Églises de France : pendant les élections, le pillage continue

Pendant que les Français choisissaient leurs nouveaux élus, de nombreuses églises étaient profanées et cambriolées.
église
Photo de Michael Rodock sur Unsplash

Pendant que les regards étaient tournés vers les bureaux de vote, plusieurs cambriolages et profanations d’églises ont eu lieu, à travers le pays : l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles, à Pierrefitte-sur-Seine, en Seine-Saint-Denis, ou encore l’église de Chèvremont, dans le Territoire de Belfort, ont notamment été touchées. Ces actes surviennent dans un contexte déjà préoccupant pour le patrimoine religieux français, une semaine seulement après le vol d’une précieuse relique de saint Vincent de Paul à Paris. Une nouvelle fois, ces crimes semblent se répéter irrémédiablement sans que rien ne soit fait pour véritablement enrayer cette terrible spirale.

En Seine-Saint-Denis, on vole les églises

Le samedi 14 mars 2026, l’église Sainte-Thérèse de Joncherolles, à Pierrefitte-sur-Seine, commune rattachée à Saint-Denis depuis 2025, a donc été cambriolée. Les malfaiteurs se seraient introduits dans l’édifice en forçant la porte de la sacristie entre 14 heures et 17 heures. À l’intérieur de l’église, plusieurs objets liturgiques essentiels au culte ont disparu. Les voleurs ont emporté un calice, trois patènes et un ostensoir, soit un ensemble de pièces d’orfèvrerie utilisées lors de la célébration de l’Eucharistie et de l’adoration du Saint-Sacrement. Le tabernacle, lieu sacré destiné à conserver et à protéger les hosties consacrées, a également été dégradé au cours de l’intrusion. Une enceinte acoustique a aussi disparu. Une religieuse a déposé plainte auprès du commissariat local et une enquête pour vol avec effraction et dégradations a été ouverte par le parquet de Bobigny.

Pour l’heure, aucune déclaration publique n’a été faite par le nouveau maire élu, Bally Bagayoko (LFI). Celui-ci semble davantage préoccupé de déclarer que Saint-Denis serait « la ville des Noirs » plutôt que la ville des rois, tandis que certains de ses partisans scandaient « Nous sommes tous des enfants de Gaza ». La question de la sécurité des églises et l’apport de son soutien aux catholiques de sa commune ne semblent pas, à ce stade, être la priorité du nouvel édile.

Partout en France

Bien loin de l’Île-de-France, dans le Territoire de Belfort, dans la nuit du samedi 14 au dimanche 15 mars, c’est l’église de Chèvremont qui a été prise pour cible par des cambrioleurs. Ces derniers ont forcé les portes de l’édifice et fouillé l’intérieur à la recherche d’objets précieux. La découverte a été faite le dimanche matin vers 9 h par un habitant du village qui revenait du bureau de vote. La porte du tabernacle a été forcée, le couvercle d’un ciboire a été retrouvé par terre, au milieu d’hosties dispersées, tandis que dans la sacristie, plusieurs ciboires et calices ont disparu.

Les objets liturgiques volés sont souvent réalisés en argent ou en métal doré, ce qui peut expliquer l’intérêt des voleurs dans un contexte de flambée du prix des métaux. Cependant, pour les paroissiens, la perte est avant tout spirituelle.

La gendarmerie a été prévenue dans la matinée, mais elle intervenait déjà à l’église de Méroux, où des traces de forçage de la porte ont également été relevées. Selon RCF, la municipalité va déposer plainte pour la porte fracturée, tandis que la paroisse déposera plainte pour vol et profanation. Non loin de là, au sud de Montbéliard, dans la commune de Bourguignon, une église aurait aussi été ciblée au cours du même week-end. La gendarmerie y a constaté la disparition de plusieurs objets liturgiques.

Que font nos élus ?

Ces événements surviennent à peine une semaine après le vol d’un médaillon contenant une relique de saint Vincent de Paul, dans l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris. La répétition de ces actes pose une nouvelle fois la question de la protection des églises en France.

Présentes dans presque toutes les communes, elles recèlent un patrimoine à la fois historique, architectural et spirituel. Pourtant, beaucoup d’entre elles demeurent insuffisamment protégées contre les intrusions et les vols. Les élections municipales devraient être l’occasion de replacer la question de leur sécurité au cœur des débats locaux. Les maires sont en effet les premiers responsables de la protection des édifices communaux, dont font partie la majorité des églises construites avant 1905. L'église constitue souvent, après la mairie, le deuxième bâtiment le plus emblématique des villes et des villages, si ce n’est, souvent, le premier.

Assurer leur sécurité, préserver leurs trésors liturgiques et garantir le respect de ces lieux de culte devraient figurer parmi les priorités des politiques publiques locales. C'est loin d'être le cas pour tous nos responsables politiques. Il revient donc aussi aux citoyens de sensibiliser leurs anciens et nouveaux élus sur cette question. À chaque calice volé, chaque tabernacle brisé, chaque relique disparue, c’est une part de l’identité et de l’histoire de la France qui est attaquée.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

17 commentaires

  1. Les juges sont bien trop occupés à donner raison aux laïcards qui font supprimer les calvaires aux carrefours et à enquêter sur les tags antisémites dont on aimerait bien connaitre les résultats,peut-être surprenants..

  2. Si les églises n’abritaient pas autant d’objets précieux, il y aurait moins de tentation pour les voleurs. Toutefois, il y a lieu de se demander pourquoi c’est maintenant que ces larcins se produisent : sans doute parce que la société actuelle ne respecte plus rien. Inutile de rêver, on ne pourra pas protéger toutes les églises. Il ya déjà assez à faire pour protéger les synagogues !

    • L’état ne veut surtout pas protéger notre patrimoine ,et encore moins tout ce qui peut être catholique . Le fossoyeur de la France a déjà vendu toute notre industrie ,nos fleurons et peut-être même qu’il encourage car qui ne dit mot consent . Quant au clergé ,sans doute doit-il tendre l’autre joue car il semble seulement lever les bras au ciel mais reste dans un silence assordissant
      Alain Proviste

  3. Notre ministre de l’intérieure ne peut pas surveillé à la fois les mosquées et les églises donc il à fait un choix c’est les mosquées,maintenant il faut installer des caméras partout dans les églises.

  4. Moins de 5% de français vont à la messe. Pourcentage de musulmans en France : environ 8%. Depuis la Révolution, la France est chaque décennie un pays de moins en moins catholique, ou chrétien. « Les « Lumières », nouvelle idéologie qui commande la classe gouvernante française, sont athées. Pas seulement agnostiques. Le clocher d’une église n’est plus un signe de ralliement mais une provocation. Tout ce qui subsiste de l’idéologie chrétienne-catholique est un mince héritage de comportements quotidiens.

  5. Combien de temp encore Allons nous supporter cela ???? Nos églises sont « violées » tous les jours dans tous les départements certains prêtres ne portent pas plainte ? Mais qui sont ces voleurs ?? et que font ils des objets volés? Ils les vendent ? à qui ? pour quel montant ? Ne peut on pas mettre un brigade pour arrêter cette gabegie.. C’est tout de même curieux que cela ne dérange pas plus que cela les français?? Mais c’est vrai ILS ONT VOTE ….

    • Tout a fait, la moindre égratignure sur une mosquée rassemble du ministre jusqu’aux imames en passant par les préfets jusqu’aux LFI.
      Pour les lieux de cultes chrétiens ou juifs, même les maires des communes concernés hésitent a se déplacer.

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