Prime à la drogue : sans honte, le député Andy Kerbrat revient à l’Assemblée

Plutôt que de démissionner, l'insoumis veut faire de la lutte contre l'addiction aux drogues son cheval de bataille.
@Teidix-Wikimedia Commons
@Teidix-Wikimedia Commons

C’était en octobre 2024. Andy Kerbrat, le député (LFI) de Loire-Atlantique, était arrêté dans le métro en train d’acheter de la drogue de synthèse à un mineur. Se posant en victime, il revient à l’Assemblée… en héraut de la dépénalisation, bien sûr !

Ces gens-là osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnaît, disaient Les Tontons flingueurs. On est bien loin de ce temps où l’on portait au cinéma des caves à la figure de héros débonnaires. Aujourd’hui, les dealers de la France diversitaire sont jeunes et leurs consommateurs vont en col blanc. Ainsi le dénommé Andy Kerbrat, député de la deuxième circonscription de Loire-Atlantique sous la bannière de La France insoumise.

Ils osent tout, c’est même à cela, etc.

C’était le 17 octobre 2024. Les policiers interpellaient, dans le métro, un individu en pleine transaction : Andy Kerbrat, donc. Quant à son dealer, il s’agissait d’un mineur « déjà connu pour une dizaine de faits ». Le député insoumis publiait, quelques jours plus tard, un communiqué à en-tête de l’Assemblée dans lequel il reconnaissait certes les faits, mais se posait déjà en victime.

Déplorant que son entourage proche, son équipe parlementaire et son entourage politique aient « appris les faits par des "révélations" par le journal d’extrême droite Valeurs actuelles », il écrivait : « Cela interroge une nouvelle fois sur la porosité entre des sources policières et des médias d’extrême droite. » Et déjà, confessant « problèmes personnels » et « fragilités psychologiques », posait les bases de sa future mission : « L’addiction est un problème de santé publique et doit être traitée comme tel. »

Qu’importe si le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, lui avait alors demandé clairement de tirer les conséquences de ses actes, lui répondant, sur X : « Alors que le narcobanditisme s'installe en France avec son cortège de violences, il n'est pas tolérable de voir un député de la République acheter des drogues de synthèse à un dealer de rue. Un député a un devoir d'exemplarité. » Qu’importe si l’Assemblée lui avait infligé « une lourde sanction », comme le relatait Ouest-France – quinze jours d’exclusion et deux mois privé de la moitié de son indemnité parlementaire –, le député Andy Kerbrat revient prendre sa place dans les travées de l’Assemblée, auréolé du double statut de victime de l’extrême droite et de son addiction aux drogues.

Le problème, c’est la droite qui n’aime pas les drogués

Faut-il dire que le retour du fils prodigue n’est pas du goût de tout le monde, à commencer par ses collègues de la région nantaise ? Bien sûr, là encore, Ouest France ouvre ses pages et son cœur à celui qu’il faut considérer comme un malade. Ni responsable ni coupable, il a fait « un gros break » de six mois pour se soigner. Et sans qu’on sache trop si cela a un rapport avec son addiction, son mandat ou ses futurs projet, il confie au quotidien : « Ce lundi, j’assiste au conseil de surveillance du CHU de Nantes. » On apprend tout de la vie de ce pauvre garçon, de ses traumas (le décès de sa mère et un viol dans l’enfance) ; bref, la charge de député était trop lourde à gérer. Aujourd’hui, il est guéri et fait son retour en fanfare. Il veut que le pays en finisse avec « le tabou sur l’addiction ». Il le dit haut et fort : « La France a un problème de santé publique et les politiques ne regardent pas le sujet en face. » Il va donc militer avec La France insoumise pour… la dépénalisation !

