[MUNICIPALES] LFI face au risque du plafond de verre
« C’est historique. » C’est par ces mots que la députée LFI – et vice-présidente de l’Assemblée nationale – Clémence Guetté a commencé son message, posté dès 20h01, ce dimanche soir, pour commenter les résultats des municipales. Pour elle, LFI réalise « des résultats impressionnants », au point de constituer « l’événement politique majeur » de la soirée du 15 mars.
La député LFI Clémence Guetté annonce un score "historique" pour LFI à ces élections municipales.
Pour remettre les choses dans leur contexte, LFI n'avait pas participé aux dernières municipales, leur score ne peut donc qu'être beaucoup plus important. pic.twitter.com/1sQMG0FEdp
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) March 15, 2026
Il faut dire que LFI avait l’immense avantage de partir, non pas de loin, mais de quasiment nulle part. En 2020, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon avait fait le choix d’enjamber les élections municipales, ne présentant que 75 listes. Ce qui fait qu’en 2026, LFI ne peut que progresser et, donc, pourra crier victoire le soir du 22 mars.
Le mouvement fortement mobilisé
Mais au-delà de son point de départ, La France insoumise a jeté toutes ses forces dans la bataille des municipales. Le mouvement a présenté des candidatures dans près de 500 communes. Ses têtes d’affiche, Jean-Luc Mélenchon en tête (sans être candidat !), ont mouillé la chemise et animé des réunions publiques aux quatre coins de la France. Ses parlementaires, souvent des personnalités de premier plan du mouvement, ont été nombreux à se présenter : David Guiraux à Roubaix, Sophia Chikirou à Paris, Sébastien Delogu à Marseille, mais aussi François Piquemal à Toulouse ou encore Ugo Bernalicis à Villeneuve-d’Ascq.
On notera que Louis Boyard, lui, a préféré passer son tour après avoir perdu une élection imperdable lors de la municipale partielle de Villeneuve-Saint-Georges de l’an dernier.
Les enjeux pour LFI
Pour LFI, l’enjeu de ces municipales est multiple : s’enraciner durablement dans les communes, devenir une force politique plus uniquement nationale mais aussi locale, former de nouveaux cadres dans les municipalités, partir sur des bases solides pour 2027 ou encore donner au mouvement l’épaisseur qui lui permettra de survivre à Jean-Luc Mélenchon. À 74 ans, l’ancien sénateur socialiste va sans doute sur sa dernière campagne présidentielle et La France insoumise doit encore montrer qu’elle peut passer outre la retraite de son leader charismatique.
Mais alors ce résultat, quel est-il ? Au soir du 15 mars, alors que les résultats définitifs des grandes villes ne sont pas encore connus, Clémence Guetté annonce LFI en mesure de l’emporter « dans des dizaines de communes » et annonce carrément qu’un « nouveau soleil est en train de se lever » sur la France. Rien que ça ! Ce qui est quand même aller un peu vite.
Contre-performances à Paris et Marseille
Déjà, il faut noter les performances assez moyennes de Sophia Chikirou à Paris (14 %) et Sébastien Delogu à Marseille (12 %). Sébastien Delogu, surtout, jouissait d’une très forte notoriété acquise sur les réseaux sociaux et en brandissant le drapeau de la Palestine dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Son score est conforme à ce que lui annonçaient les sondages, mais bien en deçà des ambitions de LFI en début de campagne.
Mais oui, La France insoumise gagnera très probablement des villes : on pense à Roubaix, où David Guiraux devrait probablement l’emporter, après ses 46 % au premier tour. Et à Saint-Denis, remportée dès le premier tour par Bally Bagayoko.
À Roubaix, le candidat LFI David Guiraud est très largement en tête au premier tour avec plus de 46% des voix selon l'AFP (estimation Ifop-Fiducial).
Un score très élevé, mais néanmoins insuffisant pour gagner au premier tour pour le député LFI. pic.twitter.com/znFkoqLtZK— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) March 15, 2026
LFI face au reste de la gauche
Mais si les candidats mélenchonistes ont fait de très bons scores à Lille (où Lahouaria Addouche serait au coude-à-coude avec le maire sortant, à 27,5 %) et Toulouse (27 %), on peine à imaginer comment ils pourraient gagner sans faire alliance avec d’autres forces de gauche.
