[MUNICIPALES] À Ivry-sur Seine, un jeune candidat RN s’attaque au stalinisme local

Patriote et catholique, Kevin Nader, aux couleurs du RN, ferraille en terres communistes. Gonflé, mais plutôt efficace.
Kevin Nader à la rencontre des Yvryiens. Photo K. Nader.
Kevin Nader à la rencontre des Yvryiens. Photo K. Nader.

Jusqu’à ce dimanche 15 mars 2026, Ivry-sur-Seine n’avait jamais vu l’ombre d’un candidat du Rassemblement national. Et pour cette première historique, la liste du trentenaire Kevin Nader a obtenu 1.654 voix, soit 11,4% des suffrages exprimés, une performance étonnante qui lui vaut une qualification pour le second tour.


La liste RN est arrivée en quatrième position, derrière la liste communiste du maire sortant Philippe Bouyssou (6.828 voix, 45,58 %), la liste du Parti socialiste et de Place publique, emmenée par Laurent Monfret (2.646 voix, 17,66%), et celle de Bertrand Simonin-Lacroix, Les Républicains et divers droite et centre (2.098 voix, 14,01%). Loin derrière, quatre listes d’extrême-gauche ont obtenu entre 2 et 3,6% des voix.

En 2020, la liste LR-divers droite de Sébastien Bouillaud avait recueilli 1.569 voix (13,7%), et une liste centriste (La République en marche), avec à sa tête Rachida Kaaout, avait obtenu 1.400 voix (12,22%). Il est donc intéressant de constater que l’arrivée d’une candidature RN dans la ville a permis de faire passer en six ans le total droite + centre de 2.969 à 3.752 voix.

Un bastion communiste centenaire

Ivry-sur-Seine, dirigé sans discontinuer par le PCF depuis plus d’un siècle, reste et restera le 22 mars prochain un bastion communiste. Mais à moyen terme, le communisme municipal pourrait s’avérer friable. Plus au nord, en Seine-Saint-Denis, la part d’étrangers dans la population, qui a atteint 31%, a été fatale à la plupart des élus PCF et PS, LFI raflant la mise avec des taux de participation très faibles. En Val-de-Marne, même si le taux d’étrangers est de 23%, il reste une population ivryenne de vielle souche. Le maire d’Ivry-sur-Seine a pourtant tenté de communiquer sur son « sens de l’accueil » des étrangers dans sa ville en ajoutant à sa liste huit conseillers étrangers « associés ». Une initiative n’ayant évidemment aucune portée légale, et jugée démagogique, y compris chez les socialistes, pourtant favorables à la mise en place d’un droit de vote des étrangers au niveau local.

Dans ce contexte, comme le montrent les résultats du premier tour, même si le défi semble immense (Ivry-sur-Seine est une véritable « terre de mission »), il y a de la place pour une candidature patriote. Celle de Kevin Nader n’a rencontré le RN que dans un second temps, comme il l’explique à BV : « La première semaine de notre emménagement dans la ville, nous avons vu des gens se battre à la machette en bas de chez nous. J'ai essayé de comprendre ce qui se passait dans cette ville, que je ne savais pas gérée par des communistes ». Ce qu’il découvre l’effraie : « c'était vraiment désastreux. Des collectifs de citoyens s'étaient réunis pour alerter le maire sur l'état de la ville », en vain, puisque « le maire et ses adjoints étaient complètement sourds aux inquiétudes de la population ». Au premier rang des préoccupations des habitants, figure l’insécurité. « Les élus communistes étaient complètement insensibles aux souffrances des gens. Ils n'écoutaient rien, et continuaient à n’agir qu’en fonction de leur seule idéologie. J'ai par exemple découvert qu'alors que sévissait l’insécurité, il n'y a même pas de police municipale ».

Courage, culot et détermination

Pour ce jeune patriote catholique, profondément croyant, il fallait faire quelque chose pour aider une population en souffrance. « J'ai décidé de prendre les choses en mains moi-même, et me suis dit que la meilleure chose à faire, c'était de faire une campagne municipale », explique Kevin Nader, qui, à l’époque n’était pas encarté au RN, et pensait monter « une liste citoyenne ». Mais en 2024, la dissolution de l’Assemblée nationale lui offre l’opportunité de devenir conseiller juridique d’un élu RN, et il choisit alors de s’engager sous ces couleurs à Ivry-sur-Seine. Un choix pour le moins audacieux, le logo à la flamme étant l’épouvantail par excellence dans une ville se partageant entre un l’hôtel de ville tenu par des staliniens pur jus, et une rue grouillant d’antifas issus de groupuscules trotskystes.

