Fromages vegan : notre patrimoine culinaire en danger

Tout n'est qu'ersatz à base de cajou et de noix de coco, produits importés d’Asie du Sud-Est et d'Inde.
Photo de cottonbro studio: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/assiette-en-tranches-cubes-photo-de-nourriture-6805775/
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Deux millions d’euros : c’est le financement trouvé par la marque Jay & Joy « pour démocratiser la fromagerie végétale en France et en Europe ». En termes moins galants : pour vendre aux Français des fromages sans lait. Des « fauxmages », comme disent les vegan — quel aveu !

On connaissait le steack végétal. On connaissait, aussi, le chocolat sans cacao. Une problématique pas spécialement vegan mais qui « permet de réduire notre empreinte carbone de 80 % », explique la chocolaterie Abtey. Cette marque a remplacé le cacao par des graines de tournesol et de pépins de raisin… « tout en restant fidèle à son héritage ! » Les dénominations n’ont plus de sens, les mots non plus.

Noix de cajou et lait de coco

Moins incriminé que la viande — viande saignante et barbecue sont assimilés au masculinisme —, le fromage serait pourtant un vrai tueur d’environnement. Consommation d’eau et production de méthane liées à l’élevage rendraient le chèvre et le camembert plus désastreux pour Mère Nature que le porc et le poulet. Et - facteur aggravant aux yeux des vegan - les vaches et les biquettes sont exploitées, traites et maltraitées.

Pour préparer du fauxmage, prenez « de la cajou, de l'amande, de l'eau et du lait de coco ». Mélangez. Étalez la pâte. Affinez. Vous obtenez un ersatz de roquefort. Henri Pourrat serait bien surpris ! L’écrivain a écrit un fort beau livre, L'Aventure de Roquefort, publié à Roquefort même en 1955. Il y chante l’alchimie du lait et des caves, l’observation et la patience humaines et, à l’arrivée, un produit absolument unique. Lié à un lieu. L'inverse d'un ersatz à base de cajou et de noix de coco, produits importés d’Asie du Sud-Est et d’Inde.

Prénoms old school sur l'emballage

Mozza sans mozza, cheddar sans cheddar, emmental sans emmental… Vous avez compris le principe d'une fauxmagerie. L’incontournable bûchette façon chèvre est là aussi. Sans surprise, faite « de noix de cajou, de lait de coco et d’amandes ». La composition du faux fromage râpé est plus originale, un assemblage « de lait de coco, d'amidon de pomme de terre, de tapioca, de protéines de pois et de curcuma ».

Ce faux râpé s’appelle le « Juliette ». Une alternative au maroilles s’appelle le « Jean-Jacques ». Sans doute pour remédier au total manque d’identité de ses produits, la marque Joy & Jay les a baptisés de prénoms qu’elle imagine nostalgiques, vieille France. On trouve ainsi deux ersatz de camembert : le « Albert » et le « Joséphine », pour lequel il est précisé, qu’« il ne pourra en aucun cas remplacer avec exactitude les propriétés intrinsèques, nutritionnelles ou organoleptiques du fromage conventionnel ». L’aveu se fait à mi-voix, en petits caractères, comme il est d’usage dans certaines pratiques commerciales.

Curieuses valeurs du succédané

En résumé, vous pouvez manger un faux steack fait de farine de riz et de farine de haricots, l’accompagner de pâtes vegan faites de farine de riz et de maïs et saupoudrer ces pâtes d’un faux râpé à base d’amidon de pomme de terre. Servi avec un grande verre de vin vegan, pour faire passer toute cette farine. Puis une part de Jean-Jacques… Vous reprendrez bien du fauxmage ? Oui, je sais, on ne repasse pas le fromage. Mais justement, ça n’en est pas.

L’ersatz est un procédé qui a longtemps été réservé aux temps de guerre, lorsqu’il fallait suppléer aux défauts d’approvisionnement. Il s’est généralisé avec la grande consommation, imitant à bas prix un produit coûteux. Le véganisme se l’approprie. Curieuses valeurs, que celles du véganisme : l'éthique et l'authentique établis sur le principe du succédané. Cela fonctionne : le marché vegan est en pleine ascension. À l’encontre du goût, de nos traditions fermières et culinaires… On y songe moins qu’aux églises et aux châteaux, mais nos fromages font partie du patrimoine. Comme tels, ils doivent être défendus.

