La drôle d’enquête du parquet de Paris contre X : les experts sont-ils vraiment neutres ?
« Une enquête dont le résultat est prédéterminé n’est pas équitable. » Ce 21 juillet, X contre-attaque. Une dizaine de jours après l’annonce de l'ouverture d’une enquête par le parquet de Paris contre la plateforme d’Elon Musk pour « altération du fonctionnement d’un système de traitement automatisé de données en bande organisée et extraction frauduleuse d’informations » - autrement dit, pour manipulation volontaire d’un algorithme -, le réseau social refuse d’accéder aux demandes de la justice française. Pour se justifier, la plateforme insinue que l’enquête française est biaisée. En cause, le présumé recours à « plusieurs experts », chargés d’analyser l’algorithme, jugés partiaux par la direction de X qui nie toutes les accusations. Parmi ces experts, David Chavalarias, connu pour avoir dirigé une campagne de... dénigrement du réseau social d’Elon Musk en janvier dernier.
Une enquête « motivée par des considérations politiques »
Le 9 juillet dernier, la section cyber du parquet de Paris annonçait en effet l’ouverture d’une enquête contre le réseau social d’Elon Musk. Cette enquête fait suite à deux plaintes. La première, déposée par Eric Bothorel, député Renaissance des Côtes-d’Armor, soupçonne la plateforme de mettre en danger la démocratie et de favoriser les ingérences étrangères. Le second signalement accuse X de favoriser massivement les « contenus haineux, racistes, anti LGBT, homophobes ». Confiée à la direction générale de la gendarmerie nationale, cette enquête doit maintenant analyser l’algorithme du réseau social. Les autorités françaises ont donc demandé à X un accès à cet algorithme et souhaitent le faire étudier par des experts. Mais la plateforme d’Elon Musk, qui dénonce « une enquête pénale motivée par des considérations politiques », refuse d’accéder à la demande de la justice française. Selon X, la justice française entendrait faire analyser cet algorithme par « plusieurs experts », dont certains se sont fait remarquer pour leur hostilité envers Elon Musk. « L’implication de ces personnes soulève de sérieuses inquiétudes quant à l’impartialité, l’équité et les motivations politiques de cette enquête », dénonce la plateforme qui regrette « une application détournée du droit français afin de servir un agenda politique ».
French authorities have launched a politically-motivated criminal investigation into X over the alleged manipulation of its algorithm and alleged “fraudulent data extraction.” X categorically denies these allegations.
This investigation, instigated by French politician Eric…
— Global Government Affairs (@GlobalAffairs) July 21, 2025
Dans son communiqué diffusé début juillet, le parquet précisait effectivement avoir étudié des « contributions de chercheurs français », sans toutefois donner de noms. Contacté pour confirmer son implication, David Chavalarias n’a pas encore donné suite à nos sollicitations.
Un chercheur contre Musk et Bolloré
Or, selon X, parmi les experts missionnés pour décrypter l’algorithme du réseau social, figurerait notamment David Chavalarias, un chercheur du CNRS qui en janvier dernier s'était illustré en prenant la tête de la campagne de dénigrement lancée contre la plateforme d’Elon Musk. Alors que se profilait l’investiture de Donald Trump, proche de l’actionnaire principal de Tesla, David Chavalarias peaufinait les derniers détails de sa plateforme « HelloQuitteX ». Objectif : aider les internautes à déserter X qui serait devenu un lieu de « désinformation ». « HelloQuitteX », devenu « Escape-X », propose à ses utilisateurs de migrer leurs données de X vers des « réseaux sociaux plus compatibles avec les principes du débat public. » A noter que, malgré l’importante communication autour de ce projet, plusieurs personnalités ont fini par revenir sur X. Pour promouvoir sa plateforme, le chercheur du CNRS n’a alors pas hésité à qualifier X de plateforme « toxique ». Un point de vue loin d’être impartial…
David Chavalarias ne s'est pas contenté de diriger le mouvement « HelloQuitteX ». Le chercheur a également publié un essai, Elon Musk en 50 tweets (Seuil), dans lequel il entend décrypter la psyché politique du milliardaire. Inutile de le préciser, l’ouvrage ne se veut pas flatteur, au contraire. Selon Les Inrocks, le mathématicien, chouchou de Radio France, entend ainsi avertir sur la prétendue « ambition totalitaire » d’Elon Musk. Mais le milliardaire américain n’est pas l'unique cible du chercheur au CNRS. Au mois d’avril, David Chavalarias participait ainsi à une émission sur France Inter contre Vincent Bolloré. Il n’hésitait pas alors à sous-entendre que les médias du milliardaire breton participaient à « propager la désinformation ». En toute impartialité.
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23 commentaires
De l’aveu même de Zuckerberg, concurrent de X avec Facebook, c’est le fonctionnement actuel de X qui est le plus démocratique puisqu’il n’applique quasiment plus de censure. Ce qui n’était pas le cas de Twitter (jusqu’au rachat par Elon Musk) et de Facebook (jusqu’à l’élection de Trump). Cette « enquête » est une nouvelle fois politique et ressemble plutôt à un procès stalinien.