Le château de Chambord refuse un spectacle « militant » de Patrick Boucheron

Cette annulation est vivement dénoncée par Libération, qui y voit une victoire de « l’extrême droite ».
Capture écran Domaine national de Chambord
Capture écran Domaine national de Chambord

Libération est aux cent coups. C’est avec effroi que le quotidien d’extrême gauche a rapporté, ce jeudi 23 octobre, l’annulation d’un spectacle qu’il attendait manifestement de pied ferme : une œuvre « historique » conçue par Patrick Boucheron et Mohamed El Khatib, devant être installée au château de Chambord en 2027. Après avoir été présenté au directeur du domaine national, Pierre Dubreuil, ce son et lumière a finalement été refusé au motif que la programmation de l’établissement public ne devait pas être « l’otage d’un discours militant » et ne saurait être l’instrument politique « d’un camp comme de l’autre ». En clair, l’administrateur des lieux renvoie dos à dos la tendance actuelle des spectacles immersifs inspirés du Puy du Fou et l’approche plus « inclusive » - d’aucuns diraient « déconstructiviste » - des créations basées sur une relecture woke de l’Histoire de France.

Pierre Dubreuil a par ailleurs évoqué la question des finances pour justifier son refus. Le show « inclusif » des sieurs El Khatib et Boucheron devait en effet coûter la bagatelle de deux millions d’euros. On ne se refuse rien, à gauche, surtout quand on vit d’aides et de subventions publiques… Mais pour les deux intéressés, la question budgétaire est « secondaire ». « Cette fin de non-recevoir […] fait le jeu de l’extrême droite qui tente de s’emparer du patrimoine pour en faire un récit mystificateur de la France. » Et le duo d’ajouter : « Qu’un responsable d’établissement public soit astreint à un devoir de réserve est une chose. Qu’il garantisse la liberté d’expression et de création des artistes qu’il accueille en est une autre. » Sur la même ligne, le député LFI de Seine-Saint-Denis Bastien Lachaud a dénoncé, sur X, une « censure » qui donne « la nausée ».

La liberté d’expression à géométrie variable

Où étaient ces grands défenseurs de la liberté de création et d’expression pour dénoncer l’annulation de la projection, à Marseille, du film Sacré-Cœur, prévue ce mercredi 22 octobre ? Aux abonnés absents, bien évidemment. Libération s’est même fendu d’un article pour justifier cette censure, expliquant que la projection d’un tel film, dont la « nature confessionnelle » faisait « peu de doute », dans le château de la Buzine était incompatible avec la loi de 1901.

Quid du spectacle Murmures de la cité, prévu à Moulins dans l’Allier, l’été dernier, et que certains avaient tenté de faire annuler en raison de liens supposés entre ses organisateurs et « l’extrême droite » ? Là encore, Libération ne s’était pas posé en défenseur de la création artistique. Au contraire, le journal avait publié une tribune appelant à « la vigilance » envers des œuvres historiques accusées d’imposer « une conception identitaire, raciste et fanatique de l’Occident chrétien »

La panique morale de la gauche culturelle

N’en déplaise à Libération, la « guerre culturelle » dénoncée à cor et à cri au moindre spectacle vantant un tant soit peu le patrimoine français est avant tout menée par la gauche. C’est cette dernière qui impose, avec grand succès et depuis plusieurs décennies, sa vision de l’Histoire et ses valeurs à travers l’Éducation nationale, le ministère de la Culture ou l’audiovisuel public. Elle s’offusque des quelques initiatives privées d’un Pierre-Édouard Stérin mais trouve parfaitement légitime que les spectacles militants d’un Patrick Boucheron soient financés avec l’argent du contribuable. Rappelons que c’est ce dernier qui était aux manettes de l’affreuse cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024, dont la réinterprétation de la Cène par des « queers » hante encore nos esprits.

Quant à Mohamed El Khatib, son engagement à gauche est un secret de polichinelle : Libération nous a ainsi appris que cet « ancien thésard en sociologie » a voté Mélenchon au premier tour de la présidentielle de 2017 et s’est abstenu au second. Entre deux créations rappelant ses racines « au bled » ou vantant les mérites de sa « vraie » France, le metteur en scène a, par ailleurs, trouvé un autre moyen de faire parler de lui, en septembre dernier. Il avait alors publié une offre d’emploi pour laquelle les candidats devaient être, « sans condition, pour la reconnaissance immédiate d’un État palestinien »… Une mention qui avait suscité l’ire légitime de nombreux Français. « Cette annonce est une discrimination illégale et inacceptable !, s’était alors ému Yonathan Arfi, président du CRIF. En rétablissant un délit d’opinion, le metteur en scène Mohamed El Khatib franchit toutes les lignes rouges. Il doit être poursuivi en Justice et ses soutiens publics doivent être résiliés. »
Évidemment, il n’en a rien été. Mohamed El Khatib a, depuis, continué d’être activement promu par la gauche. En août dernier, encore, Libération lui consacrait un élogieux portrait dans lequel l’artiste dénonçait… le racisme.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

52 commentaires

  1. le vent tournerait ? En 2025, c’est le projet de spectacle du 14 juillet à Rouen, proposé par Thomas Joly, l’autre diva LGBTIAQ+++ avec Boucheron, qui a été retoqué. La même folie des grandeurs – outre la même volonté déconstructiviste : à Rouen M. Joly estimait ses besoins à 11 millions d’euros, dont 5 millions de fonds d’Etat. Pourquoi se gêner quand on représente le camp du Bien ?

  2. Félicitation totale à Mr Pierre Dubreuil d’avoir refusé l’inacceptable car ces « gens » salissent la France et son histoire millénaire

  3. « Cette fin de non-recevoir […] fait le jeu de l’extrême droite qui tente de s’emparer du patrimoine pour en faire un récit mystificateur de la France. » Il y a comme un relent d’inversion accusatoire de la part de ce duo. Profiter de leur notoriété pour détourner à leur profit idéologique woke un pan de l’histoire de France sous prétexte de création artistique sur la même ligne que le spectacle affligeant et douloureux de la Cène lors des JO de Paris avec l’argent des millions de Chrétiens français croyants ou tout simplement attachés aux racines chétiennes de la France qui se sont sentis insultés. Et aujourd’hui c’est à nos racines historiques que ces autoproclamés artistes créateurs prétendent salir sans soucier de blesser les Français, toujours avec l’argent de Nicolas et de Julie, attachés à leur patrimoine mémorial. Comment peut-on être d’une telle écœurante indécence ?

  4. « Une victoire de l’extrême droite « ??? Non c’est une victoire du bon sens et de la volonté populaire, c’est a dire la majorité des français et la minorité gauchisée et décadente

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