Nouvelles taxes sur l’automobile : c’est encore Nicolas qui paie

Après l'éolien, la voiture : la Macronie est plus que jamais gavée à l’écologie punitive et atteinte de fiscalite aiguë.
Photo Jacek S - Pexels
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Deux nouvelles taxations sont dans les cartons, destinées une fois encore aux vaches à lait préférées des gouvernements : les automobilistes. Si la fiscalisation des trajets des voitures électriques est encore au stade d’étude, la hausse de la taxation sur les carburants fossiles (essence et diesel) est déjà prête à l’emploi, sous la forme d’un décret dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2026.

Six centimes en plus sur le litre de carburant

Comme l’explique sur son site 40 millions d’automobilistes, « on assiste à la montée en puissance du dispositif des Certificats d’économie d’énergie (CEE), dont l’enveloppe annuelle passera de 6 à 8 milliards d’euros, conformément à un décret publié en octobre 2025 ». Un vocable « économie d’énergie » qu’il convient, comme toujours lorsqu’il tinte comme une mesure écologique, d’entendre comme une justification à une imposition nouvelle. Les CEE, c’est un système basé sur le principe du « fournisseur payeur » qui contraint les fournisseurs d’énergie – en l’occurrence, ici, de carburants fossiles pour véhicules - à financer des actions d'économies d'énergie. Louable et vertueux principe sur le papier, donc. Sauf que les fournisseurs répercutent ensuite les montants sur leurs clients par augmentation mécanique des tarifs à la pompe. 40 millions d’automobilistes précise que « les CEE représentent un surcoût d'environ 11 centimes par litre à la pompe, soit une charge annuelle moyenne de 76 euros par automobiliste. » Or, avec la réforme des CEE prévue en 2026, « cette contribution atteindra 16 à 17 centimes par litre ». Cinq à six centimes de plus par litre de carburant en moyenne, dont l’essentiel sera plus ou moins rapidement répercuté sur le prix à payer par les automobilistes.

Pour le délégué général de 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray, contacté par BV, « on nous dit que c'est de l'écologie, comme toujours. Mais il ne faut pas se leurrer. L'écologie, c'est de la taxe. » Envoyé faire le service après-vente de cette hausse annoncée, le ministre en charge de l’Industrie, Sébastien Martin, a tout d’abord prétexté que les six centimes d’augmentation restent inférieurs, par exemple, aux sept centimes de baisse récente du prix du sans-plomb 95. Le ministre se garde bien d’évoquer l’évolution de ce prix sur les années Hollande puis Macron, durant lesquelles la part des taxes dans le coût des carburants n’a cessé d’augmenter.

De l’éolien à la bagnole, les ravages des éco-punisseurs

Et comme le note le site 01net, si « les taxes "classiques" sur le carburant n’ont pas bougé depuis la crise des gilets jaunes, une mécanique bien plus discrète s’est mise en marche en coulisses » avec le système des CEE. Mais au fait, que va financer cette nouvelle hausse des taxes sur les carburants ? Pour un gouvernement qui refuse de rompre avec une idéologie écologique punitive, les « salauds pollueurs » utilisateurs de voitures thermiques doivent payer la transition vers le tout électrique automobile, comme la facture d’une électricité essentiellement nucléaire doit financer l’éolien. Or, l’automobile électrique se vend peu et la part de l’électrique dans les ventes plafonne à 20-25 %. Pour espérer faire décoller les ventes, le gouvernement table sur un « bonus à l'achat du véhicule électrique » encore plus convaincant, que la hausse des CEE sur les carburants fossiles va donc financer, nous explique Pierre Chasseray. Progressif en fonction des revenus du bénéficiaire, le bonus électrique va passer de 4.200 à 5.700 euros maximum en 2026, et un bonus additionnel de 2.000 euros sera proposé si la batterie du véhicule est de fabrication européenne.

Voilà qui paraît alléchant au premier abord, mais pour Pierre Chasseray, on est en réalité là dans l’incohérence la plus totale, puisque le véhicule électrique ne concerne qu’une minorité « de foyers qui ont déjà au moins un véhicule et qui ont la capacité financière d’en avoir encore un de plus ». En définitive, cela veut dire que l’on impose aux moins aisés « un malus à l'achat de leur véhicule thermique, puis de nouvelles taxes (CEE) », et, conclut-il, tout cela permet de « financer le véhicule électrique que les plus aisés vont s’offrir avec des aides. Alors là, moi, j'en perds mon latin. »

