[POINT DE VUE] Exportation d’armement : quand l’UE veut piétiner toujours plus la souveraineté des États
Marine Le Pen a abordé le sujet vendredi 16 janvier à Marseille, lors de son meeting de soutien à Franck Allisio. On aura beau jeu, dans le prétendu camp du Bien, de crier qu’elle exagère. Pourtant, tout est vrai : l’Union européenne a pour projet d’exercer son contrôle sur les exportations d’armement de ses États membres.
Si l'Union européenne ne cesse d'avancer ses pions, si encore aujourd'hui, elle cherche à s'attribuer des compétences qui ne sont pas les siennes, en voulant contrôler nos exportations d'armements, c'est parce qu'elle voit bien que le gouvernement est faible, car il n'a pas de… pic.twitter.com/sbd2KacQp5
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) January 16, 2026
Au non de la simplification...
On sait que le Parlement européen n’a pas toutes les prérogatives d’un parlement. En particulier, il n’a pas l’initiative des lois. On lui demande simplement son avis, par le biais d’un vote il est vrai, sur les orientations qui sont prises par la Commission européenne. En l’occurrence, les projets de modification de deux obscures directives européennes, qui portent les doux noms de 2009/43/CE et 2009/81/CE (« simplification des transferts intra-UE de produits liés à la défense » et « simplification des marchés de sécurité et de défense »), ont été soumis à l’approbation des députés en décembre dernier. La simplification a décidément bon dos !
Contrôler les licences d'exportation
Comme tous les textes de loi dans les pays jadis souverains, ceux de l’Union européenne font l’objet d’amendements. En l’occurrence, celui qui met le feu aux poudres est le troisième amendement, qui propose d’ajouter au texte existant la phrase suivante : « La situation sécuritaire exige d’établir de manière cohérente des procédures d’approbation et de certification régulées au niveau de l’UE pour les nouvelles installations de production et les licences d’exportation pour les produits de défense » (RAPPORT sur la proposition de directive du Parlement européen et du Conseil modifiant les directives 2009/43/CE et 2009/81/CE, concernant la simplification des transferts intra-UE de produits liés à la défense et la simplification des marchés en matière de sécurité et de défense). En français courant : l’UE, tout du moins certains députés européens, veut profiter de l’instabilité du monde pour devenir l’autorité d’approbation, au-dessus des États membres, concernant l’implantation d’usines et les autorisations d’export. Précisons que cet amendement a été déposé par Mme Angelika Niebler, députée allemande et membre du groupe PPE, celui dans lequel siègent les députés LR.
Les curieux ou les incrédules peuvent aussi aller voir l’amendement n° 12 dans lequel il est question d’exporter de l’armement « dans le respect des valeurs européennes » et de privilégier une prétendue « base industrielle et technologique de défense européenne ». Un amendement déposé par des députés de gauche, dont Raphaël Glucksmann, du groupe Alliance progressiste des socialistes et démocrates.
Menace d'OPA par les petits hommes gris de Bruxelles
La France est, depuis les années 1950, l’un des cinq premiers exportateurs mondiaux dans le secteur de l’armement. Depuis cinq ans, elle est même le deuxième, derrière les États-Unis. Par conséquent, cette proposition est d’abord stupide, puisqu’elle consiste à brider la volonté politique des États et leur compétitivité industrielle - un comble, en matière commerciale, pour une Union qui est dictatoriale envers ses membres, mollassonne envers ses adversaires et dont le seul intérêt est (ou, plutôt, était) la force de frappe commerciale. Elle est également, et surtout, redoutablement dangereuse pour nous, pour nos intérêts et pour ce qu'il nous reste de souveraineté. Nos industries de défense produisent des avions, des canons, des missiles, des sous-marins dont l’excellence technologique est mondialement reconnue - ce qui n’est, au passage, pas le cas de l’excellence de notre classe politique…
Nous avons renoncé au privilège de battre monnaie il y a près de vingt-cinq ans, avec l’euro. Nous avons renoncé à la souveraineté juridique avec la soumission aux différentes juridictions européennes (Cour de Justice de l'Union européenne, Cour européenne des droits de l'homme) et à la souveraineté diplomatique avec nos coalitions ridicules, nos diplomates indigents et nos négociations collectives. Nous sommes en train de nous demander si nous ne renoncerions pas à notre souveraineté militaire avec un projet d’armée européenne - mais il est un peu difficile, pour l’instant, d’envoyer des « mecs à Odessa » mourir pour l’Ode à la joie et le drapeau bleu à douze étoiles. Et voici que tout ce qu’il nous reste de totalement régalien - notre industrie de défense - est menacé d’OPA par les petits hommes gris de Bruxelles et de Strasbourg. Ces gens ne sont forts que de notre insondable faiblesse. Et pendant qu’on essaie de nous écarteler, nous nous perdons en intrigues florentines et en querelles byzantines, faute d’être capables de voter un budget…
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93 commentaires
Ils peuvent contrôler les exportations après avoir vendu massivement à des pays musulmans tout en ne sachant pas si ils retourneront leur veste contre nous. On peut aussi parler des importations de matériel militaire qui viennent hors de l’Europe, qui appauvrissent nos économies, nos partenariats et décridibilisent notre savoir faire tout en nous faisant perdre notre propre souveraineté (55% du matériel militaire en Europe est acheté aux américains). Je dis ça je dis rien mais vendre quasi aucun rafale, sous marin, caesar francais en Europe me gène profondément et je ne parle que de ceux là. J’ai l’impression que l’on fait tout pour se court-circuiter entre chaque pays d’Europe, donc avoir confiance en nos voisins, c’est trop me demander. Pour moi l’Europe c’est un nid de vipères.
Je constate que quand la Hongrie dit « NON », cela ressemble furieusement à … « NON ». Cette nouvelle idée mortifère pour nous, les Européens, doit se voir opposer un » NON ». Nous avons besoin des marchés étrangers pour financer nos recherches en matière d’armement ET pour amortir nos investissement y dédiés.
Soyons honnêtes pour une fois : qu’on amasse des armements pour soi, passe encore ( en ânonant
»si vis pacem, para bellum », une formule toujours démentie par l’Histoire ), mais vendre des armes
tout azimut pour le buisness, c’est transformer la planète en un baril de poudre ! Hélas …
Si l’Europe était un tant soit peu soucieuse de l’intérêt des pays qui l’engraissent, ce n’ est pas l’exportation des armes qu’elle voudrait régir, mais l’importation en imposant aux pays européens d’acheter en priorité des armes européennes.