[L’ÉTÉ BV] Michel Onfray dénonce l’humiliation que vivent les paysans français

Une interview publiée en janvier dernier mais plus que jamais d'actualité. À écouter ou réécouter.
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Cet article vous avait peut-être échappé. Nous vous proposons de le lire ou de le relire.
Cet article a été publié le 25/01/2025.

Le 25 janvier dernier, Sabine de Villeroché recevait Michel Onfray. Une interview plus que jamais d'actualité, lorsqu'on voit les attaques dont fait l'objet le monde agricole, la dernière en date tournant autour de l'adoption de la loi Duplomb avec, notamment, la dernière saillie de Sandrine Rousseau qui n'en a « rien à péter » de la rentabilité des agriculteurs.

Alors que le monde agricole, en pleine crise, s’apprête à élire ses représentants aux chambres d’agriculture, BV reçoit Michel Onfray à l’occasion de la publication de son livre Entendez-vous dans nos campagnes (aux Éditions du Plénitre). Un recueil d’échanges épistolaires avec la présidente de la Coordination rurale, Véronique Le Floc’h, qui interpelle le philosophe au sujet du mal-être de la paysannerie.

Interdit de conférence à Caen pour parler de cet ouvrage, Michel Onfray, en toute liberté de parole, revient sur son exclusion des médias de service public et en esquisse l'explication. A-t-il pour autant foi en ce « fou génial » d’Elon Musk qui secoue l’Europe et poursuit son projet du « monde d’après » pour sanctuariser la liberté d’expression ?

Ce même grand effacement qui menace, à sa manière, le monde paysan que Michel Onfray a choisi de soutenir. Parce que « résister à la barbarie suffit à une vie », en digne fils d’ouvrier agricole, le philosophe explique les enjeux de cette guerre menée par une Europe qui a programmé la disparition de ceux qui, pourtant, ont « inauguré la civilisation ».

Picture of Sabine de Villeroché
Sabine de Villeroché
Journaliste à BV, ancienne avocate au barreau de Paris

Vos commentaires

82 commentaires

  1. Comme tous les philosophes, M Onfray interprète le monde, alors qu’il s’agit de le CHANGER!
    On écoute avec intérêt ses torrents de mots… et on est surpris de l’absence de solutions proposées.
    45 minutes de cette heure de monologue consacrés à  » grosse tête soi-même ». Les 15 dernière minutes « paysannes » n’apportent rien que l’on ne sache déjà.
    Et sa conclusion mettant en parallèle les évêques bâtisseurs… de peurs irrationnelles, et la paysannerie qui nourrit, elle les corps des hommes, est une forfaiture.
    Il termine par un défaitisme sociétal condamnant les derniers agriculteurs familiaux…
    La coordination rurale s’est laissée prendre aux fables de M Onfray.
    Qu’il est loin, le temps de son 1er ouvrage à succès, son « Traité d’athéisme »!

    • un philosophe n’est pas un politique.
      le philosophe donne des « éclairages », conduit des analyses pour arriver à des constats sur ce qui existe et tente d’en donner le cheminement pour arriver à des faits constatés
      le politique, en ce qui le concerne, doit s’en inspirer, éventuellement, pour, lui, trouver les solutions
      Ce n’est pas au philosophe de trouver les solutions.

      • Tout est politique, chère amie, TOUT!
        L’économie, évidemment, le social aussi, l’instruction, la sécurité publique et prive, la défense de la Nation, pendant qu’elle existe encore… et la Liberté majeure, qui permet de tout dire.
        M Onfray donne des avis sur tout, sur les philosophes grecs anciens et sur les technocrates apatride qui servent de larbins aux mondialistes… et il a raison.
        Il a même un temps soutenu le gauchiste besancenot et José Bové, rangé des voitures à Bruxelles, un Bové qui fut gourou des paysans avant Mme Le Floch.
        Si ce n’est pas « faire de la politique », alors il faudra nous expliquer ce qu’est pour vous la
        res publica.

    • Je vous réponds bien volontiers Cher Bernard37
      En tant que latiniste, res publica, terme employé seul, ne veut pas dire grand chose car Socrate, Platon, Tite-live l’ont définit très différemment – gardons le terme latin qui signifie « chose publique » – res publica ayant aboutit à république
      La politique c’est l’organisation structurée de la vie sociale à travers des « insitutions » (au sens large)
      La philosophie c’est l »idéologie qui y préside
      Mintenant, en tant que juristes, je peux vous indiquer que tous les termes des grands philosophes que je cite sont encore usités en droit et ils sont encore « plaidés » tous les jours dans toutes les juridictions car ils constituent les fondements de notre droit, même au XXIème siécle
      Même si je n’apprécie gère les positions politiques de M.Onfray, j’apprécie d’écouter et de lire sa « philosophie »., comme d’autres, car ce ne peut être que des philosophes qui puissent nous éclairer sur, justement, l’idéologie qui habite nos politiques qui sont, eux chargé, de la res publica
      Bien amicalement

