Pour les journalistes du Parisien, Sophia Aram fait du racisme… anti-Suédois !

Faire un billet d'humeur sur « Miss Krisprolls » et sa croisière « Des Wasa pour Gaza » est désormais criminalisé.
Capture écran France Inter
Capture écran France Inter

On ne pensait pas que quelqu’un pouvait accuser l’humoriste Sophia Aram d’être en contradiction avec la pensée dominante. Ses sketchs, souvent provocateurs, sont quasi toujours marqués à gauche, c’est-à-dire dans le camp du bien. Et pourtant… Lors de sa chronique du dimanche 15 juin pour Le Parisien, intitulée « People Boat », Sophia Aram s’est permis l’impensable : des jeux de mots sur Greta Thunberg, icône suédoise de la bien-pensance écologique, récemment reconvertie en skipper humanitaire, sous l’œil des caméras, en compagnie notamment de Rima Hassan.

La Suède n'est pas une race

Dans le texte de l’humoriste, la délicieuse Greta est qualifiée de « Miss Krisprolls » et l’opération de l’autoproclamée « flottille de la liberté » devient « Des Wasa pour Gaza ». Et ça, selon la Société des journalistes (SDJ) du Parisien, eh bien… c’est raciste. Pour en convaincre son public, dans le communiqué que publie la SDJ, ses auteurs font une expérience de pensée : « Imaginons un instant qu’un auteur rémunéré par Le Parisien vienne à surnommer un Mexicain dont il ne partage pas les vues "Mister Tacos", un Marocain "Mister Couscous" ou une Espagnole "Miss Paëlla"… le caractère raciste des quolibets ne ferait plus aucun doute. »

D’abord, un petit peu de sémantique : les Suédois ne constituent pas une race - pas davantage que les Mexicains, les Marocains ou les Espagnols. On peut donc estimer que cette saillie, au demeurant pas drôle (mais c’est un autre sujet), est xénophobe, mais elle n’est pas raciste. Tiens, à ce propos, on croyait que les races n’existaient pas ? Qu’il n’y avait aucune différence biologique entre un Asiatique, un Africain et un Européen ? La SDJ n’en est probablement pas à une contradiction près…

Ensuite, un mot sur la sensibilité des journalistes du Parisien. Dans leur communiqué, ils rappellent qu’en 2020, un édito dit « des baguettes » faisant un lien entre le Covid-19 et la restauration asiatique avait déjà provoqué un tollé dans le tout petit monde de la rédaction. C’était il y a cinq ans, tout le monde a oublié, et tout le monde s’en moquait probablement, déjà, à l’époque. La SDJ, elle, n’oublie rien. Ces petits incidents « génèrent un sentiment de honte chez nombre de nos collègues », disent les pourfendeurs de l’intolérance.

L’hypocrisie érigée en art

En parlant d’intolérance – c’est le troisième constat à la lecture de ce communiqué, on est surpris par le mélange de sensiblerie et de hargne (cocktail très gauchiste) qui se lit à livre ouvert. Vous savez ce que réclament les journalistes du Parisien ? « La suppression de ces chroniques dominicales », tout simplement. En guise d’argument massue, en plus du péché capital de racisme, ils évoquent « un plan d’économies qui réclame des efforts à l’ensemble des services » : en d’autres termes, les gauchistes utilisent un argument capitaliste pour virer ceux qui leur déplaisent. À ce stade d’hypocrisie, c’est presque de l’art.

Sophia Aram aurait dû le savoir : être subversif, en France, ce n’est pas attaquer indistinctement la gauche et la droite, les étrangers et les Français. C’est viser toujours les mêmes cibles : celles qui ne se défendent jamais (les catholiques, et pas les autres religions), celles qui n’ont pas voix au chapitre dans les médias (la droite, et surtout pas la gauche), celles que l’on accuse de tous les maux (les Français, et surtout pas les Suédois, donc). Elle vient d’apprendre que le métier de comique consiste désormais à hurler avec les loups.

L’Humanité a consacré l’un de ses récents numéros à l’irrésistible montée de la « presse d’extrême droite ». Dans toute la presse, on sent que le vent tourne : les gens en ont marre qu’on leur dise quoi penser et quand rire. C’est probablement pour cela que la SDJ du Parisien s’accroche aux reliques d’un magistère moral de plus en plus contesté.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Le magistère médiatique de la bien pensance gauchiste glisse inexorablement hors de leurs griffes . Le réel l’emporte toujours .

  2. Autre incohérence : le racisme anti blanc, paraît il, n’existe pas. Je croyais naïvement que les Suédois, au moins jusqu’ici étaient plutôt des blancs.

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