[MUNICIPALES] Un bilan à froid bien plus encourageant pour le RN et 2027

Dimanche, on pleurait sur Toulon, Marseille, Nîmes. Mais sur la France entière, les signaux sont positifs pour 2027.
© Jordan Florentin
© Jordan Florentin

Dimanche dernier, on pleurait sur les défaites du RN à Toulon et à Marseille. On enrageait avec Gabrielle Cluzel sur le basculement de Nîmes. Mais, dans la perspective de 2027, il faut poser nos loupes et regarder le paysage national dans son ensemble : il est plus qu'encourageant, pour la droite nationale !

Une élection illisible où tout le monde serait vainqueur ?

C'était un peu le sens du bilan du Premier ministre : « Les urnes n’ont sacré personne », estimait Sébastien Lecornu, dans une lettre aux maires. La formule est habile, accréditant l'idée que tout le monde serait plus ou moins vainqueur, ou perdant. Et elle permet, surtout, de masquer l'absence du macronisme comme force politique centrale de ces municipales. Encore une élection enjambée. Gabriel Attal s'est certes réveillé pour claironner : « Nous doublons notre nombre d'élus », « 200 maires adhérents Renaissance ont été élus », mais, comme l'a relevé France Info, « ce chiffre reste pour l'instant invérifiable ». Et soumis à bien des relativisations : 200 sur... 36.000 et, pour les plus importants, élus à la tête de listes d'union avec la droite, comme à Bordeaux. Donc, pas de quoi pavoiser pour le macronisme fin de règne. Surtout si l'on ajoute le dégagisme clairement orienté vers des personnalités compromises avec lui : Bayrou à Pau, Estrosi à Nice. Édouard Philippe est bien seul, dans son port du Havre... Dans le camp des perdants certifiés, il faut, bien sûr, ajouter les écologistes.

Paris, Lyon, Marseille : grandes victoires de gauche ?

Ces municipales se sont parfois résumées, sur les plateaux télé, aux victoires de la gauche à Paris, Lyon, Marseille. Or, comme le rappelle justement Dominique Reynié, ce vendredi, dans Le Figaro, « Paris, Lyon et Marseille ne représentent, ensemble, que 4,5 % du corps électoral, soit le même poids que nos 18.484 communes de moins de 500 habitants ». Or, l'on sait, présidentielle après présidentielle, qui est largement vainqueur, dans ces milliers de petites communes : Marine Le Pen. Dans toutes ces communes de moins de trois mille habitants, où les étiquettes sont souvent absentes, la « percée du RN » soulignée par Jordan Bardella était en fait invisible. Elle n'émergeait que dans les résultats impressionnants du RN dans les villes moyennes. Il suffit d'extrapoler pour avoir une idée de cette vague passée sous les radars, mais qui se traduira inévitablement à la présidentielle et aux législatives de 2027.

Par ailleurs, ces victoires de la gauche dans les trois métropoles font oublier des défaites nettes : Bordeaux, Toulouse, Limoges, Poitiers - tout un grand Sud-Ouest qui lui était historiquement acquis. Mais aussi Clermont ou Brest, d'autres villes à forte tradition de gauche. Pour la gauche, c'est bien un véritable rétrécissement géographique et électoral. En fait, c'est le théorème d'Hidalgo qui se confirme : victoire à Paris ; 1,7 % à la présidentielle qui suit. Ajoutons que, même dans ces métropoles, la droite a de bonnes raisons d'espérer pour la présidentielle : le redressement de la droite à Paris, avec Knafo et Dati, le score honorable d'Aulas, la prise de la Métropole lyonnaise par la droite et la bonne tenue d'Allisio, s'ils n'ont pas permis de l'emporter, montrent que la droite n'y est plus inexistante.

Les « accords de la honte », carburant de l'union des droites au profit du RN

L'expression est de Bruno Retailleau et elle pourrait devenir aussi célèbre et opératoire que les vieux « cordon sanitaire » et autres « barrage ». Et peut-être pas seulement au bénéfice de candidats LR. En effet, l'union perdante PS-LFI au bénéfice de la seconde est certainement le fait majeur de cette élection. Elle ravive la discorde chez l'ennemi. Et elle a puissamment mobilisé les électorats du centre jusqu'au RN, comme on a pu l'observer par exemple à Limoges et à Toulouse. En l'occurrence au profit de candidats de droite modérée. Mais le rejet de LFI fonctionnerait aussi au profit d'un candidat RN pour la présidentielle, que ce soit un Bardella ou une Marine Le Pen plus rassembleurs que jamais. Sachant qu'à la présidentielle, contrairement aux législatives et aux municipales, seuls les deux premiers finalistes peuvent se maintenir : pas de triangulaire à la nîmoise ou à la marseillaise !

