Montargis : trois ans après les émeutes, le procès de l’incendiaire de la pharmacie reporté

Mineur au moment des faits, il avait reconnu avoir mis le feu à l'officine, qui s'était effondrée dans la nuit.
Capture d'écran France 3.
Capture d'écran France 3.

Mardi 31 mars devait être jugé l’émeutier soupçonné d’avoir incendié la pharmacie Mirabeau de Montargis, dans la nuit du 29 au 30 juin 2023. Ce soir-là, comme dans de nombreuses villes en France, la sous-préfecture du Loiret avait été en proie aux violences qui ont embrasé le pays après la mort de Nahel Merzouk.

Le procès renvoyé en septembre

Mais plus de trois ans après les faits, il faudra encore patienter jusqu’à la fin de l’été pour que le prévenu comparaisse devant le tribunal pour enfants de Montargis. Son avocat a en effet obtenu un renvoi de la part du juge, a informé, le même jour, La République du Centre.

Le Montargois, à l’époque âgé de 17 ans, est accusé d’avoir volontairement mis le feu à l’officine, un ancien bâtiment de la ville qui s’était effondré lors de cette nuit de chaos où une centaine de commerces avait été pillés. Le pharmacien, qui logeait habituellement à l’étage lorsqu’il était de garde, ne s’y trouvait pas ce soir-là et avait échappé, par chance, aux flammes.

Quel sort sera réservé à ce jeune qui avait contribué à traumatiser les habitants de la ville mise à sac par les émeutiers ? La réponse judiciaire est désormais attendue le 29 septembre, nouvelle date à laquelle il comparaîtra, après avoir effectué deux ans en détention provisoire avant d'être remis en liberté en juin 2025, sous contrôle judiciaire.

D’ici là, les Montargois meurtris par la violence connue trois ans auparavant en seront réduits aux hypothèses. Les précédentes condamnations sauront peut-être servir d’indicateur, car le procès de l’incendiaire de la pharmacie Mirabeau ne fait que s’ajouter à la longue litanie des procédures engagées après cette nuit qui avait vu défiler près de 300 individus cagoulés dans les rues de cette ville tranquille de 14.000 habitants.

Des peines longues mais beaucoup de sursis

Dans les jours qui ont suivi les émeutes, plusieurs comparutions immédiates ont, en effet, apporté une première réponse judiciaire. Le 5 juillet 2023, cinq individus âgés de 19 à 23 ans ont été condamnés par le tribunal de Montargis pour des vols aggravés et des violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, pour un préjudice estimé à 14.000 euros, relatait France 3 Régions. L’un a écopé de 18 mois de prison ferme, trois autres de 12 mois dont 6 avec sursis, tandis qu’une femme a été condamnée à 140 heures de travaux d’intérêt général.

Quelques mois plus tard, le 9 décembre 2023, sept jeunes âgés de 18 à 22 ans comparaissaient pour avoir attisé un incendie, lancé des projectiles contre les forces de l’ordre et diffusé des images de leurs actes sur les réseaux sociaux. Les peines prononcées ont été d’un à deux ans d’emprisonnement, en deçà des réquisitions du procureur, qui avait demandé de 18 mois à 4 ans. Cinq prévenus ont écopé de peines fermes, dont une aménagée à domicile, tandis qu’un autre a été relaxé. Six d’entre eux avaient déjà des mentions à leur casier judiciaire, et l’un se trouvait sous contrôle judiciaire au moment des faits.

Le 13 novembre 2024, un homme de 23 ans a été condamné à 30 mois de prison avec sursis pour des violences commises sur quatre policiers ainsi que pour des faits de vols et de dégradations.

Des peines somme toute importantes, mais trop souvent assorties d’un sursis dont on peut craindre qu’il ne mettra pas les délinquants face à leurs responsabilités.

Quelle que soit la peine qui sera finalement prononcée dans l’affaire de la pharmacie Mirabeau, les habitants de Montargis n’ont pas attendu l’issue judiciaire pour tourner la page. Dans les urnes, d’abord, en exprimant leur attente de sécurité : le 22 mars dernier, ils ont élu à la tête de la commune Côme Dunis, candidat du Rassemblement national. Que la Justice suive ou non, une majorité de Montargois a décidé d’en finir avec l’ensauvagement.

Vos commentaires

20 commentaires

  1. La notion d’exemple devrait s’ imposer en pareil cas . Visiblement depuis 2005, les autorité, politiques et judiciaires persistent dans l’erreur et les émeutes qui ont suivi dans le temps, sont là pour en témoigner
    Quelle valeur a l’ état de droit que la raison ne comprend pas ?
    Il faut de la prison ferme , et des peines dissuasives . Sinon , on met la société en danger à terme et on ne peut se prétendre responsable .
    Mais il est vrai qu’il faut construire des prisons qui ne peuvent l’être ,si on continue à accueillir 500000 immigrés, migrants et « mineurs » isolés ,sur notre sol, chaque années . C’est un « luxe  » que l’on ne peut s’offrir, si on veut en même temps une vraie politique pénitentiaire .
    C’est le serpent qui se mord la queue ou le cercle vicieux .

  2. Explications plausibles: l’exaspérante attente de jugement, si on ne portait pas plainte pour n’importe quoi de nos jours, la Justice en serait quelque peu soulagée; ensuite, sursis assortis aux peines de prison dénoncent le manque de place, nos magistrats font de la « justice hôtelière », en quelque sorte!

    • Oui, parce qu’elle se fait toujours au détriment de l’autre partie qui est demandeuse de justice . Les victimes attendent que les juges , en dehors même des indemnités , répondent en regard des attentes de la société .
      L’avis des victimes n’est pas pris en compte dans les tribunaux, les juges déterminent le préjudice dont le prévenu a à répondre devant la société . Après c’est de la tambouille entre avocat de la défense, procureur , où l’intérêt de mettre en prison ou pas ou de faire payer ou pas s’impose , sans parler de la réinsertion de l’individu . La victime , elle , peut attendre , longtemps visiblement ,parce que c’est de l’entre soi judiciaire où il n’est pas invité à s’exprimer mais sur lequel il devrait au moins avoir toute autorité d’émettre son avis de citoyen !
      Le procureur général représente le parquet . Un parquet qui se dit indépendant , mais qui colle totalement avec les desiderata du garde des sceaux, c’est de l’hypocrisie . Ce n’est pas de l’indépendance c’est de la complicité .

  3. Pour info cnews rappel opportunement .
    Que pour mêmes émeutes, la maire de Villeneuve le roi 94 avait été saccagée et incendiée .
    Les auteurs mineurs déjà connus de la justice , avait été condamnée. Mais relaxés en appel.
    A parier que les auteurs responsables du saccage de la mairie de Fresne vont être certaiment relaxés

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