Quand l’extrême gauche rêve de faire de Paris un paradis collectiviste

Avec sa Brigade du droit au logement, Sophia Chikirou promet une révolution citoyenne à Paris.
@Wikimedia commons
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Dans les obsessions qui agitent la gauche arrive en premier l’« esstrême drouate », bien sûr. Mais, juste derrière, viennent « les riches » et leurs descendants, sales rejetons bénéficiaires d’une autre obscénité sociale : l’héritage. Faute de pouvoir en finir avec celui-ci comme ils le souhaitent, nos généreux bricoleurs de mixité sociale – LFI en tête – ont l’intention de s’attaquer sérieusement à la propriété immobilière. Les bobos parisiens qui s’apprêtent à voter Chikirou feraient bien d’y réfléchir…

Les riches paieront… les pauvres aussi

Sur le papier, c’est beau comme un poème de fête des mères dans les années 1960 : gentil tout plein et surtout généreux. La compagne de Mélenchon nous aime. C’est dit, le Paris de Sophia Chikirou sera un paradis : Paris « capitale de l’antiracisme » à « l’accessibilité universelle », laboratoire de « la révolution citoyenne communale », « capitale de l’émancipation des jeunes », « ville internationale », « modèle de l’accueil digne et de la solidarité avec les migrants », « modèle de la protection de l’enfance » avec, en prime, « baisse des loyers » et logements pour tous… Bref, c’est le bonheur à la porte tous les matins. Qui pourrait être contre ?

Le constat posé par la candidate LFI n’est d’ailleurs pas faux, lorsqu’elle dénonce tout à la fois « une ville livrée aux oligarchies de l’immobilier et du BTP » et une ville débordée par son immigration incontrôlée, dont la gestion aussi absurde que cynique se fait main dans la main avec l’État macronien. Elle rappelle qu’en trois mois seulement, pour préparer la grande fête des Jeux olympiques de 2024, 42 campements de migrants ont été évacués. En un an, ce sont plus de 5.000 réfugiés et migrants qui ont ainsi été envoyés vers des « sas d’accueil temporaire » dans nos belles provinces. Ils n’en sont, bien sûr, jamais repartis et la capitale a continué de se remplir.

Madame Chikirou, qui souhaite accueillir à Paris toute la misère du monde, ne le nie pas non plus : « Ces dispositifs fonctionnent comme des outils d’éparpillement et d’isolement selon les associations et avocats. Les personnes sont coupées de leurs réseaux, de leurs avocats, des associations qui les accompagnaient. In fine, la plupart d’entre elles reviennent à Paris, mais sont exclues de tout dispositif d’accompagnement et de protection. »

Et alors, me direz-vous ? Et alors, madame Chikirou et ses amis aimeraient récupérer votre petit chez vous pour que tous ces pauvres gens en fassent leur chez eux.

La « rupture concrète avec l’ordre établi »

Si l’on ne peut, hélas, que partager le constat d’une capitale écartelée entre, d’un côté, l’immigration massive et incontrôlée, de l’autre, « la spéculation foncière et le tourisme de masse », il en va autrement des remèdes. Et ceux prônés par Sophia Chikirou et son parti ne s’appliqueront évidemment pas qu’à Paris.

La ligne qui sous-tend le programme, cette « révolution citoyenne » qui devrait faciliter la vie des Parisiens et des Français – mais lesquels, au juste ? –, c’est la voie royale vers le collectivisme. Et si ce n’est pas encore aussi clairement énoncé dans le programme, on devine bien les contours du modèle qui se construit. Un modèle, dit madame Chikirou, en « rupture concrète avec l’ordre établi – écologique, institutionnel, économique, social » - dont le grand axe est « transparence, contrôle citoyen, pouvoir d’initiative et de révocation ».

La première des batailles sera donc de « garantir le droit au logement », si besoin par des moyens coercitifs. Si les loyers parisiens sont beaucoup trop chers et l’offre de logement notoirement insuffisante, pas question pour autant de s’interroger sur les causes d’une telle situation. Pour nos stratèges de LFI, elles sont limpides : c’est la faute aux héritiers et au renoncement par l’État de « la planification ».

