Près de Troyes, le projet d’un centre pour mineurs délinquants suspendu grâce aux habitants
La victoire est tellement significative que même Le Parisien s’est penché sur l’affaire. Dans la petite commune de Sainte-Maure, en périphérie de Troyes (Aube), la mobilisation quasi unanime des 1.800 habitants a réussi à faire suspendre le projet d’une unité judiciaire à priorité éducative, autrement dit un lieu de privation de liberté pour mineurs délinquants.
Une ville contre l'État
Le projet a suscité une vive contestation chez les habitants dès le début du mois de février, lorsqu’ils ont eu vent de l’affaire. Ces derniers ont fait entendre leur désaccord au directeur interrégional adjoint de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) dans le Grand Est, Jérôme Lucien, qui a pris « acte », ce 7 février, de l’absence de « souhait de la population d’acquérir ce centre », note Le Parisien. Manière polie de reconnaître que les habitants n’en veulent pas et qu’ils ne sont pas près de lâcher le morceau. Le député de l’Aube Rassemblement national, Jordan Guitton, avait interpellé Gérald Darmanin en pointant « l’emplacement totalement inadapté » à la construction d’un tel centre et en demandant l’abandon définitif du projet, comme l’ont fait la sénatrice UDI Evelyne Perrot et le maire LR de Troyes François Baroin.
Projet d’implantation d’une UJPE à Sainte-Maure
Retrouvez mon communiqué au Ministre de la Justice, pour alerter face au projet d'implantation d'une Unité Judiciaire à Priorité Éducative (UJPE) dans une zone d'habitation dans la commune de Sainte-Maure pic.twitter.com/8JlWx88Kdl
— Jordan Guitton (@jordan_guitton) February 2, 2026
Car dans ce quartier résidentiel et familial, l’idée de voir s’installer un centre accueillant des mineurs délinquants n’a effectivement suscité ni enthousiasme ni curiosité sociologique. « J’ai deux filles de un et cinq ans. Je veux qu’elles grandissent en sécurité », confie une mère de famille à nos confrères.
Des centres pour délinquants inquiétants
On ne saurait reprocher à cette dernière de redouter de voir son cadre de vie dévalorisé par un « sentiment d’insécurité ». Car la case prison n’existant pour les mineurs que dans les cas les plus extrêmes, les méfaits des jeunes condamnés n’en restent pas moins inquiétants. Et le taux de fugue dans ces établissements, trop important pour donner envie aux riverains de courir un risque quelconque.
Les pensionnaires contraints de ces structures, âgés de 13 à 18 ans, ont commis des faits qui, s’ils avaient été majeurs, les auraient exposés à des peines d’au moins trois ans d’emprisonnement pour les 16-18 ans et cinq ans pour les 13-16 ans. On parle de trafic de stupéfiants, de violences, de radicalisation, de proxénétisme, d’agressions physiques ou sexuelles, parfois de viols. Quant aux anciens centre éducatifs fermés (CEF) dont ces unités sont la déclinaison rénovée, leur taux de fugue oscille entre 15 et 20 %.
Ces CEF avaient en effet fini par lasser jusqu’au ministère de la Justice. Gérald Darmanin en avait annoncé la suppression progressive en novembre dernier. Rebaptisés « unités judiciaires à priorité éducative », ces établissements sont donc aujourd’hui en phase d’expérimentation.
« De fermé, ils n’ont que le nom »
« De fermé, ils n’ont que le nom… Les mômes font ce qu’ils veulent », dénonçait, ce 8 février sur Europe 1, la mère d’un jeune placé dans l’un de ces centres. Faute de moyens, expliquait-elle, son fils s’est échappé à plusieurs reprises, ce qui lui avait permis de voler « des appareils photo sur des touristes » et de dérober des scooters.
C’est donc avec un certain réalisme que les Mauraciens, soutenus par leurs élus, ont refusé de cautionner ce qu'on peut considérer comme un manque de bon sens. Pas question, pour eux, de servir de terrain d’essai à une réforme encore balbutiante. On pourra toujours leur reprocher un manque d’élan civique. Ils répondent, plus simplement, qu’ils veulent protéger leurs enfants et préserver leur cadre de vie.
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31 commentaires
Et à CAYENNE il ne reste pas des terrains de libres ??
Le temps du bagne est terminé. Il y a maintenant le centre spatial. A moins de pouvoir mettre ces gens là dans la fusée et les expédier vers Mars.
Madame, Monsieur, qu’est devenu le centre de mineurs de Rosière prés Troyes des Années 80 ou a cette époque , vol simple , bagarreurs , conduite sans permis et j’en passe était un passage sans discutions
Merci pour vos enquêtes Mr Perez jm
Il faut les installer dans le luberon par exemple territoire de vacances des élites .
Les mineurs doivent être renvoyés à leurs parents, seuls responsables de leur entretien !!
Oú est passée la logique ????
1.800 habitants, ils ne doutent de rien, bravo à ces habitants qui n’ont pas laissé faire, nul doute que ce sera fait ailleurs…..
Effectivement si Tulle et Paris avaient des Centres Educatif fermés en plein centre ville, disons dans le 7eme arrondissement pour Paris, on pourrait demander à des habitants de zones pavillonaires d’un village de province d’en accepter un. Mais ce n’est pas le cas…
C’est une grand spécialité de nos énarques, installer des centres, mais pas chez eux, loin, très loin chez les autres. C’est comme les éoliennes ils en veulent mais pas dans leur jardin
Il faut demander à hidalgo, elle accepte les salles de shoot, loge les migrants dans les gymnases si bien qu’il y en a plus pour les sportifs. Un petit effort encore pour loger nos garnements !
Certains veulent transformer la france. D un côté des villages « potemkine » pour les touristes étrangers et de l autre des villages : prisons ou centre de mineurs » pour préserver les villages » potemkine » de toutes nuisances pouvant affecter les touristes. Mais quid des français.. hallo macron ???
On a des mineurs qui se conduisent comme des adultes (voir le procès actuel d’un gamin de 14 ans devenu tueur à gage pour 50 000 Euros et le viol perpétré par des garçons à peine pubère sur une fillette de 13 ans…), ils sont punis comme des enfants qui auraient volé une sucette…et on s’étonne du taux de récidive…
Quelquefois ça marche .
Ce sont des maisons de redressement qu’il faudrait rouvrir, avec toute la sévérité qui y régnait.
Vu qu’ils font vtout de travers,ce sont nos élites et leurs actes,qu’ils faudrait placer en maison de « redressement ».
Belle victoire grâce aux élus RN, mais il y a encore pas mal de campagnes sans élu RN donc autant de possibilités.
Il est sûr qu’installer une centrale nucléaire, un parc éolien, un centre de jeunes délinquants ou de demandeurs d’asiles dans Paris serait plus logique car c’est ĺà son décide de les créer.
Et pourquoi pas à Paris : ça vote socialo écolo coco, c’est un terreau favorable, non?
Il y a encore la Corrèze à Hollande en 2è choix?
Faut assumer ses votes, les gaziers.
Les locaux de « L’institut du monde arabe » vont bientôt être libérés…Combien de m2?…
Sur une île déserte….
Pourquoi ne pas installer ces centres sur les hauts plateaux désertiques du LARZAC ?