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

50 commentaires

  1. Les vegans sont la plupart du temps des citadins qui ne sauraient même pas faire pousser des patates! De plus ils se prennent pour des gens de la nature alors que la seule nature qu’ils voient c’est un parc moisi avec des pigeons unijambistes…quels tristes reliques de l’humanité et en plus ils votent à gauche, donc même pas une once d’esprit de survie.

  2. Quand l’alimentaire devient idéologie, on touche le fond de l’abîme biobiottant.
    Peut-on trouver un excuse à ces incultes qui ne sont pas capables de reconnaitre une carotte d’un poireau. Victimes des fabricants de « bouffe » qui se sont emparés de ce « marché », les gogos vegan s’empiffrent de produits de synthèse hautement transformés.
    Pois-chiches et lentilles- des graines « naturelles », sont à la base de la majorité des produits vegan. Près de 40 composants synthétiques différents sont extraits de ces graines, et « réassemblés » à l’aide de liants chimiques, dans des proportions variables pour « donner » de la viande ou des aliments labellisées vegan.
    Faut-il que ces oisifs sans problème, ni d’argent, ni de sécurité, ni de loisirs, aient du temps à perdre!

  3. J’ai une pensée pour Jean Pierre Coffe. Je l’entends tonner de la haut « Mais qu’attendez vous pour f…. toute cette m….. à l’égout » Salut Jean Pierre ! Nous prions pour toi … et pour la France ! Le fromage c’est un pilier de l’identité française. Une victoire de l’Agriculture française.

  4. Merci de rappeler que l’on ne « repasse » pas le fromage…Un peu d’éducation, ça fait du bien. Mais malheureusement, « Tout fout le camps ». PS; certains se demanderont sans doute ce que veut dire « repasser » en ce qui con-cerne le fromage…HiHiHi…

  5. 1 =  » pâtes vegan ». Toutes les pâtes sont végan, non?
    2 = pour moi qui suis allergique aux protéines de lait et de viandes (hélas je suis française habitant en france), je suis heureuse de pouvoir manger un substitut de viande, car, même si je mange des œufs et du poisson de temps en temps (je suis végétarienne la plupart du temps) , il me faut des protéines. En effet un humain est omnivore , car il ne peut pas se passer de certains acides aminés essentiels qui se trouvent dans protéines animales.

    De fait, depuis toute petite, je n’aime ni le fromage, ni le lait, ni la viande (un enfant se rend compte que certains produits qui’l mange le rendent malade!) et je devais avoir des compléments alimentaires régulièrement.

    Depuis que je mange ces substitus, je vais bien.

    Il est vrai que je me fiche du nom employé = saucisses, steaks ou autres! je mange mes croquettes, et mon pâté végétal sans complexes. Tout en laissant mon mari manger son vrai steak et son vrai pâté.

    Un peu de tolérances ferait du bien à tout le monde. D’autant que je mange du soja français!

    • Tolérance n’est pas le mot. Le mot c’est respect. Nous vous respectons. Nous comprenons les contraintes alimentaires que vous imposent vos allergies. Oserions nous employer les mots pathologie ou maladie ? Car le traitement d’une allergie relève de la médecine et dans ce certains cas de traitements et de restrictions alimentaires spécifiques..
      Mais le problème n’est pas là !
      Le problème c’est quand une MINORITE, ici les Végans, qui n’a même pas les problèmes de santé que vous évoquez VEUT IMPOSER SES VUES ET DICTER SA LOI à la majorité …. et pousse son agenda IDEOLOGIQUE en commençant par la VICTIMISATION.. Avant que certains ne se mettent à attaquer violemment les boucheries, les crèmeries ou les élevages.
      Et c’est en cela que la revendication d' »un peu de tolérance » me semble suspecte.
      Cette revendication tend à dire que ceux qui sans le savoir mangent comme ils ont toujours mangé seraient INTOLERANTS ou pourraient l’être. Ce mécanisme nous le connaissons par cœur : c’est celui de l’islamo phobie, de l’homophobie et de toutes les autres phobies. Et de toutes les luttes « intersectionnelles ».
      Regardez comme vous êtes méchants ! Alors que nous sommes si bons, pour l’égalité, la paix, la tolérance, le vive ensemble, la sauvegarde la planète, le respect des croyances, etc. etc.

