[POINT DE VUE] 13.000 euros d’amendes de stationnement à Paris pour le couvreur breton
Gérald Guégan vit à Auray, dans le Morbihan, et travaille à Paris. Cette phrase pourrait sonner comme un lancement du 13 Heures de feu Jean-Pierre Pernaut, mais la suite ressemble davantage à un roman de Kafka. Le 17 avril 2025, cet excellent citoyen de la République a eu la surprise de voir une saisie administrative de 959,20 euros sur son compte bancaire. Une amende pour stationnement interdit, apparemment. La somme était d’importance, alors ce brave entrepreneur, convaincu de son innocence, a entamé une longue série de démarches auprès de l’administration publique pour connaître l’origine de ce montant. Il est couvreur, pas spéléologue, alors les méandres du cloaque administratif ont mis du temps à se révéler à lui, forcément. Et puis, finalement, il a eu connaissance des raisons de cette saisie confiscatoire ainsi que du montant total, bien plus élevé que prévu. Jugez plutôt : ce ne sont pas moins de 115 lignes de créances, remontant jusqu’en octobre 2021, qui lui sont réclamées, pour une somme de 12.923,20 euros. C’est tout de même beaucoup…
Des centaines de coups de téléphone sans résultat
En 2015, quand le Breton a ouvert son entreprise, il a pris un véhicule électrique, l’a déclaré au service de la voirie de Paris et pensait ainsi bénéficier des places de stationnements gratuites. Il a reçu quelques amendes injustifiées au début. Il a mis cela sur le compte des délais de traitement du dossier et a toujours préféré payer. En 2022, il a changé d’utilitaire électrique et, ne recevant plus aucune amende, s’est dit que le problème était réglé. Il a fait un changement d’adresse en bonne et due forme quand, la même année, il est revenu s’installer à Auray, en continuant à traiter ses commandes dans Paris, soit sur rendez-vous, soit dans l’urgence. Il n’a jamais reçu d’avis de contravention depuis des années, ni de relance, ni quoi que ce soit d’autre.
Pour comprendre et pour pouvoir contester ce racket, Gérald Guégan a passé des centaines de coups de téléphone. Il a entendu un paquet de fois les Quatre Saisons de Vivaldi. Il a envoyé des rafales de courriels. Il s’est même déplacé physiquement dans les services concernés, pour tomber sur des portes closes, sur lesquelles un panneau proposait sobrement : « Contactez-nous par mail »… Des mails auxquels il n’a, évidemment, jamais obtenu de réponse.
On lui demande juste de raquer
Un jour, l’administration a été touchée par la grâce. Gérald Guégan a reçu un courriel du Trésor public lui demandant d’appeler un numéro de téléphone… qui n’a bien sûr jamais répondu. Depuis, rien. Plein d’une froide colère contre le monstre (non moins froid) du fonctionnariat obèse, le couvreur attend depuis six mois qu’on lui explique ce qui s’est passé. A-t-il été victime d’une usurpation d’identité ? D’un contractuel anonyme qui a flashé sa plaque sans lui demander son avis ? D’un préposé pressé qui, sans avis ni relance, a directement ajouté des lignes de créance sur un diabolique tableur Excel ? Il ne sait pas. Il ne sait rien. On lui demande juste de raquer.
Des contribuables comme lui, il y en a partout, en France. De braves citoyens, de braves contribuables, étranglés de taxes, prélevés à chaque étape de la vie de leur entreprise, des fois qu’ils aient l’idée saugrenue de faire des bénéfices. C’est Ouest-France (« Ouesteufrance », dit-on là-bas) qui a révélé cette affaire… et qui précise que la mairie de Paris n’a pas répondu aux sollicitations des journalistes. Peut-être devraient-ils laisser un message, puis se déplacer pour qu’on leur demande d’envoyer un courriel – en faisant attention à se garer sur un emplacement prévu à cet effet, naturellement.
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58 commentaires
c’est aux entrepreneurs de ne plus y aller dans cette ville et quand les parisiens en aurons marre ils irons se plaindre à madame le maire de paris .
Ce que vous dites est absurde, et injuste à l’égard de cet entrepreneur qui a le mérite, sans doute grâce à ses compétences, de travailler loin de chez lui!
