Îles Matthew et Hunter : la France en pourparlers pour brader son territoire ultramarin
Depuis plusieurs décennies, deux petits îlots volcaniques au large du Pacifique, Matthew et Hunter, sont au cœur d’un contentieux latent entre la France et le Vanuatu. Ces îles, d’une superficie combinée d’environ 1,3 km2, se trouvent à quelque 300 km à l’est de la Nouvelle-Calédonie et au sud-est de l’archipel du Vanuatu. Pour la France, elles font partie intégrante de la Nouvelle-Calédonie, mais pour le Vanuatu, elles appartiennent à son territoire en vertu d’une propriété coutumière ancienne. Aujourd’hui, leur statut pourrait bien changer si la France, au cours des discussions actuelles avec le Vanuatu, acceptait de renoncer à ces petites îles qui lui confèrent pourtant une autorité sur près de 350.000 kilomètres carrés d’espaces stratégiques riches en ressources, notamment halieutiques.
Origine de la dispute
Les îlots Matthew et Hunter, inhabités, arides, sans eau douce ni population permanente, avaient peu d’intérêt stratégique, pendant la colonisation européenne du Pacifique, aux XVIIIe et XIXe siècles. Cependant, en 1929, la France a officiellement annexé les deux îles avant que le Royaume-Uni ne les revendique à son tour dans le cadre du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides. Lorsque la question de leur statut a ressurgi en 1965, la France et la Grande-Bretagne sont convenues de les rattacher à la Nouvelle-Calédonie plutôt qu’aux Nouvelles-Hébrides. Dans les années 1970, la France a ensuite installé une plaque de souveraineté sur les îlots afin de réaffirmer sa présence sur ces territoires.
À l’indépendance du Vanuatu en 1980, le nouvel État a immédiatement revendiqué les îles, affirmant un lien historique et culturel ancien entre les populations du sud de l’archipel et ces terres. En 1983, une mission vanuatuane menée par des chefs coutumiers a ainsi tenté de planter le drapeau du pays sur l’île Hunter pour matérialiser cette revendication.
Encore aujourd’hui, la souveraineté de ces îles demeure contestée. La situation est rendue plus complexe par le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste), qui a reconnu en 2009 puis en 2019 la souveraineté du Vanuatu sur ces îlots, affaiblissant de facto la position française locale.
À ce sujet — [POINT DE VUE] Requiem pour la Nouvelle-Calédonie
Les enjeux récents
Fin novembre 2025, une délégation française conduite par le diplomate Benoît Guidée s’est rendue à Port-Vila où s’est achevé, le 21 novembre, un premier cycle de négociations entre Paris et le Vanuatu portant sur la souveraineté des îles et la délimitation des espaces maritimes entre ce dernier et la Nouvelle-Calédonie. Cette rencontre fait suite à un engagement pris en juillet 2025 par Emmanuel Macron auprès du Premier ministre Jotham Napat, alors en visite en France, de rouvrir officiellement le dialogue sur ce dossier sensible.
Le Vanuatu a rappelé l’importance culturelle, religieuse et identitaire de ces îlots. Pour le vice-Premier ministre Johnny Koanapo, Matthew et Hunter « font partie du Vanuatu depuis des générations. Ils sont intrinsèquement liés au tissu religieux de notre nation, détenant une valeur sacrée et culturelle significative pour notre peuple. » Il a ajouté également qu’il s’agit d’« une responsabilité face à la privation culturelle et économique subie par notre population, dont l’héritage perdure aujourd’hui », soulignant « l’obligation morale de défendre les droits des communautés autochtones » profondément attachées à ces terres. À l’issue de ce premier échange, un nouveau rendez-vous a été programmé en France, début 2026, afin de poursuivre le dialogue.
Que perdrait la France ?
Si les négociations aboutissent à un accord reconnaissant la souveraineté du Vanuatu sur Matthew et Hunter, la France perdra alors la maîtrise d’un territoire historiquement rattaché à la Nouvelle-Calédonie. Elle renoncerait, surtout, aux droits associés à la mer : une vaste zone économique exclusive, source de nombreux revenus, la capacité d’exploiter les ressources marines locales et, également, un levier diplomatique qui, loin d’être marginal, joue un rôle essentiel dans sa présence stratégique dans le Pacifique.
Un changement de statut pour ces îles constituerait également un tournant symbolique majeur : un recul territorial de la France face à un autre État pourrait encourager d’autres revendications et fragiliser la position française, tant à l’international que dans ses propres territoires ultramarins. Une telle évolution pourrait avoir des répercussions en Nouvelle-Calédonie, où les tensions indépendantistes, encore vives, comme l’ont montré les émeutes de 2024, pourraient être ravivées par l’idée d’un affaiblissement du pouvoir français. Elle créerait aussi un précédent susceptible de renforcer d’autres contestations territoriales, notamment autour de Mayotte, qui fait régulièrement l’objet de revendications de la part des Comores.
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70 commentaires
Le territoire de ses îles serait « source de nombreux revenus « . On aurait aimer savoir combien. Parmi les nombreux revenus, on fait payer les visiteurs étrangers qui attachent un grand prix religieux à ces îlots ? D’où vient leur valeur religieuse ? Ces îlots sont paradisiaques ou un cimetière? La France a défiguré la culture locale sur ces îlots comme en Afrique ?
Ces îles ne sont pas françaises! Il faut arrêter avec ce cirque sur les ressources halieutiques! Des milliers de kilomètres carrés de mer qui ne servent absolument à rien! L’idéal serait de donner l’indépendance à la Nouvelle-Calédonie et aux territoires d’Océanie en même temps et de s’occuper de la France.
