Marseille : un mouton égorgé dans un parc public, Benoît Payan reste coi

« Cet acte de barbarie est symptomatique de ce que connaît Marseille depuis que Benoît Payan en est le maire »...
©Clara Lafuente, Ville de Marseille/Wikimédia
©Clara Lafuente, Ville de Marseille/Wikimédia

Marseille, quartier du Canet, XIVe arrondissement. Sous un soleil de plomb, le dimanche 24 août, trois hommes d’une trentaine d’années, d’origine comorienne, préparent une grillade dans un parc public. Ils se moquent bien que « pour des raisons de sécurité, les barbecues sont interdits dans les parcs et jardins marseillais », comme indiqué sur le site de la ville, mais ce n’est pas le pire…

Comme le rapporte La Provence, le 6 septembre, pour garnir leur barbecue, les trois hommes ne sont pas arrivés avec, dans un panier, des denrées emballées dans un papier de boucher ou dans une barquette de supermarché : ils ont apporté un... mouton ! Un mouton qu’ils ont égorgé sur place avant de le dépecer, de le vider et de le débiter, sur un carton posé au sol. Le tout sous le regard effaré des enfants et des parents qui étaient présents ce jour-là au parc de l’Espérance.

Alertée par des riverains, la police municipale s'est rapidement rendue sur place pour mettre un terme à la boucherie. Les agents de la brigade Nord ont ensuite procédé à l’interpellation des trois individus. La viande a été saisie et détruite.

Tête coupée

La scène était surréaliste. Elle n’a pas manqué de faire réagir la SPA, qui a déposé plainte. Contactées par BV pour obtenir de plus amples réactions sur cet abattage hors du commun, la Société protectrice des animaux, comme l'association L214, n’ont cependant pas répondu à nos sollicitations.

Les personnalités politiques marseillaises situées à la droite de l’échiquier ont-elles été plus prolixes ? Franck Allisio, candidat RN à la mairie de Marseille, a publié une vidéo, sur X, dans laquelle il condamne les faits depuis le parc de l’Espérance. Il pointe du doigt « le Marseille que nous laissent Benoît Payan et Martine Vassal après 25 ans d’aveuglement » et promet de « reciviliser Marseille », s’il est élu au printemps prochain.

Même son de cloche du côté du sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier (ex-Reconquête). Ce dernier ne s’en prend toutefois pas aux élus actuels mais à l’immigration, qui « tourne à la tiers-mondisation », avec également les prochaines échéances électorales en ligne de mire : « Mars 2026 : Le sursaut ou le chaos ! »

Enfin, un cadre de la délégation LR du 13, interrogé par BV, pousse la critique encore plus loin : « Cet acte de barbarie est symptomatique de ce que connaît Marseille depuis que Benoît Payan en est le maire. Avec ses positions ambiguës, son laxisme, il a ouvert grande la porte aux communautaristes. D’ailleurs, il n’a même pas pris la peine de s’exprimer publiquement sur ce triste fait, pourtant survenu sous les yeux des familles. » Il ajoute : « En cinq ans, il a fracturé Marseille en encourageant le séparatisme. »

Bouche cousue

Aucune réaction, en effet, de la part de l’édile. Contactée par BV, la mairie de Marseille n’a pas répondu à nos questions. Ni Benoît Payan, ni son adjointe EELV chargée de l’animal dans la ville, Christine Juste, n’ont commenté ou dénoncé les faits. Étrange, voire incompréhensible, pour une municipalité qui a, par le passé, pris des positions très tranchées sur le sujet. Pour rappel, depuis 2022, les cirques avec animaux sont interdits dans la cité phocéenne car, selon le maire, ils sont auteurs de maltraitance.

Il faut croire qu’à quelques mois des municipales, la mairie ne souhaite pas prendre le risque de froisser l’électorat communautaire pour un mouton égorgé. Sur l’autel du vivre ensemble et de l’électoralisme, l'ovin est sacrifié ; la salubrité et la quiétude des espaces publics marseillais aussi.