Le problème en France, c’est que le fonctionnaire n’en a rien à faire du simple contribuable. Qu’il fasse son travail correctement et avec respect n’incombe peu, son salaire tombe de toute façon à la fin du mois.
Comportement typique d’une administration obèse et obtuse. Malheureusement, il est à craindre que ce couvreur n’ait pas un grand choix de recours. Dans un premier temps temps exploser sa situation à son député, ensuite se rapprocher d’une association de défense des automobilistes, mais aussi, et surtout, contacter un avocat spécialisé dans le domaine.
Dans un autre commentaire ce jour, j’évoque les faux-culs. Mais il y a une autre catégorie d’individus qui se développe à la vitesse grand V, les jean-foutre et l’on en trouve partout, et particulièrement dans notre administration fonctionnarisée et pléthorique, le plus souvent occupés par leur nombril, indifférents aux difficultés et souffrances des pauvres assujettis aux règles, normes et autres éléments de conditionnement, qui n’en peuvent mais…Payez qu’on vous dit et circulez, ne stationnez pas, il n’y a rien à voir ! Ah, les petits hommes gris, ces intouchables dans tous les sens du terme !
Quand Kafka se mêle de « gestion » au royaume d’Ubu…
Ah, Paris, ville à problèmes divers et variés. A éviter. Malheureusement pour ce couvreur qu’on empêche de travailler, c’est toujours la même chose, on emmerde les gens honnêtes et on laisse tranquille les voyous.
La bureaucratie contre les producteurs, et ils se multiplient en plus . 50000 fonctionnaires à Paris ! Non seulement ils ne font rien mais empêchent de travailler , ceux qui leur paient leur train de vie par leurs impôts .
Je sais que tous les fonctionnaires ne sont pas à mettre dans le même sac mais ce sont souvent ceux qui sont sur le terrain qui agissent au contraire des autres qui sont bien au chaud l’hiver et bien au frais l’été et sont complètement déconnectés du réel.
Tous les moyens sont bons pour réduire le déficit de 10 millions de la Ville de Paris, ainsi que les énormes frais personnels de Madame le Maire, avant son départ annoncé et très attendu !
Alors, la fonction publique anonyme et indifférente, rackette les bretons, ces provinciaux qui prennent le boulot des parisiens, et qui encombrent les rues de la capitale, normalement réservées aux Velib et aux trottinettes des écolos bobo-gaucho-parigot-tête-de-v… !
Vous étiez quand même bien contents au début du vingtième siècle ,de débarquer à Montparnasse…On aurait donc dû vous fermer la région:mais vous n’auriez jamais fui la misère d’antan…
Mais quand on voit des Rolland ou Apperé à Nantes et Rennes.Pas une once de droite…Villes encore plus craignos que Paris:je crois que l’Armorique devrait balayer devant ses menhirs…
De membres de ma famille vivent à Paris depuis le XVIIème siècle…
J’y vais depuis l’enfance, soit un peu plus de 74 ans !
J’ai même habité la capitale Avenue de la Grande Armée.
Alors oui, je connais bien Paris !
120 MILLIONS… Pardon !
Pour joindre des services comme la CPAM, l’ANTS ou les services Critair il m’a fallu soit des dizaines d’appels infructueux après une vingtaine de minutes soit de dizaines de courriel pour aucune réponse de la part d’incompétents. Armez vous de patience nous sommes en absurdie.
Lui devrait payer illico alors que l’autre, si jamais il sort de prison pour travailler à Lyon, devra rembourser 50 euros par mois pour rembourser ses dettes. cherchez l’erreur.
Lolofi , si vous avez fait le calcul de cette énorme ânerie prononcée par le J.A.P. vous avez compris que ce futur salarié bien sous tout rapport devra payer 50 euros par mois pendant 238 ans pour rembourser une dette abusive de 143 000 euros!
Là c’est la tuile !
Avec le Trésor public, il sera malheureusement obligé de payer l’ardoise.
Ne plus travailler en ville, déjà certains le font et aller déposer le dossier chez J. Courbet. « ca peut vous arriver » (M6). Son équipe a ses entrées….
Ou est cette ville Paris ?
Je ne connais pas.
L’administration française est catastrophique de par ses agents pour la plupart incompétents, fainéants et bons à rien.
Monstrueux