L’opposition nantaise, elle, réclame la démission de Kerbrat depuis le début de l’affaire. Dans un communiqué commun, Laurence Garnier, sénatrice LR de Loire-Atlantique, et Julien Bainvel, candidat aux municipales à Nantes pour 2026, dénoncent ce retour à l’Assemblée qui « ne changera pas grand-chose car, malgré son absence, [Andy Kerbrat] continuait à voter, en allant jusqu’à s’opposer à la loi pour lutter contre le narcotrafic ». Comme quoi il y a parfois un peu de cohérence chez LFI…

Même indignation chez Valérie Oppelt, élue centriste qui l’avait affronté aux dernières législatives, et rappelle que le dealer de Kerbrat était un mineur isolé, de ces enfants « bien souvent victimes des réseaux de narcotrafiquants et de proxénètes… Chacun jugera… », dit-elle.

L’intéressé n’en a cure et préfère, lui, dénoncer la droite qui « déteste les personnes qui sont addicts », des gens qui, « quand ils voient quelqu’un à terre, ils en profitent pour donner le dernier coup de pelle au lieu de tendre la main ». Et quand ses collègues de gauche lui souhaitent « bon retour au combat (sic), camarade et ami », d’autres lancent depuis le camp d’en face que « [ses] acrobaties pour renverser la charge de la preuve ne trompent personne ». Et, certes, pas nous !

Picture of Marie Delarue
Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

33 commentaires

  1. A quand une réelle condamnation pour les consommateurs de drogue ?
    On va faire la chasse aux fumeurs mais pas aux drogués
    On vit vraiment en absurdie depuis une quarantaine d’années

  2. Il a acheté sa drogue avec l’argent de sa députation , NOTRE ARGENT !!! Au lieu de se faire discret mais non on l’entend encore…..Qu’il rende l’argent au lieu de faire des leçons de morale

  3. Les députés LFI gesticulent et palabrent sur nombre de sujets sociétaux . Le couperet électoral de 2026 va se charger de les rendre moins bavards .

    • J’aimerais bien mais comme le découpage des circonscriptions leur est favorable dans certains quartiers, nous ne sommes pas prêts d’en être débarrassés. Il faudrait réduire le nombre de députés qui nous coutent cher et ne servent à rien les 3/4 du temps, jamais présents, deux députés par département seraient largement suffisants

  4. Ben voyons ! C’est la faute de l’extrême droite et de VA en particulier si ce malheureux est en mauvaise posture ! Il n’y a vraiment plus aucune limite à l’indécence dans le raisonnement.

  5. euh… s’excuser auprès du dealer mineur ??
    Amusant qu’il se plaigne que ses proches soient mis au courant par la presse. Il ne les avait probablement pas croisés depuis le Covid ?
    Pourquoi n’a-t-il pas été jugé pour achat de drogue sur la voie publique ? Il aurait alors pu perdre son droit à l’éligibilité ;-)

  6. Je ne nourris aucune affection aux consommateurs de drogues et je ne ferai pas Député une personne qui présente des « difficultés psychologiques »mais lui donnerai l’adresse de Sainte Anne .

  7. Ne pas renoncer à 10000 balles par mois vaut bien une messe… pardon, je voulais dire un peu de honte !

  8. la mise sens dessus dessous des valeurs est affligeante. Plus personne n’a de sens de l’honneur a minima pour dire « je démissionne ». Même pris dans un scandale…

  9. Il est maintenant possible de de modifier la fameuse phrase de M Audiard par : les gauchiste ça ose tout c’est même à ça qu’on les reconnaît.

  10. Les pire criminels condamné et en prison vont – ils bientôt avoir le droit de ce présenter au suffrage de la représentation nationale et légiférer depuis leur prison

  11. « Il va donc militer avec la France insoumise pour… la dépénalisation ! ».. et l’ouverture de plus de salles de shoot. Au moins, quand il ira prendre sa dose, il ne sera plus dans l’illégalité…

  12. Dire qu’il y a des électeurs prêts à voter pour ce genre d’individus . On est tombé bien bas !

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

J’ai dénombré dix coups portés à la tête de Quentin Deranque par des antifas
Jean Bexon sur Sud Radio

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois