L’Hermione : son association placée en redressement judiciaire
L’annonce a retenti comme un coup de tonnerre, dans le monde du patrimoine maritime français : l’association Hermione–La Fayette, qui dirige la restauration de la réplique de la célèbre frégate, vient d’entrer dans une procédure de redressement judiciaire avec une période d’observation à compter du 18 septembre 2025. Cette décision, prise par le tribunal judiciaire de La Rochelle, marque peut-être le crépuscule voire la fin d’une aventure humaine au service de la transmission d’une Histoire et d’un patrimoine.
Le redressement judiciaire
La justice, ce 18 septembre 2025, a décidé de placer l’association en redressement judiciaire avec période d’observation. Le tribunal judiciaire de La Rochelle retient néanmoins que le projet est encore viable, ce qui évite la liquidation immédiate, mais souligne par sa décision que le temps est compté.
Du point de vue juridique, cette procédure offre ainsi un cadre de protection provisoire qui suspend les poursuites des créanciers pendant le temps imparti tout en imposant à l’association de proposer un plan de redressement crédible.
François Asselin, dirigeant de l’entreprise Asselin SAS, qui avait participé à la construction de la frégate, a confié à Boulevard Voltaire être « malheureux de ce qui arrive à l’Hermione ». Pourtant, l’association insiste, dans un communiqué, sur le fait que cette procédure apporte, au contraire, un espoir car, « loin de signifier la fin d’une aventure, cette procédure de protection permet de nous donner le temps nécessaire pour consolider nos soutiens et en obtenir de nouveaux pour finir les travaux ».
Déjà, près de 50 % des travaux ont été réalisés depuis 2022, pour un montant dépassant les 5 millions d’euros, mais il manque encore 4,5 millions pour espérer remettre le bâtiment en état de naviguer.
À ce sujet — L’Hermione, le vaisseau de la liberté en péril
Un enjeu territorial, économique et culturel
Au-delà des difficultés juridiques et financières, le sort de l'Hermione touche directement son territoire et son écosystème socio-économique. À Rochefort comme à Bayonne, la frégate est un moteur touristique, culturel et identitaire. Chaque escale attire des milliers de visiteurs, génère des retombées économiques pour l’hôtellerie, la restauration et les commerces, et participe à l’image de marque du littoral atlantique. Selon la radio Alouette, depuis sa création, l'Hermione a ainsi généré près de 70 millions d’euros de recettes.
Le chantier constitue aussi un haut lieu de savoir-faire artisanal. Charpentiers de marine, gréeurs, forgerons et voiliers y perpétuent des compétences rares, héritées de plusieurs siècles. Abandonner le projet reviendrait à affaiblir cette filière d’excellence et à rompre la chaîne de transmission de métiers qui font partie intégrante de notre patrimoine. Comme le déclare Marc de Briançon, président de l’association, « il n’est pas imaginable que le travail réalisé par nos artisans français ne soit pas reconnu ».
L'Hermione est, enfin, un vecteur de mémoire collective et de diplomatie culturelle. Sa traversée de l’Atlantique en 2015, reliant la France et les États-Unis, fut suivie par des milliers de personnes. L’association espère même pouvoir renouveler cet exploit en 2028, à l’occasion des Jeux olympiques de Los Angeles, mais cet horizon dépend désormais entièrement de la réussite du redressement judiciaire.
Une histoire forgée dans les flots
Pour comprendre l’émotion que suscite son avenir, il faut revenir à l’histoire de l'Hermione. La frégate originale, construite à Rochefort et lancée en 1779, conduisit le marquis de La Fayette vers l’Amérique en 1780 afin de soutenir les insurgés contre l’Angleterre. Elle devint alors le symbole vivant de l’alliance entre la France et les États-Unis.
Une réplique moderne fut lancée dans les années 1990 à Rochefort, sous l’impulsion de l’association Hermione–La Fayette. Pendant plus de vingt ans, artisans, bénévoles, collectivités et mécènes unirent ainsi leurs forces pour reconstruire le navire. La frégate fut mise à l’eau en 2012 et, trois ans plus tard, réalisa sa traversée triomphale vers les États-Unis.
