Interdiction de fumer sur les plages : la fronde des maires balnéaires
Depuis ce dimanche 29 juin, certains lieux sont officiellement interdits à la cigarette. Une « extension » des espaces non fumeurs, selon le gouvernement, qui préfère éviter le terme de « nouvelle loi ». Si les abords des écoles touchés par cette interdiction font consensus, les parcs et les plages posent plus de difficultés, car la directive ressemble surtout à un signal politique envoyé depuis Paris, sans se soucier des réalités locales. Rien d’étonnant, donc, à ce qu’une fronde discrète mais assumée soit née chez certains élus lassés d’être transformés en auxiliaires de la vertu.
Ni moyens ni envie
Puisqu’il ne s’agit pas d’une nouvelle loi, mais de l'élargissement d’un cadre existant, les communes n’ont qu’à s’adapter. À elles, donc, de financer l’impression des affichettes, d’organiser le contrôle et d’assumer les tensions qui pourraient en résulter. Selon les estimations du gouvernement, la mise en place de la signalétique coûterait 150.000 euros par commune sur deux ans. La décision est nationale, mais la charge est bel et bien locale.
Sur le terrain, les maires balnéaires ne s’y trompent pas. Faute de conviction, certains refusent d’obéir. À Névez, Dominique Guillou s’étrangle, dans les colonnes du Télégramme : « Je vais mobiliser mes deux policiers municipaux pour mettre des amendes à des gens en vacances ? J’hallucine ! » L’élu parle d’une « décision hors-sol, inapplicable », et ironise : « Même en le voulant, on ne peut pas surveiller tant d’espaces. Après, si l’État veut envoyer un escadron de gendarmerie… »
Sur l’île de Ré, la même exaspération domine. Lina Besnier, maire de La Flotte, l’affirme dans Le Phare de Ré : « La plage est un espace de liberté. Je ne donnerai pas la consigne à ma police municipale d’aller embêter les gens, même lors de ses rondes. » À Sainte-Marie-de-Ré, Gisèle Vergnon souligne à son tour, dans le quotidien local, l’absurdité de la tâche : « Mobiliser notre police municipale sur plus de sept kilomètres de plage me semble difficilement réalisable. » Alain Pochon, maire des Portes, est catégorique. Pour lui, « c’est mission impossible ».
Une police municipale déjà surchargée
Au-delà de l’impossibilité matérielle, c’est la priorité même de cette mobilisation qui exaspère. « La police municipale a plus important à faire », tacle Lina Besnier. Même constat à Névez, où Dominique Guillou rappelle qu’il a « d’autres priorités durant l’été dans [s]a commune touristique ». Alors que ces dernières gèrent déjà la sécurité, le stationnement, la circulation des camping-cars ou la propreté, on voudrait encore leur faire porter la dernière lubie sanitaire du moment.
Au micro de RMC, ce jeudi 30 juin, un policier municipal venait appuyer ces critiques : « On a du trafic, des émeutes et des agressions… et on nous pond ça. On a autre chose à faire que ça. » Et d'ajouter ce qu'affirment les maires en demi-teinte : « J’en ai marre, de taper sur le bon Français qui fume sa clope », alors qu'à côté, certains « foutent le bor*el ».
Interdiction de fumer à la plage, dans les parcs, etc. Pourquoi pas les terrasses ?
Laurent, policier municipal : "On a du trafic, des émeutes et des agressions... et on nous pond ça. On a autre chose à faire que ça. J'en ai marre de taper sur le bon français."#GGRMC pic.twitter.com/bczg85BPCh
— Les Grandes Gueules (@GG_RMC) June 30, 2025
La chasse aux libertés ordinaires
« Une liberté de plus en extérieur » qui disparaît, dénonce encore Dominique Guillou, qui craint « un ras-le-bol face aux libertés qui se limitent ». Après les zones sans voitures, les zones sans barbecue, les zones sans bruit, voici les zones sans cigarette. L’espace public devient un territoire sous surveillance, sans plaisir ni liberté, mais avec l’État sur le dos. Pour le « ras-le-bol », ne vous en faites pas, il est déjà là.
L’absurde atteint son sommet quand les maires hostiles à la mesure tiennent tout de même à en marquer les contours. À Ars-en-Ré, on retire les cendriers pour signifier une interdiction que personne ne compte faire respecter. L’opération propreté vire ainsi à la farce. Et pendant que la réglementation s’empile, déconnectée des réalités, ce sont les élus de terrain qui doivent en assumer les conséquences.
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81 commentaires
Voilas encore un enfumage de plus et sa marche on oublie la dette , l’es racailles , le budget l’essentiel est la clope à la plage !
