Faudrait-il sauver France Culture d’une privatisation ?
Resterait-il quelque chose à sauver, dans le paquebot de Radio France ? C’est en tout cas ce que certains semblent croire : France Culture serait nécessaire pour transmettre un savoir impartial et neutre au milieu de notre actualité polarisée et fourmillante de « fake news » à « débunker ». Angélisme ou naïveté, France Culture n’échappe pourtant pas à la règle et sa ligne éditoriale serait même encore plus pernicieuse, puisque c’est en se nimbant d’une aura scientifique et donc, par essence, sans parti pris que la radio distille sa doxa bien-pensante. C’est ainsi que, sous couvert d’une haute question philosophique - « Peut-on se réjouir de la mort de quelqu’un ? » -, voilà Jean-Marie Le Pen et Charlie Kirk mis sur le même plan qu’Oussama ben Laden : il faut vraiment n’avoir honte de rien !
Donc sans aucune honte @radiofrance @franceculture met sur le même plan Jean-Marie Le Pen, Charlie Kirk et … Oussama Ben Laden ? https://t.co/3pdJuIYpNr pic.twitter.com/857Mra789M
— Victoire Riquetti (@VicRiquetti) October 17, 2025
La déconstruction comme ligne éditoriale
Pourtant, pour sa rentrée, France Culture nous avait promis la lune : « Alors que l’actualité s’emballe et que les certitudes vacillent, France Culture aide toutes et tous à décrypter le réel pour appréhender le monde. Cette exigence d’éclairer, de questionner et de raconter anime notre projet éditorial, entre information rigoureuse, débats passionnés, savoirs vivants et récits puissants. » Il y avait là de quoi se réjouir sincèrement, pour le contribuable : son argent serait employé au bien commun, au débat des idées, à la diffusion du savoir. Alors, depuis ces grandes annonces, Nicolas en a-t-il pour son argent ? Rien n’est moins sûr ! Il n’est même pas nécessaire, d’ailleurs, de fouiller bien loin : les dernières émissions proposées en podcast [baladodiffusion, NDLR] sont un florilège de ce que peut offrir de meilleur l’idéologie de la déconstruction. Digne Héritière des Cultural Studies, France Culture offre à ses auditeurs un véritable militantisme académique sous couvert d’analyse et de décryptage.
Ainsi, dans sa série « Écrire l’Histoire de France, mode d’emploi », deux historiens, Patrick Boucheron et Gérard Noiriel, vous décrivent « l’histoire d’un pays pluriel qui n’a ni identité figée ni origine commune », et dans cette émission, Patrick Boucheron présente un ouvrage formidable concocté « avec près de 149 historiennes et historiens » qui « prônent une conception pluraliste de l’Histoire en réponse à "l’étrécissement identitaire" qui domine aujourd’hui le débat public ». Voilà qui est clair, vous ne pourrez pas dire que vous n’étiez pas prévenus ! Christophe Colomb n’est pas épargné, lui non plus : « L'un des personnages les plus mythifiés de l'Histoire occidentale a longtemps bénéficié de son aura de grand navigateur, au détriment de l'homme colonisateur, ayant soif d'or et d'épices, pratiquant l'esclavage, massacrant les Indiens... » On vous a dit déconstruction, rien n’échappe au bulldozer France Culture.
Un relativisme dogmatique
En 2024, Le Figaro Magazine, en s’appuyant sur une étude de l’Institut Thomas More, avait déjà dénoncé ce parti pris idéologique au profit des idéaux de gauche, et même si France Inter était désignée comme la chaîne « dont l’orientation politique et idéologique est la plus marquée, avec 32 % de participants répondant à la qualification "socialiste et progressiste" », France Culture, malgré ses grandes promesses de neutralité scientifique, ne pouvait pas tellement se prévaloir de mieux. S’il faut tout déconstruire, ne mettre aucune règle et faire du relativisme un dogme, on comprend mieux comment Charlie Kirk et Jean-Marie Le Pen se retrouvent sur la même ligne qu’Oussama ben Laden : au nom de quoi se réjouir de leur mort serait-il moins légitime que de fêter celle d’un terroriste à l’idéologie mortifère et aux centaines de morts ? Rassurez-vous, comme l’expliquait Sibyle Veil, la présidente de la maison ronde, à la commission culture du Sénat, le 8 octobre dernier, « les équipes de la radio publique développent un nouveau "baromètre" en s’appuyant sur l’IA » pour mesurer le pluralisme sur ses antennes. France Culture sera-t-elle mieux notée que les autres chaînes ? Encore une fois, tout dépend de la neutralité de ladite IA…
Qu’à cela ne tienne, France Culture l’a promis, fin août : cette année, la radio « affirme son rôle de média de référence, accessible et vivant, pour nourrir votre curiosité, vous surprendre, vous émouvoir et vous rassembler ». On se demande quand même qui la radio espère encore fédérer, à force de s’employer, ouvertement ou à mots couverts, à déconstruire au nom du savoir tout ce qui constituait, naguère, l’ossature culturelle et symbolique française.
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48 commentaires
Ce qui est insupportable est cette fabrique du mensonge avec l’argent des impôts. Il y eu un temps quand je faisais beaucoup de route il m’arrivait d’écouter France cul.ture, et France Un.taire.
Mais cela m’est devenu insupportable : c’est un lavage de cerveau permanent avec un mensonge ou une info déformée après l’autre !!
Les différents gouvernements ont bien privatisés des choses essentielles à la vie de beaucoup de Français (autoroutes, SNCF pour partie car certains de leur salariés sont de droit privés, EDF partiellement, GDF idem, et des fleurons de l’industrie, aéroports…) France Culture est de loin non essentielle et propagandiste donc privatisation sans aucun remord
Assez de financements public pour ces chaînes ! Il faut privatiser !
Il y a des maladies dont on ne guérit pas . Le mensonge en fait partie tout autant que la haine née de la jalousie . Dans un pays que j’aime ,il y a un dicton qui dit cette phrase trop belle pour ne pas être citée :
« We never envy the mediocre , there is always something superior in one we envy ».
Conclusion , à maladie inguérissable action chirurgicale , il faut mettre un terme à cette mascarade en fermant ce palais de princes de la fake news
Je ne pense pas qu’il soit souhaitable de maintenir ce type de structure. Il faut laisser faire le marché. Partout où l’on a des subsidiés on a une influence alors que l’information devrait idéalement en être exempte.
NON, il ne faut pas sauver France Culture !
Ni le groupe !
Mentir ou informer? Leur choix est fait!
Le temps est venu d’un grand ménage dans le palais gruyère.
Personne n’écoute France-Culure et les quelques-uns qui le font sont soit des snobs, soit des gauchistes, et la plupart du temps les deux. Même les émissions qui se veulent scientifiques sont d’une indigence rare et d’un militantisme insupportable ! Supprimons cette chaîne de radio, jetons cet affreux bébé avec l’eau de son sale bain « culturel » !
Vous avez tout dit !
Oui, sur antenne 5 et antenne 7 de France propagande télévision, les prétendus débats en entre soi sont tout aussi insupportables, sans parler de Nathalie Saint Fric sur LCI la chaîne immonde, qui confond ses convictions personnelles avec son métier! Son fils sur InterFrance est lui aussi déformé, le pire étant « France en faux », antichambre de médiapart chez les bobos, vraie dictature mentaliste asservie à LFI et au PS!
Où est la France?
Bien trouvés ces noms. Merci
Vendre le service public au privé serait un rare bienfait, comme on n’en a pas vu depuis longtemps.