Suite à la parution de notre article, la SPA a repris contact avec nous et a tenu à réagir à l'exécution de ce mouton en place publique :

« Nous condamnons cet acte horrible et nous espérons que la justice sera à la hauteur !! La SPA ce n’est pas uniquement des chiens et des chats ce sont tous les animaux que nous protégeons et sauvons. Lors de la dernière fête de l’aïd, nous avons récupéré en collaboration avec la police municipale un mouton enfermé dans un garage dans un sous-sol d’immeuble depuis plusieurs jours. Malheureusement ce pauvre mouton n’aura pas eu la chance d’être sauvé. » La SPA ajoute : « Tant que la justice ne condamnera pas les tortionnaires d’animaux tout cela continuera… Nous espérons réellement une peine de prison pour cet homme afin de sensibiliser la population. »

La position de l’association est on ne peut plus claire. Benoît Payan pourrait en prendre de la graine…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 11/09/2025 à 15:17.

Vos commentaires

61 commentaires

  1. Lors de son premier mandat Macron accompagné de Brigitte, avait reçu, écouté et fait des promesses à Brigitte Bardot l’égérie de la cause animale….. Depuis rien ! Comme dans tous les domaines…

  2. En fin de compte c’est « une chance pour la France », Marseille est détruit, défiguré, les Marseillais n’ont que ce qu’ils méritent, il faut apprendre a voter

  3. Il doit y avoir un troupeau quelque part dans la région où un ovin manque à l’appel.
    Je doute fort que ce malheureux mouton ait été acheté.
    Une pensée pour ce berger ou cet agriculteur victime de cet acte odieux.

  4. Depuis que Benoît Payan en a été nommé maire la ville de Marseille qui était déjà bien difficile à vivre est devenue un enfer. Vous pouvez marcher dans le centre-ville pendant plus d’une heure sans voir un seul policier (récemment, depuis deux mois environ, avec l’approche des élections, cela s’est un peu amélioré, il arrive qu’on en croise un ou deux qui papotent). Une moto sur deux possède un échappement bricolé pour faire le plus de bruit possible, les scooters roulent dans les rues piétonnes en toute impunité, les feux rouges, les sens interdits, les stops, les téléphones au volant… Plus rien n’est respecté puisque de toute manière il n’y a plus de policiers. En effet ceux-ci ont baissé les bras : puisqu’on ne leur demande rien, eh bien ils ne font rien… Pire, certains vous confient qu’on leur demande de ne pas réagir… Et certains en semblent assez satisfaits… A Marseille vous pouvez vous balader sur une moto en échappement libre en pleine nuit dans l’hypercentre et personne ne vous dira rien, personne n’appellera la police et, de toute manière celle-ci ne réagirait pas. Tant qu’il n’y a pas un blessé grave la police ne se déplace plus.

  5. Quant on sait ce que dit Macron de Marseille devant laquelle il est en extase, ça donne une idée de ce qu’il a envie de faire avec la France entière, il n’est pas prêt de démissionner.

  6. Payan est l’archétype de l’élu actuel : seule conviction « prêt à tout pour être élu, .. et réélu » pourquoi, c’est une autre question : pour la paye ? pour satisfaire ce sentiment de puissance que peut donner le pouvoir à des êtres dépourvus de charisme ? autre chose ?

  7. Bien qu’interdites aujourd’hui ces pratiques d’abattage ont toujours existé, elles étaient et sont encore fréquentes dans bien des endroits de France. Mes parents faisaient tuer le cochon chaque année, c’était une fête, où les voisins étaient conviés. L’animal était égorgé après étourdissement et débité sur place par un véritable boucher dans des conditions d’hygiène appropriées. Aujourd’hui c’est l’endroit et la manière qui choquent ? Portant là encore ces abattages rituels ou sauvages ont cours sur notre sol depuis longtemps. Jeune couple dans les années 80 habitant un HLM, mes voisins musulmans du dessus égorgeaient déjà le mouton dans l’appartement et étendaient la peau sur la pelouse d’en face. Quelques années plus tard, dans une boulangerie parisienne, j’ai vu un mouton tout juste égorgé au sein du fournil, cuire dans le four, mais surtout les entrailles stockées dans la cuve du pétrin, dans celle-là même où quelques instants plus tard tournerait la pâte à pain. Les écologistes ne dénonceront jamais ces pratiques de certains de leurs électeurs ? Ils vous répondront : « C’est leurs coutumes, ils ne savaient pas où ils avaient faim, et pourquoi pas dans un parc, eux ne sont pas nantis ou encore de ces profiteurs de « boomers » possédant un pavillon pour pouvoir le faire.

  8. Terribles barbares qui ne respectent pas les normes et n’avaient pas de « barquettes de supermarché » mais un grand carton. Les enfants ont été horrifiés. Les gens civilisés conduisent les moutons à l’abattoir dans une bétaillère ou sont vegans.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois