en épousant une personne à la culture incompatibles avec les lois de notre République.

  12. Elle n’aurait jamais dû se convertir, jamais épouser cet énergumène, jamais accepter qu’il y ait une deuxième épouse.
    On dira que je manque d’empathie, mais pas de tristesse de ma part.

    • A un moment on en arrive là, moi non plus aucune empathie envers ces femmes et encore j’avais un autre terme ….

  13. Certaines femmes redeviennent des esclaves en France , mais comme leur esclavagiste est d’origine immigrée et pratique une nouvelle religion, interdit d’en parler , silence , les féministes se taisent .
La polygamie d’origine exotique elle aussi, se pratique depuis des années , et tout ce joli monde perçoit et cumule en toute légalité les différentes aides sociales , les organismes sociaux ne voient qu’un homme marié à une épouse unique et des femmes seules, avec enfants bien entendu, de nombreux enfants .

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