Mais, loin d’être inconscient de l’extrême hostilité de cet environnement, Kevin Nader est déterminé. Au soir du 15 mars, apprenant sa qualification pour le second tour, il harangue ses soutiens sur son compte X : « Je n'ai peur de rien, surtout pas des menaces, des intimidations et des pressions venant de la part de voyous qui font honte à l'écharpe tricolore. Ce dimanche 22 mars, faisons crier les urnes jusqu'à rendre sourds ces tyrans illégitimes ».

Depuis qu’il a rendu publique, au printemps 2025, son intention de se présenter, il étonne les Ivryens par son courage, voire son culot. Et il en fallait pour organiser une réunion publique dans une telle ambiance, en outre en face de l’espace Robespierre. Cela ne s’invente pas. Pour BV, il se remémore cette soirée irréelle du 5 novembre dernier : « pour cette première, nous avions réussi à nous retrouver à une grosse trentaine, mais en face, il y 240 antifas, ainsi que le maire et ses adjoints », hurlant derrière une banderole « Ivry antifa ». Ambiance. « J'ai dû être exfiltré par la sécurité du RN, et la police a dû assurer ma protection ». Mais ce coup de folie s’est avéré gagnant, lui permettant de lancer véritablement sa campagne.

Les réticences de LR

Reste la question des relations avec les LR et centristes, déjà implantés localement. « En novembre dernier, j’avais invité à dîner Sébastien Bouillaud [alors encore chef de file des LR à Ivry-sur-Seine], pour voir avec lui ce que nous pouvions faire ensemble », se rappelle Kevin Nader, « j’étais ouvert, mais ma démarche a essuyé un refus ». Depuis, les relations avec Bertrand Simonin-Lacroix, nouveau responsable LR et candidat aux municipales, semblent meilleures, mais sans que la position des Républicains n’évolue pour autant. Ce dernier, joint par BV, même s’il s’empresse de dire « ne pas vouloir franchir le rubicon », ni se rapprocher de formations situées « en-dehors de l’arc républicain », admet toutefois des points de convergences sur les essentiels des programmes respectifs de LR et du RN. Mais pour lui, « Ivry-sur-Seine, ville communiste à la culture de gauche profondément ancrée, n'est pas du tout prête à assumer l’émergence du RN ». Quid, alors, des propositions communes ? « Au sein du conseil municipal où nous siègeront tous, nous aurons le devoir de traiter ces problématiques. Ensuite, les appareils politiques s'organiseront ».

En attendant, à Ivry-sur-Seine, comme ailleurs, les considérations d’appareils restent des obstacles à un rapprochement des droites, même si les réalités du terrain le réclament, et ici avec urgence.

Vos commentaires

7 commentaires

  1. Le caractère d’un candidat se mesure à l’aune du défit électoral dans lequel il se lance. En menant une liste RN dans une forteresse communiste qui tient depuis plus de cent ans et en la qualifiant pour le second tour, Kevin Nader a montré un sacré cran! Un grand coup de chapeau à lui et bon courage pour la suite!

  2. il y a encore des communistes en France ??ils ont vraiment la mémoire courte quand ils sont contre le RN,j’ai en mémoire leur ententes avec les Nazis ,leurs crimes envers des milliers de personnes comme les fosses de Katyn ,et bien d’autres les millions de morts de famine en Ukraine ;et autres

    • shanon seban l’une des pires nymphes de cette macronie ! …
      Pour ce qui est du « combat ANTI stalinisme » du jeune homme, il va falloir qu’il fasse les marchés du secteur pour qu’il prenne enfin conscience que ce n’est pas « le principal péril » de la région parisienne ! …
      Qu’il aille faire « le point » à St DENIS s’il a encore des doutes ! …

    • Je ne suis pas d’accord, on voit souvent Shannon Seban sur Cnews je trouve qu’elle est toujours cohérente. Elle a le droit d’être macroniste puis de changer de crémerie pour LR, elle n’a jamais été dans le mépris. Et puis dimanche soir elle a déjà affirmé qu’elle ne mettait plus sur un même plan LFI et le RN. À 29 ans elle peut un jour prôner l’union des droites.

      • @Gaut

        L’évolution politique de Shannon Seban va dans la bonne direction. Pourquoi effectivement ne pas lui laisser le temps de poursuivre son évolution…

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