Marion Maréchal, le Menhir au féminin qui rassemble le camp patriote

Présence remarquée de Jordan Bardella à la soirée de lancement du nouveau livre de l'eurodéputée IDL.
Marion Maréchal, le 27 janvier à Paris @Anh Thai
Marion Maréchal, le 27 janvier à Paris @Anh Thai

Pour un responsable politique, le lancement d’un livre est souvent l’occasion d’une démonstration de force. Marion Maréchal prouve, avec Si tu te sens Le Pen (Fayard), dont la soirée de lancement avait lieu ce mardi 27 janvier, que le rassemblement de la droite n’est pas un vain mot. En effet, rarement soirée n’avait réuni autant de personnalités de la droite patriote. Au Plaza Athénée, dans le très chic hôtel de l’avenue Montaigne à Paris, Marion Maréchal a le sourire des grands jours.

Comment pourrait-il en être autrement, alors que sont rassemblées ce soir-là de nombreuses figures du camp national ? La délégation de ses députés à l’Assemblée nationale et au Parlement européen est évidemment au complet. Guillaume Peltier, Nicolas Bay, Eddy Casterman, Thibaut Monnier, pour ne citer qu’eux, se tiennent aux côtés de la présidente de leur parti Identité-Libertés. Éric Ciotti, le nouvel homme fort de l’alliance UDR-RN, a tenu à ne pas manquer le rendez-vous. On aperçoit aussi le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, la députée (NI) villiériste de Vendée Véronique Besse ou encore le sénateur Stéphane Ravier. La délégation du Rassemblement national est présente en masse. On croise, par exemple, le vice-président de l’Assemblée nationale, Sébastien Chenu, le fidèle député Hervé de Lépinau, qui fut suppléant de la nièce de Marine Le Pen dans le Vaucluse de 2012 à 2017, les eurodéputés Thierry Mariani, candidat à Paris, Julien Sanchez et Jean-Lin Lacapelle.

Réchauffement politique

Mais la sensation de l’événement est sans aucun doute la présence remarquée de Jordan Bardella. Alors que, jusqu’ici, les relations entre la petite-fille de Jean-Marie Le Pen et le président du RN étaient minimales, pour ne pas dire froides, ce dernier semble envoyer un message de réconciliation. Est-ce la montée de la popularité de Sarah Knafo qui guide ce rapprochement ? Une probabilité qui n’enlève rien au phénomène politique. Au-delà des mots, Marion Maréchal rassemble la droite nationale autour de son nom. Même sa tante, absente, n’a pas manqué d’envoyer sur les réseaux un message de soutien « pour la naissance de cet ouvrage sincère et sensible ». Seul Reconquête manquait à l’appel. Le divorce reste douloureux avec la formation d’Éric Zemmour depuis leur séparation à l’été 2024. Celui-ci n’a pas manqué de qualifier d’« opportuniste » son ancienne alliée, il y a trois jours, sur BFM. « Malgré ce qui a pu me séparer d'Éric Zemmour, je plaide pour que, demain, Reconquête fasse partie d'une grande coalition », lui a répondu, ce mercredi 28 janvier, Marion Maréchal, au micro de Sonia Mabrouk.

L'héritage de Jean-Marie Le Pen

« Mon livre n’est pas un programme, mais davantage une vision », explique l’eurodéputée devant ses convives, évoquant « un combat civilisationnel ». Un ouvrage est toujours, selon ses mots, « une forme de message politique, métapolitique ». Ici se trouve la nouvelle Marion Maréchal qui assume un nouveau rôle qu’elle compte tenir : celui d’éveilleur de conscience. À la suite de son grand-père, « je revendique fièrement être dans la continuité de l'héritage de Jean-Marie Le Pen », glissait-elle, ce mercredi matin, sur le plateau de CNews. La présidente d’Identité-Libertés veut sonner le tocsin.

Dans un livre très personnel, que publient les Éditions Fayard ce 28 janvier, Marion Maréchal revient sur la place que tient, dans sa vocation politique, celui qui avait pour surnom « le Menhir ». Si tu te sens Le Pen est la sentence qui conclut la lettre publiée dans l’ouvrage, in extenso, que le fondateur du Front national écrivait, en 2012, à sa petite-fille pour la convaincre de se présenter à la députation. Au fil des pages apparaît le parcours de l’ancienne députée, avec ses aléas et ses vicissitudes. De ses premiers pas au palais Bourbon en 2012 à sa rupture avec Reconquête en passant par la Manif pour tous et la création de l’Institut de sciences sociales, économiques et politiques (ISSEP), cette mère de deux enfants distille, au gré de son récit, ses convictions profondes : sur le travail, l’économie, la famille, son statut de « catho de service », l’identité d’un peuple et la nécessité de « dégauchiser la France ».

« Ce livre est un point d'étape et même un point de départ », explique la parlementaire à ses invités parisiens, ce mardi soir. Puisqu'elle l'affirme, « nous sommes à la croisée des chemins », Marion Maréchal prend la mer. Bon sang ne saurait mentir.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 30/01/2026 à 11:21.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

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