🔴 Lille : le maire sortant serait au coude-à-coude avec la candidate LFI Lahouaria Addouche selon l'AFP. pic.twitter.com/jwFoRKqbBh
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) March 15, 2026
Et c’est là qu’on touche aux limites de la stratégie mélenchoniste : après des mois, voire des années, à se faire traiter de tous les noms par LFI, le PS va-t-il accepter d’enterrer provisoirement la hache de guerre ?
Bien sûr, cela s’est déjà vu de nombreuses fois, dans le passé – la dernière en 2024, avec la constitution du Nouveau Front populaire. Mais les tensions se sont encore accrues depuis, la violence verbale est montée d’un cran et LFI s’est retrouvée mêlée, à son corps défendant, dans l'affaire du lynchage du jeune Quentin Deranque – rappelons que Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, est en détention provisoire (présumé innocent, certes).
Bref, si elle est seule, La France insoumise risque de se heurter à un plafond de verre.
Alors, les stratèges de LFI, bien conscients de cette situation, sortent les gros sabots éculés de la gauche et appellent à un « front antifasciste ». Vieilles recettes auxquelles plus personne ne croit, mais qui pourraient servir d’excuse au reste de la gauche pour faire une alliance de second tour afin de se partager les places. Nous saurons assez vite si le théâtre antifasciste fonctionnera encore une fois.
Manuel Bompard appelle à "la constitution d'un front antifasciste au second tour" partout où "la droite et l'extrême droite menacent".
Pour rappel, c'est au nom de l'antifascisme que Quentin Deranque a été lynché. pic.twitter.com/7L7FR9Y6TS
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) March 15, 2026
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40 commentaires
Des Français vont voter pour ça, « Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice .
Bien observer ce qui se passe a Roubaix , vous avez la vitrine grandeur nature de ce qui attend les français dans un très très proche avenir , élections ou pas élections , la marche est enclenchée , même LFI ne pourra pas inverser l vapeur
Le stratège de l’Elysée ne peut que se réjouir d’avoir réaliser la partition des Français en deux extrêmes, il a réalisé son rêve au bout de 10 ans.
C’est plié, en 2027, on aura le RN contre LFI et ce sera le chaos !
Quant à la participation, les veaux sont restés chez eux, qu’ils ne viennent pas se plaindre.
Les « lumières » du PS ( faure et flamby ) ont dit ce qui va se passer ! …
1 – « AUCUNE alliance au niveau national avec la LFI ! … Puisqu’ils le disent ce sera le cas caar les « alliances » ne seront au niveau « local » donc pas de leurs volonté de « chef » ! …
2 – la dose supplémentaire de l’infamie : CE n’est pas les dirigeants qui font voter les électeurs, ce sont les électeurs qui décident au second tour pour qui ils votent pour « faire battre le RN … ou la droite … mais surtout le RN ! …
3 – Les électeurs du PS ont « toute latitude » pour choisir de « faire gagner les idées de gauche » ! …
Ils prennent les électeurs pour des abrutis ! …
La Meute s’agite.
Une partie de la droite va rester la plus bête du monde. En se maintenant avec de 10 à 15 % des voix certains et certaines vont permettre l’élection de leurs « ennemis » qu’ils soient de droite ou de gauche. « En même temps » (comme dirait un grand habitué des faux pas), malgré les belles promesses de certains leaders, les magouillages en tous genres sont en train de prendre forme, ici et là. Et finalement beaucoup d’Électeurs auront été menés en bateau et seront victimes de cette minable tambouille.
» Déjà, il faut noter les performances assez moyennes de Sophia Chikirou à Paris (14 %) et Sébastien Delogu à Marseille (12 %). » nous dit l’auteur de cet article. L’auteur se rend-il compte de ce qu’il écrit ? Parler de « performances assez moyennes » relève de l’erreur totale d’analyse. Ce sont des scores « remarquables » si l’on tient compte du niveau (la nullité absolue) des candidats en question.
Ça c’est bien vrai.
Rappelons-nous du vieux dicton : « moins c’est la France, plus LFI à ses chances ! ».
L’article et les commentaires sont comiques.
pas d’acord PS et LFI !!!!!! mais c’est déjà fait et dès le premier tour
sur toutes les listes PS et écolos, il y a des LFIstes
Avec LFI, libanisation garantie. Merci M. Macron c’est votre œuvre pour une large part et celle de l’immigration incontrôlée que vous et les vôtres avez facilitée.