Éolien : des signes qui annoncent le crépuscule
Les motions de censure et votes de défiance sont devenus le nouveau maître des horloges politiques, et l’énergie n’échappe pas à ses sautes d’humeur. Le 8 juillet dernier, en seconde lecture au Sénat, la Macronie et sa béquille de la Droite républicaine réussissaient à sauver la loi Énergie, dite « loi Gremillet » (du nom du sénateur LR l’ayant portée), dite encore « PPE 3 » (programmation pluriannuelle de l'énergie). Le gouvernement Bayrou s’étant suicidé depuis, que va-t-il se passer ?
Rumeurs de décret... et de conflits d'intérêts
Le spécialiste de l’énergie Fabien Bouglé a bien voulu faire le point, pour BV, sur l’actualité et les perspectives d’un dossier des énergies qui alimente les polémiques, entre refus d’un doublement des factures d’électricité et contestation du bien-fondé de l’éolien, thème principal du premier numéro de la nouvelle formule de son magazine Énergies, en kiosques le 18 septembre. « En avril dernier, François Bayrou n'a pas voulu promulguer la programmation pluriannuelle par décret, préférant laisser le Parlement agir via la proposition de loi Grémillet », rappelle-t-il. Mais cet été, et jusqu’à la chute de son gouvernement, des rumeurs de passage en force par décret ont pourtant circulé… « Elles étaient fondées », selon Fabien Bouglé. « Début septembre, les acteurs de l’éolien ont fait pression pour que la PPE3 soit promulguée par décret. Mais le 1er août, il y avait déjà eu une première tentative de la part du ministre de l'Énergie, Marc Ferracci. ».
En août, d’autres rumeurs pointaient justement la position du ministre de l’Énergie dans cette affaire. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? « Effectivement, quand il a été question que Marc Ferracci et François Bayrou promulguent la PPE, un communiqué de presse a évoqué de possibles conflits d'intérêts concernant Marc Ferracci. Il détient en effet 35 % de la holding Icare Finance, laquelle détient 90 % du groupe Alpha-Secafi, dont une trentaine de consultants interviennent dans le domaine de l'énergie. »
CONFLIT D'INTERET ?@bayrou est-il possible de publier une PPE3 alors que @FerracciMarc est actionnaire d'une holding dont une filiale a 30 consultants intervenant dans le secteur énergétique ?
STOP #ENERGIEPUNITIVE
Les #gueux @AlexandreJardin pic.twitter.com/IBwTV7oc5y
— Fabien Bouglé (@FabienBougle) August 30, 2025
Une vision obsolète
La PPE3 doit désormais revenir en deuxième lecture à l’Assemblée nationale (les 22 et 23 septembre), avant de passer en commission mixte paritaire (mi-octobre) et permettre une adoption définitive. « La question qui se pose dès maintenant et qui sera déterminante, c’est de savoir qui sera le ministre de l’Énergie du gouvernement Lecornu », selon Fabien Bouglé, qui rappelle les objectifs de la Macronie en matière d’éolien : « Son idée est de multiplier (en dix ans) par cinquante le parc éolien marin et de doubler le parc éolien terrestre. On serait alors à 5.000 éoliennes en mer et 20.000 sur terre. » Faut-il pour autant voir là un signe confirmant un développement de l’éolien sur le long terme ? Pour le spécialiste de l’énergie, « cette vision est celle d’un "monde d’avant", qui ne tient aucun compte de ce qui a changé depuis la guerre en Ukraine, du sabotage de Nord Stream, de la crise énergétique ». Or, « Bruxelles, mais aussi le lobby éolien en France, tentent d’imposer l’éolien, alors qu’il commence à s’effondrer au niveau mondial. Le secteur est dans une situation financière critique », souligne Fabien Bouglé, « notamment parce que Trump fait la guerre à l’éolien et vient d’arrêter les programmes marins, mais aussi à cause de l’inflation très forte sur les matières premières concernées ou encore du fait que de très nombreux États cessent de subventionner les éoliennes. »
L'éolien, affaire écologiste et... hollandiste
À qui devons-nous, dans ce cas, cette persistance française à imposer un programme éolien ? Si les écologistes ont été les promoteurs militants de l’éolien, à Bruxelles comme à Paris, « ce sont les réseaux hollandistes qui ont pris le relais opérationnel à partir de 2012 », estime Fabien Bouglé. À la manœuvre, deux hommes clés, « Xavier Piechaczyk, conseiller du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, puis du Président François Hollande, qui a rédigé la loi priorisant les énergies intermittentes au détriment du nucléaire, avec la complicité de François Brottes (devenu ensuite président du directoire de RTE), qui l'a portée à l'Assemblée nationale. La Macronie a continué l’histoire par la suite, mais en 2017, les réseaux éoliens avaient déjà largement infiltré l'État. » « Éoliennes, la fin ? », interroge la une du numéro 26 d’Énergies. Reste à savoir si cette fin est proche. Début de réponse dans les prochains jours, avec la nomination d’un nouveau ministre de l’Énergie.

L'éolien inaugure la nouvelle formule du magazine Énergies.
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57 commentaires
L’éolienne, cette merveille coûteuse, dangereuse pour la faune aquatique, à fonctionnement épisodique, fière d’améliorer nos paysages, et satisfaire l’intelligence écologique…Pas de quoi se plaindre, non ?
Peut-être que la macronie a un intérêt financier a planter des éoliennes partout ????? Partout, sauf devant les résidences macroniennes.
Ah là là là, les moulins a vent modernes… Y a-t-il un nouveau Don Quichotte , vite ?
Quand un projet d’éoliennes est examiné en Commission départementale des sites et paysages et reçoit un avis « Défavorable » ,le plus souvent le préfet passe outre et autorise les machines . Bel exemple de consultation et de respect des experts .
« Les éoliennes et les panneaux photovoltaïques n’ont pu se développer qu’avec des subventions ». Sans parler des voitures électriques…