En panne, Gabriel Attal veut changer le nom du parti macroniste en plein marasme

Renaissance serait confondu avec... Reconquête ! Et Attal rêve d'une communauté comme les Insoumis...
Capture d'écran CNEWS
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L'heure est grave, pour les macronistes. Avec un président et un Premier ministre qui sombrent dans une impopularité historique, après la double défaite aux européennes et aux législatives d'il y a un an, en pleine rivalité avec Édouard Philippe, bousculé par Bruno Retailleau, Gabriel Attal multiplie les initiatives médiatiques pour exister.

Attal essaie d'exister

Patron du groupe parlementaire macroniste à l'Assemblée et en même temps chef du parti, Gabriel Attal tente de capter l'héritage tout en effaçant le fondateur, dont le nom est devenu un repoussoir pour les Français. Depuis un mois, il multiplie les initiatives médiatiques pour tenter d'exister. Le 5 juillet dernier, devant les « Jeunes avec Macron », il tenait un discours de présidentiable, proposant « les premiers jalons d’un chemin nouveau pour notre jeunesse et pour notre pays […], un chemin d’espoir, un chemin de bonheur, un chemin pour la jeunesse de France et pour notre pays ». Un bide. Il y a quelques jours, Attal publiait le nouveau programme économique de son parti, avec des promesses complètement décalées par rapport à la situation qu'il a laissée avec ses petits camarades macronistes : 10.000 usines supplémentaires, 500.000 emplois industriels, 3.000 euros de revenu médian et... l’implantation de la « première base lunaire au monde avec une présence permanente dès 2040 » ! Lunaire, c'est bien le mot.

Renaissance, déjà le troisième nom du parti...

Nouvel accès d'activisme d'Attal dans sa course de présidentiable : changer le nom du parti. Un nom trop associé à Emmanuel Macron et à... la défaite. C'est Le Figaro qui a révélé que les cadres, militants et élus du parti présidentiel avaient reçu, jeudi et vendredi, un courriel de Gabriel Attal. Le secrétaire général du parti veut demander à ses troupes s’il est souhaitable de tourner la page de Renaissance. C'est en effet la désignation adoptée en 2022 pour faire suite à La République en marche, nom qui avait lui-même remplacé En Marche ! (avec le point d'exclamation, s'il vous plaît...). Le questionnaire envoyé par Attal pointe la faible notoriété du dernier nom : « Quand vous parlez du parti autour de vous et sur le terrain, utilisez-vous spontanément le nom de Renaissance ? » Les proches d'Attal n'ont pas de mots assez durs contre le parti légué par Macron : Renaissance serait confondu avec Reconquête, le parti d'Éric Zemmour (et c'est d'ailleurs, sans doute, pour contrecarrer l'ascension médiatique fulgurante de Zemmour que ce nom avait été choisi en 2022). Plus prosaïquement, Renaissance, « ça ne marche pas sur les marchés », résume une militante, citée par Le Figaro.

Renaissance, une coquille vide

Mais cette « liquidité » de l'étiquette macroniste, qui est son ADN, avec les résultats que l'on sait, révèle en fait le vide idéologique du parti. Le même questionnaire demande en effet aux militants de nommer « les trois valeurs que le parti incarne aujourd’hui » et de « résumer l’identité du parti en une phrase ». Quand un parti dont les membres n'ont que le mot « valeurs » à la bouche pour ferrailler avec leurs adversaires de droite et du RN en vient à demander à ses militants quelles sont ces valeurs, c'est qu'il est en totale déshérence. Hémorragie de militants depuis 2020, panne idéologique, guerre des clans entre Philippe, Attal, Borne et Darmanin, l'ex-parti majoritaire, bon troisième derrière le RN et la gauche aux dernières élections, pourrait encore rétrograder si la vague Retailleau permettait de relancer LR.

Le nouveau nom ? Inspiré des... Insoumis ?

Ce qui est acquis, pour ce nouveau nom, c'est qu'Attal ne veut plus de personnalisation à la EM. D'ailleurs, qu'aurait-on dit de GA ? Gentil animateur ? Plus étonnant, les macronistes en détresse lorgnent du côté de LFI ! Un cadre cité par Le Figaro avoue : « C’est une appellation de parti qui est devenue une communauté : les Insoumis. Ils ont une communauté d’idées et de convictions. Ce n’est pas simple à trouver, mais c’est un projet enthousiasmant. » Cette fascination pour les Insoumis, nouveau signe de dégénérescence d'un macronisme sans valeur ni leader ?

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

56 commentaires

  1. On a beau changer de nom, l' »extrême rien » ne saurait aboutir à quelque chose.
    L’effet de surprise a disparu, non?

Commentaires fermés.

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