Pour s’être mariée à un chrétien, une Miss algérienne menacée de mort
Avec ses 1,2 million d’abonnés sur Instagram, Chanez Belaïd est ce qu’on appelle une influenceuse. Son élection au titre de « Miss Tourisme Arabe » a fait d’elle une figure populaire auprès de la jeunesse algérienne avec laquelle elle partage régulièrement des contenus à mi-chemin entre mode, beauté et lifestyle. Il y avait donc peu de chances pour que le mariage de la jeune femme passe inaperçu, dans son pays. D’autant moins que l’homme qu’elle a choisi d’épouser se trouve être de confession chrétienne…
Sur les photos de l’heureux événement, la belle Chanez apparaît en robe blanche, tout sourire, dans une église. De quoi susciter milles réactions en ligne. Si beaucoup lui ont adressé leurs félicitations, appelant au respect de sa vie privée et à son droit d’épouser qui bon lui semble, certains Algériens n’ont pas eu cette ouverture d’esprit. « C'est interdit pour une musulmane d'épouser un non musulman, a ainsi tempêté un certain Med, sur Facebook. Elle a qu'à ne plus être musulmane et faire ce qu'elle veut. » L’ancienne Miss a vu ses comptes en ligne envahis d’insultes et de menaces de mort, certains internautes estimant que son mariage était « invalide », comparable à un « adultère » ou lui valant même de « brûler en enfer ».
Le mariage de cette Miss algérienne dans une église enflamme la toilehttps://t.co/AZdb7P4HVT
— ObservAlgérie (@ObservAlgerie) August 1, 2025
Face à la polémique et à son écho dans la presse de son pays, Chanez Belaïd a été contrainte de réagir. Elle a pris la plume sur Instagram afin de démentir tout reniement religieux : « Ma relation avec mon Créateur m’appartient, à moi seule. Je n’aime pas me justifier auprès de qui que ce soit. Des années sur les réseaux sociaux avec respect… À vous de faire de même. Le bouton "Désabonner" existe. »
Un patriarcat bien vivace
Cette affaire souligne le retard qui persiste dans certains pays en matière de liberté et d’égalité. Si le patriarcat de « l’homme blanc » est en état de putréfaction avancé, il en est un autre qui n’a rien perdu de sa vigueur. On le rencontre dans la plupart des pays de culture musulmane dont l’archaïsme condamne les femmes à un destin d’infériorité et d’assujettissement. En Algérie, par exemple. Cet État figure tout en bas du « Global Gender Gap », le rapport annuel du Forum économique mondial qui classe les pays en fonction du degré d’égalité entre les sexes. Au 139e rang, la dictature d’Abdelmadjid Tebboune côtoie le Koweït (131e sur 146), le Maroc (127e), l’Iran (143e) ou encore le Pakistan (145e), tous loin derrière la France et son honorable 22e place.
In Bangladesh, to protest women’s rights reforms, Islamist men are hanging effigies of women and symbolically slapping them with sandals. pic.twitter.com/HF6QJXTR2T
— Dr. Maalouf (@realMaalouf) May 6, 2025
Le poids de l’islam est, bien entendu, central dans l’état d’infériorité auquel sont condamnées des millions de femmes à travers le monde. N’en déplaise à certains, c’est bien la fameuse religion « de paix et d’amour » qui fait de l’inégalité entre les sexes une prescription divine, sourates à l’appui, et qui vante le voilement des femmes comme unique garant de leur sécurité. L’imam de Brest n’avait-il pas affirmé, dans un prêche en 2012, que « le hijab, c’est la pudeur de la femme. Et sans pudeur, la femme n’a pas d’honneur. Et si la femme sort sans honneur, qu’on ne s’étonne pas que les gens, que les frères, abusent de cette femme-là » ?
En matière de mariage, la femme musulmane est soumise à certaines règles immuables dont la première est de ne surtout pas épouser un infidèle. « Depuis l’époque des compagnons du prophète jusqu’à ce jour, les savants musulmans sont unanimes sur le fait que l’identité musulmane du mari est une condition de validité du mariage de la femme musulmane », avance ainsi Yûsuf al-Qaradhâwî, ancien président de l’Union internationale des savants musulmans et guide spirituel des Frères musulmans, s’appuyant sur une fatwa publiée en 1950 selon laquelle il ne faut pas donner le nom de « mariage » à ce qui n’est qu’une « pure ignominie ».
Certains pays musulmans ont néanmoins souhaité moderniser cette législation. C’est le cas de la Tunisie qui, en septembre 2017, a annoncé l'abrogation d'une circulaire administrative interdisant aux femmes tunisiennes de se marier avec des étrangers non musulmans. « Tous les textes liés à l'interdiction du mariage de la Tunisienne avec un étranger, à savoir la circulaire de 1973 et tous les textes semblables, ont été annulés. Félicitations aux femmes de Tunisie », s’était enthousiasmée Saïda Garrach, porte-parole de la présidence de la République.
Pour les femmes d’Algérie, en revanche, il semble que le chemin soit encore long.
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66 commentaires
Le fait de rejet lors d’union entre une personne issu du Magreb de religion Musulmane et une personne de religion Chrétienne ne revêt pas une nouveauté dans l’injonction suivie souvent de menaces.
Dictature religieuse totalitaire et sanglante !
Pour ceux qui ne l’ont pas encore lu à lire ou relire SOUAD BRUEE VIVE .
Ce n’est pas du patriarcat, c’est l’essence même d’une certaine civilisation.
Bel exemple d’ouverture d’esprit et de tolérance…
J.M. REISER avait intitulé, de manière prémonitoire, un de ses albums : on vit une époque formidable. Il était très en avance sur son temps !
Les fatwas pourraient être drôle si on en faisait une lecture au second degré , malheureusement, ces crétins ne connaissent pas la second degré
Bravo a la Tunisie
On l’oublie parfois, mais il y a des chrétiens en Algérie, surtout parmi les kabyles. Ils sont méprisés par les musulmans mais leur foi leur fait honneur. Je me souviens de la réflexion d’une musulmane dont la cousine (kabyle) est chrétienne: « elle est chrétienne, la pauvre ».
Encore un qui veut profiter de la douceur de vivre à Alger, par le biais d’un mariage blanc ? et si l’AMOUR tout simplement venait à bout de toutes leurs conneries au nom d’une soit disant religion.
Plein de bonheur aux deux époux et félicitations pour leur courage d’affronter les voies ténébreuses
En Algérie, le mariage d’une musulmane avec un non-musulman est interdit par la loi . Au début des années 70, je me suis marié en Belgique avec une ressortissante algérienne. Une partie de sa famille y vivait. Nous avons dû déménager dans une autre ville par peur des représailles de la famille de mon épouse. Six mois plus tard, l’Algérie avait lancé un mandat d’arrêt international contre elle. A tous ceux que la question intéresse, je recommande la lecture de Fadela M’Rabet : « La femme algérienne » (1961 si ma mémoire est bonne). Rien de neuf sous le soleil !
C’est pour cela que je rejette les marchands du sacré
les faussaires de l’au-delà
ceux qui font de Dieu une arme, une menace,
ceux qui parlent en Son nom pour mieux dominer !
se désabonner !!!!!! une solution……
il y en a une autre, ne jamais y être (avoir un « compte »)…..tranquilité assurée….et je sais de quoi je parle….
ils se répandent sur ces réseaux….ça les regarde
mais c’est le progressisme qui leur a permis…..d’insulter les autres qui ne pensent pas comme leur doxa leur impose…..progressisme qu’ils refusent dans leur propre pays ! alors faudrait savoir