[POINT DE VUE] Alliances entre gauche et LFI : tour de France de l’ignominie

Dans plusieurs grandes villes de France, les listes de gauche font le choix de la fusion avec LFI.
@Wikimedia commons
@Wikimedia commons

Le premier tour des élections municipales laisse une drôle d’impression. À vrai dire, les résultats ne montrent la victoire nette d’aucun parti politique. Chacun essaie de tirer la couverture à soi : le RN essaie de montrer son ancrage local, LR tente de prouver qu’il conserve certaines petites baronnies, mais, il faut bien le dire, beaucoup de communes ont surtout élu des maires sans étiquette, le plus souvent au soir du premier tour. Rejet de la politique politicienne, dont beaucoup de grands partis donnent une image déplorable ? Possible.

Et puis, il y a la gauche. Né avant la honte, le camp de la mauvaise foi n’a pas tiré de leçons concrètes du score minable d’Anne Hidalgo. Le PS d’Olivier Faure continue de s’accrocher au pouvoir, local comme national. Et, pour cela, s’il faut en passer par des compromissions indignes, pas de problème. Dans plusieurs grandes villes de France, les listes de gauche font le choix de la fusion avec LFI. Les consignes jésuitiques du Premier secrétaire du Parti socialiste ont été appliquées à la lettre : « Pas d’accord national. » Ce qui n’est pas interdit étant permis, les accords locaux fleurissent donc… et c’est à leurs fleurs que vous les reconnaîtrez.

Attrait pour la gamelle

À Lyon, Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite et le centre, affronte le maire sortant, Grégory Doucet. Ce dernier a décidé de s’allier avec Anaïs Belouassa-Cherifi, candidate de La France insoumise, qui était notamment arrivée dans l’Hémicycle avec un tee-shirt portant l’emblème de la Jeune Garde, la milice ultra-violente de Raphaël Arnault. Pas mal, en termes d’ignominie, dans la ville où Quentin Deranque, jeune militant de droite, a été sauvagement lynché par des militants, justement, liés à la Jeune Garde.

Il faut dire que Grégory Doucet n’est pas le seul. À Brest aussi, par ici la bonne gamelle : François Cuillandre, maire de la ville depuis un quart de siècle, est prêt à tout pour garder sa place. Lui aussi s’alliera avec LFI, représentée en la circonstance par Julie Le Goïc. Cette dame s’était notamment fait connaître par un tweet plein de bon goût, en juillet 2016, après l’assassinat du père Hamel : « Du coup, le prêtre mort en martyr, il a le droit à 70 enfants de chœur au Paradis ? » Les élus de La France insoumise semblent rivaliser de saloperie.

À Grenoble, Laurence Ruffin, frère de l’insoumis François Ruffin mais candidate de la gauche « classique », a elle aussi franchi le Rubicon et décidé de s’allier avec LFI. À Grenoble, son allié sera un certain Allan Brunon, notamment connu pour avoir perturbé, en hurlant et en tapant dans ses mains, un hommage silencieux à la jeune Philippine, assassinée par un OQTF. Le même Allan Brunon avait réagi en ces termes, à la mort d’un jeune militant du RN, emporté par un cancer : « Il retrouvera en enfer ses idoles. Les Léon Gautier, Pierre Bousquet et les autres Waffen-SS, fondateurs du FN. »

Enfin, à Avignon, la liste PS fusionne avec celle de la candidate LFI Mathilde Louvain, installée à cette place par Raphaël Arnault, député de Vaucluse condamné par la Justice et objet d’une triple fiche S.

Ce petit tour de France de l’ignominie met en lumière ce qui est en train de se jouer pour le contrôle des grandes métropoles. Les discours de certains hommes de gauche qui se veulent vertueux, comme Raphaël Glucksmann ou François Hollande, n’ont rien pesé par rapport à deux facteurs qui sont l’ADN de la gauche contemporaine : l’attrait pour la gamelle, d’une part, ce goût méprisable de la conservation des prébendes sous couvert de théâtre antifasciste ; et la porosité apparemment très naturelle, d’autre part, entre socialistes et insoumis. Les Girondins et les enragés se coalisent de nouveau. Les Girondins finiront guillotinés, comme jadis, mais ils auront engrangé six ans de cotisations supplémentaires…

Picture of Arnaud Florac
Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

9 commentaires

  1. 50 ans de lâcheté de cette droite qui se dit gaulliste !
    Le Général doit se retourner dans sa tombe.
    Et pour 2027, le front républicain sera reconstitué, LFI+Socialistes+Centristes+LR feront front commun.
    L’avenir est bien sombre.

  2. À Nantes aussi, il n’aura pas fallu longtemps à la maire PS pour tendre la main à LFI en les intégrant en bonne place au milieu des écolos, des wokistes et autres calamités. Ces coalitions penchent toujours un peu plus à gauche à chaque élection.

  3. L affaire est réglée. La gauche a gagné les élections. Pragmatique et efficace. Il y aura un president de gauche en 2027. RN Reconquête et autres partis “fachistes” ne pourront meme pas faire campagne devant la violence orchestrée de la gauche incluant les groupes antifas. Bardella Knafo et d autres en seront réduits a rentrer chez eux et se taire en tremblant . l histoire des revolutions francaise et russe va se répéter.

Laisser un commentaire

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois