[POINT DE VUE] Agriculture : un « certificat de compétence »…
L’actualité nous le rappelle tous les jours, s’il existe une profession surveillée, épiée, contrôlée, dont tous les actes doivent répondre à des normes, qui sont européennes et en plus françaises, c’est bien celle d’agriculteur. Autrefois, le paysan était le professionnel qui exerçait son métier en toute liberté et indépendance. Il ne dépendait que du ciel ! Il avait l’habitude de le regarder dès le matin, dans la journée, le soir, à tous moments. Il pouvait lui apporter le soleil ou la pluie, le froid ou le chaud. De là dépendait son travail, en harmonie avec les éléments, pour obtenir le produit de ses cultures et de ses élevages.
On en remet une couche, histoire de maintenir la pression
Aujourd’hui, tout est changé. Le paysan, devenu agriculteur, est surveillé du haut du ciel par les satellites qui, tous les deux ou trois jours, passent au-dessus de ses champs pour vérifier qu’il ne fume pas, ne laboure pas, ne sème pas ses terres hors des périodes que lui fixent de petits hommes gris dont les chaussures vernies ou les baskets n’ont jamais connu que la moquette ou le goudron. Et comme cela ne suffisait pas, on a doublé, pour tout contrôler, le nombre des fonctionnaires du ministère de l’Agriculture. On a même ajouté un corps spécialisé censé être là pour protéger la nature. Ces fonctionnaires supplémentaires sont armés pour leur donner de l’autorité, à défaut de compétence. On a immatriculé les animaux d’élevage avec des boucles à chaque oreille et des certificats informatisés qui font qu’il est plus facile de « suivre le bœuf » qu’un véhicule motorisé pour lequel j’ai découvert qu’il y avait, chaque année, dans notre pays, des dizaines de milliers de fausses plaques délivrées par de faux garages.
Comme toutes ces surveillances, tout cet espionnage, toutes ces règles lourdement sanctionnées en cas de non-respect ne suffisaient pas, de temps en temps, on en remet une couche, histoire de maintenir la pression. Ainsi, en vertu d’un Règlement (CE) n° 1/2005 du Conseil du 22/12/2004 relatif à la protection des animaux pendant le transport et les opérations connexes, l’agriculteur qui a besoin de transporter les animaux qu’il élève ou qu’il achète doit obtenir un « certificat de compétence ».
Bien sûr, il faut remplir un formulaire...
Ce certificat doit être demandé à la « direction départementale en charge de la protection des populations » (DDecPP). Rien que ça ! Demande faite pour toutes les espèces animales, y compris les volailles. Pour obtenir ce « certificat de compétence », il faut présenter soit un diplôme de formation agricole et, dans la majorité des cas, le diplôme n’est pas suffisant pour que l’administration délivre le « certificat de compétence », soit avoir participé à une formation dispensée par un organisme habilité pour les espèces que l’on veut déplacer. Dans ce cas faut-il qu’il existe un organisme de ce type à une distance acceptable. Pour accéder à la formation, un formulaire est à remplir, on l’accompagne des pièces justificatives demandées pour donner un peu d’activité au service concerné.
C’est-à-dire que l’agriculteur qui, depuis le plus souvent sa plus tendre enfance, a vu puis a su conduire les animaux qu’il élève et les transporter à la foire à la montagne doit éventuellement suivre une formation dont on peut se demander qui dispensera l’enseignement et quel en sera le prix ?
Quand on vous dit que l’on marche sur la tête !
J’en suis arrivé à me demander, dans ce domaine comme dans bien d’autres, avec mon seul bon sens hérité de mes ancêtres paysans, comment on peut être aussi c..
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69 commentaires
Et la ministre de l’agriculture, elle en a un de certificat de compétence?