Quand la désinformation vient de médias labellisés et censés dire le vrai
Nouveau raté, pour le JT de Léa Salamé. Mardi 2 décembre, France 2 a dû présenter ses excuses après avoir diffusé, la veille, un faux témoignage ayant induit en erreur ses téléspectateurs. « Nous tenions à vous signaler qu’hier, lors de notre reportage sur les bons plans et les promotions dans les supermarchés, l’une des personnes interviewées a trompé une de nos journalistes en falsifiant son identité », a fait savoir la chaîne publique, sur X. Il s’agissait en effet d’un « prank » de Mehdi Jibril, jeune humoriste qui s’est empressé de rire de sa performance sur ses réseaux sociaux, lui-même étonné d’avoir réussi à berner toute une rédaction malgré un jeu d’acteur quelque peu hésitant.
EXCLU DESTINATION TÉLÉ
❗️Vite un label à FRANCE TV !
Lundi 1er décembre 20h37
JT 20h France 2
Léa Salamé lance un reportage sur les accros aux bons plans avec un certain… Arnaud RollandIl s’agit en réalité d’un… prank !!!
1/2 pic.twitter.com/IdkrQznQXd
— Destination Télé (@DestinationTele) December 2, 2025
« Guignols », « degré zéro de la nullité », « fumisterie »… Les attaques en amateurisme et en incompétence ont rapidement fleuri, sur les réseaux sociaux, après la diffusion de ce fake grossier. La colère des téléspectateurs - et actionnaires - de France 2 est d’autant plus vive que le journal de Léa Salamé n’en est pas à sa première boulette. Parmi ses bévues les plus récentes, on peut citer cette séquence du 13 octobre dernier au cours de laquelle il avait été dit par erreur que le professeur de lettres Dominique Bernard avait été tué en 2023 après avoir « montré des caricatures de Charlie Hebdo ». Il s’agissait d’une confusion avec la mort du professeur Samuel Paty. « La rédaction de France Télévisions présente ses excuses à la famille de Dominique Bernard et à ses téléspectateurs », avait ensuite plaidé la chaîne. On se souvient également de la très gênante interview de Marion Cotillard dont le film avait été annoncé avec un an d’avance par Léa Salamé.
La journaliste est également présentatrice de Quelle époque !, talk-show régulièrement mis en cause pour son militantisme et ses approximations. Ainsi, en mai dernier, elle avait reçu sur son plateau le « médecin humanitaire » Raphaël Pitti en omettant de préciser qu’il était aussi un ancien candidat du mouvement politique de Raphaël Glucksmann, son propre compagnon…
La désinformation labellisée
Ces erreurs, dérapages et omissions passent d’autant moins que France Télévisions bénéficie de la certification « Journalism Trust Initiative », une nouvelle norme lancée par l'ONG Reporters sans frontières en 2021 avec le soutien, notamment, de l'Agence France-Presse (AFP). Une homologation qu’Emmanuel Macron a citée en exemple à suivre, le 19 novembre, pour son projet de « labellisation » des médias… Il faut croire que même les journalistes jugés « fiables » peuvent propager de fausses informations.
De même, on peut douter de la valeur de cette certification, au vu des récents et nombreux dérapages de France Info. On se souvient encore du bandeau mentionnant les fameux « otages palestiniens » ou encore de cet étonnant graphique présentant les intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2027 sur lequel certains candidats de la gauche et du centre avaient été mis exagérément en valeur.
Si les Français veulent s’informer en écoutant Charlie Kirk plutôt que Marc Fauvelle de BFM, c’est leur droit.
Les Français sont adultes.
Personne n’a le droit de leur dire où chercher la vérité. pic.twitter.com/DYiC8wc5Mh
— Sarah Knafo (@knafo_sarah) December 2, 2025
Comment s’obtient le label « JTI » ? Après une auto-évaluation en fonction de critères élaborés par une communauté de « professionnels » et la publication d'un rapport de transparence, un audit externe est mené par un organisme indépendant, permettant de décrocher la certification tant espérée. Parmi les quelque 2.000 médias qui se sont engagés dans cette initiative censée mesurer « la qualité du processus de production de l'information », on retrouve Radio France, et notamment l’antenne France Inter qui, en 2015, qualifiait de « fantasme » la théorie selon laquelle des djihadistes puissent rejoindre l’Europe en s’infiltrant parmi les flux de migrants…
On y trouve également le grand groupe de presse régionale EBRA (Le Progrès, Le Dauphiné, L'Est républicain...). Cette dernière entité est-elle aussi neutre et objective que son prestigieux label le laisse penser ? Peut-être pas. Souvenez-vous : en janvier 2025, le patron d’EBRA avait été poussé à la démission par ses syndicats et actionnaires pour avoir simplement « liké » sur le réseau social LinkedIn des posts de Sarah Knafo. « Nous condamnons fermement la proximité affichée de Philippe Carli avec des figures d’extrême droite et demandons à notre actionnaire, le Crédit mutuel, banque mutualiste, dont les valeurs sont la liberté, la solidarité, la démocratie et l’indépendance, d’en tirer toutes les conséquences », avaient alors estimé les élus CGT du groupe de presse. Bonjour la tolérance et le pluralisme !
Affaire Cohen/Legrand: souvenez-vous du sort de Philippe Carli, contraint à la démission pour avoir "liké" une publication de Sarah Knafo... et il n'était même pas tenu au devoir de neutralité du service public ... https://t.co/NVOnZ0Xcv6
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) September 9, 2025
Fake news malencontreuses, désinformation manifeste, parti pris idéologique… Les médias étiquetés « fiables » et adoubés par RSF sont très loin d’être irréprochables. Pendant que CNews est vouée aux gémonies et sanctionnée par l’Arcom pour des délits d’opinion, ses concurrents poursuivent tranquillement leur propagande et se voient même attribuer un brevet de crédibilité, en dépit de leurs erreurs factuelles répétées. De quoi en déduire qu’un tel label vise moins à reconnaître la rigueur journalistique et la pertinence intellectuelle qu’à récompenser le respect du prêt-à-penser.
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81 commentaires
Tout porte à croire qu’il vaudrait mieux ne pas être « labellisé » fiable car cela ferait tache sur le ‘CV’ d’une chaîne d’infos. En tout cas, il semble que Léa Salamé, présentatrice, se contente de ramasser les petites feuilles de ceux qui doivent collaborer avec elle pour réaliser son émission télévisée. Cet amateurisme ne peut s’expliquer autrement. Elle est devenue un simple porte-parole plus qu’une vraie journaliste. C’est dommage car à première vue, elle a l’air sympa. Je dis bien, elle a l’air. Pourtant elle devrait le savoir elle-même, on ne peut pas être et avoir été. Voilà où mène la paresse intellectuelle. Un jour ou l’autre, on finit par en payer le prix.
Serions nous en train de voir la mise en place d’un cabinet noir de l’information qui aurait droit de vie et de mort sur la totalité des médias d’informations , ou seul ceux d’obédience de gauche aurait droit d’exister , ceux centriste juste autorisé a informer avec une « guillotine » au-dessus de leur rédaction et les autres, banni, interdit et leur rédaction « guillotiné », ne parlons pas de leurs journalistes « embastiller » a vie dans une interdiction de travaille quelques soit le média.
Qui a dit UERSS.
M’enfin ! Vous n’allez tout de même pas mettre en doute un label qui a toutes les faveurs de notre bien-aimé président. C’est bien d’être complotiste à ce point !!!
Le service Public est le premier responsable de fausses informations en ne parlant pas de ce qui va à l’encontre de leur idéologie de gauche. Ca s’appelle des mensonges par omission, quand ce ne sont pas des « fake news ».
Le label on se le fait soi-même. Pour voir que sur France télé on penche à gauche pas besoin de label.
Puisqu’ils n’ auront aucun mal à être « labellisés » car neutres, pertinents et honnêtes…;Pourriez-vous nous rappeler les conditions salariales d’ embauche de cette brave journaliste? Je suis un des contributeurs à sa rémunération; J’ espère que ses confrères ( consoeurs) ne répèteront pas non plus sans vérifier- ce grand reportage.
Depuis cette affaire EBRA, je n’achète plus le PROGRÈS ! J’avais aussi regretté que la question de cette affaire n’ait pas été posée à E.MACRON lors du débat avec les lecteurs la semaine dernière ; commentaire récusé et non publié évidemment…démontrant par la-même ce que je dénonçais !
Il faut privatiser. Toutes ces langues bien pendues et qui racontent n’importe quoi à longueur de journée nous fatiguent. Utilisons nos impôts plus intelligemment car dans le service public, ça vole bas.
Spécialisé dans la météo et les recettes de cuisine il est évident que c’est une usine à désinformation.
Salamé n’a pas été choisie par hasard. Le problème c’est que quelle époque et le 20h ce n’est pas tout à fait le même registre et je pense pas tout à fait le même public. Variété salace, abjecte mais bien pensance pour ceux qui la regardent et qui rient, bref on sait ce qu’il en est. En revanche au 20h c’est de l’info pas des loufoqueries que l’on vient chercher.
Et c’est ca que macron veut labelliser ! ! ! quelle nullité ce type
Excellent ce label. Compte tenu de la maniere dont il est décerné, les Français sauront tout de suite quels sont les « bons » médias de gauche, à fuir et quels sont les « mauvais », non labellisés, à lire. Comme aujourd’hui les gauchos font la promotion de CNews qui bat des records d’audience, du JDD, de bd Voltaire, de Valeurs actuels, de livres dont ils ils ont fait des best sellers, de films dont les entrées ont explosées ou de spectacles qui refusent du monde… En decernant son label à France 2, dont les dérapages sont maintenant au grand jour, RSF et l’AFP montrent la confiance qu’on peut accorder à leurs officines.
Il doit y avoir une bonne ambiance à Rance TV: C’est la rédaction qui lui donne ces peaux de banane, et comme elle ne fait pas son travail de journaliste, qui est de contrôler les âneries qu’elle doit lire…
« En janvier 2025, le patron d’EBRA avait été poussé à la démission par ses syndicats et actionnaires pour avoir simplement « liké » sur le réseau social LinkedIn des posts de Sarah Knafo. « Nous condamnons fermement la proximité affichée de Philippe Carli avec des figures d’extrême droite et demandons à notre actionnaire, le Crédit mutuel, banque mutualiste, dont les valeurs sont la liberté, la solidarité, la démocratie et l’indépendance, d’en tirer toutes les conséquences », avaient alors estimé les élus CGT du groupe de presse. »
On pourrait tout simplement répondre ceci à l’EBRA : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions […] » (Déclaration Universelles des Droits de l’Homme de 1948)
Mais peut-être ne l’ont-ils pas lue …
Si on n’est pas autiste ni aveugle , il n’y a pas besoin de l’information pour avoir une opinion sur ce qui se passe Il suffit d’observer « la rue »