Ce n’est qu’une question de temps. Pour prétendre avoir juridiction sur un territoire il faut l’occuper physiquement. Il faut une grande majorité de citoyens de la métropole sur place en permanence. Le fait que ces îles ne sont même pas habitées rend malheureusement leur revendication par la France illusoire.
Ces îlots ont ils été habités ?
Est ce bien sérieux de vouloir les habiter?
le fait que ces deux ilôts soient inoccupés doit donc valider la revendication du vanuatu ?
Mais elles ne sont pas davantage habitées par des citoyens du Vanuatu !
La France y entretient (entretenait?) une section du RIMaP NC en permanence.
Les gouvernements et les présidents successifs ont rendu notre pays pas respectable et pietinable (l’Algérie, l’Allemagne, l’Europe…). Chaque pays donc vient essayer de grappiller une partie de notre territoire sans complexe et c’est une honte. Votons RN et faisons barrage aux partis décharges public!
Ces îlots ont ils été habités ?
Est ce bien sérieux de vouloir les habiter?
Macron est capable de livrer ces ilots au Vanuatu pour nuire à la France, comme il est capable de livrer la Nouvelle Calédonie aux canaks.
Un pays qui défend sa culture, ses racines religieuses, son héritage historique, des idées que respecte notre Président pour peut que cela ne s’applique pas à la France. Une loi devrait interdir de céder quelque partie que ce soit du territoire français.
Alors pour Mayotte je valide totalement. Qu on la donne aux Comores et qu on arrête de perdre notre argent là-bas.
Des hôpitaux pour le Poitou, pas pour Mamoudzou.
Vous semblez complètement méconnaître le sujet : Mayotte et La Réunion sont les DOM qui sont le plus français dans le coeur (probablement plus que la Corse) et qui ne considèrent pas la métropole comme un « carnet de chèque sur pattes » mais bien comme leur Patrie. Le problème de Mayotte, ce ne sont pas les Mahorais, mais les Comoriens que l’Etat laisse entrer sans aucun contrôle.
Avec ce discours on aurait gardé toutes nos anciennes colonies et on serait encore plus ruinés!
Que nous rapporte Mayotte concrètement ?
D’ailleurs Mayotte et la Réunion n’ont rien à voir, ne serait-ce qu’ethniquement, culturellement et religieusement.
Et demandez à des réunionnais ce qu’ils pensent des mahorais et de leurs cousins comoriens qui arrivent même jusque dans les logements sociaux de la Réunion!
Quand on n’est plus capable de tenir son rang de puissance économique sérieuse, on redescend sur Terre et on se recentre sur les fondamentaux.
Il n’y a rien à donner mis à part renvoyer aux Comores leurs ressortissants qu’ils sont incapables de garder et qu’on est incapable de gérer vu la valeur de notre gouvernement de lavettes. Si on les met hors de Mayotte, ça donnera des hôpitaux et pas que pour le Poitou.
Très bien dit, Benny !
La conclusion « Elle créerait aussi un précédent susceptible de renforcer d’autres contestations territoriales, notamment autour de Mayotte, qui fait régulièrement l’objet de revendications de la part des Comores » me fait dire que ce serait TRES bénéfique de « refiler » Mayotte aux Comores ! …
S’il y a un « cailloux » qu’il faut se débarrasser c’est bien Mayotte ! …
Sympa pour les Mahorais !!!! Mayotte, avec La Réunion et St Pierre & M., sont probablement les DOM qui sont les plus « français de coeur » (probablement plus que la Corse) et qui ne considèrent pas la métropole comme un « carnet de chèque sur pattes » mais bien comme leur Patrie. Le problème de Mayotte, ce ne sont pas les Mahorais, mais les Comoriens que l’Etat laisse entrer sans aucun contrôle
J’ai vécu à la Réunion …
Mayotte n’a JAMAIS « aimé la FRANCE » à part les aides sociales déversées sans fin ! …
Débarrassé nous des îles habitées, et gardons les territoires déserts car les premiers coûtent alors que les seconds rapportent de « nombreux revenus »?
« … ont convenu… » SONT CONVENUES
Le Vanuatu, combien de divisions ?
j’allais le dire !
N’est-il pas inscrit dans La Constitution que le Président de la République est garant de l’intégrité du territoire national ?
Pendant le quinquennat la braderie continue.
Parce que vous croyez que Macron a du respect pour la Constitution ?
Rien ne m’étonnes d’Emmanuel Macron, dessous de table en perspective?
Oui, combien va t’on donner à Vanuatu pour nous décharger de l’entretien de ce territoire maritime ?
la macronie brade notre pays avec la bénédiction de l’umps
Quid de l’ile Europa située dans le détroit du Mozambique.
Située au sud ouest de mayotte .
Au large entre le Mozambique et Madagascar.
Cette île de 20 km² inhabitée serait riche en pétrole dans ses eaux territoriales.
Madagascar revendique cette île.
Actuellement française
Que fait la France pour concrétiser cette revendication?
La seule dimension planétaire que nous conservons réside dans notre domaine maritime de plus de 10 millions de km², le second après celui des États-Unis.
Et nous n’avons pas les moyens de surveiller nos frontières terrestres et maritimes .
Bien sûr qu’on a les moyens mais il faudrait déjà se débarrasser d’une bonne partie de députés, sénateurs et autre conseil constitutionnel qui se renvoient la balle pour finalement ne rien faire mais comme la soupe est bonne… Nous avions les moyens mais nous avons troqué nos douaniers contre des migrants et c’est très simple de faire demi-tour.
PIB 2024 Etats Unis 26 185 mds dollars
PIB 2024 France 2 830 mds dollars
La France a un très beau domaine maritime et un océan de dettes. Il y a peut être un lien entre les deux. Le domaine est il au moins bien entretenu ?