[LIVRE] Les forces morales : les clefs de la réussite. Un peu de sagesse pour nos chefs !

Une magnifique boussole pour tous les chefs.
les forces morales

Le général Pierre Gillet est un ancien officier de la Légion étrangère. Il a quitté l’institution militaire comme général de corps d’armée en 2022. Une carrière consacrée au commandement des hommes, en France et dans l'engagement opérationnel : Golfe, Ex-Yougoslavie, République centrafricaine, etc. À tous les échelons : d'une section de légionnaires jusqu'au Corps de réaction rapide-France en passant par une compagnie, un régiment, une brigade légère blindée, une école d'armes. C’est également un catholique, qui a déjà publié, aux Éditions Sainte-Madeleine, Qui est comme Dieu ? Essai sur les vertus chrétiennes au service du commandement. Un esprit anticlérical et antimilitariste, c’est-à-dire étroit, pourrait croire que ces deux paramètres biographiques annoncent un exposé magistral rigide et formaliste, uniquement adressé à ceux qui se pensent fervents catholiques. C’est tout le contraire. Les forces morales, qui creuse le sillon de son précédent ouvrage, est un trésor de liberté d’esprit, de charité fraternelle et de simplicité programmatique.

Le plan du livre (publié aux Éditions du Cerf) reprend les quatre vertus cardinales, nommées par Platon et Aristote et formalisées en tant que telles par les pères de l’Église, et singulièrement saint Thomas d’Aquin : prudence, justice, force et tempérance. Les appliquer au management (ou à sa version la plus exigeante et la plus accomplie, le commandement) semble évident dès la première ligne de ce petit ouvrage qui se lit d’une traite : comment n’y avait-on pas pensé plus tôt ? La prudence est la capacité à discerner. La justice est la recherche de l’harmonie objective. La force est la capacité à agir et à faire agir. La tempérance est la faculté à trouver et à créer l’équilibre, en soi et au sein du groupe que l’on dirige.

Pour tous les décideurs : du patron de PME aux parents

Très aristotélicien (on pense évidemment à l’introduction de l’Éthique à Nicomaque, qu’il cite d’ailleurs), l’auteur commence par identifier la recherche du bonheur comme moteur de nos décisions et en vient à la nécessité, pour le chef, d’incarner les décisions qu’il prend et de les faire reconnaître comme bonnes. Appuyé sur sa très riche expérience opérationnelle et humaine, Pierre Gillet livre ensuite, chapitre après chapitre, des clés très concrètes, jamais appuyées sur ses propres réussites mais plutôt sur les leçons qu’il a tirées de telle ou telle situation. Chaque partie se clôt par un petit tableau récapitulatif, que tous les décideurs, qu’ils soient à la tête d’une PME, instituteurs ou professeurs du secondaire, chefs scouts, officiers, responsables politiques ou tout simplement parents, pourront s’approprier avec beaucoup de profit. Rien de pédant, rien de didactique dans le livre de Pierre Gillet, qui n’impose pas mais explique.

Outre la bonté profonde et la charité lumineuse qui affleurent à chaque page, on trouvera ainsi des outils très simples, y compris sous la forme d’acronymes. Pour prendre une décision ? CAOP (Circonstanciée, Adéquate, Opportune, Prometteuse). Pour dégonfler une idée séduisante mais creuse ? CCMTT (Comment ça marche, ton truc ?). Pour résumer le style de commandement le plus efficace ? EBF (Exigence, Bienveillance, Fidélité). Un questionnaire en début d’ouvrage, sur la mise en pratique de ces quatre vertus, ainsi qu’une conclusion, pleine de grandeur simple, éclairée d’une manière plus que naturelle, sur l’amour et la liberté, montrent bien le grand écart que réussit le livre de Pierre Gillet. À la fois très concret dans sa mise en œuvre et mettant la barre très haut quant à ses finalités, aussi intransigeant sur les bases que plein de miséricorde envers autrui, cet ouvrage se distingue enfin par une qualité devenue rare : son humilité. Au point que la dernière figure que l’on retient en refermant ce livre ne sera pas celle de l’auteur, mais celle des subordonnés qui ont su le hausser à la pointe de lui-même, comme ce légionnaire qui lui a dit un jour, avec un sourire humble et sincère, qu’il priait tous les soirs pour lui, afin qu’il prenne les bonnes décisions.

Un livre magistral, qui parlera à tous ceux qui exercent ne serait-ce qu’une parcelle de responsabilité.

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Arnaud Florac
Chroniqueur à BV

Vos commentaires

10 commentaires

  1. Mouais ….a voir mais cela sent bien le glissement vers les idees chretiennes devenues folles . L’armee frzncaise par l’acceptation reiteree depuis 50 ans de la destruction systematique de ses moyens materiels , edt devenue une oeuvre sociale et nous ne formons plus des guertiers spartiates mais des moines armes opetant pour und ripouxblique sans foi ni loi !
    Quid de la grande maxime du general Hoche :  » Un corps legislatif impopulaire ne doit pas avoir l’armee pour lui ..! » Non, ce qui vaut pour des guerriers ne peut fonctionner pour des civils …car un chef d’entreprise ne demanderait jamais a ses subordonnes de mourir ou de risquer d’etre estropier a vie pour sa raison sociale !

  2. Donc il n’a jamais participé à aucune vraie guerre, comme celle qui a lieu en ce moment même entre l’Otan et la Russie… Mais il semble se poser en autorité morale… Comme c’est étrange.

  3. Le réarmement moral, voilà un thème électoral qui ne se trouve dans aucun parti, avec le logement, l’urbanisation et la mobilité par ailleurs. L’éducation permanente n’intéresse pas non plus, pourtant…bien nécessaire rien que pour déjà regarder un journal télévisé. Il y a quelques heures il y était question d’une obligation de pneus neige dans les départements montagneux (sinon crac crac des amendes atroces), au même jt, « info » suivante, il n’y a plus de neige, on démonte les tire-fesses…

    • Les contradictions journalistiques sont légion car il n’y a plus de vrais journalistes hors ceux de droite. A se demander qui organise les journaux télévisés, des enfants de maternelle sans doute.

    • Ca n’a pas l’air d’être à leur ordre du jour. Pour la garde républicaine non plus, manifestement, on est au garde-à-vous sabre au clair pour recevoir le président congolais dans le squat élyséen. Macron lui offre un milliard et demi, comme çà, bienvenue, on ne peut pas rester bras croisés avec la situation au Congo, allez que je te palpe cher ami !

  4. Un peu de sagesse pour nos chefs !
    ##
    De la sagesse? un gamin narcissique mal élevé comme chef suprême, Des idéologues obtus comme députés?

Commentaires fermés.

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