[LIVRE] Vol au-dessus d’un nid de catastrophistes
Porte-parole d’Action écologique, Bertrand Alliot explique, dans Comprendre l’incroyable écologie. Analyse d’un écolo-traître (Éditions Salvator) les ressorts d’une écologie politique animée par un alarmisme obsessionnel.
Bertrand Alliot sent mauvais. Un écologiste ne devrait que fleurer bon le quinoa, à la rigueur la friture de la Fête de L’Huma, sinon, il est forcément suspect. Or, il aurait organisé un colloque « climato-sceptique ». Voilà qui méritait enquête. Mediapart s’est chargé de la besogne. Le porte-parole d’Action écologie a fréquenté des infréquentables aux relents nauséabonds. À l’Institut de formation politique (IFP), tout d’abord, où il a forcément croisé sans broncher quelques futurs cadres de droite. Pire : il a ensuite trempé sa plume dans l’encrier fétide de la revue Transitions & Énergies, pas assez réchauffiste. Coupable, donc, et condamné sans appel possible… à être démis de son poste (pourtant purement administratif) à l’université Gustave-Eiffel.
Crime de lèse-secte
Bertrand Alliot a eu un tort impardonnable, qu’il avoue d’emblée : il a voulu être écologiste hors des sentiers lumineux, catastrophistes et punitifs, de la secte verte/rouge. Alors qu’il a été viré comme un malpropre pour délit d’opinion, comme le rappelle Chantal Delsol en préface de son livre, cet ingénieur-maître en gestion de l’environnement ne se montre pourtant guère rancunier envers la maison verte. Dans Comprendre l’incroyable écologie. Analyse d’un écolo-traître, il a juste voulu nous en faire la visite guidée. Sans esprit de vengeance, sans aigreur ni acrimonie, Bertrand Alliot décrit l’écologie telle qu’il l’a vue et entendue. Ce petit manuel, très pédagogique, explique d’où vient l’écologie, pourquoi sa vision est mondialiste (son souci étant planétaire), en quoi elle a muté en pure idéologie, pourquoi et comment elle a détrôné l’environnement. Il décortique un mode de pensée profondément révolutionnaire car voulant changer l’homme, pensée qui l’a conduite à s’ancrer dans un anticapitalisme décroissant, à rejeter le « développement durable », forme de trahison qui chercherait à concilier croissance économique et respect de l’environnement...
S’il ne mentionne jamais le « millénarisme » de l’Homo œcologicus, pourtant central dans son fonctionnement intellectuel, il a bien perçu la mystique d’une vision du monde qui s’apparente à une quête religieuse, une « recherche de salut ». Il décrypte avec force détails le parcours de ces néo-cathares, la croisade messianique d’une contre-Église dont le graal serait la planète et l’homme le Satan maléfique. Il nous explique comment l’écologie politique s’est infiltrée dans les lieux de pouvoir en passant par les grandes organisations internationales : Union européenne, Nations unies, GIEC… Il nous dit bien aussi (et c’est essentiel) comment sa maîtrise d’une dialectique hégélienne, voire marxienne, lui permet de changer de « catastrophe-à-venir » (nucléaire, trou dans la couche d’ozone, entre autres), quand le soufflé retombe et que la menace n’est plus crédible ou plus assez terrorisante.
Bertrand Alliot nous explique enfin comment, en se focalisant sur le climat, l’écologie s’est imposée non plus seulement comme un outil de marketing électoral, de « green washing » au service d’hommes et organisations politique en quête d’image, mais comme la promesse centrale et incontournable de toute proposition ou action politique crédible.
Le souci du bien commun plus fort que l’idéologie
Mais si le thème climatique s’est montré assurément le plus puissant, le plus efficace et le plus endurant de tous ceux expérimentés par l’écologie idéologique, il n’est ni exempt de failles ni immortel. C’est sur cette réflexion que l’auteur conclut, constatant que l’idéologie climatique s’est heurtée au mur du confort de vie minimum. Pourquoi accepterions-nous des entailles profondes dans notre mode de vie, d’importantes privations de liberté, une amputation sévère du bien-être créé au fil des générations par notre civilisation ? Et cela, sans surtout percevoir nettement les raisons justifiant de tels sacrifices ? La défense de la biodiversité semble devoir être un nouveau thème échappatoire permettant de continuer la fabrique du cauchemar. Mais le climat aura été son apogée et sa décrue annonce une probable et progressive éclipse du mythe écologique tout entier, nous dit Bertrand Alliot, qui voit l’écologie politique s’étioler en douceur, revenir à de petits combats dispersés. Optimiste, il voit la raison et le souci du bien commun reprendre les rênes, concluant par cet augure : « Quant aux pouvoirs publics, ils n’auront qu’une seule mission : prendre soin de la nature et de l’environnement, non pour sauver la Terre, mais pour assurer le bien-être de tous. » Qu'il en soit ainsi...
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29 commentaires
Donald Trump a 100 fois raison : Le « réchauffement climatique » est la pire escroquerie du 21me siècle.
Je suis abonnée (gratuitement) à Action Écologie, sa newsletter hebdomadaire, que je trouve très intéressante et pleine d’arguments pour répondre aux écolos vert-rouge de salon de votre entourage !
Un indice de la dérive de l »écologie initiale est visible dans toutes les annonces des écolo politiciens . Jamais ils ne prononcent , ou n’écrivent, les mots « protection de la nature » Les naturalistes qui , au départ ,constituaient le groupe des écologistes authentiques sont nombreux à s’être écartés de la coterie politicienne .Un des points de leur cri
rique se fonde sur le refus des èoliennes ; machines sacralisées par les fanatiques aux dépens des oiseaux ,et des paysages naturels.
Il faut approfondir le propos de cet auteur ( j’ai aperçu son livre dans une librairie ). Je connais mieux _ pour l’instant _ Yves Roucaute, qui est intérressant lui aussi. Je ne suis pas climato ceci ou cela mais je cherche à comprendre un peu plus et mieux en tout sérieux toute loyauté. Une chose est sûre ( j’en suis sûr ) , le sujet est « délicat ». J’ai un jour fait une remarque « non-conforme » ( assez banale somme toute ) qui m’a valu des regards sombres ( et sûrement un étiquetage solide ! ).
Le dimanche 7 septembre dernier, plusieurs amis avons dîné avec Bertrand Alliot, fin connaisseur de son sujet qu’il aborde avec recul et nuances, sans arrogance ni supériorité. Son sens de l’observation des « courants faibles » l’autorise à l’optimisme raisonnable : la dictature de l’écologisme devient si criante qu’elle s’auto-dévore et, par ailleurs, une fraction importante de la jeunesse abandonne, certes sans bruit mais définitivement, les utopies soixante-huitardes dont se nourrissent les Verts. Ce mouvement décisif est évidemment caché et persécuté par le monde médiatique aux ordres, raison pour laquelle nous le pensons dérisoire.