      • C’est très aimable à vous de répondre en argumentant.
        Comme vous, j’écoute M Onfray, et j’ai lu certains de ses ouvrages. Son « traité d’athéologie » mérite qu’on le lise. Son pavé « Cosmos » beaucoup moins. Parmi les centaines « d’explications du monde », combien ont apporté à l’humanité? Alors que la science apporte tous les jours des explications démontrées à tous les niveaux, que faire du matérialisme dialectique, ou de l’existentialisme des bobos, pour ne citer que ces deux là.
        La philosophie multicarte que prône M Onfray avec brio, finira dans le grand cimetière « d’ismes ».
        Amicalement. (D’un rationaliste athée et antithéiste. )

  2. Avec cet entrevue , Michel Onfray nous démontre qu’il est un philosophe avec les pieds bien sur terre . On nous montre son amour du domaine rural , et son amour pour la vraie France . Merci Michel .

  3. Michel, à 29 minutes de la vidéo : on ne dit pas « cor÷eler » (verbe qui n’existe pas) mais corseter. Cordialement. JPS

  4. Une pétition contre cette loi Duplomb rassemble bon nombre de français. Elle est significative de l’énorme fossé qui se creuse entre ces français qui prennent la peine de s’informer, de comprendre les enjeux et ces français bouches ouvertes, récipiendaires des rumeurs et autres informations non étayées, des récipiendaires en défaut de culture générale. Ils se moquent éperdument des notions de rendement, de profit, de pérennité des entreprises liées à l’agriculture en résumé de la sauvegarde de notre agriculture, de notre indépendance alimentaire. Il leur faudrait une bonne guerre pour qu’ils comprennent. On les verraient défiler devant nos portes cochères, à mendier quelques nourritures.

  5. L europe des technocrates corrompus massivement complètement déconnecté de la réalité le mondialisme c est l esclavagisme des temps modernes c est la perte des nations leurs cultures leurs spécificités
    C est exactement comme pour l agriculture intensive Disparition des insectes des fleurs sauvages de la diversité pollution massive voile lr plan de nos soit disant élites

  6. Courageux Michel Onfray. Ce monde désorganisé ne le mérite pas. J’aime ses arguments toujours étayés, sa culture, et son profond humanisme. Il faut le lire et l’écouter. C’est toujours très intéressant.

  7. Onfray est non seulement la quintessence de l’intelligence mais il sait penser. En conséquence il évolue et compare avec la modernité. Ayant connu l’agriculture ancienne il peut faire un parallèle avec celle subie à notre époque et mesurer le fossé des différences. ….«  labourage et pastourage sont les deux mamelles de la France » disait Sully… nous sommes un pays agricole et pas industriel la merveilleuse diversité de notre pays était notre richesse ; maintenant nous avons tout perdu, notre agriculture et nos fleurons industriels vendus par nos gouvernants , nous sommes couverts de dettes et il est interdit de dire que c’était mieux avant !

  8. S’il s’agit d’agriculteurs ou mieux de paysans alors oui il faut les défendre becs et ongles.
    S’il s’agit « d’exploitant agricole », alors il faut les combattre avec détermination !
    Les mots ont un sens

    • Il y a comme partout celui qui possède 50 hectares ou moins et celui qui en possède 200 et plus… ce ne sont pas les mêmes , mais la terre est immuable.

      • 10 hectares pour une famille ( dans l’élevage ) était la norme de 1800 et avant ,jusqu’en 1946…

    • oui, les mots ont un sens mais vous donnez un sens à des termes de notre époque
      vos « agriculteurs », ce sont les paysans d’avant qui vivait pour eux, en circuit fermé, pour manger. Il cultivait pour leur propre concommation, et vendait au marché leur petits surplus. Quand ils revenbaient du marché, avec le prix de leurs ventes, ils avaient achété de la viande ou autre
      vos « exploitants agricoles », ce sont des paysans mais qui ont une activité commerciale pour que, nous, nous mangions et pour le volume, ils faut qu’ils exploitent de plus grandes surfaces
      à défaut de nos exploitations agricoles, ce sont des importations de pays plus ou moins lointains qui devront prendre le relais, avec des normes sanitaires qui ne présentent pas la sécurité de nos exploitations
      DONC les combattre, c’est ouvrir la porte à n’importe quel produit agricoles, sans nos normes.
      et ça ne changera pas le problème car le renoncement sur notre sol à ces exploitations c’est de toute façon les permettre ailleurs
      croyez-vous que nous en soyons les gagnants ?

      • Ayant la viande sur place ( cochon, lapins, volailles) ils avaient acheté au bourg tissus, fil à coudre, vêtements, souliers, seaux bassines et gamelles, droguerie/pharmacie ; et le journal ( et le tabac)

  9. En perdant ses agriculteurs le pays perd son âme. La France aimait ses semeurs qui s’appelaient des paysans. Les viticulteurs étaient des vignerons. Si encore le monde rural avait été élevé à la modernité, si encore l’industrialisation avait permis au pays le luxe de dividendes excédentaire, si encore le bio avait suscité de saines jalousies dans l’Europe, si encore les Verts s’étaient préoccupés de verdure au lieu de salir nos traditions. Hélas tout est perdu et tous les jours on se pend et moi je me repens.