Cependant, les années récentes furent marquées par de lourdes difficultés. En 2021, la coque fut attaquée par des champignons xylophages, nécessitant un carénage complet à Bayonne. Face à l’ampleur du chantier, l’association lança alors, le 20 mai 2025, un appel au secours. En quelques mois, plus de 500.000 euros furent récoltés et plus de 4.000 signatures, dont celles de personnalités publiques, ont apporté leur soutien au projet via un manifeste.
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52 commentaires
Je ne comprends pas. Ce bateau, mis à l’eau en 2012 et en carénage depuis 2021, a seulement 9 ans de navigation. Il faudrait 10 millions d’euros pour ce carénage. Sur ce simple poste, cette frégate aura coûté plus de 3000 € par jour. Et son propriétaire ne peut pas l’assumer. S’ils trouvent des mécènes pour cette restauration, tant mieux, mais dans une période de disette, je comprends que ce ne soit pas les « Nicolas » qui payent. Ensuite, une autre question; d’où viennent les champignons incriminés?
On donne tous les ans quelques dizaines de millions à l’Algérie, entre autre, pour rien, pour que ce pays nous crache ensuite dessus. En voilà une bonne idée intelligente que de basculer cet argent vers ce bateau.
Je veux croire que les 4,5 millions d’euros ne seront pas un problème pour les mécènes
Au moment ou on envoie 65 millions € d’aide à Yaoundé (il me semble ?) on pourrait faire l’effort de récupérer 5 millions sur ce pactole, donné e, pure perte, pour résoudre ce problème.
70 millions de recette depuis sa création , et ils ne sont pas capable de s’autofinancer ? Ou est parti l’argent ?
Ne serait ce pas plus judicieux de rénover l’Hermione que le centre ville de Yaoundé ?
Vous me l’avez ôté de la bouche ou plus exactement du clavier.
Bravo.
En effet, Macron à choisi son camp
Oui, mais avec l’Hermione, on n’aura pas le plaisir masochiste de se faire virer comme des malpropres en se faisant traiter de colonialistes et de racistes!
Oui mile fois oui!
Désolée je viens de mettre la même chose…..
Les Patriotes ont la même logique
Notre patrimoine se meurt faute d’entretiens, pendant ce temps là on distribue a l’étranger de l’argent a fond perdu.
On entretiens a grands coups d’argent emprunté un petit monde venus soit disant travailler dont 5% travaillent réellement pour acquérir des droits au chômage pour un certains nombre d’entre eux.
Décidément on est vraiment chez les fous.
Pendant que notre patrimoine tombe en ruines, le couple infernal élyséen nous coûte un pognon de dingue : changement de décor du palais, nouvelle vaisselle, tapis , piscine à Bregançon, voyages sans limites à l’étranger pendant que la maison France brûle, recasage des copains dans des officines, instituts inutiles et nuisibles, train de vie dispendieux de France TV etc…
Les subventions aux associations ne vont pas toujours où elles devraient aller. Combien pour SOS Méditerranée ?
Mais qui pouvait croire qu’une telle aventure serait rentable, un peu de sérieux que diable. Ce sont que des doux rêveurs et des illuminés qui croient dans un tel projet.
Où sont passés les 70 millions de recette ? il doit bien y avoir aussi des responsables de la dégradation de l’Hermione.
Toutes les actions n’ont pas vocation à être « rentables »… en l’eau cul rance, il s’agit ici d’une conservation de patrimoine. Que les plus jeunes visitent un « galion » d’époque est bon pour eux.
Au lieu de mettre le vaisseau en cale sèche et en faire un musée (comme le Victory à Porstmouth) ils avaient encore le culot d’appeler aux dons pour continuer de voguer peinards aux frais des donateurs gogos.
