Mélenchon, prophète bonhomme du voile et du concept d’islamophobie

Devant la commission d'enquête parlementaire sur l'entrisme islamiste, un Mélenchon patelin a noyé le poisson.
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Pas de surprise. Mélenchon, ce samedi 6 décembre, devant la commission d'enquête parlementaire sur l'entrisme islamiste, a fait du Mélenchon. Son aisance oratoire, son propos policé et souvent drôle de professeur d'histoire de la Troisième République auront certainement séduit à gauche, au-delà de sa secte, faisant oublier aux plus naïfs la réalité du personnage, pourtant mise en lumière dans le livre de Rodolphe Cart. Et c'est certainement cet opportunisme qui l'a poussé à finalement accepter la convocation à cette commission, qu'il avait d'abord refusée. Bien vu, au moment où la baudruche Glucksmann a fait pschitt sous les piques de Zemmour et où la cote de Mélenchon remonte précisément de dix points au sein des électeurs de gauche, selon un sondage Elabe pour Les Échos, publié vendredi. Le leader insoumis avait intérêt à être le plus aimable possible et à ratisser large, ce qu'il sait aussi très bien faire. Ses potentiels concurrents à la présidentielle, s'il accédait au second tour, devraient étudier la séquence. De ces presque deux heures de « mélenchogorrhée », on retiendra deux moments cultes de son islamophilie électoraliste. Et sur des sujets majeurs. Et deux sujets où, comme par hasard, Mélenchon a changé d'avis, au fur et à mesure que grossissait son nouvel électorat...

Le voile ? Après la mère de Juppé, la mère et la grand-mère de Mélenchon...

C'est Matthieu Bloch, le rapporteur de la commission (UDR, le parti d'Éric Ciotti), qui a posé la question qui fâche sur le voile, et sur le voile des mineures. L'occasion, pour Mélenchon, de faire un grand numéro. « Bien sûr, il y a des gens qui [le] mettent sur la tête comme un signal religieux. À nous de faire preuve à ce moment-là de discernement. C’est l’État qui est laïque en France, ce n’est pas la rue, et les adultes s’habillent comme ils l’entendent », a-t-il déclaré. Et puis, autrefois, c'est bien connu, « tout le monde allait avec un foulard sur la tête, ma mère, ma grand-mère, ma sœur. Voilà que maintenant les musulmans en portent... Il y a bien des gens qui portent des croix très visibles... » L'amalgame habituel qui ravit les autruches. Quant à la question des enfants, nouveau noyage de poisson : « Et la circoncision, on fait comment ? », balance-t-il, goguenard.

« Islamophobie, ça parle bien »

Sur l'islamophobie, Mélenchon estime le mot « bien adapté » : « Islamophobie, ça parle bien. » Et en plus, il a la caution de l'ONU et de sa Journée mondiale contre l'islamophobie. Donc, tout va bien. On pourra continuer à accrocher des cibles sur les mal-pensants. Et le concept d'islamophobie est indispensable à l'insoumis pour s'asseoir sur les statistiques montrant que les actes antisémites et antichrétiens sont bien plus nombreux que les actes antimusulmans. Pour lui, « les catholiques ne font pas l'objet de persécutions ni de discriminations, contrairement aux musulmans ».

Oui, Mélenchon aura ratissé très large, durant cette audition, allant même jusqu'à présenter ses excuses pour ceux qu'il aurait autrefois blessés par son « anticléricalisme grossier ». Sans oublier d'accuser le RN en préambule : « Si vous voulez interroger des gens qui ont des liens avec les terroristes, interrogez les membres du Rassemblement national. » Tout en se corrigeant : « Je n'accuse pas le Rassemblement national. Je fais preuve de mesure. » Comme un avant-goût de 2027.

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

116 commentaires

  1. Ah le grand moment ! Un Mélanchon professeur, débitant sereinement ses mensonges, un pauvre jeune homme qui avait peur de sa voix, et un Wauquiez qui avait préféré éviter la confrontation. Cette commission n’était qu’un leurre. Tellement insupportable, que je suis allée lire.

