[POINT DE VUE] La fin des privilèges républicains

Sébastien Lecornu a décidé de supprimer les prétendus « privilèges » de ses prédécesseurs.
République

« Quand on veut faire de la politique, on n'a pas de château. Sauf s'il est dans la famille depuis au moins Louis XV. » Ainsi parlait un chef de l’État à l'un de ses ministres.

Il est loin, le temps où les parlementaires et les hiérarques de notre République ne percevaient aucune indemnité, ce qui faisait dire à la gauche que le prolétariat était exclu de fait des fonctions électives ou de gouvernement. En effet, quel paysan ou quel ouvrier pouvait délaisser plusieurs jours sa terre ou son atelier pour monter à la capitale à ses frais afin de s’occuper des affaires publiques nationales ? Au XIXe, seuls des bourgeois nantis, souvent de profession libérale, pouvaient se permettre de consacrer une partie de leur temps à un mandat national. C’est la gauche républicaine qui a souhaité offrir quelques prébendes aux représentants du peuple afin qu’ils soient en mesure d’assurer convenablement leur fonction.

Minuscule goutte d’eau d’économie dans un océan de gaspillage

Avec le temps, ces rémunérations sont devenues des rentes de situation qui, pour certains, semblent être la principale motivation de leur ténacité au pouvoir. Pourtant, et malgré une idée reçue, la politique, si elle enrichit intellectuellement, n’apporte aucune fortune. Les détenteurs des postes politiques sont beaucoup plus surveillés que le quidam français, déjà traqué par l’une des administrations fiscales les plus zélées au monde. La décision de notre nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu, de supprimer les prétendus « privilèges » de ses prédécesseurs est totalement démagogique mais hautement symbolique. C’est une minuscule goutte d’eau d’économie dans un océan de gaspillage de prestations en tout genre, de gratuité indue et de subventions inutiles.

L’estime que portent les Français envers leurs gouvernants

Cependant, la politique est un art et non un métier. S’il est normal que les hauts fonctionnaires reçoivent un salaire, eu égard à leur formation qualifiée et au plein temps qu’ils consacrent à leur métier, n’est-il pas discutable d’accorder des rentes de longue durée, voire à vie, aux anciens titulaires de fonctions politiques ou de mandats ? Restent le prestige et la sûreté. Quelle que soit la sympathie que l’on éprouve pour un ancien président de la République, on ne saurait admettre que l’ancien chef de l’État fût à la merci d’un assaillant. De même, l’impécuniosité d’un ancien Premier ministre devenu chômeur n’altèrerait-elle pas le prestige de la France ? Ce n’est pas qu’une hypothèse d’école, Pierre Bérégovoy a dû emprunter pour acquérir un appartement. Derrière ces histoires de rente et d’avantages, il y a l’estime que portent les Français envers leurs gouvernants. Durant la période des Trente Glorieuses, les Français ne se préoccupaient pas du train de vie de leurs ministres car le niveau de vie grimpait pour tous. L’ascenseur social fonctionnait et les parents avaient l’espoir que leurs enfants vivent plus confortablement qu’eux-mêmes. C’était la croissance. Hélas, les temps ont bien changé et les Français, déjà très tatillons sur l’égalité, ne supportent plus le moindre écart de la part d’une caste qu’ils tiennent pour responsable de leur appauvrissement.

Gardons-nous des amalgames et rappelons tout de même que l’immense majorité des élus sont bénévoles. Les prébendes et privilèges visés par notre Premier ministre ne concernent qu’une minuscule minorité, mais en France, nous aimons les symboles. Rivarol disait : « Quand les peuples cessent d'estimer, ils cessent d'obéir », ce à quoi j’ajouterai qu’en République, on a les gouvernants que l’on mérite.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 22/09/2025 à 16:19.

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Charles-Henri d'Elloy
Écrivain, polémiste

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Le gouvernement c’est l’Arlésienne. Blabla ; gagnons du temps. Tous ces nouveaux Ministres « tous les dix jours », cela va finir par faire augmenter notre dette et surtout nos impôts.