Taxe électrique au kilomètre : il fallait y penser

Mais ce n’est pas tout. « Au Mondial de l’automobile de 2012, c’était le début du grand rêve électrique et on nous vendait un paradis à terme 100 % électrique », se rappelle Pierre Chasseray. « Mais en regardant la fiscalité des carburants de l’époque, je voyais qu’elle rapportait environ 40 milliards d'euros par an, c'est-à-dire la moitié de l'impôt sur le revenu. » Passer au 100 % électrique, « ce serait alors passer au zéro carburant et, donc, au zéro taxe. Un manque à gagner inimaginable », et c’est pourquoi, comme les Suisses et maintenant les Anglais, nous devons nous attendre à la prochaine instauration « d’une taxation de la voiture électrique », prévient Pierre Chasseray. Or, taxer plus fortement l’électricité pénaliserait tous les Français consommateurs d'électricité et pas seulement les automobilistes. L’idée s’avère si impopulaire que le gouvernement Lecornu, après avoir voulu augmenter la part de taxe dans nos factures électriques (voir notre récent entretien avec le spécialiste Fabien Bouglé), envisage maintenant de la baisser en la compensant par une hausse des taxes sur le gaz. Si le gouvernement ne peut donc pas taxer l’automobile électrique via son énergie, il lui faut le faire autrement. « On a vendu des voitures électriques en expliquant aux gens qu’il n’y avait pas de taxes, que ce serait moins cher », rappelle le délégué général de 40 millions d’automobilistes. « Mais on va bientôt les taxer au kilomètre parcouru, en le justifiant par le fait que plus ils roulent, plus il est juste qu’ils payent. » Mais en faisant cela, « on pénalise une fois encore ceux qui ont besoin de rouler le plus, ceux des campagnes. Cette France périphérique largement paupérisée, qui paye aujourd’hui pour les urbains aisés via les CEE sur l’essence et le diesel, et qui paiera demain la taxe au kilomètre sur l’électrique qu’on veut lui imposer contre son gré. »

Le génie fiscal de l’État se déploie une fois encore, et c’est toujours Nicolas qui paie… Nicolas modeste et Nicolas des campagnes en priorité !

Vos commentaires

37 commentaires

  1. La plupart de ces textes ne sont que des prétextes fallacieux. Le désespoir nous envahit, la paupérisation s’accentue, l’économie s’écroule. 700 à 800 milles de défiance d’entrée en perspective, un record, pourtant on nous avait promis le contraire avec la transition écologique telle qu’elle nous est vendue. La question est : en 2027, toutes ces lois scélérates seront-elles abrogées ?

  2. Je me demande comment ils vont pouvoir taxer et quels barèmes les kilométrages des véhicules électriques…
    Quant aux CEE, l’article est confus. Ils ne concernent que les travaux d’isolation thermique des logements :
    Quels sont les objectifs du dispositif CEE ?
    Son objectif ? Contraindre des « obligés », à savoir des fournisseurs d’énergie (électricité, fioul, gaz…) et de carburants automobiles, à favoriser les économies d’énergie notamment en finançant des travaux d’économie d’énergie réalisés par des entreprises ou des particuliers.
    Source EDF.

  3. Des taxes sur les carburants qui serviront à financer les primes pour l’achat de véhicules électriques, que ceux qui n’ont pas beaucoup de moyens sont d’en l’incapacité de se payer !!! !!!

    • Faux !!! Les CEE concernent les travaux d’isolation des bâtiments. Et les chaudières performantes. Depuis le temps que cela existe, vous êtes toujours ignorant de cela ???

  4. Faites confiance à l’Etat pour augmenter les taxes sans faire d’économies. Il nous demande d’équilibrer notre budget alors qu’il est incapable de gérer le sien. Il faut que cesse cette gabegie avant l’effondrement définitif dont nous sommes proches.

  5. Tax, tax, tax,….. tant qu’on sera gouverné par des administratifs issus de l’ENA, ce sera la même chose. Ces types sont incapables de créer de la richesse mais ingénieux pour trouver le moyen de taxer ceux qui en créent.

  6. Même si on retour a l’utilisation du cheval pour ce déplacer , la gauche trouverait le moyen de nous taxer en mettant une taxe sur l’usure des fers ainsi que sur la consommation de l’avoine par ces même chevaux.

  7. Quelques idées de taxes pour aider ce pauvre État en mal de sous. En ex-Union soviétique, une taxe est restée en vigueur entre 1941 et 1992 : l’impôt sur l’absence d’enfant ; les hommes et femmes âgés de 25 à 50 ans devaient payer une taxe représentant 6 % de leur salaire s’ils n’avaient pas une bonne raison de ne pas avoir un gosse.
    Les communistes ont toujours été très forts puisqu’ils ont aussi eu l’impôt sur les barbus (un ressentiment contre Lénine?) ou la taxe sur les baignoires. Quoique, tiens, les baignoires… Récemment… avec la taxe foncière en France… Décidément, la gauche est incorrigible, elle est mariée à l’impôt.
    Mais l’État peut mieux faire. En 2008, sous couvert de santé publique, le Japon a pondu une loi anti-gros, dite « loi Metabo », fixant aux hommes et femmes une taille maximum de tour de taille. Les entreprises qui les employaient étaient passibles de lourdes sanctions financières. Mais on rapporte que le député Hollande et que le sénateur Larcher ne sont absolument pas favorables à ce nouvel impôt…

  8. Appauvrissement dans tous les secteurs : logement, alimentation, transport, santé et j’en passe. Que faisons-nous? Rien. Pour la première fois de ma vie, je ne suis plus jeune, j’adhérerais à une grève générale post-soixante-huitarde, en l’appliquant maintenant quitte à défiler sous la pluie ou sous une température de moins quelque chose. Il faut que nous nous regroupions. Ça suffit !

  9. Une charge en plus pour payer la transition des autos pour bobo écolo.
    Cette gauche nous pompera jusqu’à la moelle.

  10. Nicolas qui paie , mais Nicolas a voté pour ceux qui le font toujours plus payer ! Qu’il paie donc et arrête de chialer !

    • Pour les 22millions de moutons qui ont vote pour Macron c’est un juste retour des choses..mais nous sommes beaucoup plus a ne pas l’avoir fait..alors gardez vos aigreurs pour vous..

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