J.D. Vance soutient Viktor Orbán et affirme son statut de présidentiable

Pour le vice-président américain, une visite en Hongrie tombe à pic pour sortir du bourbier iranien.
Capture d'écran M1 - Híradó
Capture d'écran M1 - Híradó

Le 7 avril, le vice-président américain a atterri en Hongrie. J.D. Vance est en mission. À cinq jours des élections législatives, il est venu assurer de son soutien un Viktor Orbán en difficulté persistante dans les sondages, distancé d’une dizaine de points par le libéral européiste Peter Magyar, son principal opposant.

En Hongrie, J.D. Vance respire à nouveau

Le Premier ministre hongrois aurait sans doute espéré la venue de Donald Trump, mais l’actualité iranienne en a décidé autrement. Partisan de la négociation plutôt que de l’épreuve de force avec Téhéran, J.D. Vance avait, un temps, été missionné par Donald Trump pour inciter les mollahs à s’asseoir à la table des négociations, aux côtés du secrétaire d’État Marc Rubio. Un rôle très inconfortable pour le vice-président américain, contraint d’afficher un soutien contre-nature au choix de la Maison-Blanche de frappes militaires incessantes sur l’Iran. Son envol pour Budapest a donc été pour lui un bol d’air, même s’il coïncide avec un cessez-le-feu de deux semaines conclu avec les Iraniens.

À Budapest, J.D. Vance a pu retrouver un positionnement plus conforme et cohérent avec sa ligne et avec le discours qui avait été le sien à Munich, en février 2025. « Les bureaucrates de Bruxelles tentent de détruire la Hongrie » a-t-il déclaré, lors d’une allocution en duo avec le Premier ministre hongrois. Entre les États-Unis de Trump et J.D. Vance et la Hongrie de Viktor Orbán, le climat est au beau fixe, et le vice-président américain a notamment tenu à rappeler leur vision commune sur les politiques migratoires, familiales et énergétiques.

Pour J.D. Vance, qui s’annonce, même s’il évite de le dire, comme un candidat à la présidence pour 2028, le chemin est semé d’embûches. Il lui faut, pour l’instant du moins, emprunter sans déraper une ligne de crête aussi glissante qu’étroite. Vis-à-vis de Donald Trump, il lui faut se montrer loyal (le « patron » est susceptible), tout en affirmant sa personnalité et une certaine différence. Sur cette question, soutenir Viktor Orbán et les autres patriotes européens est bien plus positif et moins risqué pour son image de présidentiable (même si le Premier ministre hongrois perd les élections du 12 avril) que de naviguer entre les barbelés dans le conflit avec l’Iran.

Mais J.D. Vance doit aussi séduire et convaincre, et en premier lieu au sein d’un camp républicain divisé. Il ne manque pas de soutiens, à commencer par Turning Point USA, l’association que dirigeait Charlie Kirk, assassiné par un extrémiste de gauche en septembre 2025.

S’affirmer face au lisse trumpiste Marc Rubio

Son profil d’intellectuel et ses convictions religieuses sont à la fois un atout et un handicap face à Marc Rubio, considéré comme un trumpiste fidèle, bien qu’un peu lisse, et rendu populaire par la capture du président Maduro. Mais si ce dernier semble plus consensuel au sein des républicains, J.D. Vance mène la danse dans les sondages, même si la crise iranienne a quelque peu érodé sa popularité.

Son ralliement tardif à Donald Trump ne semble pas trop lui porter préjudice, mais il est sans doute trop tôt pour juger de l’impact que pourra avoir sa candidature, du fait même de la réserve à laquelle il doit se contraindre pour l’instant. Patient, il sait qu’il lui faut attendre les midterms (élections partielles de l’automne prochain) avant de sortir progressivement du bois.

Sans préjuger de ce qu’en penseront les Américains, J.D. Vance aura de quoi construire sa propre candidature. L’énorme succès de librairie de son livre autobiographique, Hillbilly Elegy: A Memoir of a Family and Culture in Crisis (Une famille américaine. De la grande pauvreté aux ors de la Maison-Blanche, version française aux Éditions Globe), en est un bon présage. Ce dernier vient d'annoncer par ailleurs la sortie de son prochain livre témoignant de sa conversion au catholicisme.

Incarner autrement le rêve américain

Se démarquant des paillettes et de la brutalité souvent vulgaire du self-made man milliardaire Donald Trump, J.D. Vance propose un parcours à succès, commencé à Middletown, ville ouvrière de Blancs déclassés dans un Ohio désindustrialisé. Il a évolué dans cet univers pauvre et ravagé par la drogue, comme l’a été sa mère. Son ascension au sein des républicains, sa conversion au catholicisme et son ralliement à Trump en ont fait un potentiel présidentiable. Une frange « ultra » des républicains lui reproche certes de s’être marié à une femme non blanche et d’avoir des enfants métis. Mais cet ancien marine ayant servi en Irak ne manque pas d’atouts pour convaincre qu’il peut incarner, autrement, l’histoire « MAGA » (Make America Great Again) ; bref, la continuation d’un rêve américain.

Ce mercredi soir, on apprend que J.D. Vance conduira une délégation américaine au Pakistan pour entamer des discussions avec l'Iran, samedi prochain. L'occasion, pour le vice-président américain, de renforcer sa stature internationale.

 

Vos commentaires

3 commentaires

  1. Je préfère Ron DeSantis à JD Vance. Il est beaucoup plus constant dans ses convictions. L’actuel vice président américain me semble davantage un opportuniste qui tourne sa veste selon la tendance. Et le gouverneur de Floride est pro-Israël, contrairement à l’élu de l’Ohio.

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