Fumer tue et indispose parfois à plusieurs dizaines de mètres les non fumeurs. C’est un fait ! Alors ce genre de décision j’apprécie
Ce que je n’apprécie pas du tout c’est que la chasse aux consommateurs de drogues ne soit pas aussi claire. Peut-être que certains élus n’y sont pas favorables (consommateurs eux-mêmes ou parents de consommateurs???)
Du temps – lointain, hélas – de ma jeunesse, on fumait (du tabac, pas du cannabis…) sur les plages, mais, outre que la fréquentation était moindre, on demandait d’abord aux voisins immédiats si ça ne les dérangeait pas (sinon, on se bougeait les fesses pour aller fumer un peu plus loin), et on ramassait ses mégots (avec ou sans cendriers de poche fournis par la municipalité), qu’on jetait au passage dans l’une des poubelles qui bordaient les plages…
Et pendant ce temps là , la délinquance prospère !! On casse , on tue , on viole , on vole , mais on ne peut plus fumer dehors !!! Quelle autorité !!
Oui, mais les fumeurs, même en colère, n’iront pas mettre l’Elysée sans dessus dessous. « Emmerder les Français », c’est le propre de tous les gouvernements depuis 50 ans, résoudre les problèmes qui se posent à la Nation, c’est bien trop difficile, ils en sont incapables.
Le but étant de verbaliser le mec lambda qui fume sa clope et qui paie ses impôts et ses contravention piqué au radar à 81 kmh. Mais on va déplacer une école parce qu’il y a des dealers qui envahissent l’espace public et on va faire payer les habitants pour les dégâts causés par des émeutiers très proche des trafiquants de drogue. La France, le paradis des racailles et de ceux qui la haïssent.
L’essentiel pour la macronie c’est de verbaliser Nicolas , pour remplir les caisses de l’état , et en même temps pratiquer la gabegie comme jamais .
Ben oui Shoopy83, Macron a encore quelques voyages et visites de pays pour de petites vacances a faire aux frais de Nicolas pour les deux ans a venir, a moins qu’il ne s’en aille mais je n’y crois pas.
Ne dit-on pas en substance « qui se ressemble s’assemble » ? Et puis c’est tout de même plus confortable de faire de la répression sur les plages auprès d’honnêtes mères et pères de famille venus oublier leur différence quotidienne : on est à peu près certain que l’inacceptable pollueur, voire l’empoisonneur public, ne cache pas un couteau, ou une mitraillette, dans son slip de bain ou dans son bikini.
Une suggestion pour ces « maires balnéaires » :
Que ces derniers offrent aux fumeurs une espèce de « boîte cendrier » à jeter dans les poubelles à la sortie des plages…
Histoire d’éviter à ces terribles « non-fumeurs* », à poser par inadvertance la main, le pied, ou de ramasser les mégots des fumeurs avant d’étaler leur serviette sur le sable.
Sur le sable abandonné, coquillages et mégots usagés et abandonnés…
C’est pas très écologique de laisser traîner ses mégots sur la plage, il faut à la mer une éternité pour les digérer !
* dont je suis évidemment, n’ayant jamais fumé de la vie.
Il faudrait aussi que l’on précise ce qu’il reste de licite dans notre cher « vieux pays, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe » comme disait certain Dominique…
J’en viens à rêver de zones sans contraintes absurdes…
On n’en fait pas autant pour la fumette de shit, l’absorption de drogues criminelles et l’injection de drogues criminelles. Pour ne pas priver nos petits anges de leurs revenus indispensables à leur survie et dont une bonne partie part vers le Maghreb, tout particulièrement vers l’Algerie ?
Interdit , interdit, interdit
Obligatoire, obligatoire, obligatoire
J’ai l’impression que l’état dirige toute notre vie non ?
En tous cas il n’est pas encore interdit, apparemment, de sniffer un rail de coke sur la plage, ou de fumer un pétard heureusement ! les politiques et le show biz aussi vont à la plage
C’est fou ce qu’on peut pondre à Paris. Complètement absurde. De plus, puisque les cigarettes électroniques ne sont pas interdites, on a vraiment l’impression qu’ils en font la publicité. Conflit d’intérêts ? Allez savoir.
Quand on pense que ceux qui nous pondent ces lois liberticides crialent en 1968: il est interdit d’interdire !!
Je suis d’accord avec vous.
Cependant, je préconiserais une campagne de pub, afin d’apprendre aux fumeurs à ne plus laisser traîner leurs mégots partout, histoire de respecter les non-fumeurs.
Déconnexion totale madame Euthanasie voulait faire diversion.
Et pendant ce temps là, les salles de shoot ont le droit de cité même à proximité des écoles ! Comme disait André Pousse, j’ hallucine !!!
Mais alors les bobos à la plage ne pourront plus profiter de leur pétard ?
Ha, ha, ha.