[L’ÉTÉ BV] Me Goldnadel dans les geôles wokistes : lecture jouissive assurée

Les aspects les plus délirants du livre ne sont pas le fait d’un trouble mental de l’auteur… mais de l'époque.
Image générée par IA.
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Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 24/01/2025.

Le quatre du mois de Marx - « un calendrier révolutionnaire a remplacé le calendrier réactionnaire » -, quatre sbires viennent chercher Me Ghislain Gronadel et l’emmènent dans un camp de rééducation : le camp du Bien. Dans la cellule où il s’ennuie et déprime, il tient son journal que publient les Éditions Fayard.

Le nouveau régime politique est celui de « La Transe insoumise », qui contrôle la France, hormis une enclave islamiste en Seine-Saint-Denis. La Transe insoumise a toute latitude pour appliquer ses idées. Or, il a trop tiré sur la corde, le Gronadel. Pas assez conformiste. Rétif à la nouvelle morale. Il mérite d’être puni et, même s’il se montre résipiscent, rééduqué. Confronté à des geôliers, des fonctionnaires et des juges des plus variés concernant le genre, l'origine, l’orientation sexuelle, il va devoir apprendre à dissimuler ses idées. En vain, car son dossier regorge d’impardonnables propos qu’il a tenus ou écrits.

Me Goldnadel en femme obèse

Gronadel tente de faire vibrer la corde de la victimisation. Ça a payé, la victimisation. Il veut faire accroire à l’administration que du sang apache coule dans ses veines, puis qu’il se sent femme et lesbienne. On ne le croit pas. Il se met alors à bouffer pour être gros et accuser les geôliers de grossophobie. N’est-ce pas tout l’objet des fat studies ? « Ces études sur la corpulence reposent sur le principe des théories postmodernes faisant de la science une construction de pouvoir alimentant la "haine" à l’égard des personnes corpulentes, au même titre que la misogynie et le racisme. » Mais rien de tout cela ne va émouvoir la curatrice sadomasochiste chargée de le déconstruire.

Voilà pour les amuse-gueule qui ouvrent l’appétit du lecteur avant des chapitres d’anthologie où Gilles-William Goldnadel, avec la gourmandise féroce qu’on lui connaît, va dire à ses juges leurs quatre vérités. Lors des auditions, il transforme son plaidoyer en acte d’accusation. Entendu, successivement, sur la cancel culture, sur la culpabilité des Blancs, sur MeToo (« Madame la jugesse, les rapports entre les hommes et les femmes peuvent être très laids, très douloureux, très injustes, sublimes, voire mystérieux »), sur les LGBTQXYZ (connaissiez-vous le Dr John Money, apprenti sorcier du transgenrisme ?), le climat et le racisme anti-immigrés, Gronadel démolit le wokisme par le menu.

Transe Inter, seule radio autorisée

Parmi toutes les mauvaises actions wokistes que Gronadel envoie à la tête des magistrats du Bien - dont un certain nombre de perles entendues sur Transe Inter, seule radio autorisée -, je relève un méfait dont la leçon ridiculise toute inquisition passée, présente et à venir. Celui arrivé au poète britannique Ted Hugues (1930-1998). Un chercheur malintentionné découvrit qu’un de ses ancêtres, Nicolas Ferrar, était impliqué dans l’esclavagisme - au XVIe siècle ! La British Library mit les livres de Ted Hugues à l’Index, le classant parmi 300 personnalités « associées à la richesse obtenue grâce à la violence coloniale ». Mais, en cherchant mieux, il s’avéra… il s’avéra ce que je vous laisse découvrir dans les pages 68 à 70. L’histoire est bien réelle, comme d’autres dont BV vous a entretenus, la chasse aux nains au Prado ou la réécriture du livret de La Flûte enchantée.

Car les aspects les plus délirants du livre de Me Goldnadel ne sont pas le fait d’un trouble mental de l’auteur ou de son alter ego. Le lieu commun selon lequel « le RN a un problème avec la culture » est une inversion de la réalité. C'est le wokisme, qui a un énorme problème avec la culture, jusqu’au délire dans l’Inquisition, la condamnation idéologique et les verdicts entachés d’erreurs judiciaires… Quand le wokisme sera mort et enterré, il faudra dresser la liste de toutes ses victimes (hommes et œuvres). Pour l’amour de l’art et l’histoire des idées. Le livre de Me Goldnadel en réalise une esquisse.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

29 commentaires

  1. OUI.. EN 179*** déjà, – c’était plus brutal – on jugeait-condamnait-exécutait en 20′ des quidam supposés être « réticents » voire opposés aux idées révolutionnaires nouvelles; Ils finirent même par se bouffer entre eux… Robespierre, Danton, Desmoulins ( et sa femme!) Fouquier Tinville et d’autres moins connus, furent décapités « au nom » de la raison d’état. Pareil aujourd’hui. Mais c’est juste sur les « réseaux ». Ah bon !

  2. Quand la raison n’existe plus, il ne reste que l’humour, pour maintenant, et pour les générations futures. Car, hélas, une partie importante de nos compatriotes n’ont pas encore compris la menace du wokisme, comme, en d’autres temps, on n’avait pas compris la menace du nazisme ou du communisme. Il faut croire que chaque génération a son « isme » en maladie de civilisation.

    • C’est vrai mais l’humour est une substance corrosive à laquelle rien n’échappe. Il faut seulement avoir la patience nécessaire. Voyez l’humour russe et les « samitza » (?), le long travail de sape de notre 18° contre l’absolutisme et les abus religieux etc. Peut-être qu’aujourd’hui les réseaux sociaux accellereront le processus.

  3. Je suis en train de le lire. Un régal! Ça fait du bien de rire un peu. La dérision à l’état pur. BRAVO William.

  4. L’inquisition nous y sommes ils brûlent et détruisent tout ce qui n’est pas dans leurs délires.

  5. Sauf le magazine « le point  » en parle .
    L’Unrwa accusée d’avoir joué un rôle dans la détention d’otages à Gaza

    Selon Channel 13, les trois otages israéliennes libérées dimanche ont affirmé avoir passé une partie de leur captivité dans des abris appartenant à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens.

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