    • Il y en a encore combien à caser pour les remercier, avant le grand départ? Le temps presse…Tous ces ministres de pacotille ne devraient pas toucher de retraite pour cette fonction ni d’avantages en quittant ce poste. Une petite diète leur ferait le plus grand bien et suppression de la « cantine » à l’Assemblée Nationale et au Sénat, ni dans les ministère, chacun apporte sa « gamelle »…Hi Hi Hi…

  2. Supprimer ? Non diminuer serait adéquate !! mais sachez que des milliers d’économies dans ce genre pourraient arriver à faire des sommes importantes !! et pour calmer certaines récréiminations justifiées ? Pour moi il faudrait transformer l’Elysée et Matignon en musées et n’y recevoir que les grands de ce monde avec l’aide d’un traiteur et pas tous ces services inutiles , mettre tout ce beau monde dans le même immeuble pour plus d’harmonie et prévu pour la sécurité , celà leur permettra de se rapprocher !! Nous ne sommes plus en royauté !!

    • Vous écrivez : « mettre tout ce beau monde dans le même immeuble pour plus d’harmonie et prévu pour la sécurité , cela leur permettra de se rapprocher » …
      VAUT mieux en rire de cette proposition ! …
      renseignez vous des « rapprochements » de cette caste … Et particulièrement depuis mai 2017 ! …
      A FUE RA ! …

  3. Complètement déconnecté cet article. Il faut diviser au moins par 2 les indemnités de tout élu et nommé. Ce sont eux qui ont ruiné le pays. C est à eux de payer.

  4. Espérons surtout qu’il sarcle dans les avantages des anciens ministres qui n’ont pas AU MOINS effectué un demi-mandat ! C’est vrai que ça le mettra en position délicate, mais peu m’importe.

  5. Je présume que si il y a une loi pour supprimer les privilèges des anciens 1 ministres, voire des anciens présidents ;elle n’aura pas d’effets rétroactifs.

    • Il n’y a pas qu’eux!… Et toutes les subventions distribuées à tort et à travers pour tout et n’importe quoi, surtout à….Chut…La liste est trop longue…

  6. Cet article remet très bien les pendules à l’heure. En effet, il aurait été très surprenant qu’un macroniste s’attaque à un sujet sérieux. Pour n’en citer qu’un, l’immigration par exemple.

  7. Il n’y a pas de petites économies. Je suis heureux que l’on supprime leurs avantages aux gens qui ont creusé la dette de la France.

  8. 8 ans qu’il est ministre toute la macronie représenté en un seul , en même temps je supprime. et en fait je supprime pas et vous les ânes c’est de votre faute de n’avoir pas compris, c’est pas permis à tout le monde d’être un premier de
    cordée , pas vrai Gabriel «  Gabriel tu brûle mon esprit ect…. »

  9. Ce sont TOUS les privilèges sans exceptions qu’il faut supprimer aussitôt que tu n’es plus élu tu redeviens un simple citoyen qui doit travailler

  10. Les rentes à vie aussi importantes sont en effet anormales, mais ce qui coûte le plus ce sont les autres avantages: chauffeur, garde du corps, voiture, secrétariat et j’en passe. Cela dit, au vu de l’immensité du gouffre creusé par nos politiques, c’est en effet une goutte d’eau mais c’est un symbole et on gouverne aussi avec des symboles. Les vraies économies sont ailleurs. Mille feuilles administratif que personne ne veut remettre en cause

  11. Avec la valse des gens du voyage en politique cela nous coûte une blinde non méritée. Lui le premier et ils sont payés très cher pour faire de la parlotte.

  12. « Suppression des privilèges » si c’est une bonne chose, le conseil constitutionnel veille !
    Et cela ne va pas régler le problème de la dette ! Sarah Knafo a proposé de bonnes solutions pour régler une partie de la dette, ce serait un bon début

Commentaires fermés.

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