Pour ceux qui ont la chance de voir l’Hermione de près, ce commentaire est une offence au savoir faire des artisans et au patrimoine.
Que la gestion n’est pas été rigoureuse est une autre question…
Tout a fait.
J ai vu l Hermione à Port Vendres, j en garde une image magnifique.
Je ne vois pas en quoi j’offenserais les artisans. J’offense volontiers les gestionnaires qui le prennent pour un bateau de croisière et un éternel musée flottant qu’ils comptent promener partout. En faire un musée en cale sèche n’a rien de sacrilège: ça permettra qu’on le visite d’autant mieux. Comme je l’ai dit, allez voir le Victory, vous vous régalerez de cette belle marine: le nombre de visiteurs l’atteste, et les recettes permettront l’entretien. Voguer pour toujours est impossible, même en marine en fer; alors, en bois… Consultez les possesseurs de yachts en bois, voyez le nombre de ceux en plastique, comparez les coûts d’entretien.
quand on a vu l’Hermione, on a vu le savoir faire de nos artisans, c’est admirable..
…tout comme on le consate en visitant notre Dame de Paris……
les contributions à cet article démontrent, pour le plus grand nombre, que nous ne parlons que du choix de nos valeurs et de la préservation de notre histoire
L’Hermione est bien plus qu »un simple bâteau, magnifique. IL est le temoin de la grandeur passée de notre nation
Pas très gentil de votre part pour les donateurs , cela fait partie de notre patrimoine, et quel plus beau spectacle de voir naviguer un tel bâtiment, ne vous en déplaise
Patrimoine? Aussi belle qu’elle soit elle est une réplique, pas l’originale: comme celle de la Bounty de 1960 (même Marlon Brando a renoncé à l’acheter au vu des coûts de maintenance terrifiants) et celle faite en Nouvelle-Zélande en 1978 pour le film des Mutinés avec Mel Gibson (celle-ci on ne sait même plus où elle est). On ne peut pleurer ces répliques, même si sur le moment elles font rêver. Quoiqu’on fasse, le destin du bois dans l’eau de mer est de pourrir.
Ce navire avec ses visiteurs aurait été entable sans ce problème cité dans l’article et toujours retable pour les collectivité locales.
Quand le navire L’Hermione relâchait dans un port breton , l’escale était facturée 60.000 € ; du coup , on a vu passer la réplique de la Victoria , la caraque de Fernand de Magellan , des dizaines de vieux gréements , etc …
En plus , alors que L’Hermione avait été construite en 18 mois , sa réplique aura nécessité 22 ans , avant de l’immerger en eau douce , d’où une attaque de tarets . Rebaptisez-la » La Marie-Josèphe » .
L’eau douce n’a pas l’exclusivité des tarets,à ma connaissance, ce sont les eaux tropicales. En ce cas et d’après le texte ce sont des champignons et là l’eau douce et la pluie peuvent y être pour quelque chose. Les écolos vont nous conseiller sûrement un traitement pérenne.
65 millions pour le cameroun qui nous a viré et pour Chambord on fait un appel aux donx (37 millions) l’hermione (5 millions) et il en restera
Eh oui mais pensez vous que cet argent dilapidé aux quatre coins du monde arrive vraiment à destination moi je me pose la question depuis très longtemps. Et pendant ce temps nos trésors nations tombent en ruine.
Il y a des poches très accueillantes pour l’argent des Français, et elles sont pas aux quatre coins du monde.
D’accord avec Michon, l’argent est donné aux pays étrangers sans aucun contrôle
C’est vrai que c’est triste mais lorsqu’on n’a plus de quoi acheter un kilo de pommes de terre ,on ne s’achète pas un bateau.
Et la France accorde 65,5 millions pour la restauration du centre de Yaoundé!
Hollande vous l’a pourtant expliqué : ça coûte pas cher, c’est l’Etat qui paie….
@ici bleu : ils ont leur priorité, favoriser les pays étrangers plutôt que restaurer nos trésors, valoriser nos savoir-faire