En conséquence de quoi, le logement « constituera une priorité politique et budgétaire absolue », avec une action centrée sur « le marché privé » pour « accroître l’offre et en finir avec les 20 % de logements inoccupés à Paris ». Dans ce but, sera instituée une « brigade du droit au logement », avec un « renforcement des moyens municipaux et le triplement des agents » qui traqueront les annonces Airbnb et entameront des poursuites judiciaires si nécessaire. Ils seront surtout chargés d’« identifier et de faire le suivi des biens vacants » afin de contraindre les propriétaires à les mettre sur le marché, la mairie de madame Chikirou leur offrant alors des « propositions d’alternatives (location sociale, dispositifs mairie, etc.) ». Parallèlement, la mairie étendra « le droit de préemption renforcé […] pour atteindre 50 % du territoire parisien à horizon 2032 afin de préempter des logements au sein de copropriétés ».

Comme nous vous le rappelions ici, en janvier dernier, les loyers bloqués, les réquisitions des logements vides et le partage des appartements en logements communautaires, Cécile Duflot en avait rêvé. C’est LFI qui le fera, aujourd’hui ou demain, c’est certain. Comme l’écrit Sophia Chikirou dans son programme : « Nous voulons faire de Paris une commune internationaliste. »

Vous voilà prévenus !

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

34 commentaires

    • Au plan national,les électeurs sont eux aussi « maitres de leur destin ». Mais ça fait 50 ans qu’ils se fourvoient dans les urnes.Les sondages actuels attestent qu’ils entendent rester aussi indécrottables ces prochains temps,en élisant un parti  » ni de droite,ni de gauche ».

  1. Avec la gauche Paris va devenir une ville pauvre. De plus en plus des gens qui ont les moyens de payer des impôts la quitte. Ils sont remplacés par des assistés qui bénéficient de logements sociaux, vivants de subvention diverses, AME, RSA, APL et qui ne paient pas d’impôts… La capitale va devenir (si elle ne l’est déjà) une ville du tiers monde, avec des rues sales, puant la pisse, couverte d’immondices, sillonnés de gens faisant la manche et prêts à sortir le couteau pour une cigarette ou un Euros, qui sera mise sous tutelle car en faillite… Ce sera ça, la France.

  2. 1ere étape. Les loueurs en rbn nb doivent se déclarer en.mairie ..
    Maintenant quec’est fait deuxième étape
    La mairie connaît ( fichage ) les logements vacants donc LFI connait ce fichier ( en mairie) et veut piocher dedans pour y mettre….

  3. Dans l’article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (texte dont les principes sont inclus dans la Constitution), il est écrit que la propriété est inviolable et sacrée. L’expropriation ne peut être justifiée que par l’utilité publique (ce qui exclut le clientélisme cher à la gauche) et doit donner lieu à une juste et préalable indemnisation (je souligne « juste et préalable »). De beaux procès en perspective.

  4. Et il y aura des gens pour voter pour transformer Paris en Berlin Est ! Et ça peut marcher au grès des alliances avec les autres gauchistes, pendant que la droite désunie perdra, drapée dans son « ni/ni « . On a déjà vu ça avec Hidalgo et ça peut s’aggraver avec Chikirou.

  5. Avec sa Brigade du droit au logement , on vois déjà ce qui risque de ce passer , vous avez un appartement avec 3 chambres , vos deux enfants sont partie, de ce faite vous avez deux chambres libre et vous verrez cette brigade ce pointer pour vous intimez l’ordre de logé des personnes que vous ne connaissez ni d’Eve ni d’Adam sous peine de passer devant la justice pour non respect du droit au logement

      • Partager un logement entre plusieurs familles,c’était également le cas en URSS.Mais puisqu’on vous dit que le communisme est le bonheur absolu.Un peu comme la diversité heureuse,finalement…..

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