L’UE veut élargir le programme Erasmus à la Syrie, à la Libye et à la Palestine

Avec le « Pacte pour la Méditerranée », l'UE prévoit d'élargir le programme Erasmus à de nombreux pays du Proche-Orient.
Capture d'écran Présidence de la République française
Capture d'écran Présidence de la République française

L’Union européenne, fidèle à son penchant pour les grands desseins supranationaux, a présenté, le 16 octobre 2025, un « Pacte pour la Méditerranée », reprenant le fil du processus de Barcelone de 1995 et de l’Agenda pour la Méditerranée de 2021. Intitulé « Une mer, un pacte, un avenir », ce texte ambitionne de tisser des liens renforcés avec dix partenaires du Sud : Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Palestine, Syrie et Tunisie, sous une gouvernance dite « flexible » qui autorise une participation à la carte. Articulé en trois piliers – Personnes, Économies durables, Sécurité –, il engage 6 milliards d’euros de fonds européens pour mobiliser jusqu’à 27 milliards d’investissements au moyen d’instruments comme la Banque européenne d’investissement. 

Un pacte qui oublie les réalités géopolitiques

« Le Pacte est le résultat d’un vaste processus de consultation avec les 10 partenaires du sud de la Méditerranée, les États membres de l’UE, le Parlement européen », affirme le document conjoint, comme si des échanges avec la société civile et la jeunesse – via l’Euro-Med Youth Dialogue – pouvaient occulter les fractures géopolitiques profondes. Avec Gaza en proie aux conflits, le Liban et la Syrie en ruine, la Libye en désordre, et les débordements du Sahel, l’Europe – épuisée par la crise économique et le conflit ukrainien – s’invente un « espace méditerranéen commun » aux limites indéfinies.

« La région méditerranéenne se trouve au carrefour de trois continents – Europe, Afrique et Asie – et constitue un pont vital pour le partenariat économique, l’échange culturel et le dialogue entre ces régions diverses », vante le texte, omettant que ce « pont » ouvre aussi grand les portes à l’instabilité.

Le pilier « Personnes » : nouveau vecteur d’immigration ?

Au cœur du pilier « Personnes », présenté comme la « force motrice du changement », réside une extension du programme Erasmus+ aux domaines de la recherche, de la culture, de la jeunesse et du sport, ouvrant les échanges d’étudiants et de personnels avec ces pays du Sud. Une « Université méditerranéenne » aux campus partagés est envisagée, délivrant des diplômes conjoints et des micro-certificats. « En investissant dans les personnes, en soutenant leurs choix d’apprentissage, de croissance et de mobilité, le Pacte aidera à renforcer les liens culturels, académiques, sociaux et économiques qui rendront la coopération entre l’UE et le sud de la Méditerranée encore plus forte et résiliente », déclare le document, sans aborder un fossé important : le taux de diplomation de 44,1 % en Europe, contre 32,7 % dans six pays du Sud (toujours d'après le document de la Commission). 

« Élargir les voies de migration du travail entre l’UE et le Sud méditerranéen, y compris pour les travailleurs saisonniers, reste d’une importance cruciale pour matcher (sic) offre et demande sur les marchés du travail et promouvoir la croissance économique », insiste le pacte. Un service civique méditerranéen pour la jeunesse, une Assemblée parlementaire des 18-30 ans et des échanges culturels via Creative Europe paraissent louables en théorie, mais dans la pratique ? La Cocarde étudiante, syndicat étudiant de droite, n'a pas manqué de dénoncer cette orientation, sur X : « L’UE veut intégrer les pays arabes au programme Erasmus. Au programme : passer le budget de l’UE pour cette région à 42 milliards d’euros et créer un "pont entre les continents". Envoyer les étudiants français en Syrie, en Libye ou en Palestine, quelle idée merveilleuse ! »

Vos commentaires

89 commentaires

  1. Mais pourquoi ne devrait-on pas faire adopter par référendum toutes les propositions de Bruxelles avant qu’elles ne deviennent des lois dans notre pays ?
    En France, c’est bien le peuple qui décide, non, d’après la Constitution ?

  2. Je ne vois que des articles sur les conneries que fait l’UE … aucun article sur les choses bien qu’elle pourrait faire …. et pour cause , c’est qu’il y en a pas .

Commentaires fermés.

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