  2. Comment peut-on écouter des absurdités pareil pour ma part un bon orateur oui, mais qui peut-être dangereux pour l’avenir du Pays.

  3. Egal à lui même. Malhonnête intellectuellement et dangereux pour notre pays. Ne vous laissez pas prendre à son hypocrisie et à sa fausseté.

  4. Jean-Luc Mélenchon me fait souvent penser à un autre “très content de lui”, qui s’appelait Georges Frêche. Les Montpelliérains, même ceux de la bourgeoisie, trouvaient en Georges un homme cultivé et admirable. Mais lorsqu’on observait vraiment le personnage, on découvrait que ses manières étaient autoritaires, vulgaires, sans parler de ses propos régulièrement choquants et de son attitude avec les femmes. Il est exact qu’il avait une culture juridique étendue, ce qui n’est pas étonnant pour un prof de droit, pour le reste on voyait que ses parents n’avaient pas réussi à lui inculquer la plus élémentaire civilité.
    Il a eu l’idée de décéder à 72 ans, contrairement à Mélenchon (74 ans) qui grâce à ses discours, brillants peut-être, mais qui ondulent largement selon les circonstances, menace encore d’accéder au pouvoir et d’accélérer, encore plus que Macron, la décadence de notre nation.

  5. Dire, comme il l’a fait, que « nous ne confondons pas islamisme et terrorisme » signifie qu’il ne condamne pas l’islamisme…Si la Commission avait été bien pensée il fallait immédiatement lui demander comment il définit « islamisme » et comment il définit « extrême droite ». Aux USA les députés ne se croient pas omniscients et préparent les auditions en commission avec des philosophes, des politistes et des dialecticiens. Et les résultats sont bien plus clairs.

  6. A Schmitt. Vous préférez certainement que je dise que Reconquête est un parti qui a trahi ses électeurs en faisant » copain copain » avec la droite molle (Darmanin-Philippe-Waukiez-Lisnardetc. ) et tout ça parce qu’ils sont comme lui des libéraux mondialistes et surtout des européistes Bruxellois!

  7. J’ai trouvé cette commission bien timorée face à jean-luc, un petit entre-soit de copains en pamoison devant le lider minimo, aucune question dérangeante, la commission n’a pas prit la peine d’emmener le livre « la république c’est lui » , documenté, présentant nombres de preuves contre melenchon. A quoi a servit cette commission, sinonà faire la propagande de melenchon et démontrer que nombre de partis sont soumis à lfi…Très inquiétant

  8. Les gens de la commission d’enquête se sont ridiculisés , a croire des gamins . Ils prennent les français pour des abrutis. Mélenchon était le plus fort , malgré que je ne le supporte pas

  9. À part Prica Thevenot qui a posé une bonne question, les autres députés étaient au spectacle d’un melenchon qui les a enfumé.
    On pourrait presque dire bravo l’artiste et honte aux spectateurs complices.

  10. Le tribun Mélenchon a largement dominé ses interlocuteurs, il est vrai aidé par trois députés LFI sur cinq intervenants…
    Il a appliqué parfaitement la méthode du débat trotskiste ; 1, faire la salle (3 députés sur 5) 2 accaparer la prise de parole. Ainsi il avait 10 minutes pour son propos liminaire, et il a parlé 25 minutes.
    À aucun moment, le président de séance ne lui a rappelé d’être concis.

  11. J’ai trouvé les gens de la commission bien conciliants avec lui, pour ne pas dire complices en le laissant dérouler son discours habituel

  12. Il se la joue facile le mélanchon devant une « commission » de membres pas à la hauteur quand ils ne sont pas à la botte du personnage. Les liens avec l’ennemi n’étaient pas difficiles à établir avec une « commission » de gens capables. Notons la capacité de la gauche à s’infiltrer dans tous les « bons coups ».
    Tout est fait pour que l’impunité continue.

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