  10. Il n’y a rien à rajouter ni enlever, Michel Onfray a totalement raison. Conclusion l’histoire se répète nous,sommes revenus avant 1789.
    Ce ne s’appellera pas révolution française mais guerre civile .

  11. Il n’y a pas que les paysans Français qui sont humiliés mais les Français qui travaillent ou qui ont travaillés dans le privé qui sont non seulement humiliés ce qui est un faible mot dans le contexte actuel mais qui sont pris pour des imbéciles et bien au-delà encore. Dans les faits tous ceux qui payent pour que le reste de la République puisse glander sans soucis. Certes ceux des basses terres publiques et parapubliques vont crier on paye aussi mais qu’ils se souviennent ils ne sont que des charges et rendent juste un peu ce que l’Etat leur donne avec l’argent du privé qu’ils sont en train de tuer.

  12. Mme Rousseau parle brutalement.
    Mais s’il s’agit de l’acétamipride, c’est vrai que le problème est crucial, on empoisonne les sols, on tue les pollinisateurs, et pas que !
    Le grand public n’est pas assez informé sur les néonicotinoïdes, les agriculteurs non plus, on en vient même à se demander si les associations écologistes ne sont pas partiales… quant aux parlementaires il n’y a aucun doute, ils sont très bien informés !

    • OUI tous ces parlementaires et autres politiques sont très bien informés mais leurs avantages et bien être passe avant tout. Le Pays France n’est pas leur préoccupation au contraire chaque mois qui passe ils préparent de nouvelles places pour leur bien être si d’aventure ils ne sont plus élus.

  13. Lutte des classes depuis la nuits des temps, les socialistes n’aiment pas les besogneux , Ils défendent leur intérêt et ne daigne pas regarder le bien commun
    Tant que les élèves de l’ENA n’iront pas faire des stages en agriculture ils mépriseront les paysans.
    Notre société est organisée en clans, le vivre ensemble n’existe plus, le mal c’est l’autre.
    Il y a en France plus de fonctionnaires dans les organismes agricoles que de chefs d’exploitation

    • Dans la VRAIE VIE, lorsqu’un moule est « mauvais », o, le change ou on l’élimine ! …
      La « formation » faite au sein de l’ENA accouche d’ânes qui se prennent pour des chevaux de course ou de concours ! …
      Leur seule motivation ; le foin et l’avoine ! …

  14. J’ai écouté intégralement l’interview de Michel Onfray , je salue au passage la magnanimité de madame sabine de Villeroché qui a permis à monsieur Onfray d’avoir pu défendre son livre et ses arguments ,
    Il m’a ému concernant son histoire personnel , et même si il me parait toujours pessimiste , il n’en n’ai pas moins pertinent sur pas mal de sujets .
    Sur Freud par exemple , le nouveau dieu de remplacement , jusque dans l’imitation des rites qui permet à des gens sans formations officielle de s’improviser psy . Hors ces gens gagnent et plutôt pas mal leur vie sur le fait qu’ils n’ont aucune obligation de résultat . C’est bien en s’attaquant à ce lobby majoritairement de gauche qui régit quelque part notre société depuis les années 70 que Onfray est banni des médias et des salles de conférence.
    Sur la paysannerie , on ressent que c’est un sujet qui le touche particulièrement parce qu’il se sent en symbiose avec ce milieu qui a les pieds sur terre, mais avec cette dimension mystique des gens qui ont vécu au rythme des solstices et des périodes de cueillette , des cycles de la nature .Cette partie de la population qui a encore un peu l’instinct d’être les détenteurs de nos racines y compris pré-chrétiennes , c’est à dire les gaulois . Henri Vincenot le décrivait très bien dans son livre « la billebaude », un auteur « terrien » du terroir comme on disait avant , régulièrement invité dans l’émission « apostrophes » du regretté Bernard Pivot, dans les années 70 80 . Je ne pense pas qu’il aurait censuré Michel Onfray parce qu’il prenait parfois des risques en accueillant souvent des gens pas très politiquement corrects .

  15. Je ne vois aucune différence ou très peu entre le Versailles d’aujourd’hui et celui d’hier: Ils sont tout et nous ne sommes rien, de fils de roi à fils de l’ENA, il n’y a qu’un pas largement franchi et systémique qui ressemble à celui entre de nombreux journalistes et le pouvoir, de bons clients…ignorant les français.
    Mais nous sommes là et plus nombreux, situation qui sera dommageable pour ces dominants intramuros et au terme de ce qui vient, Tik Tok ou pas, IA ou pas, télémacron ou pas, voiture électrique ou pas, mascarades de Mascaron ou pas.

    • Sauf que pour le Versailles d’hier vous avez les condensés républicains d’une histoire arrangée, et que pour celui d’aujourd’hui c’est du vécu.

    • le Versailles d’aujourd’hui est en train de s’islamiser.
      mosquée a Versailles chantier .
      des boucheries hallal.
      etc

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