De plus, dès le lendemain des législatives de 2024, les enquêtes montraient que l'électorat du centre et de la droite regrettait son vote anti-RN au profit de la gauche LFI. Depuis, la dérive de Mélenchon n'a fait qu'accentuer ce rejet. Mais l'atout Mélenchon fonctionnerait aussi en cas de duel Philippe (ou droite)-RN. C'est ce que note Dominique Reynié : « Il est difficile d’imaginer les électeurs de gauche qui ont voté Piquemal en 2026 soutenir un candidat de la droite ou du centre pour faire barrage au RN en 2027. L’alliance du PS avec LFI en 2026 favorise déjà la victoire du RN en 2027. » Les dynamiques sont nettes : un RN en pleine ascension, un macronisme très essoufflé, une droite sans direction et une gauche divisée dominée par une France insoumise repoussoir. Un alignement des planètes.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

58 commentaires

  1. Ce n’est pas une défaite mais pas non plus le feu d’artifice annoncé pour le RN..
    Après, les sondages on n’ignore pas leur rôle qui est de placer en avant les candidats que l’on souhaite et E Philippe en est le prototype.
    En cela, on imagine, dans les hautes sphères, les français assez zinzins pour voter pour le clone de Macron alors qu’ils détestent ce dernier. Ça prouve le mépris qu’ils ont du peuple.
    J’ose espérer que les français monteront pour une fois indépendance, intelligence et fermeté et qu’ils sauront réagir contre tout ce qu’on leur fait gober de force depuis des lustres…

  2. Toulon, Marseille, Nîmes ; des villes non gagnées à cause de la droite libérale (LR). Il faudra toujours s’en souvenir. Le RN est le seul parti uni… M.Le Pen ou J.Bardella, c’est pareil pour les électeurs. Quoiqu’il arrive, ils seront soutenus… Jusqu’à la victoire du camp des patriotes.

  3. c’est net en effet ; le RN qui progresse , la macronie …et bien on la cherche ; la droite bien dans ses bottes gaucho-centristes ; la gauche déboussolée ; les LFI , idiots utiles de l’islam , fait peur . Dans les grandes villes , agglomérations providence qui fabriquent des assistés et du clientélisme , la crétinerie fait rage.

  4. Restons calmes, je suis certain qu’il y a « dans les cartons » un coup de Jarnac anti-RN qui sortira opportunément peu avant le premier tour, ou entre les deux tours, pour déstabiliser le RN. Une histoire de moeurs, de détournement de fonds ou je ne sais quoi…

    • Comment peut on croire que le RN va nous sauver? Ils se disent ni de gauche, ni de droite. Marine ne s’est jamais vraiment mobile pour les enjeux societaux ( souvenez vous: elle avait a l’epoque Marion qui faisait le travail a sa place). Il ont maintenant un jeune, un Macron 2 quant a la presentation, mais qui a certainement pris beaucoup de cours pour pouvoir s’exprimer en chef d’etat ( d’ailleurs il en a deja le comportement). De plus, ils sont devenus tres orgueuilleux et parfois meprisant. Pour finir, j’en soupconne d’etre franc macon ou disont cela ne m’etonnerai point surtout quand on insiste un peu trop dur les valeurs de la Republique. Bref Non le RN n’a pas plus de capicite pour diriger la France parce qu’il ne sait pas ou il est. C’est sur, a force de racoller partout, on finit par se perdre. Il attire parce qu’il monte. Il descendra aussi tres vite une fois au pouvoir. Ceux qui mettent leur espoir en Jordan Bardella font une grave erreur politique. La question: qui alors? C’est vrai, en face c’est le club des egos. Pauvre France.

  5. Legrand et Cohen n’ont rien à faire à la télévision française ils auraient dû être virés avec l’affaire qui les concerne .En france tout n’est que magouille et c’est toute cette gauche qui manipule tout des syndicats aux hommes politiques et la justice il est urgent de virer toutes cette gauche .

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