    • Tara, vous n’êtes pas végétarienne puisque vous mangez du poisson.
      Quant aux pâtes, si elles sont aux oeufs, elles ne sont en aucun cas vegan.
      Chacun a encore le droit de choisir son alimentation mais doit se garder de tout prosélytisme.
      De même, il n’est pas nécessaire, sous couvert d’Audiart, de traiter de cons ceux qui ne mangent pas comme nous.

  6. Pour fabriquer ce faux fromage, combien de litres d’eau nécessaire pour les plantes, combien de litres de pétrole nécessaire pour les usines et pour produire et pour teansporter d un lointain pays.. ceci les écolos ne le calculent pas. A la instar des voitures électriques. Pollution pour fabriquer les batteries..maus bon..la parole d un ecolo double d un vegan ne peux être contrarié par la verité

  7. J’ai tenté le steack végétal, c’est dés***, jamais plus jamais.
    Remplacez le beurre par de la margarine, c’est incompatible et très différent, c’est autre chose, le beurre est irremplaçable sauf que la margarine a eu son utilité dans un temps ou le beurre était une denrée cher.
    On ne peux faire avec la margarine ce que l’on fait avec le beurre, cuire un filet de poisson avec la margarine, le mauvais résultat est attendu.

    • Vous ne savez pas cuisiner?
      Et tout dépend de la margarine utilisée.
      Comme je l’ai dit dans mon commentaire général (avec des fautes de frappes dont la correction a été oubliée, pardon) , je suis quasi végétarienne (5 à 6 jours sur 7).
      je sais donc lire les étiquettes (sinon, je suis malade, avec crises d’asthmes). Et je puis vous dire qu’il y a des margarines qui peuvent contenir des protéines de lait. J’en ai cependant utilisé une fois (j’avais mal lu l’étiquette!). Elles sont inutilisables, car en se réchauffant, il y a une sorte de liquide, comme une sorte de sérum, qui en sort et on ne peut rien faire cuire avec et ce n’est pas bon.
      Ceci dit, on peut faire la cuisine avec de l’huile d’olives aussi!

    • C’est quoi Framage ? Du fromage français ?
      J’adore l’odeur du Munster , du Pont l’Evêque , du Maroille , Livarot. Je n’en fais pas mon repas de tous les jours mais j’aime le parfum particulier’qu’ils dégagent . Certains disent qu’ils puent moi je dirait qu’ils sentent fort
      Et je fais la différence entre plusieurs odeurs fortes que je n’associe pas nécessairement quelque chose de bon au contraire du fromage et on n’attend pas du fromage qu’il sente autre chose que le fromage.
      Hors depuis l’UE on tente d’adapter le goût des gens à des ersatz du vrai fromage , Déjà en pasteurisant , ou plus insidieusement encore , en désectorisant la production .
      Par exemple , du Brie de Meaux produit dans le 55 ne devrait pas être considérer comme une appellation controlée.
      Je l’ai goûté et bien cela n’a pas le goût du vrai Brie de Meaux, de Coulommiers ou de Melun . Rien à voir ! Et cela risque en plus de provoquer le contraire de l’effet recherché, c’est à dire que les gens vont se dire : « c’est çà le Brie dont on nous vante le goût subtil ?  »
      Quand au camembert pasteurisé même si il n’est pas mauvais dans sa version pasteurisée mais ce n’est pas du vrai camembert et il pourrait tout aussi bien être produit en Ukraine ou ailleurs dans le monde et nous être réimporté.L’horreur économique , quoi !

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