Le musée de Chantilly exhume le bicorne de l’Empereur. Un symbole !
Le 6 juin prochain, le musée Condé du château de Chantilly invitera les Français à une rencontre avec un objet historique des plus rares et des plus précieux : un bicorne de l’Empereur. Ce couvre-chef, façonné en feutre noir, avec sa cocarde tricolore, n’est pas un simple ornement oublié au fond d’une réserve muséale. C’est l’un des derniers témoins matériels de Napoléon Ier lui-même, un trésor porté durant son exil à Sainte-Hélène jusqu’à la fin de sa vie, disparu des regards pendant plus d’un siècle avant d’être authentifié et restauré.
Un objet chargé d’Histoire
Ce bicorne, dont la coiffe porte des marques d’usure, illustre la trajectoire singulière de l’Empereur. En effet, ce dernier aurait possédé, au cours de son règne, entre 60 et 80 bicornes fabriqués spécialement pour lui par les chapeliers parisiens Poupard et Delaunay, mais il n’en subsiste aujourd’hui qu’une quinzaine authentifiés dans le monde. Celui qui est exposé à Chantilly a appartenu à l’Empereur jusqu’à sa mort en 1821 à Sainte-Hélène. Il faisait partie des quatre chapeaux que Napoléon choisit d’emporter dans son exil. L'empereur avait souhaité en léguer plusieurs par testament à son fils, l’Aiglon, qui ne les verra jamais. Ils reviendront à Caroline Bonaparte, sœur de l’Empereur et épouse de Joachim Murat. L'un d'eux entra dans les collections du château de Chantilly en 1904 avant de sombrer dans l’oubli et de ne réapparaître qu’à l’occasion de la préparation de l’exposition consacrée aux collections de Caroline Murat, tenue au musée Condé du 6 juin au 4 octobre. L'occasion de rappeler son histoire.
Un signe singulier
Le bicorne de Napoléon appartient à une longue tradition de couvre-chefs militaires. Apparue vers 1770 comme une évolution du tricorne, cette coiffe se répand rapidement dans les armées européennes. Normalement, les officiers le portent en « colonne », c’est à dire avec les pointes dirigées vers l’avant et l’arrière de la tête. Cependant, Napoléon rompt volontairement avec cet usage en choisissant de le porter « en bataille », c’est-à-dire avec les pointes parallèles aux épaules - un choix audacieux qui le distingue immédiatement de ses contemporains. Il ne s’agit pas seulement d’une préférence esthétique mais d’un geste tactique : sur le champ de bataille, sa silhouette devient reconnaissable entre toutes et permet à ses soldats de l’identifier en un instant. Ce port si singulier contribue à façonner sa légende bien avant que les artistes ne s’en emparent.
L’imaginaire napoléonien
En effet, dans l’art napoléonien, le bicorne devient une véritable signature visuelle. On le retrouve partout, notamment dans des toiles célébrissimes telles que Bonaparte franchissant le Grand-Saint-Bernard, de Jacques-Louis David. Le Premier consul se distingue par sa silhouette dominée par son bicorne, preuve de son rôle de guerrier lors de cette campagne militaire. Ce couvre-chef apparaît encore dans le tableau Napoléon sur le champ de bataille de Wagram, de Chabord, où l’Empereur est également représenté en commandant victorieux. Bien des toiles, pendant son règne comme après sa chute, s’empareront de ce détail pour en faire un motif emblématique. Cependant, ces œuvres ne sont pas de simples portraits mais participent à la construction de l’image d’un chef militaire présent sur le champ de bataille, un souverain qui dirige réellement ses troupes, en contraste avec les autres monarques européens de son temps, habitués à envoyer leurs états-majors sur le front. C’est cet engagement personnel, incarné dans chaque représentation où apparaît son bicorne, qui contribue à faire du chapeau une extension de l’Empereur lui-même. Comme le souligne Pierre Branda, historien de la Fondation Napoléon, « depuis 1804, ce chapeau est devenu un symbole, admiré par les uns, détesté par les autres. Il ne coiffe pas seulement l’Empereur, il EST l’Empereur, se confondant avec lui. »
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14 commentaires
Notre premier ministre Sébastien, lui, à la classe et n’a pas besoin de porter le chapeau pour se faire remarquer.
Un chapeau de Napoléon a été en vitrine pendant des années au musée de l’Empéri à Salon de Provence jusqu’après le décès de Raoul Brunon conservateur. La famille Brunon à qui il appartenait l’a récupéré depuis.
Pardon, mais il y en a un aussi au chateau de Fontainebleau et depuis bien longtemps – par ailleurs il faudrait quand même le dépoussiérer un peu le nouveau galurin, la poussière n’est pas d’époque !
Moi j’ai plutôt une pensée pour les bijoux de l’impératrice et l’incompétence de l’extrême centre en négligent notre patrimoine!
Vive l ‘ Empereur !!
il en existe des dizaines alors ce n est pas un tresor unique
Un rarissime objet dont il resterait une dizaine d’exemplaires est tout sauf rarissime. Le Musée Condé se serait sans doute bien passé de ce « trublion » dans un temple orléaniste magnifié par le duc d’Aumale…
Rassurez-moi, on n’a pas retrouvé ses slips ?
Un peu de respect SVP.
Toujours le même niveau c’est tout dire !! hélas !! Allo maman bobo , vous connaissez la suite ?
Je trouve pas ça drôle moi!
J espère qu’il est en sécurité !
Attention au vol!
Bizarre, ce n’est pas la première fois que le bicorne de napoleon ré-apparait !